‹ Annales de la peintureChapitre 31 sur 72 · XVII* SIÈCLE. 18S · texte numérisé non relu

XVII* SIÈCLE. 18S

contrastes, et cependant on ne peut passer outre sans la considérer et sans l'admirer, car elle a pour base la vérité et la vie. Dans ce tableau Fauchier est complètement original.

Le n<> 333, le Guitariste , appartetenant à M. le comte de Sinety , d'Aix , est peint dans un tout autre sentiment; Fauchier , comme dans les autres œuvres de lui dont nous allons parler, s'est inspiré là de Mignard, en lui devenant toutefois supérieur. C'est beaucoup plus flou, plus nourri, plus enveloppé et plus puissant que chez ce dernier maître, dont il évite complètement le maniérisme, tout en conservant une grâce séduisante ; en un mot, c'est harmonieux de couleur au dernier point. Les mains de ce guitariste sont dessinées et peintes avec une délicatesse extrême et sans la moindre raideur ; il y a tout un monde entre ces mains et celles du tableau de la famille de St-Paul, ce qui prouve l'immense progrès accompli alors par Fauchier. Le n<> 334, Portrait de Mmt de Grignan , à M. d'Agay, d'Aix , est une petite peinture fine et gracieuse et d'une grande fraîcheur de coloris.

Le n» 330 et le no 335, représentent exactement l'un et l'autre la même personne ; ils sont complètement identiques, et pourtant le livret leur donne deux noms différents; à moins cependant que ces deux noms, ce que nous confessons ignorer, n'appartiennent à la même dame.

Le n° 330 , à M. de Surian , est intitulé Portrait de Mme de Grignan.

Le n° 335, à M. Alexis de Fonvert, d'Aix, est inscrit sous le titre de Portrait de Mme de Vcnto.

Nous ne chercherons pas à expliquer ce quiproquo

A moins cependant que le no 334, précédemment nommé, qui ne ressemble en rien au n« 330, ne soit le portrait de Mm8 de Vento; et cette dame une fois casée, on pourrait restituer au no 335 le titre de Portrait de Mme de Grignan.

Quoiqu'il en soit, et sans vouloir chercher l'original, nous ne pouvons que louer ces ravissantes peintures, toutes deux dignes du maître.

Quant au no 337, appartenant à M. dJAgay, d'Aix, qui termine la série des œuvres de Fauchier, à notre Exposition, c'est une très-petite ébauche simplement et finement rendue.

Laurent Fauchier a exécuté de nombreux travaux , bien que la mort l'ait enlevé à la fleur de lâge, c'està-dire à vingt-neuf ans ; si le lecteur désire les connaître, nous le renvoyons à la notice de M. J.-B.-F. Porte, sur cet artiste éminent; elle contient une liste très étendue de ses œuvres.

NOTES

(a) M. Pons cite à l'appui de cette date Watelet, et Levesque, Paris 1792. Livret du musée royal 1835. Robert Dumesnil 1841.

(b) Frédéric Villot. Notice des tableaux du Louvre.

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ÉCOLE D'AVIGNON ET ÉCOLE D'AIX

XVIIe ET XVIII' SIÈCLE.

Notre Exposition possède de Nicolas Pinson, qui a exécuté de nombreux travaux à Aix, vers 1672, une seule grande toile en hauteur portant le no 760, provenant de la paroisse de St-Jean de Malte, d'Aix ; elle a pour sujet le Jugement de Salomon. Le roi de Judée, assis sur son trône, est d'un bon mouvement; les figures de femmes ne manquent pas de grâces ; l'enfant surtout — suspendu aux mains de l'exécuteur — est d'un modelé puissant ; mais le dessin général est indécis et sans grande précision. La couleur nous rappelle celle de la toile du Guerchin, qui lui fait face ; elle est toutefois plus confuse et d'un ton plus uniforme, tirant toujours sur le roux ; on sent néanmoins que ce peintre possédait une certaine énergie.

Mariette dit de lui ce peu de mots :

« Pinson Nicolas, né à Valence, vers 1640, est un maître presque ignoré, et il a cela de commun avec tous les artistes, qui se confinent dans le fond d'une province, sur tout autre théâtre, il aurait paru avec quelque sorte d'éclat, car il ne manquait pas de mérite, et il inventait même assez facilement , il suivait la manière de Pietro de Cortone, qu'il avait étudiée dans Rome, où il avait fait un assez long séjour. »

Coelmans à gravé le tableau qu'il avait fait et qui appartenait à M. Boyer, d'Àguilles, représentant Y Ange Raphaël.

Dussieux rapporte qu'on voit de ce maître, à Saint- Louis des Français, à Rome , à la chapelle du Saint Roi, sur l'autel du côté de l'Evangile, des peintures représentant l'histoire de St-Louis.

Nous ne classons pas définitivement Pinson dans l'école d'Aix, pas plus que Raynaud Levieux, dont nous allons parler , cependant nous devions l'indiquer en raison de son passage en cette ville, qui conserve bon nombre de ses travaux.

Raynaud Levieux, peintre et graveur, né à Nîmes , vers 1630, fils d'un orfèvre, prit les premières leçons de son art dans le Midi, mais il alla se perfectionner en Italie, où il fit différents séjours plus où moins longs, pendant lesquels il acquit cette sagesse dans la composition, cette grande correction de dessin , cet éclat et cette vérité de coloris qui lui assignent une place distinguée parmi nos peintres de second ordre.

Raynaud Levieux, est plus connu à Paris que Nicolas Pinson.

En l'an X de la République, la capitale alors jalouse de connaître les œuvres de tous les peintres distingués

XVII* ET XVIIIe SIÈCLE. 189

de la Provence, s'emparait sans façon des deux plus belles toiles de ce maître existant au musée d'Avignon.

Le ministre par une lettre du 14 pluviôse de la même année annonçait au préfet que ce même musée serait dédommagé, lui ordonnant en outre d'envoyer encore deux autres tableaux du même artiste à Nîmes, sa ville natale (a).

L'Eposition possède de lui sous- le n° 543, Zacharie et St-Jean,, provenant du musée d'Avignon, tableau de dimension moyenne ou brillent les meilleures qualités de ce maître. — Sous le n° 544, Présentation de la tête de St-Jean- Baptiste à Herodiade, à M. Pamard. maire d'Avignon, plus le n° 545, à M. docteur d'Astros, d'Aix, représentant une Vierge dont le type se retrouve dans toutes celles de Raynaud Levieux, seulement de sa poitrine resserrée, que compriment fortement des mains maniérées et d'une forme peu gracieuse, il semble que la foi soit absente.

Nous préférons de beaucoup la vierge de son grand tableau intitulé La Visitation, portant le n° 546, de la paroisse de la Magdeleine, d'Aix, et celle qui paraît intercéder pour Saint-Bruno dans le tableau portant ce titre , sous le n° 547, de la paroisse de Saint Jean de Malte, d'Aix. — Là, le Christ, assis sur un nuage, ne manque pas de noblesse ; la tête de Saint-Bruno est expressive, seulement il existe une certaine contraction dans ses mains pendantes, les doigts en sont trop resserrés, la jambe droite du saint agenouillé, repose également dans le vide ; ces imperfections ne sont rien et cependant elles suffisent pour enlever de l'intérêt au tableau en ce sens qu'on éprouve devant lui, par sympathie, une certaine gêne. Toutefois, le dessin de Raynaud Levieux est généralement d'une grande fer*

meté et très correct, il est inspiré de l'antique, cela est évident.

