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Annales de la ville de Romans

En me faissitit l'éditeur des Œuvres historiques de M, le Docteur Ulysse Chevalier, je réponds non

spjtlpïnoiit à nu (Jp.^ir jfnrsoinicl , mnis oitroro à ruï cœu sitKreut oxitriinv par tom ceux <ia'inicresse notre fiistoiro loculc.

Aujourd'hui, il est bien peu de villes, et même de bourgades et de simples villnijcs ([ni niaient leur historien. C'est que fn cnminissiinre de la « petite imlrie ». i-oimne on n uppelê lu part de territoire où cimcun de nous est né^ ne pouvait manquer de s'imposer a tom ceux qui par leur position, leur gout ou leurs loisirs se sentent émus ou simplement pris d'un peu de curiosité devant ; un monument on nn (toemncnt du, pn^^in'. Vouloir ronniutre re qui n existé arnnt tuins^ œ que, nos pères ont fait et senti, ne répond-il pas à un besoin xV; de notre nature ? FJt puis, qui de nous n*a gardé le ; .souvenir de ce qu*il a entendu dire à son père ou - à l'nwid touchant certains êrénenienis ou certnins peisonmnjes ? Je me son riens 'inc. jjendnnl nom > enfance, on pariait souceni, à la reillèe, de l'euirée . des Autrichiens à Romans, en IHik, Puis je vois encore le bon vieux Docteur Dubouehet, que je rencontrais dans ses promenades autour de Bourg" de-Péarfe. tne eluintant, à tnoi, {furnin de dix nns, UiH chansons pair wtuiues de la Grande HérohUion.

Le bonhomme était heureux de ivoucer un tel

iinditeur, nia^si nftcnlif qu'induhiont . (jui. t iuiiinc tant d autres, ne le traiterait pas de radoteur. El, Vavou£rai-je, cette voix chei^rot&nte me causait une impression profonde, et je regardais sa bonne il rosse figure — toute parsemée de i mils de barbe oulAiés fiar nn rasoir manié d'une main tremfdante — a net' n nc sorh' do f erreur, mêlée eependant d'tui peu de pitié instinctive. FA nn)n vieux (jrand^père maternel, qui me chantait lui aussi les chansons du Tour de France ^ en me faisant sauter sur ses ijenonx ! Il ij a un couplet patois sur l'ass;iss'ni:it fin murérhnl lirune kAriynon, qui n est jamais si)i'ti de nta uwnioire.

C'est donc à la fois une sorte d'attrait patriotique et le devoir filial qui nous attachent aux faits et (jestes d'aul refois. .Si })résentement )ious jouis!<ons d'une eertniiir frn nquillité el d'une ai.sam-e relative, nos ancêtres y ont contribué pour une large part, Aussif les œuores du savant Docteur Chevalier ne jwurent'elles que nous rendre idus modestes et plus }^connaissants à leur endroit. Ils ont connus des fe}nj>s afjités et diffieiles dmd nous n'arons pas été exempts.

Bon nombre d'entre nous ont assisté à celte épreuve terrible de 1810-1811, oii la Patrie fut cruellement atteinte par Vini'^asion et le démembrement. )nais dans nos nnillteiirs nons demeuions conliants dans iavenir, si nous suniieons que la France^ telle que nous l'ont faite nos pères, vit toujours et qu'elle saura réparer les fautes qu'elle avait commises.

vu

lielisotiii donc notre liiatoire locale jusque cian8 ses détails les plus intimes et en apparence les plus insignilîants. Ayons aussi de la reconnais-'

sauce envers ceux qui consiicrent leur vie à rcconstihior nos annules.

