LES PEINTRES DE L ANTIQUITE
Selon Diodore, il y avait aussi dans cette ville des tableaux dédiasse et de batailles.
Ces faits suffisent à prouver l'ancienneté de la peinture. Les premiers peintres dont on ait conservé les noms, sont: Philoclès d'Egypte, Cléanthe et Ardice tous deux de Corinthe, Thélcphanes de Chiarenia au Péloponèse. Ils dessinaient simplement avec du charbon.
Ciéophanle de Corinthe fit le premier usage de la couleur, celte particularité lui valut le surnom de Monocromatos. Pour éviter la persécution de Cypsélos roi de Corinthe, ce peintre vint à Rome avec le père du premier ïarquin (680 ans avant J.-C).
Mais la peinture était connue et pratiquée en Italie; Rome n'existait pas encore et déjà la ville d'Ardée possédait un temple orné de tableaux peints, dont les couleurs, au dire de Diodore, avaient conservé leur éclat et leur fraîcheur. Lavinie possédait également deux tableaux, représentant l'un Atalante et l'autre Hélène.
Parmi les peintres de ces temps reculés, on peut citer Hygienontos de Dinias; Charmas, qui employaient une seule couleur ; Eumaros d'Athènes, et son élève Cimon Cléonien; ce dernier commença adonner à ses figures des attitudes diverses, il étudia Tanatomie des corps, les représentant parfois en raccourci, et il reproduisit les plis des draperies.
Dès le temps de Romulus, c'est-à-dire 715 ans avant J.-C, Candauîe surnommé Myrsilos, roi de Lydie, et le dernier de la race des Héraclides, acheta au poids de Tor, un tableau peint par Rularchus, représentant une bataille de Magnésiens.
Periclès né 490 ans avant J.-G. fut élevé par Zenon et Anaxagore. Devenu chef du parti populaire, il régna seul à Athènes pendant quinze ans ; son éloquence égalait ses talents politiques ; en donnant la plus vive impulsion aux beaux-arts, il mérita de donner son nom à tout un siècle.
Les peintres se multiplièrent alors et les progrès de la peinture furent immenses.
Tout se faisant par le peuple, les hommes qui aspiraient à le gouverner n'avaient de luxe et de faste que pour le peuple. Periclès vivait simplement, mais il employait les trésors d'Athènes à construire l'Odéon et leParthénon ; c'est par la gloire des arts, et l'enivrement qu'ils procurent, qu'il cherchait à éblouir et à subjuguer ses concitoyens. Phidias et Zeuxis furent des
instruments dont il se servit habilement pour s'emparer du pouvoir et pour dominer sa patrie.
Nous devons être bref, nous nous bornerons donc à nommer les peintres les plus célèbres de cette époque,
Pananos, frère de Phidias (449 ans avant J.-C), peignit la fameuse journée de Marathon.
Polygnotos Thasien , venant ensuite, donna de l'expression à ses figures et une plus grande liberté d'allures à ses personnages; quittant la manière pesante de ses devanciers , il prit plaisir à représenter des femmes et des enfants; le secret des couleurs plus vives lui ayant été révélé, il revêtit ses sujets d'habits éclatants, disposa leurs cheveux de diverses manières, et les enrichit de nouvelles parures.
Polygnotos avait exécuté d'importants travaux à Delphes et sous un portique d'Athènes. Comme il ne voulut recevoir aucune rémunération, le Conseil des Àmphictyons lui décerna les remerciements solennels de toute la Grèce, lui donnant, en témoignage de reconnaissance, aux dépens du public, des logements dans toutes ses villes.
Un certain Mycon travailla conjointement avec Polygnotos à ce même portique, il fut moins généreux.
431 ans avant J.-C. parurent Aglaophon, Cephisidoros, Phrilos et Evenor, maître et père de Parrhasios, ainsi qu'Appollodore, athénien. Ce dernier surpassant ses devanciers, donna beaucoup de grâces à ses figures et se distingua par la beauté et la fraîcheur de son coloris.
