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ARC DE TRIOMPHE

L'Arc de* Triomphe de Marseille a été érigé en souvenir de la campagne d'Espagne de 18*23. Le projet en fut approuvé le 31) août 1824, et la première pierre en

fut posée le k novembre 1825. II devait être entièrement construit vers la fin de 1827, cependant il ne fut achevé que vers 1830. C'est après cette époque que les sculptures confiées à David d'Angers et à Ramey fils, furent exécutées. Nous allons donner la liste des principales œuvres de ces artistes, afin de lesfaires connaître à nos lecteurs.

David d'Angers (Pierre- Jean), né à Angers en 1792, mort à Paris en 1853, a exécuté tous les travaux de la face méridionale de l'Arc de Triomphe de Marseille, ainsi que le bas-relief, côté ouest, portant la date de 1829 et représentant le départ des enfants de la Provence. Ces magnifiques sculptures donnent une idée de la grandeur du génie de cet artiste qu'on doit compter parmi les plus illustres statuaires que la France ait produit.

La statue colossale du roi René , placée sur le Cours à Aix, est due à son ciseau , elle figura à l'exposition de Paris en 1822. Les livrets de la capitale mentionnent de lui la même année : Ste-Cécile , statue destinée à décorer une église de Paris , réexposée en 1834 ; basrelief représentant le Génie delà Guerre et des Fortifications, pour la fontaine de la place de la Bastille ; Buste de François Ier et d'Ambroise Paré ; Buste de Visconti ; de Camille Jordan. — En 1824, le Monument de Bonchamp, la statue a six pieds de haut et est placée dans l'église de St-Laurent ; l'Innocence implorant la Justice (bas-relief), dans la Cour du Louvre ; Buste de Louis XVI; Buste du baron Desgenettes et de Volnay. — En 1827, le prince de Condé, statue colossale pour le Pont Louis XVI ; une Jeune Fille grecque, déposant une couronne de laurier sur le tombeau de Botzaris ; le Retour du duc d'Angoulème après la guerre d'Espagne , bas-relief pour l'Arc de Triomphe du Carrousel ; Statue de Racine; Statue de Talma (modèle en plâtre),

pour le Théâtre Français; Buste deBéchard, au musée d'Angers ; de Gooper, pour les Etats-Unis d'Amérique; de Casimir de Lavigne;de Raoul-Rochette; de Jérémie Bentham, dont l'auteur a fait hommage à l'Angleterre; de Fénelon, pour le Garde des Sceaux; de Montesquieu. — En 1830, un grand Médaillon et le portrait de Rouget Delisle.

David a fait en outre : le Christ, la Vierge et St-Jean.

Le monument de Fénelon , avec bas-relief représentant plusieurs traits de la vie de l'illustre prélat, pour la cathédrale d^ Cambray ; un Jeune Berger , occupé à se regarder dans l'eau ; les Monuments du maréchal Lefebvre ; du maréchal Suchet ; du comte de Bourke et de Visconti, au cimetière de l'Est ; un bas-relief représentant l'exécution militaire du comte Frotté et de six officiers.

Cet artiste a aussi exécuté une grande quantité de bustes en marbre et en bronze , d'hommes célèbres. jNous citerons ceux de Racine ; Henri II ; Lacépède ; Casimir Perrier ; Kératry; Rouget Delisle ; Grégoire; Rossini ; le colonel Moncey ; Cazenave ; Caumartin ; Lafayette , ce dernier fut donné par lui aux Etats-Unis d'Amérique. Il a exécuté de plus 90 médaillons représentant : Victor Hugo , Charlet; Horace Vernet, etc. — En 1832, le monument du général Foy, au cimetière de l'Est ; la statue de M. de Staël. Il a été chargé par le gouvernement de l'exécution des bas-relief en marbre qui devaient décorer l'église de Ste-Géneviève. On lui doit également le buste colossal en marbre de Chateaubriand et celui de Goethe.— En 1834, il exposa encore à Paris : Buste en marbre de Cuvier ; Médaillon en marbre de Casimir Perier ; Buste en bronze de Paganini. — En 1845, étude d'Enfants (marbre).— En J8i9, buste en marbre de St-Just.