Une particularité digne de remarque, c'est l'air de famille existant dans les tableaux de presqne tous les peintres du Midi à cette époque ; bien qu'ils aient étudiés en Italie et s'y soient perfectionnés , le plus grand nombre semble procéder de Daret pour la couleur, mais de Daret ayant secoué les traditions du Guerchin, les Parrocel, à l'exception de Barthélémy, son contemporain, s'en sont inspirés ; ainsi de Puget le (ils et de Puget le père, avant qu'il n'eût pris les les leçons du Cortone, si nous devons en juger, non par son Sauveur du monde, n° 792, du musée de Marseille, peint dans une gamme analogue à celle du Guerchin et extrêmement vigoureuse, mais par son Annonciation, n° 795 (Eglise du grand séminaire d'Aix), et sa Sainte-Cécile, n° 797 (Musée de Toulon), et de plus la Visitation, n. 799 (Musée de Marseille), exécutée par le fils.

Raynaud Levieux lui-même, comme tous, semble avoir emprunté la palette de Daret, sans jamais arriver à sa science comme coloriste ; tous ont néanmoins une originalité qui leur est propre, comme dessin et comme expression, et ils ont chacun des types qu'ils affectionnent plus particulièrement.

Les Vanloo, Carie surtout, quoique plus transparents et bien moins solides de couleur, sont eux aussi subjugués par cette finessse et cette suavité du coloris de Daret, ce qui constate la réelle influence de ce maître sur l'école provençale ; chez chacun de ces maîtres perce leur origine méridionale. Ils consultent moins la nature que leurs sentiments intimes qui les entraînent vers la rêverie et le mysticisme , aussi leurs toiles respirent un vague parfum de poésie, étranger ç

XVII« ET XVIIIe SIÈCLE. 191

à toute réalité. Nous constatons seulement ce fait, sans autres réflexions.

Nous ne terminerons pas cet article sans appeler encore l'attention des amateurs sur les tableaux de la plupart des artistes dont nous venons de nous occuper si rapidement.

Outre les tableaux précédemment nommés, Puget le père est représenté à l'Exposition par une Sainte- Famille, à M. le marquis de Saporta, d1Aix, n° 793, — par son portrait, n° 794, musée de Marseille, — par un Portrait d'homme, n° 796, à M. Pastré, de Marseille, — par son esquisse le Rhône, la Saône et la Durance, à M. Roubion, consul d'Italie à Arles, et par la reproduction de son bas relief de St-Sauveur, d'Aix, que la ville de Marseille bien inspirée, a fait mouler à ses frais.

Nous devons signaler aussi les portraits peints par Arnulphy, d'Aix, dont nous n'avons pas encore prononcé le nom et dont le talent est incontestable. C'est sous le n° 25, un portrait du Marquis de Gallifet, prince desMartigues; — n° 26, un portrait de Y Abbé Poulie, prédicateur, — et les nos 27, 28, et 29. Le premier appartient à Mme Double , d'Aix ; et les deux autres à M. le docteur d'Astros, de la même ville.

Arnulphi fut un des premiers professeurs de l'école de dessin d'Aix, établi en cette ville en 1766 , par ordre du duc de Villars, gouverneur de la province.

M. Aune, peintre d'histoire partageait avec Arnulphi le soin de diriger les études.

Avec ces derniers nous touchons presque à l'époque

de la première révolution; avant donc d'aller plus loin dans notre revue, nous croyons utile de jeter encore un regard en arrière, afin de chercher les traces des artistes Aixois ayant acquis une certaine réputation et dont nous regrettons de n'avoir vu aucune œuvre à notre Exposition.

Nos lecteurs qui ont l'avantage d'en posséder quelques-unes ne seront pas fâchés de trouver quelques indications sur leurs auteurs.

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ECOLE D'AVIGNON ET ECOLE D'A IX

XVIIe, XVIIIe ET XIXe SIÈCLE.

Parmi les contemporains de Fauchier, de Nicolas Pinson , et de Raynaud Levieux , comme complément nous devons ajouter, Faudran, peintre issu de la noble maison des Faudran de Lambesc, né vers 1630, mort vers 1694.

Doué d'un talent naturel pour la peinture, il se distingua dans cet art ; il existe encore des ouvrages de cet artiste à Lambesc, dans la chapelle de sa famille.

Avant la révolution, les Eglises des Pères de l'Oratoire et celle des Récollets, à Marseille, possédaient plusieurs de ses œuvres.

Le duc d'Orléans, régent du royaume, fit enlever un de ses tableaux, placé dans l'église des Grands

194 EXPOSITION DES BEaUX-ARTS.

Augustins, pour en orner les galeries du Palais4Royal ; l'Eglise de St-Maximin possède encore une de ses toiles. M. de Ramatuelle, d'Aix, conservait précieusement de Faudran, un Sabbat ou Assemblée de Sorciers, œuvre fort estimée. — Il est également un amateur célèbre dans les fastes de l'art Provençal ; dans ses peintres provinciaux, M. de Chenevières de Pointel s'étend longuement sur sa collection et sur ses œuvres.

Il s'agit de Boyer d'Eguilles qui avait appelé près de lui , Coelmans le graveur ; M. de Pointel mentionne les rapports de l'illustre amateur avec Pierre Puget, ainsi qu'avec toutes les notabilités artistiques Provençales : rempli d'intéressants détails , son livre mérite d'être lu.

Nous nous occuperons de Boyer d'Eguilles quand nous parlerons des collectionneurs.

Quant à Jacques Coelmans , il est né a Anvers , et se maria à Aix en 1699 ; il mourut dans cette ville, le 11 février 1732, âgé de 66 ans, après avoir gravé la plus grande partie de la superbe collection de son protecteur.

Coelmans eut pour collaborateur : Barras Sébastien, peintre et graveur né en 1653, Ois de Bris Barras et de Françoise Jaubert, il épousa Catherine Orcel, le 23 avril 1691, paroisse Ste-Magdeleine, à Aix.

Les gravures de cet artiste sont aussi rares qu'estimées, ses peintures ne sont pas moins précieuses. La principale est un plafond magnifique , existant dans la grande salle du rez-de-chaussée de l'hôtel d'Eguilles.

Boyer d'Eguilles, prit le jeune Barras auprès de sa personne, et lui enseigna les principes du dessin, de la gravure et de la peinture ; charmé de ses rapides

XVIIe XVIIIe XIXe SIÈCLES. 195

progrès, le digne Mécène envoya son protégé à Rome pour s'y perfectionner.

Barras fréquenta les bonnes écoles et il s'inspira surtout de l'antique.

Les premières gravures qu'il fit à Aix, sont le portrait de Pilippe V, roi d'Espagne, celui de M. Du Luc, évoque de Marseille et celui de P. Pagi , — il exécuta ensuite plusieurs estampes d'après les plus habiles peintres, il prit souvent pour modèle le flamand Jean Miel.

Les estampes de Barras brillent par la grande correction du dessin et la pureté de son burin ; Barras mourut en 1706, à sa mort ses ouvrages se vendirent à des prix exorbitants.

Aix était alors célèbre par ses graveurs.

Nous devons mentionner Cousin (Honoré), né en cette ville, le 3 novembre 1698, mort en son pays natal le 19 juillet 1T79, il avait publié une foule de portraits dont plusieurs à la manière noire et trois plans de la ville d'Aix, — le premier parut en 1749, et le second — le plus beau de tous — en 1753, sur hk pouces de largeur et 32 de hauteur.

La Biographie de Michaud parle peu avantageusement de cet artiste et le nomme Hardouin Cousin, au lieu d'Honoré Cousin.

Jacques Maretz et Louis Cundier ont également gravé plusieurs plans de la ville d'Aix.

Louis Cundier gendre de Maretz, laissa trois fils qui furent graveurs comme lui : Jean Claude, Jacques, et B. Cundier.

