‹ Annales de la ville de RomansChapitre 2 sur 8 · DB LA · texte numérisé non relu

DB LA

De retour dans son diocèse, après plusieurs

années d'exil, Barnard(l), archevêque de Vienne,

fonde un monastère et construit une église en l'honneur de tous les saints et de saint Pierre, sur la rive droite de 1 Isère, dans un lieu désert qui lui fut donné par une riche veuve du nom de Roman a. Il en fait la dédicace, le 2 octobre à la tête de huit évêques et y iait transporter les

(1) Né dans le Lypnn&U yen 778, de Banratd et d*Héltarde, il ae nuaria il 18 ans. 11 «ùMt quelque temps la carrière des armes et la

cour de rii.irlernn4?ne. Ayant ensuite qniftA ?n fpmmr. nvpc laqnollr H avait vécu sept ans, H ses enfants, qui moururent peu de temps après, il embrassa la vie munastique et bâtit Tubbaye d'Ambronay yers 800. Cinq ans ajirès il Ait, malgré aa rèalatanee, élu nnanimenieDtabbé. Bu diO, après le déeèe de saint VoUéfe, il fut acelamé

ANNALE> 1)F T. A Vîf T.F R(>>fAVS

corps des martyrs Sévciin, Exiipère et Félicien (1), qui gisaient abandonnés hors de la ville de Vienne.

842. Janvier 22. — Barnard meurt dans le monastère qu'il avait. foiuM, après la plus austère pénitence et avoir reçu le viatique en présence de toute la communauté', âgé de 64 ans et l'an 32 de son pontificat II fut enterré le lendemain, à Textérieur de son Abbaye, et par humilité sous Tégoût de TégUse, avec une modeste épitaphe, dont on a retrouyé un fragment en 1845 (2).

84d. Décembre 30. — L'empereur Lothaire (3) envoie à Parcheyêcnie Agilmar (4], successeur de Barnard, une bulle qui approuve la fondation

archevêque de Vienne. Il figura avec son ami Agobard, archevêque de Lyon, à la célèl)re assombfée tenue, en 833, à Soissons, où des seigneurs et des évèques déposèrent Louis le Débonnaire. Mais ce prince ayant été rétabli sur son trône, fit plainte au concile de Hiionville contre ces deux prélats, qui s'étaient enfuis en Italie auprès de T.othnirf. B^plnc*'' dans son nrehevèché, Barnard s'orcupri de mettre de l'ordre dans son diocèse et d'apaiser certains tumultes causés par les Juifs, alors assez nombreux à Vienne. Enfin, de pins en plus dégoûté des choses du monde et pour expier sa faute, il se retira dans nn lien solitaire, sur les bords de Vlsère, OÙ il fit construire un inonastcrt'.

Voy. Flbuky-Ternal, Vie de saint Barnard; Paris, 1722. — Claude BsTOsniiOT, Eloge historique de 8. fiamard, 23 p. dans le vol. de VEeaai hi^rique de H. Giraud. — Bollandus, Acta sanetor., 23 janvier, p r/i't . — Màiiilloh, Acta sanct., ord. S, Bened., sœc. IV» p. 579 : et u, p. 561.

(1) OntrottYC répitapbe de ces trois martyrs, attribuée à Flan»r diacre de l'église de LTon* (teite et traduction) dans dhrers auteurs

{Mystère rins Trois Doms, p. xcix).

(?) V(»y. (iiiiAi;]), Rnpport présenté au Comité des Arts et Monuments, Paris, in'iû, el notre Notice sur la Ctiapcllc de St~Michel.

(3) Fils aîné de Louis le Débcnmûre, empereur en 828, mort en

(4) Archi-cliancelier de l'empereur. Arcla vi que en décembre 842. Assiste & plusieurs Conciles et meurt le ti juillet 850.

du monastère de Roiuans et le soumet au siège

de Vienne.

856. — Sur la plainte de l'archevêque Agilmar, Gîraud, comte de Vienne, fait restituer à Pabbaye de Romans les terres de Triors et de Oénîssieu (1) avec leurs serfs.