Cet artiste a obtenu en 1810, le 2me grand prix de Rome et le prix de la tête d'expression , et en 1811 le 1er grand prix. Il a été nommé en 182k , membre de l'Académie de Cambray; en 1825 membre delà Légiond'Honneur; en 182i, membre de l'Institut et professeur de l'Académie de Peinture et en 1828 membre de l'Académie de Gand.

Ramey, fils de Ramey Claude, célèbre statuaire, a dû en partie sa réputation à celle de son père, qu'il n'a pas égalé. Il serait toutefois injuste de lui dénier tout talent comme sculpteur, car ses œuvres ont un certain mérite. Il excellait surtout dans les esquisses et dans les dessins ; à sa mort on en a trouvé chez lui une quantité considérable qui ont été vendus. Nous lui devons à Marseille, tous les travaux de sculpture de la face nord de l'Arc de Triomphe , et le basrelief côté Est, exécuté en 1839. qui perd beaucoup au voisinage de celui de David d'Angers. Ses principales productions mentionnées par les livrets de Paris sont : en 1822, l'Innocence pleurant un Serpent mort ; Jésus- Christ attaché à la colonne, attendante flagellation. — En 182'*, la Tragédie et la Gloire, bas-reliefs pour la cour du Louvre ; les Armoiries de France soutenues par deux génies (modèle en plaire), elles ont été exécutées en bronze et placées sur la porte principale du Trésor Impérial ; la Religion protectrice, entourée de toutes les vertus, pour le fronton de l'Eglise de Saint- Germain-en-Lnye ; la Gloire et la Paix, pour la décoration de la cour du Louvre ; Vestibule de la rue du Coq; Thésée combattant leMinautore (groupe en marbre), le modèle avait été exposé en 1822. Tous ces ouvrages ont été exposés en 1827.

Ramey a remporté au Concours de l'Institut, le 2m« grand prix de sculpture, en 1814; le premier en 1815,

ÉCOLE DE MARSEILLE. oOi

il a obtenu une médaille en 1827, et fut nommé membre de l'Institut.

La nouvelle Bourse a été construite sous les auspices de la Chambre de Commerce, d'après les plans de M. Pascal Coste, architecte de la v.iie, qui a présidé luimême à leur exécution dans leurs moindres détails.

Ce monument a été inauguré en septembre 1860, par Napoléon III, il en avait posé la première pierre en septembre 1852, alors qu'il était Président de la République. Les sculptures principales de cet édifice sont dues à Toussaint. Ottin, Gilbert et Guillaume.

Toussaint (Armand), né à Paris vers 1810, élève de David d'Angers, s'est fait une grande réputation pour les restaurations quil a exécutées dans divers monuments de la capitale, parmi lesquels nous citerons le cadran du Palais de Justice ; le bas-relief représentant le Jugement dernier, placé sur le portail principal de Notre-Dame de Paris ; plusieurs statues pour ce même monument, ainsi que pour la Sainte-Chapelle et la tour Saint-Jacques. Il a exécuté également divers travaux au Louvre, et le Jubé de Sainte-Clotilde, etc.

Les sculptures de Toussaint à la Bourse de Marseille, se composent de l'immense frise représentant toutes les nations du monde apportant leurs tributs à Marseille, placée sous la colonnade qui supporte le fronton principal, également dû à son ciseau. Les deux génies figurant à droite et à gauche au sommet de ce mono, ment sont aussi de sa main. Cet artiste avait obtenu le second prix de Home en 1834 ; une médaille de 3m* classe en 1839, et la Croix de la Légion-d' Honneur en 1852.

Les livrets de Paris mentionnent de lui en 1834, Jeune laboureur trouvant une épée (statue plâtre); Bas-Relief funéraire (plâtre) ; Jésus environné de petits enfants. — En 1842, l'Immaculée Conception (marbre).

— En 1845, 49 médaillons bronze (sujets de l'Histoire de France). — En 1847, deux Esclaves indiens portant chacun une torche (plâtre). — En 1850, la Loi, la Justice (statues pierre) ; Jeune indienne.

Toussaint a fait un buste de David d'Angers qu'on dit admirable et de plus une couronne en bronze pour le tombeau de ce célèbre statuaire, — véritable chefd'œuvre d'ornementation.