Jean Claude Cundier fut peintre et graveur, il eut un fils appelle Jacques, du nom de son oncle. Ce dernier Jacques naquit à Aix, le 26 juillet 1732 ; il a gravé notamment une grande quantité de portraits

comme avait fait avant lui son oncle Jacques Cundier l'ancien et Coelmans. Quand à Jean Claude Cundier il rivalisait pour la peinture avec les Cellony, Palme et Siéyes.

Nous venons d'assimiler Jean Claude Cundier aux Cellony , aux Palme et aux Siéyes ; tâchons de faire connaître rapidement ces artistes , dont quelques uns ont exécuté d'importants travaux, et plus particulièrement à l'hôtel de ville d'Aix.

Si nous trouvons encore quelques émules de ces derniers, nous les citerons également.

François Palme, fils de Paul et de Jeanne de Cordoue, avait épousé à Aix, en 1656, Jeanne Valisset, dont le père et l'aïeul, avaient été aussi peintres.

Palme était natif de Lucques, mais il se fit naturaliser Aixois.

Emmanuel Siéyes, de Fréjus, fils de Vincent et de Jeanne Bonaud, avait épousé à Aix, Françoise Ansis, il est q^lifié de peintre dans son acte mortuaire du 9 août 1697, il fut enterré dans l'église des Dominicains, aujourd'hui paroisse de la Magdeîeine.

Mathieu Siéyes son fils, né à Aix en 1668, est également qualifié de peintre dans son acte mortuaire,

— il fut inhumé dans la même église des Dominicains, le 6 septembre 1731.

Au xvii9 siècle, Aix comptait aussi un peintre ayant de la réputation et dont les filles cultivaient le même art que lui, il se nommait Daniel, il avait peint le plafond de l'église des Grands-Carmes (église détruite en 92),

— ce plafond était divisé en trois parties, qui représentaient l'une, Elie montrant à ses disciples un nuage sortant de l'horizon , l'autre, le même Elie enlevé au ciel, et le troisième, la transfiguration de Notre-Seigneur.

XVII«, XVIIIe ET X1X« SIÈCLE. 197

Les filles de Daniel avaient aidé leur père dans ce travail qui était estimé.

Au moment de la révolution, il existait dans cette même église des Grands-Carmes, quelques bons tableaux de Daret, de Mignard d'Avignon et de Serre, — ainsi que plusieurs mausolées , entre autres celui d'Auguste Thomas marquis de Villeneuve, mort en 1698, ouvrage d'Antoine Duparc, sculpteur distingué de Marseille, il y avait également plusieurs statues que le bon roi René avait données à cette église.

Tous ces monuments furent saccagés et disparurent à la révolution, avec les peintures de Daniel. Une partie de l'église convertie en entrepôt de boiseries est seule debout.

Les tableaux précédemment nommés échappèrent au désastre, ainsi que le fameux triptyque, le Buisson ardent, que nous possédons à notre Exposition et dont nous avons eu occasion de nous entretenir. Cette merveilleuse peinture était placée dans cette église des Carmes au-dessus de l'autel de la chapelle du roi René, que ce prince avait choisie pour le lieu de sa sépulture: il y entretenait de son vivant, huit chantres, excellents musiciens, qu'après sa mort Louis XI, son neveu, roi de France, envoya chercher, en leur donnant de gros gages, pour chanter chaque jour à sept heures du matin, une grand'messe qu'il avait fondée en l'honneur de St-Jean, dans la sainte chapelle de son Palais-Royal à Paris.

Nous avons réservé les Cellony pour les derniers, car leur existence se rattache à l'histoire de THôtel-de- Ville d'Aix, dont nous allons dire quelques mots.

En 1652, le conseil municipal délibéra de faire rebâtir l'Hôtel-de-Ville qui menaçait ruine de toutes parts, la construction ne fut cependant commencée que

quatre ans plus tard, et elle fut entièrement terminée en 1668.

Un contrat du 9 août 1659, reçu par B. Dicitrane, notaire et greffier de la ville, contient le prix fait des ornements de sculpture de la façade et nous apprend que les artistes qui en furent chargés, étaient, Pierre Pavillon , Jean Claude Rambaud, et Jacques Fossé (a) maîtres-sculpteurs de cette ville.

On peut se souvenir d'avoir vu sur cette façade, les statues en pied de Charles Iîl d'Anjou, comte de Provence, et de Louis XI, roi de France, qui fut l'héritier de ce prince en 1481, plus un buste colossal de Louis XIV et un écusson aux armes de France soutenu par des Anges. —Ces ouvrages de Pavillon ont été détruits en 179*2.

En 1716 , la décoration de la grande salle où se tenaient les conseils de ville, fut délibérée sous l'influence et par les soins de Joseph Etienne de Meyran, — Laceta, marquis de Lagoy, alors premier consul.

L'exécution de ces décorations fut confiée à des peintres distingués qui florissaient alors à Aix. — Les Cellony père et fils et Viali durent se charger de l'exécution des portraits des anciens comtes de Provence et des rois de France, leurs successeurs ; mais la peste qui fit tant de ravages en Provence en 1720 et 172Î, suspendit leurs travaux et l'ouvrage ne fut terminé qu'en 1726.

M. Roux Àlphérdii auquel nous empruntons ces détails, publie tout au long une délibération du conseil, reconnaissant le dévouement dont a fait preuve Joseph de Haitze , en se chargeant de diriger toutes les peintures de cette salle de l'Hôtel-de-Ville, ayant fourni lui-même, des copies prises sur des originaux des anciens comtes de Provence et choisi les sujets historiques des grands tableaux de cette même salle.

XVlIe XVIIIe ET XIXe SIÈCLE. 199

Les tableaux ne furent exécutés que six ans plus tard, mais toujours sous la direction de Joseph de Haitze, et par d'André Bardon , né à Aix le 22 mai

Ce peintre, une des gloire de la Provence, mériterait une mention particulière.

Il fut le fondateur et directeur perpétuel de l'Académie de Peinture de Marseille, et tout à la fois, directeur et l'un des membres les plus distingués de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture de Paris; joignant à la qualité de peintre d'histoire , un talent remarquable comme poète, musicien et littérateur, mais il n'est pas un dictionnaire biographique qui ne parle de lui longuement, aussi, nous contentons-nous d'indiquer son éloge historique écrit par son élève d'Ageville, de Marseille, également de l'Académie de cette ville et directeur de son école de peinture, avant la révolution.

On lit dans cet éloge « que les connaisseurs trouvent dans cette suite de tableaux, de l'Hôtel-de- Ville d'Aix, le plan bien entendu, le goût du dessin d'une très bonne manière, la couleur ragoûtante, etles ingénieux effets de l'école vénitienne réunis aux grâces de l'école française. » Ces tableaux historiques au nombre de neuf, ainsi qu'un Christ et un portrait en pied de Louis XIV par Raynaud Levieux, remplissaient les onze panneaux de la grande salle du conseil de ville qui comptait également cinquante-huit portraits des anciens comtes et comtesses de Provence , et des rois de France depuis Louis XI.

Les unes et les autres de ces peintures furent détruites le 21 août 1792.

Au mois de décembre suivant, Gibelin, peintre d'histoire, alors officier municipal proposa le remplacement

de ces ouvrages par des sujets tirés de l'histoire des anciennes républiques, et par les portraits des plus illustres républicains, mais ce projet n'eût aucune suite.

Puisque nous avons cité Gibelin (Esprit Antoine), nous ajouterons qu'il était né à Aix, le 17 août 1739 et mort dans la même ville, le 23 décembre 1813, — il était membre de l'Académie royale de Parme, et de l'institut de France. On trouve dans la Biographie Universelle de Michaud, la notice de ses principaux tableaux et de ses gravures, ainsi que la liste de ses ouvrages imprimés.