860. — Le monastère est saccagé et presque entièrement détruit. Les moines sont dispersés. Ce désastre est causé par rirriiptioii d'un peuple barbare que l'on croit être des Normands (2),

907. - - Alexaiidi'e, archevêque de Vienne (3), ordonne le rétablissement du monastère de Romans. 11 prépose à cette œuvre un prêtre de son diocèse nommé David» auquel il cède le monastère avec ses dépendances. David, de son côté, se dépouille en faveur de la mense commune de ses biens qui étaient considérables, et promet de reconstruire en entier les édiûces ruinés, l'église et ses accessoires. Les travaux sont terminés en 920.

924. Juin 10. — Un seigneur du nom de Silvius, qui, à un titre qu'on ignore, détenait la terre de Pisançon (4\ îa donne et cède, avec Féglise de Saint-Micliel et toutes ses dépendances, à Tabbaye de Romans.

(1) Ces deux liefs appartenaieni à l Abljaye dès sa fondation. Voy. notre Notice sur (a seigneurie de Trwn, Grenoble, 1868. (3) Ces bardis aventuriers 8*étabUrent, en 8.î9, dans TiU; de la

Camargiip, oi Vnnn(-r suivante rpmnntc'icDt le fleuve du Rliùne jtisq\Vh la ville de Valence, j)i liant et l)rùlunl tout sur leur passage. (D. liOLQUET, t. VII, p. 75).

(3) Archevôfioe et archi-cbancelier de Louis VAveugle en 907. Il fit beaucoup de libéralités wax établissements religieux et mourut le 16

déceniî)ri> m.

i4) Ancienne possession de l'église de S. Barnard. Voy. notreiVoiice sur la. aeigneuri» de Pisançon.

928 — Le duc Hugues, devenu plus tard dlîalit , lait don au monastère de plusieurs terre d'une grande valeur, avec tous leurs droits et SLvec tous leurs habitants de lun et l'autre' sexe (1).

930. — Sobon, archevêque de Vienne (2), pour réprimer Finsubordination des moines, assiège Tabbaye de Romans et la dévaste. L'église elle-même est incendiée. Il s^empare de tous les biens de la dotation et en gratifie ses chevaliers.

L'église est bientôt rebâtie. L^Âbbaye sécularisée est composée de trente chanoines et de

soixante-quatorze collégiés. Elle avait eu neuf abbés réguliers.

931. — Le pape Jean X (3) impose une pénitence à Silvion de Clérieu. Il le condamne à une amende de cent livres, à affranchir soixante esclaves, à faire diverses aumônes et ontin à rebâtir Téglisede Homans, qu'il avait brûlée lors de l'expédition de Sobon. Le pape entend placer désormais cette église sous son autorité et sous celle de ses successeurs.

944. — La troisième fôte de Pâques, au milieu d^un grand concours de peuple, on ouvrit le tombeau de saint Barnard, qui était dans la boue, on en tira ses ossements, on les lava avec du vin, qui servit depuis à guérir un grand nombre de malades. Avec les aumônes recueillies à

(1) Cnrhil de St-Bnrnnrd, cb. 26.

(2) Était archevêque des le 20 décembre 032; il mourut le 26 ou 27 février ou 9â0. Sou caructère est diversement apprécié par les historiens.

(3} D*abord archevêque de Ravenne, intronisé en 914. Il délit l6S Sarrasins, puis Ait jeté en prison, où ii tat étranglé l'an 938.

'.^tte occasion, on fit l'aire une châsse d'arg"cnt ':u'on plaça à t^auche de Tautel des 8aints-Apô- «ires, que le saint prélat avait autrefois lui-même consacré.

Peu de temps après, te corps de saint Bamard est porté dans sa cliâsse par la congrégation de Romans à Saint-Paulin en Velay (1)

996- — L'archeTÔque de Vienne Thibaud (2) établit les chanoines dans la possession légale et canonique de leur église. Ces derniers s'engageni à rendre ce qu'ils détiennent, à ajouter de leur propre patrimoine à la mense coimnune et à vivre dans une parlaite régularité. Le tout au Muni et avec le consentement de Guillaume de Cléricn, fils de Rilvion.