Ottin (Auguste-Louis-Marie), né à Paris en 1811, élève de David d'Angers, a remporté le grand prix de Rome en 1836, pour sculpture, alors que la même année deux de nos Marseillais obtenaient le même honneur ; le grand prix de peinture était accordé à Papety, et celui de composition musicale à Boisselot.

— Ottin s'est vu également récompensé d'une médaille de 2me classe en 1842 et d'une médaille de lre classe en 1846. — Les ouvrages exécutés à Marseille par cet artiste sont : en 1859, à l'esplanade de la Joliette, les génies de la Marine et du Commerce, portant les armes de Marseille. — En 1860, les deux statues d'Eutymènes et Pythéas (façade de la Bourse) ; la statue de Napoléon III, dans la grande salle de la Bourse. — En 1862, les deux statues colossales, en marbre de la France et de Marseille, sous le pérystile de ce même monument.

Lors du passage de l'Empereur à Marseille en 1860, la direction des deux fontaines monumentales, improvisées à cette occasion, lui fut confiée ; l'Obélisque de la place Castellane, reçut au bas sur ses quatre façades addition de rondes bosses, représentant les victoires

de l'Empereur, et dans le bassin, quatre grandes statues, les lymphes de la Méditerranée, acclamant sa venue.

Au Rond-Point du Prado, une Fontaine ayant 20 mètres d'élévation, et représentant la France appuyée sur son sceptre et présentant au monde le glaive et l'olivier ; à ses pieds , Marseille l'opulence et Cherbourg la force militaire. — Au-dessous de ce groupe, un aigle immense planant sur les mers, personnifiées par quatre géants des eaux. Ce travail colossal fut exécuté en trois semaines, la plus grande statue, la France, avait 20 pieds de haut et les plus petites 9 pieds.

Les divers sculpteurs qui furent employés par Ottin, sont: Gumery, Thomas, Chambard, Travaux, Cambos, Poitevin, de Marseille, Jeausenne, Vatrinelli, Guillemin et Rafiguau.

Les livrets de Paris mentionnent de cet artiste en 1841, Ruste de M. G. (marbre). — En 1842, Hercule présentant à Euristhée, les pommes du jardin des Herperides (marbre) ; Ruste de M. Quesnault, avocat général à la Cour de Cassation (marbre) ; Ruste du comte Chaptal (marbre) ; Buste de M. Ingres (bronze) . — En 1846, Chasseur indien surpris par un boa (groupe plâtre). — En 1847, l'Amour et Psyché (plâtre); Leucosïs (statue en marbre). — En 1848, Buste de M. de Prony (marbre) . — Eu 1850, Cheminée monumentale destinée à un palais de Florence. — En 1852, Polyphème surprenant Acis et Galathée ; Mlle Richardot (buste plâtre). — En 1855, Lutteurs , le coup de hanches (groupe en plâtre) ; Portrait de MUe Isabelle Constant (buste marbre). — En 1855, Portait de M. Ingres (marbre).— En 1857, Chasseur indien surpris par un boa (groupe bronze) ; Jeune fille portant un vase (groupe marbre). — En 1861, S. M. l'Empereur

§0k EXPOSITION DES BEAUX-ARTS.

Napoléon III (statue marbre) ; Jeune fille tenant un vase (statue marbre ) ; Amour et Psyché ( groupe marbre).

Gilbert (François- Ambroise-Germain), né à Choisyle-Roy (Seine), le 1er avril 1816, élève de Cortot; d'abord ciseleur, puis sculpteur. A l'âge de 18 ans, le goût de cet art se développa chez lui ; il s'est occupé d'œuvres artistiques pour l'industrie pendant 15 ans, et a produit des spécimens très remarquables, parmi lesquels nous citerons, une immense surtout de 30 mètres de long, dont les pièces principales se composaient du génie de la France environné de groupes d'enfants et leur distribuant des couronnes, ayant pour contre-fort de la partie sphérique sur laquelle il est placé, les figures allégoriques de la Religion, de la Justice, de la Force et de la Concorde. Ce surtout fut inauguré lors du traité de Paris, dans la salle des maréchaux, aux Tuileries. Les plénipotentiaires de toutes les puissances figuraient autour de cette table ; l'exécution de ce surtout coûta trois années et 8 mois de travail, et valut à son auteur la croix de la Légiond'IIonneur. — Gilbert a exécuté de nombreuses sculptures dans divers châteaux de France , et dans un très grand nombre d'églises. Nous lui devons ù Marseille, les voussures de la salle de la Bourse, où sont sculptés quatorze bas-reliefs, encadrés par des moulures ornées et des tablettes d'inscription.