Nous donnons, toutefois, en note un abrégé de la notice prise dans le 2e vol. de M. P. de Baudicour, sur ce peintre, que M. Roux Alpheran fait mourir en 1713 et M. de Baudicour en 1714 (b), nous ajouterons un mot sur Peyron, son contemporain et compatriote.

Nous avons prononcé les noms des Cellony et de Viali. Ce sont des peintres peu connus et qui ne figurent guère que dans l'ouvrage de M. Roux Alpheran.

Joseph Cellony , natif d' Aix, fils de Pierre et de Delphine Tassy, était dès 1692, le peintre en portraits le plus distingué qu'il y eut en cette ville, il peignait dans le genre de Fauchier; son dessin était correct et sa touche hardie, — il mourut à Aix, le 18 janvier 1731.

Joseph André Cellony, son fils nnique, né à Aix, en 1696 , fut envoyé de bonne heure à Paris pour s'y former sous Hyacinthe Rigaud, il surpassa son père. Sa touche était plus douce et ses étoffes mieux traitées, il mourut à Aix, le 7 février 1746, laissant trois fils, dont l'un Joseph Cellony, né en cette ville , le 16 février 1730 , fut également un peintre distingué, mais dans un autre genre, il s'attacha à son compatriote d'André Bardon et peignit l'histoire comme

XVIIe, XVlIle ET XIXe SIÈCLE. 201

lui; ses principaux tableaux décoraient l'Eglise des Bernardines de Marseille, celle des Chartreux de la même ville, et divers cabinets d'amateurs d'Aix : M. de Fonscolombe et Borelly.

Lorsque Cellony mourut à Paris, en 1786, il laissa par testament à l'Académie de Marseille , un tableau représentant la mort d'Alceste et quelques dessins de sa composition, signés de sa main.

Jacques Viali , natif de ïrapano, en Sicile, fut naturalisé à Aix, en 1720, il y mourut le 25 décembre 1745, à l'âge de 95 ans; la même année que J. B. Vanloo.

On voyait de lui à Aix, un grand nombre de portraits aussi bien traités que ceux des deux Cellony, de Palme et des deux Siéyes, ses contemporains.

NOTES

(a) Marie Fossé, sa fille, épousa le 25 janvier 1683 (paroisse Ste-Magdeleine), Louis Vanloo, le premier de sa famille qui vint s'établir à Aix, elle fut la mère des célèbres peintres, Jean Baptiste et Charles-André, dit Carie Vanloo, elle eut un troisième fils moins connu que ses frères, graveur à Aix , — il s'était marié à Mallemort, le 5 novembre 1732, avec une demoiselle Delphine Félix. (Roux Alpheran, page 85.)

(b) Esprit Antoine Gibelin, né à Aix, le 17 août 1739, fut élève d'Arnulphi, qui l'avait été lui-même de Benedetto Lutti. Entraîné par son admiration pour les grands maîtres, il fut en Italie, où il resta dix ans, étudiant l'antique, Raphaël et ses élèves, dont les grandes fresques le séduisirent, il s'exerça dans ce

genre de peinture et remporta un prix à l'Académie de Parme en 1768, sur un tableau d'Achille combattant le fleuve Scamandre. En 1771, il vint à Paris et fut chargé de peindre la grande fresque monochrome de l'amphithéâtre de l'Ecole de Chirurgie, longue de 72 pieds sur 18 de longueur, et qu'il exécuta en 1773. Il peignit dans le même genre plusieurs compositions , dans diverses parties de l'édifice, il fut ensuite chargé de travaux analogues, tant à l'Ecole Militaire que dans l'église des Capucins de la Chaussée d'Antin.

Gibelin fit aussi quelques tableaux à l'huile, pour l'Ecole de Chirurgie, représentant l'un, un Accouchement, et l'autre une Saignée.

Gibelin revenu dans son pays natal, mourut à Aix, le 23 décembre 1814.

M. Prosper de Baudicour décrit son œuvre gravé.

L'Exposition possède de lui, onze dessins des figures allégoriques exécutées à l'Ecole de Médecine, à M. Honoré Gibert, d'Aix ;

Un Aixois, ami et condisciple de Gibelin et comme lui, élève d'Arnulphi , Peyron Jean-François-Pierre, mérite également une mention particulière.

Né à Aix, le 13 novembre 1744, mort le 20 janvier 1820. Peyron vint à Paris, en 1773, il remporta le grand prix de peinture sur un tableau représentant la Mort de Senèque , — élève de l'Ecole de Rome, puis agréé et enfin reçu de l'Académie , il fut nommé par le roi inspecteur de la manufacture des Gobelins. Cette place lui fut ravie à la révolution et cet événement abrégea ses jours. Peyron a exposé à tous les salons, depuis 1785, jusqu'en 1812.

Le tableau représentant Curius Dentatus surpris par les ambassadeurs Samnites , au moment où il

XVIie, XVIIIe ET XIXe SIÈCLES. 203

apprêtait lui-même son repas , qui valut à Peyron sa réception à l'Académie, est aujourd'hui au château de Fontainebleau.

L'Exposition possède de lui, sous le no 457, Socrate et Alcibiade chez Aspasie , provenant du cabinet de M. Guilhermier, d'Avignon.

Gabet dans son Dictionnaire des Artistes donne la liste de ses principaux ouvrages, ainsi que de ceux de Gibelin.

ECOLE D'AVIGNON ET ECOLE FAIX

XVIIIe ET XIXe SIÈCLE

Nous nous sommes longuement entretenus des peintres qui se sont illustrés à Aix et à Avignon depuis le xne jusqu'au xvne siècle, et dont les travaux jetèrent tant d'éclat sur ces antiques cités; nous avons fait marcher de pair ces deux dernières villes. Aujourd'hui nous nous occuperons simplement de la cité des Papes.

Dans notre avant-dernier article, nous avons parlé rapidement de Raynaud Levieux; nous devons ajouter que nulle ville n'était plus riche en tableaux de ce maître qu'Avignon. Les Pénitents Noirs de la Nativitéde St- Jean-Baptiste, qui se l'étaient affiliés, occupèrent cet artiste pendant plusieurs années ; puis les Pénitents de la Miséricorde le firent travailler concurremment avec Nicolas Mignard et un nommé Baptiste

XVIIIe ET XIXe SIÈCLE. 205

Feret, qui peignait à Avignon en 1677, et dont les tableaux quoique signés ont été trop souvent attribués à Pierre Parrocel. Un autre peintre avignonnais nommé Courtois, avait peint leur plafoud, ce même artiste qui semblait s'être fait une spécialité dans ce genre de peinture, avait exécuté en 16i0 le plafond de la chapelle des Dames de la Miséricorde.

A cette époque Avignon le disputait à Aix.

Vers la fin du xvne siècle grâce à l'impulsion et à la protection que lui avait accordé le vice-légat Comty , la peinture était plus que jamais en honneur dans la ville papale. Comty avait fondé , en 1654 , l'Académie des émulateurs qui reçut bientôt dans son sein des hommes très-remarquables. Grâce au haut et puissant patronage de ce prélat éclairé , toutes les églises du comtat rivalisèrent enlr'elles de sacrifices pour orner leurs autels de tableaux de maîtres.

Les Pénitents qui se divisaient en sept confréries, se jetèrent avec une louable ardeur dans ce mouvement, ils s'affiliaient les artistes et leur donnaient des commandes considérables.

Nous venons de voir les Pénitents Psoirs et ceux de la Miséricorde à l'œuvre. Les Pénitents Gris ne tardèrent pas à être entraînés par l'exemple.