999. — L«' roi Hodolphe se trouvant à Romans, doiiiic un précepte en faveur des chanoines de Saint-Barnard contre les entreprises des seiûneurs des environs.

1025. Novembre 2P>. — Dans le môme acte constatant Télection de Léger (4) en qualité

(1) Pour reprendre posse^élun de Heu, qui faisait partie de la dotstfon primittTe awignée par Bamard à son abbaye.

(2) Ne parait qii*6o 970, asBiata aux coneilea d'Anse et moarot vers

ran 1000.

(3) Hodolptie II, roi dea deux Bourgogaes ciâjuraoe et traosjurane.

'(4) On ignore ob est né Léger ^Leode^ariua). On sait seulenient

qu'il fut /'levé au Puy et à Romans, et qu'il fit de longs séjours dans cette dernière ville. U était d'une haute naissance : peiit-lils de Silvion de Clérieu par Fida sa mère et parent d'Henri !•% roi de France, n Ait éln abbé âe Romans et obtint à cette occarioa plusieurs concessions en tïiTenr de son église et de sa ville, et plus tard la restitution des châteaux de Cîiàtillon rt de IMsançon, qu'il se vit dans la nécessité d'!nleo(i(;t- h Aymar de Bruâaieu, puissant seigneur et voisin redoutable de l'Abbaye.

Léger tut élu arcbevêqne de Vienne en loao. Il rédigea en 1037 les Statuts de t'égllse de Saint-Bamard et convoqua, le SO octobre de la

ANNAi.Bâ DE LA VILLE DE liOSiAMS

d^abbé de Romans, Guillaume de Clérieu, en présence de Burchard, archevêque de Vienne (11, de Fida, mère do Léger, de ses frères et des principaux vassaux de son père, cède au chapitre tous ses droits sur Romans, sur le c lerué et sur le i)6Uple.

1038. — Truaiius, véhier ou cliàteiain de Peyrins (T), acconipajziié de ses IVères et do ses fils, paraît devant l'autel de Saint-Barnard et là, en présence d'une nombreuse réunion, il se départ de tous les droits qu'il usurpait sur l'église et sur les hommes de la paroisse.

1049. Mai 9 — Le cloître, les habitations des chanoines et peut-être même Téglise étant devenus la proie des flammes, Léger, archevêque de Vienne et abbé de Romans, permet de réédifier deux cloitres : riiii joignant l'église, et l'autre vers les maisons (jui sont construites sur l'emplacement de l'ancien vivier (2),

même année, dans Romans imr assemblée du cierge et des principaux seigneurs, où il rendit a l église ses druils et prit sous sa protecttoiries personnes et les bfeits des liabf tants. Après IMncendie de l'église et des bàlimpiil.s adjacents, il ordonna la réédilication en pierre (le ces éfiilices et des deux cloîtres. U établît an rinnl de la ville, sur uu terrain appelé la Uoucerie, une maison d'aumOne, devenue plus tard riIôtel-Dieu. Enfin, le 6 octobre 1069, il présenta à l'assemblée de tons les clercs et du peuple, pour le remplacer en qualité d'ablié de Romans, Armand, chanoine di s deux éfîlises de Vienne et dr Iloiaans. 11 mourut à Vienne l'an luTO, le 12 juin, laissant une grande et pure renommée. 11 lut inlmmé prés de lu grande porte de Tégllse de Saint-Pierre, dans un cercueil de marbre antique.

(1) Représentant du prince de Royans, dont Tanct^re ismidon, issu des comtes de Fore/, s était emparé du territoire de Peyrins après rexpuisiuQ des Sarrasins.

(2) L^ancien Tivier à poissons, alimenté par d^abondanles sources, était établi sur remplacement ifu^occupent les maisons placées au couchant de l'église. La rue voisin»; prit le nom dt> I^rrficric, de sa situation sur le bord «le Tlsère et de ['industrie qui y était exercée. Là se trouvait aussi la Foniumi' aux poissons.

à condition que le tout sera entouré de murs bâtis à clicau:x et à sable.

