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ARTISTES AYANT ACQUIS DROIT DE CITE OU RESIDANT A MARSEILLE

Sardou (Honoré-Charles), peintre de portraits, né à Aix le 15 octobre 1806, élève de Rioult; a commencé par être élève et plus tard professeur à l'Ecole Normale partielle. Poussé par sa vocation il a abandonné l'enseignement pour se livrer à la peinture. Cet artiste après avoir parcouru la France et l'Angleterre , s'est fixé à Marseille en 1847 ; le nombre de portraits au pastel exécutés par lui est prodigieux, on pourrait en compter près de deux mille dans le midi. Parmi les grands pastels qui lui font honneur, on cite les portraits de Guirand de Marseille, comédien du roi (rôles financiers) ; celui de Balon, peintre de genre, natif de Rome ; celui du général Teste et celui de Monticelli , peintre.

Vaines (Maurice de), peintre d'histoire, né à Barle-Duc (Meuse), le 2 mars 1815 , élève de Couder et de

Picot ; habitant depuis plusieurs années Marseille où il a épousé M,le Amélie de Montgrand, petite-fille de M. de Montgrand , ancien maire de cette ville. Cet artiste était membre de la commission de l'Exposition des Beaux- Arts de Marseille en 1861. — Ses principales œuvres ayant figuré aux expositions de Paris sont : en 1839, Marché d'Esclaves (appartenant au musée de Marseille). — En 1841 , Jésus et les Aveugles de Jéricho (commandé par le ministre de l'Intérieur, pour l'église de St-Julien-le-Lançon (Calvados). — En 1842, St-Gilles recevantla mitre (commandé par la ville de Paris, pour l'église de St-Leu-St-Gilles).— En 1849, Derniers moments de Lesueur (appartenant au musée d'Orléans). — En 1852, Ste-Geneviève (appartenant à Sa Majesté l'Empereur) . — En 1857, Tailleurs d'Images. — En 1861, Notre-Dame-de-France (commandé par le ministère d'Etat).

Diverses productions de cet artiste ont figuré aux expositions de Lyon, St-Etienne, Dijon, Marseille, etc. Nous citerons dans cette dernière ville en 1858 : le Christ Eucharistique ; la Vierge, St-Maurice et Ste-Amélie. — De 1853 à 1856 , de Vaines a également exécuté de grandes peintures murales, pour le grand Sanctuaire de la chapelle de Blois composées de 122 figures dont quatre colossales, 59 de grandeur naturelle et 59 deux tiers nature. Pour le chœur de l'église de Chailles (Diocèse de Blois) , deux panneaux composés de 64 figures de grandeur naturelle. L'Adoration du St-Sacrementpour la chapelle de la Ste- Vierge à St-Menet, près Marseille; vingt-trois figures deux tiers nature et huitfigures un quart nature. De Vaines a obtenu à Paris en 1841 une médaille de 3me classe, et a été nommé chevalier de la Légion-dHonneur pour services administratifs.

Aiguier (Louis- Auguste-Laurent), peintre de marines

et de paysages, né à Toulon (Var), le 21 février 1819. Les livrets de Paris mentionnent de cet artiste en 1855, une Soirée d'Automne aux Catalans (appartenant au musée de la ville de Toulon); Matinée d'Automne aux environs de Marseille.— En 1859, le Coucher du soleil sur la Méditerranée ; les Montagnes de Montredon (environs de Marseille) , qui ont obtenu une médaille d'argent à l'exposition de Nimes.— En 1861, lesPêcheurs de St-Mandriers (environs de Toulon), acheté par la commission de la Loterie à Paris ; Golfe du Val-Bonete (effet du soir). Ce dernier tableau a été désigné par la commission impériale pour faire partie de la section des tableaux des peintres français destinés à l'Exposition de 1862 à Londres. Diverses productions de cet artiste ont figuré à Lyon, Nimes et Marseille. Nous citerons en plus dans cette dernière ville : le Vallon des Autres (soleil couchant), appartenant au Musée, et un Paysage.

Aiguier est un peintre sérieux, il possède de grandes qualités comme coloriste ; chacun de ses tableaux se distingue généralement par la profondeur de l'horizon et la fluidité de l'atmosphère. Cet artiste s'est formé à Marseille, qu'il habite depuis plus de vingt cinq ans.

Girardon (Pierre-Gustave), peintre de Paysages, né à Lyon le 15 janvier 1821; a travaillé à plusieurs reprises dans notre ville. Les expositions de Paris signalent de lui en 1857 : Souvenir des bords du Rhône (Villeneuve-lez-Avignon).— En 1859, Vue de Taulignan (Drôme). — En 1861, la Montagne de Ste-Victoire (Provence). Plusieurs musées de Provence possèdent des œuvres de cet artiste. Nous citerons au musée d'Avignon : Gorges deVennasque (Vaucluse); au musée de Valence : le Mont-Ventoux ; au musée de Lyon; Ruines et terrasse du château de Grignan (Provence) Girardon habite actuellement Crest (Drôme).