Pierre Parrocel (a), qui venait de peindre sept grands tableaux pour l'église de St-Pierre, était appelé par eux et exécutait pour leur compte cinq autres grandes toiles. Les Pénitents Blancs, dans la chapelle desquels Simon de Châlons avait, en 1563, exécuté, outre plusieurs tableaux de grandes compositions en camaieux, représentant d'un côté les douze sybilles de l'antiquité, et de l'autre les douze apôtres, furent les derniers à suivre ce mouvement. Ce lut dans les premières années du xvur8 siècle que les camaieux de Simon de

Châlons disparurent enfin sous les toiles de Pierre Parrocel, d'Etienne Parrocel et du chevalier Pierre Mignard (b).

Dans la seconde moitié du dernier siècle, on vit une foule d'artistes se faire recevoir dans cette confrérie, qui devint une sorte d'académie des beauxarts; ainsi, on lit inscrits sur ses registres existant encore , ceux antérieurs à 1745 ayant été perdus.

« Le 11 avril 1745, Jean de Servandoni, peintre et architecte du roi ; le 25 avril 1745, François Bondon, sculpteur; en mars 1746, Antoine Mazetty , sculpteur; le 16 février 1759, Pierre Mignard , peintre et architecte; le 13 avril 1731 , François Vernet, peintre ; le 18 du même mois , Thomas Pacini , artiste vénitien ; le 31 mai 1751, Laurent Bondon et Jean Chabrier , tous deux sculpteurs; le 8 avril 1763, Jean-Joseph Balechou, graveur; le 19 avril 1771, Joseph Michon, peintre; le 1er novembre 1773, Antoine Michon , aussi peintre; le 23 avril 1775, Jean Pierre Raspay, peintre ; le 25 mars 1777, Antoine Vernet, peintre; le 6 avril suivant, Paul-André Lebiond, graveur; le 7 avril 1782, Jean-François Buffardin, sculpteur. »

Le chevalier Charles-François de Bernin était originaire d'Avignon; il y passa quelques temps en 1776, et fut reçu pénitent blanc le 6 octobre de cette année. Ayant remarqué les tableaux que Simon de Châlons avait peints dans l'antique chapelle de la confrérie et qui représentaient, l'un, le Couronnement d'épines, et l'autre , Jésus montant au Calvaire , chargé de sa croix , il voulut bien , pour rendre hommage à cet ancien maître, en faire lui-même la restauration, ce que le secrétaire constata en ces termes sur les livres de la confrérie : « En considération de sa réception, ledit Bernin a réparé les deux tableaux de notre

XVIIIe ET XIXe SIÈCLE. 207

avant-chapelle, dont les Cgures étaient presque méconnaissables, attendu qu'ils se trouvent peints sur bois , laquelle réparation a été faite si à propos, qu'ils paraissent aujourd'hui comme neufs, attendu les talents supérieurs que ledit frère a pour cette partie. ?

Depuis longtemps quelques particuliers s'étaient associés à ce mouvement artistique.

Il existe encore aujourd'hui une chambre de l'hôtel de ïonduti de Lescarène , dont Psicolas Mignard a peint le plafond et les riches panneaux, et un salon de l'hôtel de Baroncelli Javon , peint tout entier par Joseph-François Parrocel, salon qui fut inauguré , en 1760, pour le mariage de la grand'mère des Javons actuels. M. Achard attribue à tort ces peintures à Pierre Parrocel, mort en 1739, et père de Joseph-François.

A ces peintres dont dous venons de parler nous devons ajouter indépendamment des Bernus , des Péru et des Yernet ; Louis Lapalme , peintre portugais , établi à Avignon dès 1722 ; Banquen (Quirin Van), que nous avons cité précédemment, habile peintre hollandais, mort à Avignon ainsi que le rapporte Cal vet, (t. VI, p. 154), et dont le tombeau existe à l'église St-Agricol, chapelle des femmes (l'épitaphe a disparu). Louis David graveur aux xvne et xvme siècles auquel on doit une carte géographique du Gomtat , et le portrait gravé de Cadecombe , portant l'un et l'autre sa signature ; le frère Denis Attiret, jésuite, né à Dole, qui exécuta dans cette ville en 1732, toutes les peintures de la chapelle du noviciat de son ordre. Louis Parrocel, qui appartient à une époque bien antérieure, premier maître de Pierre Parrocel , et les élèves de ce dernier Etienne, son neveu , ses deux fils Joseph- François et Pierre-Ignace, ainsi que les Sauvan, plus

Vien, dont les travaux à Avignon, à Tarascon et ù Marseille furent considérables.

Le nombre de tableaux existant dans quelques villes de la région , et peints à l'époque dont nous venons de nous entretenir par les artistes déjà nommés atteste à quel point la peinture était alors houorée et encouragée dans le Midi de la France. La révolution de 89 paralysa cette expansion artistique.

Paris devenu le centre unique et la tête de la France, consacrait seul le talent et la renommée, les notabilités artistiques d'Avignon et d'Aix s'envolèrent alors vers la capitale , et ce fut fait momentanément de leur école.

JNous en finissons un peu brusquement avec elle, mais parmi les artistes que nous venons de nommer, les plus célèbres figurent dans tous les dictionnaires biographiques ou sur le livret du Louvre. INous renvoyons les lecteurs à ces ouvrages , s'il est quelques uns de ces artistes qui les intéressent plus particulièrement.

Cependant les Sauvan n'étant pas mentionnés dans ces livres , nous leur devons une petite réparation.

L'Exposition possède, du reste, de Philippe , fun deux, sous le n° 94-1; les Anges adorant l'Agneau Pascal et sous le n° 942; Si- Dominique , grands tableaux provenant de 1 église de Ste-Marthe de Tarascon, productions remarquables, qui brillent par la finesse de l'expression et la pureté du dessin ; le coloris seul de Sauvan, dans une gamme un peu trop grise s'éloigne de celui de Pierre Parroceï son maitre pour se rapprocher de la peinture peu consistante de Carie Vanloo, sans arriver à la fraicheur et à l'éclat de sa couleur.

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Mais faisons faire à nos lecteurs plus ample connaissance avec cet artiste avignonnais.

M. Prosper de Baudicourt auquel on doit la continuation de l'œuvre de Robert Dumesnil, qui le premier a mis son nom en lumière, parlant de Philippe Sauvan, s'exprime ainsi :

« Philippe Sauvan, peintre d'histoire, naquit à Arles en 1698, son père Honoré Sauvan, qui était peintre lui-même, lui donna les premières leçons de son art et le mit ensuite sous la direction de Pierre Parrocel, qui jouissait alors à Avignon d'une grande réputation : il fît sous ce maître de rapides progrès et alla se perfectionner en italie ; de retour en France , il se fixa à Avignon, où il se maria et devint , après la mort de son maître, qui lui laissa en héritage ses cartons et ses esquisses, le peintre le plus en réputation de cette ville.

Sauvan était fort religieux, ii fit principalement un grand nombre de tableaux de dévotion, qui sont répandus dans les diverses églises d'Arles, d'Avignon, d'Aix et autres villes de la Provence et du Comtat, et dont plusieurs sont très-remarquables.

Il fut choisi pour peindre un plafond dans une des salles de l'Hôtei-de-Ville d'Avignon et s'en acquitta avec talent, il peignit aussi beaucoup de portraits et fit de jolis pastels.

Sauvan fut le premier maître de Joseph Vernet et de Balechou; mais n'ayant pas connu dans celui-ci les qualités nécessaires pour faire un bon peintre, il lui conseilla de s'adonner à la gravure. Balechou suivit ses conseils, devint fort habile et par la suite il grava d'après son maître : une Adorai Ion du Sacré Cœur de Jé$us} le portrait de Jacques de Forbin de

Jeanson, et celui de Joseph François de Salvador supérieur du séminaire d'Avignon.

Sauvan mourut dans cette dernière ville le 8janvier 1792, âgé de 94 ans, s'occupant encore de son art.