1060. Mai 3, — Le pape Léon IX (1) accorde à Péglise de Romans, sous le cens d*un sétier d^amandes, la liberté romaine, sauf Febéis** sance légitimement due à révêque diocésain. Il adresse à l'archevêque de Lyon, à Févêque de Valence et au comte Ouigiics (2) un bref pour leur ordonner d'empêcher les usurpations qui ont désolé l'église de Romans.

1050. — Adon, chanoine de Romans, frère de Lécer, rend à la communauté Téiilise de St- Pierre du Voirasier, son presbytère, ses dîmes et ses oblations, ainsi que les églises de St- Pierre et de St-Martin de Gbanos, leurs presbytères et leurs revenus. Il concède en outre certains droits sur le bois du Voirasier (3).

10B2, Janvier 27. — Ismidon, seigneur de Peyrins, restitue à Féglise de Romans un fief qu'il détenait. Il reçoit en retour une somme de mille sols. Le pape approuve ce traité, qui est signé par de nombreux et graiiLis porsonnages.

1052. — Le pape Léon IX adresse des représentations sévères aux chanoines de Romans. Il leur reproche leurs désordres, leur désobéissance à leur abbé. Il les exhorte à choisir parmi eux quatre des plus dignes, pour leur confier la tâche de rétablir Tancienne règle dans leur communauté. .

(1) Brunon, ùhi à Worms en 10i8, mon a Home le 19 avril 1054.

(2) SurDommé le Vietu:, comte de Graisivaudau, tige des Dauphins.

(3) T.es droits du cliapitre do St-Barnard sur la cliapelle du Voirasier remontaient à une hntito antiquité, ainsi que ceux d'affouage mr des bois avoisinants qui existent encore.

1052. Août 12, — Lors de sa première fondation, Pég-lise de Ixoinans avait reçu en dotation Té^^lise de St-F('dicien en Vivarais, laquelle ne tarda pas h Hre usurpée pai' d('s h(''rr'ti({ues, ou plutôt par une famille du nom dt' Pnm'n ou Pagnn (1). Adémar, abbé de St-Irénée A de St- Just de Lyon, la rendit à l'abbaye de Romans. Après sa mort, Ouillaurae, son fils et sa femme s'arrogèrent la même église, puis l'abandonnérent moyennant trente livres d'argent et deux onces d'or. Les chanoines, ayant à leur tête Léger, leur archeTêque et abbé, vinrent pro^ cessionnellement, portant les reliques des saints Séverin, Exupère et Félicien, et le corps de saint Barnard, prendre possession de l'église de St- Félicien.

1056 Avril 2^ — Le pape Victor II (2) adresse i\ r.éu'er et aux chanoines de Romans une bulle, par laquelle il leur accorde dans les termes

les plus honorables la confirmation de leurs

privi1''":('K.

1057. — Par un traité conclu entre Gontard, évêque de Valence (3), et Léger, les chanoines et les habitants de Romans obtiennent le droit de prendre dans la forêt de Bayanne (4), sans redevance aucune, ce qui leur sera nécessaire, et un marché de trois jours dans la ville de Valence. En retour, Léger rend à Gontard et aux chanoi-

(1) A. de (lALI.IEH, î.i-< P;i(i:in cl rtolon rtoiir. Vjrnno. 1H74. iï\ Appeh'? auparasaiit (It lirlianl. »>v»m|uc de Eichsiadt. Klii an concile de Muyence ou mars lu.).i, mort en Toscane le 28 juillet lo:»7.

(3) Monta sur le sUsse de Valence en 1063. î\ administra l'église de Vienne pendant la vacance «pii suivit la mort de \V n nuind. En lOOj, iî i ( ( lit sa vill.' cpiscoj)ale le pape Urbain II, qui consacra, lebaoïU, son église cathédrale. 11 muurut le 2 j août 1100?

(4) C'était une vaste forêt située sur le chemin de Ilomans & Valence, entre ces deux villes.

nés de St-Apollinaire le château d'Alixan et ses dépendances (1).