Ces bas-reliefs, qui retracent les principaux faits légendaires, religieux , politiques et diplomatiques de l'histoire de Marseille , représentent au fond, en face de la porte d'entrée, dans les deux coins : l'Industrie et l'Agriculture, au coté latéral à gauche en entrant ; lo la Réunion de la Provence à la France ; 2« Départ pour la Croisade ; 3° Marseille devenant chrétienne ;

lo Fondation de Marseille. Dans les coins en entrant : 1°leCommerce recevantes plansde la nouvelle Bourse; 2° Navigation, Commerce. Au côté latéral à droite : lo la France recevant les trophées conquis en Crimée et en Italie ; 2<> Conquête d'Alger ; 3° Capitulation de François Ier avec le Levant ; 4° la Chambre de Commerce soldant des consulats et des expéditions scientifiques.

En lui payant le prix de ces ouvrages, la chambre de Commerce de Marseille a voté des remerciements à Gilbert comme témoignage de sa satisfaction.

Les livrets de Paris mentionnent de cet artiste : en 1845, buste d'Enfant (plâtre) ; portrait d'Homme (médaillon bronze); Tête d'étude d'Homme (médaillon plâtre).— En 1846, portrait de M. G., médecin (plâtre). — En 1848, portrait de M,,e L. G., et portrait d'Homme (médaillons plâtre). —En 1850, Mort de Dumée (basrelief marbre). — En 1853, portrait de M. Alexandre (buste marbre) ; portrait de M. Henri Valenciennes (buste plâtre).

Guillaume (Eugène), né à Montbard, le 4 juillet 1822, élève de Pradier , a obtenu le grand prix de Rome en 1845, sur une statue de Thésée retrouvant les armes de son père. Il est resté cinq ans et quelques mois à Rome d'où il a envoyé : 1° un bas-relief, le Démon de Socrate, exposé à l'école des Beaux-Arts en 1847, 2° le Tombeau des Gracches, deux demi-figures exposées en 1848 reproduit en bronze, réexposé plusieurs fois et envoyé par le gouvernement à l'exposition de Londres , appartenant au musée du Luxembourg ; 3o une copie en marbre de l'Amazone du Capitole, à l'école des Beaux-Arts ; 4<> un Faucheur, étude, statue exposé en 1849, reproduit en bronze, figurant actuellement dans le parc de Fontainebleau ; 5° une statue marbre, Anacréon, exposé en 1851 au Luxembourg.

Guillaume a été chargé par le gouvernement à son retour de Rome , de divers travaux parmi lesquels nous citerons la décoration du chœur de l'église Ste- Clotilde , qui se compose de huit bas-reliefs et de huit statues ; une des façades du Pavillon Turgot au Louvre, se composant d'un fronton et de cariatides déplus, au même Louvre, unQLil de Bœuf; au pavillon Sully, la statue du Chancelier de l'Hôpital.

11 a obtenu la préférence au concours pour la statue de Colbert destinée à la ville de Reims , où elle existe actuellement.

Guillaume a exécuté pour le prince Napoléon : une statue de Pempeieur Napoléon Ier divinisé, quia figuré à l'exposition de 186J , de plus une grande quantité d'autres statues en pierre , en bronze et en marbre , ainsi que des bustes.

Cet artiste a été chargé par la chambre de Commerce de la ville de Marseille, des trophées représentant la Navigation et le Commerce qui ornent la façade principale de la Bourse et qui sont placés k droite et à gauche de ce monument. Il a reçu également la commande pour la même ville du fronton du nouveau Palais de Justice représentant la Justice escortée de la prudence et de la force ; plus deux bas-reliefs, la Loi protectrice et la Loi répressive placés sous le pérystile.

Guillaume a été décoré de la Légion-d'Honneur à l'Exposition Universelle de 1855 ; il avait obtenu une médaille d'or en 1852 et une lre médaille d'or en 1855. Nous ne porterons pas de jugement sur ce maître, ses précédents, les distinctions dont il a été l'objet, et surtout ses œuvres elles mêmes parlent assez en faveur de son mérite.

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