Pierre Sauvan, fils de Philippe Sauvan, hérita du talent de son père , il devint pensionnaire du roi d'Espagne ; il se fixa dans ce royaume où il mourut dans un âge fort avancé. II est auteur notamment du tableau de Si- Thomas de Villeneuve, qui a été gravé par F. Guibert le jeune.

Une des sœurs de ce dernier, Gabrielle Sauvan, peignit aussi fort agréablement comme amateur, entre autres tableaux, une suite de X Histoire de Tobie en douze toiles, qui rappellent la même suite exécutée par Pierre Parrocel pour le maréchal de Noailles et qui fait partie aujourd'hui de la collection du château Borelly à Marseille.

En parlant des Sauvan, nous sommes tout naturellement amenés à nous occuper d'un de leurs disciples.

JeanPierrelXavierBidauld, né à Carpentrasen 1743 qui fut à la fois peintre de paysage, de genre, d'histoire naturelle et graveur à l'eau forte et au burin.

Le musée même de Lyon, ville où il s'était fixé, possède plusieurs de ses tableaux, il mourut en cette ville en 1813. Elève distingué de Philippe Sauvan, il fut à son tour le maître de son frère, né également à Carpentras le 15 avril 1758 , et mort à Montmorency le 20 octobre 1846.

Jean-Joseph-Xavier Bidauld obtint une médaille au

Salon de 1812, fut nommé membre de l'Institut le

12 avril 1823, en remplacement de Prud'hon et

reçut la croix de la Légion-d'Honneur. Il a fait un

rand nombre de vues d'Italie et il exposa à tous

XVIlle ET XIXe SIÈCLE. 211

les salons depuis 1791 jusqu'en 18i4. Gabet donne la liste de ses principaux ouvrages,

Un carpentratien dont le nom dans la peinture fut également célèbre avait précédé de quelques années J. P. X. Bidauld. Nous lui devons également une mention, car nous possédons de lui sous le n°391 un Portrait de M. J. de Vaisnes, et sous le n° 29+ un autre Portrait, à M. d'Agay, d'Aix, tous deux d'un fini très-remarquable et de plus sous les nos 292 et 293, Portrait de Peru, statuaire, et Portrait de Lassone toiles grandement ébauchées.

L'auteur de ces œuvres est Duplessis, Joseph Siffren, peintre de paysage, d'histoire et de portraits, élève de son père , Joseph Guillaume Duplessis , du frère chartreux Imbert de Marseille et de Pierre Subleyras d'Usez. Duplessis avait été nommé conservateur du Musée de Versailles; né à Carpentras, le 6 avril 1725, il est mort à Versailles, le XI germinal, an X, (1892). Voyez Barjavel.

Puisque nous avons cité le portrait de Peru , nous en profiterons pour dire un mot sur cet artiste , qui eut un parent, — probablement son frère, — également sculpteur et architecte de mérite, et dont aucun ouvrage biographique ne s'occupe à l'exception , de celui de Barjavel. Il en est de même des Bernus que nous avons nommés, nous leur consacrerons donc aussi, une notice.

Peru Jean-Baptiste, sculpteur distingué né à Avignon dans le xviif siècle, appartenait à une famille sur la généalogie de laquelle on trouve des détails dans les mémoires du docteur E. -G. -F. Galvet, dont il a exécuté le buste en marbre qu'on voit au musée fondé parce dernier.

On doit au même artiste : 1° l'élégant autel de marbre placé dans le chœur de l'église St-Agricol, à Avignon, et qui contient les reliques de St-Magne et de son fils ; 2<> les belles statues de Ste-Anne et de St-Jean-Baptiste, qui ornent la chapelle de la Sainte- Vierge de la même église, — chapelle dont Péru a tracé lui-même le plan.

Son parent Joseph Péru, né à Avignon, le 21 janvier 1721, architecte et sculpteur, séjourna plusieurs années a Rome et à Venise, et y fit de bonnes études ; ù son retour d'Italie il se rendit à Paris ; se lia avec les Vien, les Vernet, les Duplessis , les Parrocel, etc. Revint ensuite dans sa patrie et s'y fit connaître par des ouvrages de mérite ; placé comme professeur de dessin à l'école centrale de Vaucluse , il est décédé à Carpentras le lk février 1800. (Voyez Barjavel.)

Bernus (Jacques), célèbre sculpteur naquit à Mazan, le 15 décembre 1650. Son génie pour la statuaire se manifesta dès son enfance, à l'âge de 13 ans, il quitta ses parents et se rendit à pied jusqu'à Toulon. — Dénué d'argent, la mère des compagnons lui indiqua le directeur des parcs, ce dernier le voyant si jeune et dans un si piteux état, le rebuta d'abord, puis cédant à ses instances, il lui donna un bloc de pierre et lui dit d'en faire une Vierge. — Jacques eut à subir les railleries des ouvriers qui , s'apercevant insensiblement de la bonne tournure de la statue, finirent par admirer en lui le talent le plus rare.

Le directeur des parcs, ayant eu depuis lors occasion d'apprécier son talent, souhaita de l'avoir pour successeur ; Bernus n'avait que 17 ans, il s'excusa sur sa grande jeunesse et déclara modestement que son but était de voyager pour se perfectionner.

Il paraît que Bernus parcourut quelques villes du

XVIHe ET XIXe SIÈCLE. 213

Midi de la France et qu'il travailla notamment à Avignon. M. Barjavel lui consacre une longue notice, il cite la plus grande partie de ses ouvrages connus, soit à Mazan, Mallemort, Monteux, au Château de St-Didier, au Beausset, à Montbrun (Drôme), à Caumont, l'Isle, Gordes, Goult, Salon et Toulon.

La statue de Notre-Dame-de-la-Garde placée dans la chapelle située en haut d'une des montagnes qui touche cette dernière ville est de lui. Mais c'est surtout à Avignon et à Carpentras qu'on trouve le plus grand nombre de ses œuvres.

L'évêque Butti, dont il fit à sa mort le mausolée; véritable chef-d'œuvre existant à l'église de St-Siffrein de Carpentras fut un des grands protecteurs et admirateurs de Jacques Bernus, il le logeait toujours dans son palais , — il voulait le mener avec lui à Rome, mais Bernus voulait mourir où il était né.

Un des petits-fils de J. Bernus ; Thomas Bernus , né à Mazan, le 29 décembre 1741, mort à Carpentras, le 27 mai 1826, fut également peintre et statuaire, son portrait a été peint par Duplessis. Les femmes dans cette famille ont elles-mêmes manié le pinceau et le ciseau.

A l'époque dont nous parlons, Boutchay (Martin), né à Verviers , vers 1698. Célèbre orfèvre, ciseleur et graveur, devenu citoyen de Carpentras, a consacré son talent à orner les églises. Barjavel décrit ses principaux ouvrages parmi lesquels nous citerons plusieurs statues de grandeur naturelle en argent , et la fontaine de la place de l'Horloge de Carpentras.

D'imguimbert , qu'il nomma son exécuteur testamentaire était son protecteur, ainsi que l'archevêque d'Avignon , François Maurice de Gonteris de Cavaillac

qui fut trois fois vice-légat, et pour lequel Boutchay exécuta un service de table colossal , ou figuraient des fleurs , des fruits et des animaux de toute espèce, ainsi que des vases et des candélabres merveilleusement ciselés.

NOTES

(a) Louis Parrocel, son père et son maître, prenait , le 27 mai 1668 et le 14 août 1674, l'adjudication des grandes peintures murales de l'ancien Ilôtel-de-Ville, pour la salle basse, et le 16 janvier 1676, avec deux autres peintres d'Avignon, Jacques Bertrand et Jean- Baptiste Lauze, pour la salle haute du côté de la chapelle dans laquelle était placé le portrait de Clément X, qu'il avait peint et dont le prix lui avait été payé par le conseil lui-même , ainsi qu'en fait foi le mandat déposé aux archives et daté du 12 février 1671.