1060. — Un règlement commun de l'église est arrêté entre Léger, archevêque et abbé, et les chanoines de Romans. Ces limites sont le long de risère jusqu^à THerbasse, et suivant le chemin de Clérieu et de Monteux jusqu'à Peyrins, et de 8t-Jean d'Octavéon jusqu'à Tlsère.

1060. Août 16. — Giiiiiiiiian nommé à l'archevêché d'Embrun, concède sa prébende et tout ce que ses prédécesseurs avaient possédé dans l'ég-lise de Romans pour être uni à la mense commune. Il se réserve seulement la maison nouvellement bâtie près du cloître, que Léger lui avait accordée comme aux autres chanoines.

Ën 1064, il céda cette maison à son neveu, du même nom que lui et qui fut également chanoine de Romans, après son onde.

1068. Novembre 8. — Sous la médiation de Parchevêque Léger, les religieux de Montmajour échangent, contre la moitié de Féglise de St-Evode de Parnans, la terre et Pég-lise de St-Christoplie de Montmiral, qui devient la résidence de chanoines réguliers dépendant de Fabbaye de St-Barnard.

(1) Au nombre des vastes propriétés que possédait Gaillanme, et

successivcmonl son fils L('>^'er et lediapitre de Rumans, se trouvait II- cliâtcnii (PAlixan, qui était nlurs possédé à titre de héiii'liic par Guntard, évètjue de Valence. Léger ayant été forcé par suite des torts du feudalaire de reprendre son fief, Gontard entra en acconimodement et lit les concessions qal viennent d*ôtre citées. Gontard reprit possession du cMtean d'Alixan, mais à des conditions assez riKoureus(>.

t2) Non Guinuman, né à Uonians, élevé de régUse de St-Burnard, ami et condisciple de I^éger, nommé à rarchevOcbé d^Kmbmn. U ne figure pas sur les catalogues au delà de Tannée 1065, qui serait celle de sa mort.

1069. Octobre 6. — Léguer présente à rassemblée de tous les clercs et du peuple, pour le remplacer en qualité d'abbé, Armand, chanoine des deux églises de Vienne et de Romans.

Le pape Alexandre II fi), à l'occasion de Télévation d'Armand sur le siège de Vienne, écrit au clero^é et au peuple de cette ville pour les féliciter de cet heureux choix, et pour les engager à aider leur archevêque à recouvrer les biens que Pinjustice et la violence ont enlevés à Téglise de Romans.

1076. Mars 9. — Le pape Grégoire VII (2) écrit aux chanoines de St-Barnard qu'il a chargé Hugues de Die, son légat (3), de pacifier leur église, conformément à leur prière.

1076. Mars 19. — Hugues de Die, légat du Saint-Siège, excommunie Armand comme coupable de simonie, de parjure, de sacrilège et d'apostasie : ce qui fut confirmé l'année suivante

(1) Anselme Badage, évèque de Lacques. Couronné j^pe le 90 septembre 1061, 11 eut à latter contre Tantipape Cadaloiu et moiurat

le 21 avril 1073.

(2) Appelé Ulldebrand, né en Toscane, moine de Gluny, élu pupu le 22 avril 1078, fat déposé par Henri, roi de Germanie, inill excommunia deux fois. Assiégé dans le chuteau Saint-An^'e, flélivré par Robert Guisoiirrl. il mourut à Salerne ]o îf» 1085.

(3) Neveu d'Eudes Borei, duc de Bourgogne, né vraisemblablement à Romans, ob U Ait élevé. Il était prieur de Saint-Marcel de Cbàlon-sur-Sadoe et chamarier de l'église de Lyon, lorsquil Ait élevé à répisrnpat pnr acclnmntioii dans l'éj^lisf de Die. Le pape approuva cette élection et sacra Hugues évèque le 9 mai 1074; il le nomma ensuite son légat en France et en Bourgogne. Dans son dépit de n*avoir pas été nommé pape, U s^opposa à rintronlsation de Yictor III, qui rexcommnnia. Relevé de ces censures par Urbain II, il se renrlif à Borne en Uni , tit ensuite le voyage «le Jériisnlem et ff»rmina sa vie u Suxe, en Piémout, le 7 octobre IlUt». Voy. Jules Oue- VÀLixa, JVoles hîêt, sur fa ville et lea évéquês de IKe, 1881, p. 138, et Cyprien Peubossier, ReehercAes sur lea énéqm» ortgtitaires du diocèse de Valence, 1882*

It

dans un concile tenu à Rome, où Ton excolnmunia aussi les chanoines de Romans, à cause de leur insubordination et de leur désobéissance.