UcBUvve du Docteur Chevalier est considérable et, venant après les travaux de Dochier et de M. Oiraudf elle complète en grande partie ce qui

concerne les faits principaux, comme elle met en liiniih'p hien des personnages et bien des inslilU' lions peu ou point connus. Certes, dans un ensem" ble qui comprend tant de siècles, il est des lacunes inévitables et il y aura lieu de les combler. D'ail' leurs qui peut se vanter de tout approfondir et de tout connaître ? t'ne existence entière ne sun raii y suflire, fût-on doué de l'esprit le plus pénétrant et de la volonté la plus infatigable,

M. le Docteur Chevalier a fourni non seidement sa grosse part, mais il a encore le grand ïnérite d*nro) r siiiicité paf son exemple de jeunes rrinlits et entre nul l'es, A/, le cUanoine Ulysse Chevalier, son fils, dont le nom a dépassé depuis longtemps les bornes de notre pi'ovince et dont les travaux, dignes des grands bénédictins, lui ont valu U7W renonnnée européenne dans le monde surent.

A côté de lui, son cousin, M, le chanoine Jules Cheoalier. auteur d'une remarquable Histoire de Die, et M, le ctianoine Cyprien Perrossier, à qui Von doit tant de notices intéressantes, forment ce qve M. de GaUier a si Ijîen nommé le grand tihe ite gloire de M. le docteur l 'igsse Checalier.

Kst-il besoin (L'ajouter que pour cette édition j'ai

élà^ aecondé uccc huIhuI f/V'///j<rrs-.sp»i(îw/ qup de conscience par M, Ip chanoine Ulysae Cliecalier, Je lui en expHme ici ma bien vive reconnaissance.

Kïi teruiiitnni, je ne puis passef sous silencp le caractère impersonnel de ces Annales. M Je Docteur Chevalier f qui avait ^ comme nous tous^ ses préférences politiques et religieuses, a eu scrupule de les montrer ou du moins il l'a fait d'une façon si réserrêe. qu'it laisse au lecteur le soin (V(UabUr lui'iiLÔnie son juyenwnt. Sun râle, est d'être exact et sans parti pris. Il fait œuvre d'annaliste avant tout. Il y aura toujours assez de gens pour apprécier, chacun h son point de vue, les idées et les faits (le //ns prêdêcesseu rs. L'essentiel est que l'on puisse en appeler tôt ou tant. M . le Uocteur Chevalier l'a compris ainsif et il faut l'en louer sans réserves,

Chaules MOSSAXT.

Hfnivg'âe-Péngê, te ô âétiemhre iS96.

INTRODUCTION

L'essai que nous avons publié en 1875»

sous forme d'Annales, pour la période des guerres de religion, a reçu des érudits un accueil assez encourageant pour nous engager à employer le même genre de narration dans la publication de l'histoire générale de la ville de Homaus que nous nous proposons de faire aujourd'hui.

Comme on sait; la partie narrative de l'ouvrage de M. GiKAUD finit avec le XIV' siècle, c'est-à-dire peu d'années après l'annexion de la ville de Romans au Dauphiné et la réunion de cette province à la France. Notre éminent compatriote, conformément au désir bien légitime des érudits et de ses concitoyens» s'était proposé de continuer jusqu'à nos jours la partie historique de son Essai (1) et il avait même, dans ce but, consulté les auteur? et recueilli de nombreux documents inédits.

(1) Essai hi»lorique sur l'Abbaye de St-Barnard et 9ur la ville de Roman$ ; Lyon, 18ô6, 66 et 69, 5 vol. iQ-8*.

X INTRODUCTION

Mais, vu son grand âge et le travail considé* rable que nécessitait raccomplissement de ce

projet, qui n'embrassai l pas moiiitt de quatre siècles et demi, il renonça à une publication qui devait faire, disait-il, le couronnement de sa carrière. C*e8t alors qu'il nous fit la remise gracieuse des pièces et des note^ qu'il avait réunies.