Louis Parrocel avait exécuté pour l'église St-Pierre deux tableaux qui y existent encore. Son frère Joseph — d'abord son élève — surnommé des Batailles, avait été chargé par les fabriciens de la même église de peindre une suite de la vie de St-Àntoine de Padoue ; il n'exécuta que deux tableaux et laissa à son neveu Pierre le soin de terminer ce travail, auquel coopéra probablement son frère Ignace-Jacques.

(b) M. Achard, archiviste d'Avignon, cite Charles Parrocel , c'est Etienne Parrocel qu'il faut lire : M. Achard doit avoir conservé l'original de la note qu'il m'a remise anciennement à moi-même , constatant que le tableau des Trois Marie au Tombeau, peint

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pour les Pénitents Blancs, a été exécuté par Parrocel le Romain, et Charles Parrocel, peintre de Louis XV, n'a jamais été désigné sous ce titre. Etienne était membre de l'Académie de St-Luc, à Rome, ce qui lui valut le surnom de Romain.

UAlmanach des Artistes de 1776, annonce ainsi sa mort :

« L'Académie de St-Luc a perdu quelques-uns de ses membres pendant l'année qui vient de finir, de ce nombre : M. Parrocel que l'amour de son art et de son nom , avait attiré à Rome pour s'y perfectionner d'après l'étude des grands maîtres. »

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ECOLE D'AVIGNON ET ECOLE FAIX

XVIIe, XVIIIe ET XIXe SIÈCLE.

Notre Exposition touche à son terme. A dater du \6 du mois courant les portes en seront closes. Les musées, les églises et les possesseurs de tant de merveilleux objets d'art que nous avons eu le bonheur d'admirer et dont le public a pu jouir h son aise, tous vont nous être ravis , et vont reprendre la place qu'ils occupaient précédemment; les heureux propriétaires de ces trésors, vont réclamer leur bien, c'est de toute justice ; mais si nous éprouvons une sincère gratitude pour eux , en raison du désintéressement et de l'obligeance dont ils ont fait preuve , en se séparant momentanément de ces précieux objets, dans le but si louable de faire partager à tous la satisfaction qu'ils leur procurent , nous n'en éprouvons

XVII«, XVIIle ET XIX* SIÈCLE. 217

pas moins un douloureux serrement de cœur en songeant que nous en voyons le plus grand nombre pour la dernière fois.

Nous avons passé de longues heures à les examiner, à les étudier, à les comparer ; nous pouvions analyser au fond de notre esprit et cela en présence des toiles des maîtres, l'influence exercée parles uns sur les autres , les différences de leurs procédés , la pensée qui les animait; nous avons médité avec les penseurs, notre âme s'est élevée avec les peintres vraiment religieux. L'énergie ou la fierté de quelques-uns d'entr'eux ont tour à tour fait battre notre cœur; tous nous ont révélé les replis les plus cachés de leur âme et communiqué leur enthousiasme. Ces impressions sont profondément gravées en nous-mêmes ; cela nous console , car si les toiles disparaissent pour jamais, du moins nous en conservons un vivant souvenir.

Hélas ! nous devons l'avouer , cependant nous ne parlons ici que de la plupart des œuvres exposées Un grand nombre et des plus belles toiles nous ont échappé, ou nous n'avons fait que les entrevoir. Malgré nos visites réitérées, pouvions-nous tout examiner, tout juger, tout approfondir? Il nous eut fallu des années pour une telle œuvre, aussi, la revue par nous commencée se ressentira-t-elle de l'absence des tableaux, ou, pour mieux dire, elle cessera peu de temps après notre Exposition, car nos articles ne présenteraient plus le même intérêt

Profitons donc aujourd'hui du temps qui nous reste pour examiner encore quelques-uns des tableaux de nos peintres du Midi.

Bien que n'appartenant pas à la Provence , nous ne pouvons passer sous silence les quatorze splendides

portraits de Rigaud Hyacinthe, né à Perpignan, le 20 juillet 1659, mort à Paris, le 27 décembre 1743. Nous indiquerons simplement pour la bonne règle du no 870 au no 883, les œuvres dues à son pinceau. Les visiteurs n'ont pas besoin de ce renseignement pour reconnaître le faire de ce maître ; il y a dans toutes ses têtes de femmes, de magistrats ou d'hommes de guerre , tant de noblesse , une telle fierté d'allure que toutes vous captivent et vous arrêtent. En présence de ce coloris si brillant , de la vérité saisissante avec laquelle sont traitées soit l'hermine, la soie, le \ jlours ou les armures qui couvrent ses personnages , dont les perruques ou les cheveux tombent en boucles légères ou flottent au gré du vent, avec une élégance toute aristocratique.

Le critique s'nrrête et ne se sent pas le courage de demander à un artiste si merveilleusement doué, autre chose que ce qu'il a produit. Le portrait du Président de La Roque, à M. de Forbin la Barben, est une merveilleuse chose, ainsi que le Joueur de Cornemuse et quelques-unes des autres toiles exposées par Mme la marquise de Gueydan, d'Aix. Le portrait d'im Maréchal, à Mme la marquise de Gastillon, d'Aix, est dans le même cas.

Largillière, Nicolas, a laissé également en Provence des traces impérissables de son passage ; digne rival et contemporain de Rigaud et son aîné de trois années seulement, il a partagé avec lui le soin de reproduire les traits des plus grands personnages de son temps. Moins élégant que Rigaud , sa couleur semble plus vraie et plus solide et toujours comme celle de ce dernier, de la plus grande fraîcheur.

Largillière a six toiles à notre Exposition : du n° 523 au n° 530. Son tableau de Jeunes filles devant

XVIIt, XVIIIe ET XIX* SIÈCLE. 219

un clavecin, no 529, est une ravissante page. L'amour qui se blottit derrière l'instrument, menaçant du doigt les séduisantes victimes qu'il convoite pour les soumettre à son empire, est plein de malice, d'un modelé et d'un coloris charmants.

Bourdon Sébastien, né à Montpellier, en 1616 , mort en 1674 , est un des douze artistes qui fondèrent l'Académie royale de Peinture, il a laissé beaucoup d'ouvrages dans le Midi, notamment dans sa ville natale, où il travailla pour différentes églises et pour plusieurs amateurs , décorant en 1663 l'hôtel du président Breson-Yilliers.

Onze de ses œuvres sont exposées, du no 93 au n° 103 ; toutes ne nous paraissent pas authentiques, ou du moins , ce ne sont pas là , ses meilleures productions; nous passerons rapidement sur elles pour considérer un instant le n° 222: Jésus crucifié, provenant du musée de Marseille , et peint par d'André Bardon, dont nous nous sommes occupés précédemment sans indiquer ses œuvres à notre Exposition, qui possède également de lui, une Vénus et un Adonis, n° 221, — une esquisse, no 224 et une copie du portrait du maître, par Ml,e Emeric David.

Ce Christ, donne à lui seul, la mesure du talent original de d'André Bardon, comme finesse de contours, puissance d'expression et vérité de coloris ; disciple de Jean-Baptiste Vanloo, il a surpassé le maître.

Un élève de d'André Bardon, connu sous le nom de Julien de Parme. Julien (Simon), né à Toulon en 1735, mort à Paris, le 30 juin 1798, a trois de ses toiles exposées sous les nos 504, 505 et 506, provenant du musée de Toulon. C'est d'abord , le Portrait de l'Auteur, le Portrait du père et de la mère de Vaiileur, et le Triomphe d'Aurclien. Ces productions ont un

caractère d'originalité qui tranche avec celle des artistes français de l'époque, le dessin en est ferme, le coloris vrai, bien qu'un peu transparent, comme celui de Carie Vanloo, dont Julien avait pris également les leçons, en somme , ce sont des peintures qui plaisent par leur étrangeté.