1077. Mars i9. — Le pape adresse au Chapitre de St-Barnard une bulle, par laquelle il le menace de l'excommunication et de l'interdiction de son église, pour avoir contesté au nouvel archevêque de Vienne Warmond (1) sa juridiction.

1078. — Le même souverain pontife accueille les assurances de fidélité présentées par les envoyés de l'église de Romans. Il leur renouvelle les privilèges de la liberté romaine et leur trace quelques nouveaux statuts.

1090. — Le Chapitre adresse une plainte à Lambert-François» seigneur de Peyrins (2), au sujet des violences exercées par ses hommes contre les chanoines et les habitants de liomans, et de l'usiirpation de terres et de pâturages appartenant à l'église.

1095. — Le pape Urbain II se rend à Romans pour y juger les dilTérends qui divisaient Guy, archevêque de Vienne (B), et Hugues,

(1) Abbé de Déols, reçut du pape une bulle do 6 mars 1077, cou-

lirmant ht priniaiitr'' de son sièjre. On le trouve la mémo annf^p à Dijon, puis exerçant son ofllce de légat dans le diocèse de Reimâ et à Gluny. Il mourut à la fln de Tannée 1081.

(2) Il était flls d'Ode ou Eudes et d^Abaldlste, et arrière petit-Ois

d'Ismîdoii de Royans. U alla en Terre-Sainte rejoindre son frère Adhéniar. (*'vt''(fue du Puy, de Mont<''Iier et nnn d»^ Monleil (uu Monlélimar). Il oui deux lils de sa femme .Siéplianie li.iynaud.

(3) Fils de Guillaume, comte de Bourgogne, et parent de l*empereor, élu [)ar le clergé de Vienne !<• 12 mars 1088 et consacré ù Romepni' l i liain II. II li«ura à pIiiM<'iirs Coneiles et se rendit en Auffieierre couune U'iidl, reyul à Vienne eu lltMi le piipe Pasclial 11, qui consacra sou église.

ANNALES DE LA ViLLi:: UK HOMANS

évêque de Grenoble (1), au sujet de 8t-Donat et du comté de Salmorenc. Menacé dans sa libertt^ par Guy, qui avait fait occuper par une troupe d^hommes armés la citadelle du lieu (&rx loci) (2), le pape part sans prononcer de jugement. Il avait écrit pendant son séjour un bref à Guillaume de C'iérieu et à François de Royans, pour leur reprocher d'avoir envahi les biens de Téglise de Romans et outrag'é plusieurs clercs. Il les exhorte à s'abstenir de ces courses hostiles et à réparer le dommage qu'ils avaient causé.

1095. Novembre 28. — Le même pape écrit au clergé et au peuple (clero et populo) de Romans que Adhémar, évêque du Puy, qui avait pris le château de Pisançon sous sa garde, lui avait donné l'assurance qu^il le maintiendrait sous les lois de TAhbaye (3).

Par une bulle donnée en Auvergne, Urbain II défend au clergé et au peuple de Romans dV béir à Parchevêque de Vienne, parce qu'il avait refusé avec liauteur de réparer le tort qu'il avait lait à cette église.

1096. — Dans une assemblée des grands de la contrée, présidée par le prince Guillaume (de Provence), le Chapitre revendique la posses-

{i) Né en 1063 à Gltâteftaneof dlsère, d^abord chanoine de

Valence, riisuiif rlii, en 1080, évoque de Grenoble. Ayant trouvé son diocèse d uis h» plus jrrand désordre, il renonça à sa dignité ef fnt s'enfermer duns Tabijuye de la Chaise-Dieu ; sur led sollicitations du pape. Il revint à Orenoble en 1088, U rtforma aon clergé, conCribaa à la fondation de la Gbartreuae et mourut le avril 1132.