Fouque (Jean-Marius), né à Arles le 20 juillet 1822, élève de Lestang Parade et de Cogniet. Les livrets de Parismentionnentdeluienl8i6: Joséphine de la Page. rie, accompagnée de deux de ses amies, vient consulter une devineresse , qui lui prédit qu'elle sera un jour impératrice. — En 1847 , Diane et Endymion. — En 18i8, Pbylas et Juniola ; Portrait de Pradier ; trois autres Portraits. — En 18i9, Portrait de Mlle Leduc— En 1856. Silène surpris par des Bacchantes. — En 1852, le Printemps ; Bonheur de Famille. — En t85T, Jeune femme donnant la liberté à des Colombes ; Artésiennes au bord du Rhône. — En 1859, Moïse exposé ; une Bacchante ; Portraits de Mme F. et de ses deux fils. — En 1860, Portrait de M. J. de T...; Portrait de iiUe G. — Fouque a beaucoup travaillé pour le ministère d'Etat ; il a exécuté par son ordre et successivement dix-huit portraits en pieds de l'Empereur ou de l'Impératrice , et un immense tableau religieux représentant une Sainte-Marie Egyptienne recevant la communion. Cet artiste donne un grand charme à ses portraits. Un des plus remarquables dû à son pinceau est celui de Mme Grange, fille de Reattu, le peintre d'Arles. Fouque dont les débuts promettaient un grand artiste, avait obtenu pendant trois ans une pension de la ville d'Arles pour faire des études à Paris. Parmi ses émules il était le plus habile et il se disposait à entier en loge afin de concourir au prix de Rome , lorsqu'il se maria ; cet événement l'a en partie arrêté dans sa carrière , en le privant de l'honneur de remporter un prix qui lui paraissait réservé, et qui devait lui donner la facilité de compléter plus rapidement son talent. Malgré cette lâcheuse circonstance , Fouque, est aujourd'hui compté parmi les artistes de mérite. 11 est doué d'une prodigieuse habileté et ses productions brillent par la puissance et la richesse du coloris,

C'est en servant dans la marine à Toulon et à Marseille, que la vocation de cet artiste s'est révélée. Il a exécuté un grand nombre de portraits dans cette dernière ville.

Crapelet (Louis-Amable), né le 2 juin 1823 à Auxerre; a fait de l'architecture pendant trois ans , et a étudié plusieurs années chez Feuchères , Séchan et Corot.

Crapelet a voyagé en orient en 1851 et en 1852, à son retour il a été nommé décorateur des Théâtres de Marseille. Il est membre correspondant des journaux illustrés de la capitale : il n'a cessé d'exposer à Paris depuis 18V9 jusqu'en 1881. Les aquarelles de Crapelet représentant des vues d'Orient ont beaucoup de vogue; parmi ses tableaux à l'huile, exposés à Paris nous citerons : en 1849, Paysage (matinée) et en 1861, Temple de Médine-Abou (Haute-Egypte).

Ziem (Félix-Georges), né à Beaune (Gôte-d'Or) le 25 février 1825 ; a obtenu, en 1851 et 1855, une médaille de 3,ne classe. En 1852, médaille de lel classe. Il a été nommé chevalier de la Légion-d'Honneur en 1856. Les livrets de Paris mentionnent de lui : en 1850, Venise ; Fruits ; Vue prise au Bas-Meudon. — En 1852, Vue de Venise, prise du jardin Français; le Soir au bord de l'Amstel (Amsterdam) ; Chaumière Hollandaise (environs de la Haye. (La vue de Venise appartient au Luxembourg) . Ce tableau qui représente l'église de St-Georges Majeur, et qui a été choisi pour l'Exposition de 1862, à Londres , est une des meilleures productions de Ziem. — En 1853 , Intérieur du port de Marseille (appartenant au ducdTIamilton); Venise (effet du soir). — En 1855, Fête à Venise; Venise (soir). — En 1857, Constantinople; la Corne-dOr ; Place St-Marc à Venise pendant une inondation. —En 1859, Constantinople

(appartenant au baron de Villars) ; Constantinople , l'entrée des eaux douces d'Europe (effet de crépuscule) : la plus belle œuvre de Ziem. ; Damanhoux , effet du soleil couchant sur les bords du Nil (Egypte); Gallipoli, effet du soleil couchant (Dardanelles). — En 1861 , Place St-Marc ; Pont des Soupirs ; le Palais des Papes et le lion de St-Marc ( vues de Venise) , Triptyques (appartenant au duc d'Hamilton).

