TROISIEME PARTIE
ECOLE D'AVIGNON ET ECOLE D'AIX
La grande Exposition des Beaux-Arts de Marseille a cessé d'exister. Nous ne pouvons plus signaler aux amateurs les toiles les plus dignes, à notre point de vue, de fixer leur attention. Faire la critique de celles dont nous avons gardé le souvenir n'a plus sa raison d'être, nos appréciations ne pouvant plus être contrôlées. A défaut des œuvres, nous nous bornerons donc à jeter un dernier regard sur notre école provençale, dont elles procèdent et dont, dès le principe , nous avions à cœur la résurrection.
Les lecteurs qui ont suivi nos comptes-rendus ont pu se convaincre de Têxistence réelle de l'école provençale , non contestée, mais ignorée jusqu'à ce jour,
11 est surtout plusieurs familles de peintres qui ont puissamment contribué à jeter sur elle un vif éclat. leur influence, comme coloristes, succédant à celle des Finsonius et des Daret, a en une portée plus haute qu'on ne le suppose généralement.
Nous devons placer en première ligne celles des Mignard, des Parrocel et celles des Vanloo.
Il existe entre ces dernières familles tant de points de ressemblance, elles ont joué un si grand rôle dans l'histoire de l'art en Provence, que nous croyons devoir leur consacrer un article spécial. Parlons d'abord des Mignard.
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ECOLE D'AVIGNON ET ECOLE D'A IX
LES MIGXARD
M. Frédéric Villot dans sa notice du Musée Impérial du Louvre, consacre une longue et savante biographie à Pierre Mignard, dit le Romain , dont les travaux furent immenses, et, qui né, en 1610, mourut à Paris, en 1695, comblé d'honneur. N'ayant fait qu'un séjour insignifiant à Avignon , il n'appartient pas à nos peintres du Midi, nous ne parlerons donc que de son frère et des fils de ce dernier.
NICOLAS MIGNARD, dit d'Avignon.
Né à Troycs, en Champagne, vers 1608, d'un père appelé Pierre More , officier au service du roi de
France, étudia la peinture d'abord dans cette ville et ensuite à Fontainebleau, où il prit pour modèles, les Fréminet, les Priraatice et le Rosso.
Il alla ensuite à Lyon, puis à Avignon. Le cardinal de Lyon , trère du cardinal de Richelieu, ayant vu une galerie d'études due à son pinceau , chez un amateur de cette ville, le prit en affection et l'emmena avec lui à Rome. Mais, N. Mignard avait laissé une affection derrière lui, après deux ans passés dans la ville éternelle, il revint à Avignon, où il épousa la jeune fille qu'il aimait; il vivait depuis plusieurs années chez son beau-père, lorsqu'il fut appelé auprès de Louis XIV dont il avait peint le portrait dans cette dernière ville en 1660, alors, que ce prince allant épouser l'infante d'Espagne, y était de passage.
N. Mignard fit le portrait de la reine, ainsi que celui d'un grand nombre de personnages de la cour, et décora plusieurs appartements aux Tuileries.
M. Frédéric Yillot, dit :
« Il fut nommé académicien, le 3 mars 1662, adjoint professeur , en 1664 , professeur le 28 juin 1664 , adjoint recteur , le 16 août 1664 et recteur le 8 mars 1690 : »
N. Mignard mourut le 11 avril 1668, à Paris, selon Barjavel et le 20 mars 1668, selon Frédéric Villot, il y a évidemment erreur de la part de l'un ou l'autre de ces auteurs dans la date de sa nomination au grade de recteur ou dans celle de sa mort.
Le musée Calvet possède le portrait de N. Mignard, ainsi que plusieurs de ses ouvrages, il est également peu de villes du Comtat qui ne conservent de ses œuvres. Les églises d'Avignon, de l'Isle, de Cavaillon, de Carpentras, etc., sont peuplées de ses tableaux N. Mignard eut deux fils, Pierre et Paul Mignard.