La réimpression et le profond remaniement

de V Essai historique de M. Giraud nous a offert l'occasion de compléter et de conduire jusqu'aux temps modernes Thistoire de notre ville en lui donnant la forme d'Anna/es ; ce genre do narration offrant cet avantage de ne laisser échapper aucun fait, de mettre mieux en relief les événements, de faciliter la mémoire et les recherches, et surtout d'abréger considérablement l'ouvrage, en supprimant les phrases nécessaires au récit et aux transitions. En somme, on aura ainsi la première histoire complète de la ville de Romans, car les MémoireSf si incomplets d'ailleurs, de M. DoGHiER (1), ne dépassent guère le milieu du siècle dernier.

Dans le hul que l'on a en vue ici, il serait sans utilité d'emprunter à l'histoire générale

(!) V/f^nioircs* sur la ville de /?omans ; Vfilence, 1S12, in-S" ; et Essai historique sur le monaatève et le chapitre de St-Barnardt 1817, in-8*>.

IMTRODOCnON

de la contrée des faits antérieurs à la fondation de Romans, c'est-à-dire de son Abbaye»

de raconter, par exemple» les conquêtes des Romains, les invasions des Bourguignons, des Francs et des Sarrasins, qui n'ont pu peser sur les destinées d'une ville qui n'existait pas encore. Et à ce propos, il convient de repousser tout de suite l'opinion peu sérieuse et inventée pour les besoins d'une cause par les consuls dans leur procès contre le Chapitre au siècle dernier, qui faisaient de Romans une colonie romaine. Voici au reste toutes les suppositions faites au sujet de l'origine et de Tancienneté de la ville de Romans :

1o ALLobrox, Tua des vingt-deux rois des Gaules (Bérose et Maaéthoii d'Egypte) eut un fils, Romu8y qui fonda la ville de Romans et lui donna son nom, Tan du monde 2520, 1442 ans avant Jésus-Christ. (François Deshles, Descriptions des vULes de France, 1608, p. 540.)

2* D'après une médaille d'Auguste et de Livie, une colonie aurait été autorisée à s'établir à Romans : COLonia ROManensis PERmwsu DIVI AUGVSTL (Tristan de Sâiot-Amând, Comment, /iist., t. I.)

3" Romans fut édilié au temps de Néron, suivant Charron (H/sL univers., chap. 29, p 135, et chap. 59, p. 479), et parachevée sous le règne d'Antonin le pieux, d'après le P. Thevet fCosmograpkieJ^

INTRODUCTION

4° Chorier (Recherches sur les antiquités

de La ville de Vleiiney p. 38) rapporte l'épîtaplie d'un nommé Vettius GemeUus, inhumé dans l'église de- Saint-Sevère, en 510, qui était originaire de Romans (ROMANENS),

5*" Dans la Vie des Saints, de Godesgaud, il est dit que saint Wandrille reçut l'hospitalité dans le monastère de Romans ('MonAsterium Romanum) (1), où il demeura dix ans, vers le milieu du Vil" siècle.

6" Enfin» un statut de l'église de Vienne, de 790, sous Tépiscopat de Volfère, comprend Romans au nombre des quatre archiprètrés du diocèse ( Aitavensis id est de Romanis) (2).

Toutefois, il nous parait utile de rappeler d'une manière sommaire les principaux événements survenus dans la province, et dont la connaissance est nécessaire pour expliquer certains faits de Thistoire locale*

Voici d'abord à quelles circonstances Romans doit son origine. Le lieu choisi par Barnard, archevêque de Vienne, en 837, pour y fonder un monastère était, sinon peuplé, du moins très fréquenté. C'était Tendroit où,

(!) Romanum monaslenum ou Cœnobium Romanis est le monastère édifié par S. Romain et son père Lupîcin à Gondat, puis Saint-Oyan, aujourd'hui Saint-Claude (Jura). {Act, S&ncl. Ord. S. Bened., sœc. II, p. 529).

{1) Cette dernière dénomination est regardée comme une simple annotation de copiste.