Zeuxis vint perfectionner encore les procédés employés par ce novateur. Aussi Appollodore composa
des vers dans lesquels il disait que son art lui avaii été dérobé par Zeuxis.
Parmi les plus beaux tableaux de Zeuxis on cite une Atalante dont il fit présent aux Agrigentius en Sicile. Un dieu Pan au roi Archelaos et une admirable jeune fille à la ville de Crotone.
Zeuxis considérait comme son chef-d'œuvre , son tableau représentant un athlète. Devenu fort riche, il travaillait pour la gloire; estimant ses œuvres sans prix, il les donnait aux princes et aux villes les plus capables de les apprécier. 11 était le Michel-Ange de son siècle, mais il possédait de plus une souplesse de talent que le rival de Raphaël n'a jamais connue.
Zeuxis mit le premier en pratique les principes du clair-obscur. Son tableau représentant des raisins que les oiseaux du ciel vinrent, dit-on, becqueter, est resté célèbre; son Hercule étouffant deux serpents; Jupiter sur son trône, entouré de tous les dieux de V Olympe, prosternés devant lui ; et Pénélope et ses amans; ne le furent pas moins.
Parrhasios était l'émule et le rival de Zeuxis, il peignit ce fameux rideau que ce maître voulut soulever pour voir la peinture qu'il supposait être au-dessous. Selon Pline, Parrhasios fut de tous les peintres de son temps, celui qui sut le mieux faire fuir les extrémités, arrondir les corps, et donner plus de, relief, plus d'action et plus de vie à ses figures.
L'empereur Tibère faisait beaucoup de cas d'un grand prêtre de Cybèle peint par ce maître, il l'emportait avec lui dans ses voyages; la vanité insupportable de ce peintre déparait ses brillantes qualités ; il se louait sans cesse, ne pouvant souffrir d'être mis en parallèle avec ses concurrents. Il était toujours magnifiquement vêtu. 11 se disait le fils d'Apollon, Hercule avec lequel
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il était en communication, lui apparaissait, prétendaitil, durant son sommeil.
Le tableau de ce demi Dieu, exécuté pour Lyndos (île de Rhodes), en était selon lui l'exacte représentation. Cependant Parrhasios ayant peint un Ajax en concurrence avec Timanthe, ce dernier le surpassa.
Les tableaux de Timanthe représentant, l'un des petits satyres mesurant le pouce de Polyphème, et l'autre le sacrifice dTphigénie, ont été exaUc^ au dernier point par tous les écrivains de l'antiquité.
En même temps vivait Echion, qui représenta une vieille femme portant deux lampes qui par l'éclat de leur flamme faisaient ressortir les traits décrépits de son visage, opposés aux attraits d'une jeune fille à demi vêtue près d'elle, Euxénidas , maître d'Aristide et Eupompe, dont Pamphile fut l'élève.
Pamphile de Macédoine joignit à l'art de la peinture l'étude des belles-lettres, sa réputation fut immense. Il possédait parfaitement les mathématiques, il les croyait indispensables à tous les peintres, et cette opinion a été partagée par les grands artistes qui ont préparé la renaissance au xve siècle.
Pour relever encore et donner plus d'éclat à la peinture, Pamphile obtint un édit, d'abord à Scyone, puis ensuite dans toute la Grèce, réservant aux fils des nobles, le droit exclusif de s'occuper de cet art; il eut pour disciples Mélanthos (1) et Àpelle, le peintre, sans contredit, le plus illustre de l'antiquité (332 avant J.-C).
(1) Pour donner satisfaction aux savants, j'ai restitue la terminaison grecque à la plupart des noms que j'ai cités, mais craignant que cette méthode, que j'approuve, ne soit de nature a jeter le trouble dons l'esprit de quelques lecteurs, j'inscrirai dorénavant le nom des artistes selon l'ortographe adoptée par les biographes ou usitée dans nos dictionnaires.