Ziem s'occupe en ce moment d'un album composé de 40 dessins aquarelles qui lui ont été commandés par M. Roux de Fraissinet. Il habite momentanément les Martigues. Cet artiste dont les premiers débuts ont eu lieu à Marseille, où le spectacle de la mer lui a révélé sa véritable vocation, tenait, avant 184c, atelier dans cette ville, il l'a quittée à cette époque pour entreprendre un voyage de trois ans pendant lesquels il a fait de nombreuses études en Italie et particulièrement à Venise , puis il a parcouru la Russie , l'Allemagne et l'Angleterre, la Hollande, etc., pour connaître les plus fameux tableaux. De retour à Paris en 1848 sa première exposition n'a eu lieu qu'en 1850. Depuis ce moment sa réputation et son génie ont pris un rapide essor. Ziem est aujourd'hui classé parmi nos grands artistes. Le musée de Marseillle possède une de ses toiles.

Tastavin (Hyppolite), peintre de genre, né à Roquebrun (Hérault), le 2V août 18*27, élève de l'académie des Beaux-Arts de Montpellier et de celle de Paris est resté trois ans à Rome de 1842 h 1845 où il a fait un grand nombre de copies pour des amateurs anglais. i\ a exposé à Paris : en 1845 , les Amours secrets de Rubens. L'église de Vias (Hérault), possède de lui un Christ en Croix, la Magdeleine au pied. Plusieurs tableaux de genre dus à son pinceau , sont disséminés

dans plusieurs cabinets d'amateurs. Tastavin est professeur de dessin au collège de Marseille depuis 1850.

Gesta (Louis-Victor), né a Toulouse en 1828,. peintre verrier, élève de l'école des Arts de cette ville , envoyé par le Conseil-Général de la Haute-Garonne à l'école centrale des arts et manufactures de Paris, puis élève de Lami de Nozan : a obtenu à l'Exposition de Marseille de 1861, une médaille de vermeil pour ses vitraux. Cet artiste a acquis droit de cité dans notre ville en raison des travaux qu'il y a exécutés ou de ceux dont il s'occupe pour elle. Nous citerons d'abord, pour la chapelle de Jésus rue d'Àubagne, 15 vitraux.

Le sanctuaire composé de 5 vitraux, représente dans la fenêtre du milieu, N.-S. Sauveur du monde, montrant les initiales J. H. S.; au bas, un groupe d'anges prosternés , du coté de l'évangile ; l'Immaculée Conception ; au bas , St-Jean évangéliste ; St-Pierre ; au bas Sainte-Magdeleine ; du côté de l'épitre : St- Joseph ; au bas , St-Lazare ; St-Paul ; au bas , Ste- Gaudenlie. Les dix vitraux de ia nef sont en grisailles, avec rosaces et bordures en couleur ; au milieu de chaque fenêtre, il existe un médaillon, représentant des actes de la vie de Notre-Seigneur. Tous ces vitraux sont dans le style du xivme siècle. La belle rosace et toute la nef de l'église de St-Juiien de Marseille sont dus au même artiste, il s'occupe ence moment d'un grand nombre de vitraux pour différentes chapelles et paroisses de notre ville, ainsi que pour l'église de St-Barnabé.

Gesta possède à Toulouse comme verrier, un des plus beaux ateliers de France ; parmi les travaux qui lui font honneur, on cite les verrières de la chapelle des Pères Jésuites de Toulouse ; celles des dames de

ÉCOLE DE MARSEILLE» iÔ7

Nevers et des Missionnaires, du Calvaire; celles de l'église de la Magdeleineà Albi (Tarn); celles de l'église Notre-Dame de Bourges (Cher); celles de St- Jacques à Augoulème (Charente); dans le département du Lot les Sanctuaires de Roc-Amadour, le plus antique pèlerinage de France ; et à Martel , la restauration d'une verrière à quatre baies du xive siècle représentant tous les mystères de la vie de N.-S.

Gesta a obtenu un grand nombre de médailles pour ses productions. Nous mentionnerons entr'autres , à Paris, une médaille d'or ; à Marseille, une de vermeil; à Toulouse, deux d'argent; à Montpellier, une d'argent, etc., etc.

Erald (Marius), né à Valence (Drome), le 19 février 1836, élève de l'école de Valence, est fixé à Marseille. 11 s'occupe de peinture dans tous les genres, et possède un certain talent qu'il met au service de l'industrie.

SCULPTEURS

Les artistes dont nous allons nous occuper ne sont pas nés à Marseille, mais ils appartiennent à cette ville par les souvenirs qu'ils y ont laissés et par les travaux qu'ils y ont exécutés. Disons un mot des monuments modernes auxquels ils ont attaché leurs noms.

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