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IHTRODUGTlOtl

Xfll

profitant de rabaissement des rives de l'Isère, les voyageurs, presque tous marchands, qui suivaient la petite route (^ma média) de rAllobro^îie, franchissaient la rivière. Sur le sommet du coteau qui domine co paeisaç:e, on avait, suivant Tusage, érigé un petit temple, probablement dédié à Mercure. Plus tard, à la place du monument païen, s'éleva une chapelle consacrée à saint Romain (ccrlesia Sancti RomaniJ, laquelle, après plusieurs désastres attribués aux Maures» fut relevée de ses ruines et devint le centre d'une paroisse plus étendue que peuplée, qui a subsisté jusqu'à la Révolution.

Les Bréviaires de Saint-Bamard et de Saint- Antoine portent que le nom de Romans vient de celui de la veuve Romana^ propriétaire du sol sur lequel Bamard fit construire un monastère et une église. Un cartulaire de Vienne dit que ces édilices étaient d'une si grande beauté, qu'ils égalaient ceux des Romains, d*où vient, d'après cette hyperbole, le nom de Romans (1).

Deux chartes du cartulaire de Saint- Barnard, du temps de Léger, archevêque de

(1) Ob siiblimitàtem mdificii Romanis nomen tradidit (Joannes Rossius). Les <*difices qui sont parvenus jus(ju'à nous, les vestiges qu'il nous a été donné encore de voir, ne nous permettent pas d'admettre ce que disent les sneieoB autean de la grandeur et de la magoificenee des monu-

INTRODUCTION

Vienne (XP siècle), font dériver ce même

nom de Romans de ce que cet établissement avait été mis, par son fondateur, sous la juridiction immédiate de Rome. A en croire le savant Bulet, cité par M. Dochier, Romans serait composé de deux mots celtiques : Ross, bruyère, et man, homme^ c'est-à-dire habitant des bruyères. M. Oiràud (i) se range à la version des Bréviaires de Saint-l^arnard et de Saint-Antoine ; il pense que le monastère a pris le nom du propriétaire sur le terrain duquel il a été bâti, que ce nom n'est pas Romans, comme on l'a supposé jusqu'ici, mais Hotman (2), ainsi qu'on le trouve écrit dans les cartulaires de Saint-Hugues de Grenoble, de Saint- Victor de Marseille, de Saint- Barnard, et que ce n'est qu'au XP siècle, lorsque des idées de liberté romaine, de juridiction immédiate de Téglise de Rome se sont produites dans l'Abbaye, qu'une modilication

mentb, de la splendeur, des richesses de Romans dans les âges précédents. i£dt/Eciao& puUshritudinem oelebrantur, Templum admir&ndi operUt inîer ea qum divitiarum 9pimdore celebrantur. (Voy. Georgiiis Brukub. lib. S' Theàtri urbium»)

(1) Quelqtiefi mots sur la question de savoir quel n été le premier nom du monastère fondé par l'archevêque de Vienne, Barnard, vers S^O, au lieu oii est aujourd'hui ia ville de Romans; Lyon. 1853, in-8*.

{1) En niilesque : lîolk, roiipe, et mann, homme, c'est-àdire honiii-o aux cheveux roux, qui eLuit alors le type de plusieurs peuplades gauloises.

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INTRODUnTIOH

a été apportée à ce nom, et llomans a été substitué à Rotman (1). Entin, d'après quelques étymologiâtes moderne8$ le nom de la ville de Romans, villa, de Romanis^ est une transformation de celui de Saint-Romain, Sancti Roma.ni, que portait la chapelle érigée sur le côteau dominant la nouvelle ville:

transformation qui est arrivée dans beaucoup d'autres localités de France, où, d'après les dictionnaires géographiques , neuf villages s^appelient Romain , quarante-huit Saint" Romain y deux HoTnan, dix Saint^Romana et en lin quatre Romans.

Vers la même époque, voici ce qui se passait dans la province.