Un compatriote de Julien Simon, qui appartient à notre époque, Guérin Paulin, né à Toulon, le 24 mars 1793, a quelques-unes de ses toiles qui méritent de fixer l'attention, nous connaissons tous à Marseille son tableau de la consigne : Le chevalier Rose faisant inhumer les pestiférés de Marseille en ll%0, son Adam et Eve, à M. Germont de notre ville , exposé sous le n° 455, est supérieur à ce dernier , six portraits et une toile intitulée la mélancolie, à M. Tur de Nîmes, forment son œuvre à notre Exposition.

Guérin, semble avoir voulu rompre des premiers avec les traditions laissées par David , ses poses moins académiques se rapprochent davantage de la nature. Son modelé est ferme et nourri, mais la Gnesse dans l'expression lui fait défaut, ainsi que la noblesse du style.

Elève de Gérard , il obtint une médaille d'or, au Salon de 1817, pour son tableau, Jésus et la mère des Douleurs entourés des saintes femmes et des Apôtres. En 1822, il peignit Anchise et Vénus, en 1824; Ulysse ex-posé au courroux de Neptune, en 1826; son tableau de la Peste de Marseille, que nous avons cité, ainsi que son Adam et Eve, peint une année après. En 1838, il produisit la gracieuse figure connue sous le nom de la Rêverie.

Nommé chevalier de la Légion-d'Honneur après le Salon de 1822 , Paulin Guérin , mourut le 16 janvier

XVIIe, XVIIie ET XIXe SIÈCLE. 221

1855, directeur des cours de Dessin et de Peinture à la Maison Impériale de St-Denis.

Fragonard, Jean Honoré, de Grasse, né en 1732, mort à Paris en 1806, une de nos gloires provençales, n'a que deux toiles, sous les n°< 358 et 359. Ce dernier provient du musée de Marseille, il y a là une habileté de main incroyable. Mais c'est de la peinture légère et sans consistance, du reste, c'est une esquisse : à ce titre, on ne doit pas être trop exigeant, et il n'est pas possible de porter un jugement sur le maître, d'après ces simples spécimens.

Elève de Chardin, puis de Boucher; Fragonard, devint le peintre de la grâce et de l'élégance , il fut employé par la Dubarry et peignit pour la célèbre Guimard, un plafond dune pièce de son hôtel, que David par suite d'une brouille survenue entre l'artiste et la comédienne, dut terminer.

Fragonard cultivait, avec un égal succès : le pastel, la gouache, l'aquarelle, la gravure à l'eau forte ; son fils et son petit-fils se sont faits également un nom dans les arts.

Nous avons de l'un d'eux , Fragonard , Alexandre Evariste, né en 1783 à Grasse , sous le n° 660 : un Portrait de Femme, à M. Boyer et sous le n° 361: X Heureuse fécondité, à M. Onfroy.

On doit à ce maître , à la fois peintre et statuaire : le fronton de la Chambre des Députés de Paris , la statue colossale de Pichegru, et la fontaine du marché des Carmes, place Maubert, et de grandes pages historiques exposées dès 1817 , parmi lesquelles nous citerons, François Ier armé chevalier. Les bourgeois de Calais à la tente d'Edouard. Marie-Thérèse présentant son fils aux Primats de Hongrie , l'entrée triomphale

de Jeanne d'Arc, à Orléans. Des sujets de la vie de François Ier, pour servir de plafonds dans le musée Dauphin, et quantité d'autres ouvrages de grande dimension qui appartiennent au gouvernement. Quatre médailles de première classe et la croix de la Légiond'ïionneur ont été la récompense des travaux de cet artiste.

L'Exposition possède sous le n<> 396, une esquisse provenant du Musée d'Aix, habilement peinte, par Mlle Girard, élève de Fragonard le père, mais nous nous arrêtons: malgré notre bon vouloir nous ne pourrions suffire à tout citer en un jour. Nous laissons donc au livret le soin de continuer notre tâche, au lecteur à le consulter. Mais s'il veut faire une dernière connaissance avec nos peintres du Midi, tant anciens que modernes et sans ordre de date, qu'il jette les yeux sur les œuvres : d'Aiguier, d'Albouin de Villeneuve, d'Aubert, de Baron, Gustave de Beauïieu, (d'Aix) , de Beaume (de Marseille) , de Bigan, de Billet, de Bonnegrâce (de Toulon), de Boze, de Brest, de Bronze, de Ghaix, de Chavet (d'Aix), des deux Clerian, également d'Aix, ainsi que Constantin dont l'œuvre à notre Exposition est considérable, de Coste, de Courbet, de Courdouan, de Goutel, de Dagnan, de Dauphin, de Deveria (d'Avignon), de Diaz (de Bordeaux), de Françoise Duparc, (de Marseille), de Duqueylard, d'Engalière, d'Estachon, de Fontainieu, de Forbin, de Fouques (d'Arles), de Glaise (deMontpellier), de Goyrand (d'Aix), et surtout de Granet,qui compte vingt-six toiles à notre Exposition, lesquelles mériteraient seules un article tout entier.

Nous nommerons encore Greuze. Grivolas, Hébert (de Grenoble); Henry (d'Arles); Jalabert (de Nîmes); Èacour; Lacroix (d'Avignon) ;Lagier (de Marseille; ; les

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Lamy ; Latil, (d'Aix) ; Lestand Parade ; les Yanloo, dont trente-sept toiles figurent dans les galeries ; Loubon Emile, dont elles possèdent le Camp du Midi; Mathet les Mignard, qui ont vingt tableaux exposés; Mingard} Nancy (de Toulon); Natoire de Ni m es : Nègre (de Marseille : Papety (de Marseille) l'Exposition possède de ce maître, vingt toiles splendides, dont quelques-unes sont des chefs-d'œuvre ; les Parrocel, déjà nommés, qui ont trente-trois tableaux et plus de soixante dessins, eaux fortes ou gravures ;Pellicot JdeMarseille^; Kaoux Jean (de Montpellier', et Heattu (d'Arles); ce dernier à douze ravissants tableaux exposés, sans compter les dessins, œuvres qui exigeraient une longue appréciation et uncompte-rendu détaillé; Keboul )d'A\ignon), Revelly (Honoré), ancien professeur à l'académie de peinture de Marseille, et Revoil, qu'Aix pourrait revendiquer, bien qu'il soit ie fondateur de l'école de peinture de Lyon. Cette liste paraît déjà fort longue, cependant nous avons à cœur de n'oublier personne; nous continuerons donc et nous citerons de nouveau M. Ricard, l'habile portraitiste dont Marseille s'honore; Richaud (d'Aix et Roquep'an [deMallemort); Rousset (deMarseille;;Roux, Polydore, de la même \ ille ; et de plus Serre, qui a quatorze tableaux exposés, tandis, que Subleyras (dTzès), en a cinq.

Les de Troy de Toulouse), ont aussi des œuvres splendides; Tuaire d'\i\ ; Valentiennes (de Toulouse , Verdnssen et surtout les Yernet, ont une exposition magnifique ; ils comptent vingt-deux tableaux excessivement intéressants et des plus remarquables, lorsque Vien (de Montpellier), n'a qu'une seule toile.

Mais que le lecteur nous pardonne cette nomenclature. Il lui reste deux jours à peine pour visiter

notre Exposition ; nous avons cru devoir, avant sa clôture, lui signaler au moins les peintres du Midi dont nous n'avions pu encore nous occuper, sauf à revenir à eux dans la suite s'il nous est donné de le faire d'une manière plus étendue et plus en rapport avec leur mérite.

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