Louis le Débonnaire^ resté seul des fils de Charlemagne, recueillit tous set- états et les partagea, en 817, entre ses trois fils. Mais ayant eu de son second mariage Charles dit le Chauve, ces quatres pi inces se firent la guerre après sa mort. Par le traité de Thionville, 16 mars 842, le Viennois et quelques autres provinces de la Bourgogne cisjurane échurent à l.othaire. Les états de ce dernier furent partagé entre ses enfants, en 855 qu'il décéda. Â Charles, son troisième fils, échu-

(1) Ptoliomée, en ses Commentaires sur Manéthon, dit: Rhomandiasos Gallià belfjicà. On lit sur une médaille de François 1*% frappée à Homans eu 1533 : Rhom&ndis&orum.

IRTHODUGTtOlT

rent le Lyonnais» le Viennois et la Provence. Charles mourut en 858, laissant pour héritier

ses deux frères, Louis et Lothaire. Le premier eut la Provence et le Lyonnais, et le second eut le Viennois, dont il jouit paisible-* ment jusqu'en 869, époque de sa mort. L'héritier de Lothaire était Louis, son frère, et le Viennois lui appartenait de droit. En 869, Louis était occupé dans une grande guerre contre les Sarrasins. Charles le Chauve descendit dans le Viennois, soumit le pays et prit Vienne en 871, après un siège de plus d'un an. Charles le Chauve mourut en 877. Louis le Bègue, son fils, décéda en 87 J, et, en la même année, Louis et Carloman, enfants de Louis» furent dépossédés.

Louis II, à qui le Viennois appartenait, décéda en 875, laissant Hermengardc, sa fille unique, pour seule héritière de ses états.

Boson, gouverneur de Vienne, l'épousa en 876 et acquit par sa icinme un droit qu'il fit reconnaître par les grands et les prélats assemblés au Concile deMantaille, le 15 octobre 879, où il fut proclamé roi d'Arles et de Bourgogne. A Boson succéda son fils Louis, surnommé l'Aueugfie, parce que ayant déclaré la guerre à Bérenger, roi d'Italie, et celui^i l'ayant vaincu, lui fi! crever les yeux et le renvoya dans ses états. Il fut oblige d'en confier Tadministratioa à Hugues, duc de Pro-

IRTROIHICnOII

XVIt

vence et comte d'Arles. Ce dernier, par la mort de Louis VAveugley devint roi de la Bourgogne cisjurane ; il fit, en 926, un traité avec Rodolphe II, roi de la Bourgogne transjurane, par lequel il lui céda les provinces qu*il avait usurpées, et Rodolphe, de son côté, lui céda le royaume d'Italie : ainsi Rodolphe réunit les deux Bourgognes. Conrad» dit le Pacifique, son fils, lui succéda et régna paisiblement pendant cinquante années. Il laissa ces provinces à Rodolphe III, dit le Fainéant, lequel n'ayant ni femme ni enfant, donna ses biens à Henri le Boiteux ; mais Henri étant mort peu de temps après, Rodolphe les transporta, en 1032, à l'empereur Conrad, duc de Franconie, qui avait épousé. Gisèle, sa nièce.

Telles soiil, à ces époques, les différentes révolutions du royaume de Bourgogne, dont le Dauphiné faisait partie et dans lequel était enclavée la ville de Romans.

Les grands et les prélats de ce royaume qui n'avaient point approuvé cette donation, profitèrent de la résidence de Conrad au-delà du Rhin et des grandes guerres qu*il soutenait contre les Sarrasins, pour se soulever et former différentes souverainetés.

Guigues, comte d'Albon, se rendit maître de la plus grande pru tie du \ leniiuis ; Tarchevèque de Vienne, abbé de Romans, en lit autant ; les évêques de Die et de Valence sui-

INTRODUCTION

virent le même exemple. Ces seigneurs possédèrent ensuite les pays dont ils avaient pris possession sous Tautonté des empereurs d'Allemagne^ auxquels Ils rendaient hommage.

Guigues, surnommé le VieviXy prit, vers Tan 1040f le titre de comte de Qraisivaudan, et fut la tige des Dauphins. Il mourut vers Tan 1075, à l abbaye de Cluny. Guigues le Gras, son ûls, lui succéda. Il usurpa sur Tévêque de Grenoble diverses possessions et décéda Tan 1080. Son tils, Guigues ÏII, prince sage, mourut en 1125. Guigues IV, surnommé Dauphirif succomba en 1142» à la Buissière, aux blessures qu'il avait reçues au siège de Moiitinuillaii. Il laissa trois enfants en bas âge, sous la tutelle de la Daupluae Marguerite de Montserrat, parente de l'empereur Frédéric, qui, à cette occasion, confirma au Dauphin la possession de toutes ses terres. Ce prince mourut à 27 ans, au château de Vizille, en 1162. Il laissa une fille, et un fils qui mourut quelques jours après son père.

Béatrix, seule héritière des états du Dauphin, épousa Ildefonse, dit TaiUefer^ fils du comte de Toulouse* Devenue veuve en 1182, cette princesse, jeune encore, se remaria avec Hugues III, duc de Bourgogne, dont elle eut le Dauphin (dit à tort Guigues VI) André, qui fut chef de la deuxième race des Dauphins.

IHTRODOCnOH XIZ

Par son mariage avec Béatrix de Claustral, petite-ûlle du comte de Porcalquier» il acquit le Gapençais et TEmbrunois. Il mourut en 1236. Guigues VI, dit le Jeune, s'unit à Béatrix de Savoie, qui lui apporta en dot la terre de Faucigny. Il décéda en 1270. Son fils Jean, âgé de huit ans, fut son successeur. Il s'allia avec Bonne de Savoie, et par sa mort sans postérité, arrivée en 1282, termina la deuxième race des Dauphins. Ânne, sa sœur, lui succéda. Elle avait épousé, en 1273, Humbert de la Tour-du-Pin, qui se retira après la mort de sa femme dans la chartreuse du Val-8ainte*Marie, où il décéda en 1306.

Jean II, son fils, épousa Béatrix de Hongrie et mourut au Pont-de-Sorgue, le 5 mars 1319. Guigues VII, âgé de Sans, lui succéda.

Il se maria avec Isabelle de l 'rance en 1323 et fut blessé mortellement, le 22 juillet 1333, au siège du château de La Perrière. Son frère et successeur Humbert II était alors à Naples, où il avait épousé Marie des Baux, nièce de Robert, roi de Naples. Ayant eu la douleur de perdre son fils unique et bientôt sa femme, ce prince, de l'avis des trois Etats du pays et par la médiation du pape Clément VI, donna ses domaines, le 23 avril 1343, à Philippe, duc d'Orléans, fils de Philippe VI, roi de France, puis nomma à sa place, le 7 juin 1344, Jean, duo de Normandie, fils ainé du

mTllODDCTION

même roi, et, le 30 mars 1349, mit ce prince en possession de ses états. Depuis cet acte mémorable, le Dauphiné» et en particulier la ville de Romans conquise en f34S par Humbert II, suivirent les destinées de la grande patrie à laquelle ils venaient d'être annexés, sinon incorporés.

L'histoire de la ville de Romans jusqu'au commencement du XV siècle ayant été traitée de la manière la plus complète dans ï Essai historique de M. P.-E. Gîbaud^ nous nous conieiitcrons do rappeler succinctement les fait» hietoriques de cette période, sauf à donner à ceux peu connus des siècles suivants tout le développement qu'ils méritent, particulièrement aux événements des guerres de Religion et de la Révolution. Enfin, le lecteur désireux de connaitre d'une manière plus détaillée certains points de Thistoire de Romaub devra recourir aux ouvrages et opuscules de M. DoGHiER et de M. Giraud, et à nos Notices sur les établissements publics de cette ville.

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