(2) Comme à rruc époque Ins tours et les remparts de la première enceinte n'existaient pas encore, on ne sait où placer celte citadeUe, qui n'a laissé ni trace ni souvenir.

(3) Cart (fa St-Bamard, ch. 8.

Digitizf

sion de Téglise de Saint-Paul^ que détenait Didier, neveu du prêtre Adon. II présenta un homme armé (p&ratum std bntalliam) pour établir par le duel la justice de sa réclamation. Didier refusa le combat et se souiiiit (i).

1097. Mrl 2:i. — Le Chapitre fait un accord avec Lambert-François, seigneur de Peyrins, et son bailli Archingaud, fils de Truanus. Ceuxci reconnaissent le« droits de l'église et approuvent les donations faites précédemment. L'acte est passé en présence de Guy, archevêque de Vienne.

1097. Novembre 4. — Le même Lambert- François, le jour de son départ pour la Terre- Sainte, se rend à Romans accompagné de ses chevaliers et, en présence d'une nombreuse

assemblée, il se désiste de toutes ses prétentions et confirme les concessions faites par son aïeul Ismidon.

1097. — Adbémar, partant pour la Terre- Sainte, confia le château de Pisançon à la garde de son parent Gontard, évôque de Valence, lequel prêta serment de âdélité à Téglise de Romans et s'engagea, en cas de mort d'Adhémar dans son expédition, à rendre de suite Pisançon à cette église.

1099. Mai 6, — Après la mort d'Adhémar, Gontard ayant renouvelé ses prétentions sur le fief de Pisançon, elles furent terminées par l'arbitrage de Tévêque du Puy, qui en donna la jouissance à l'évèque de Valence sa vie durant, à condition d en faire foi et hommage au Chapitre,

(1) Ce fait d*im Jagement par le duel présenté par un corps ecclésiastique est cité par plusieurs historiens.

à qui il retournerait après la mort dudit évêque. Mais ce dernier l'ayant cédé à un laïque son neveu, sans remplir cette obligation féodale, et le Chapitre s'étant plaint au pape, Urbain II adressa à Gontard un l)rof par lequel il ordonnait la restitution immédiate de la terre de Pisançon (1).

1100. — Lambert • François et sa mère Albadisia donnent à Téglise de Romans les droits qn^Is avaient dans les églises do château de Peyrins (2), de son mandement, de Mours, de

Génissieu et de Geyssans.

1104. — Le clergé de Romans, portant les reliques d(^ saint Barnard et accompagné d'une nombreuse procession, vient, en signe d'investiture, prendre possession de Tégiise de Saint- Jean-d'Ortavéon, que venait de lui restituer Faucher, fils d'Ardencus (3).

1107. Juillet 29. — Le pape Paschal TT (4), par une bulle datée de la S6ne, assure à Téglise de Romans la protection du Saint-Siège.

1108. Août 2i. — Lambert, sa mère et son fils Reynaud donnent la moitié des dîmes de Téglise de Saint- Paul à celle de Romans, qui possédait l'autre moitié, en sorte que la totalité lui appartint à l'avenir.

(1) Cart. de tit-Bamard, ch. 173 bis. Notice sur la seigneurie de Pteançon, p. 14.

(2) Le ebâteau Roux, dont il reste encore quelque» mines.

(3) Voy. notre Notice .sur fn spUmenrie de Triors, p. 31.

(4) Nommô auparavant Rainift m- a HIeda: lit fl'a!ii>rfl firi)rpssi«)n à Cluny, fut ensuite, en 107G, c.uiliual pnHre el du pape It* l;t août 1090. n eut à lutter contre quatre antagonistes, rendit visite en 11Q8 an roi de Fraïu-o Philippe, et k vint de France à Home en traversant nos contrées. Il mourut à Rome le 21 janvier 111&

1 120. Février 13-17. — Le pape Calixte IT fl) séjourne à Romans, où il tient une assemblée composée des grands et des prélats de la province, et où il signe cinq actes. Quelques jours auparavant, il avait rédigé à Valence la fameuse bulle connue sous le nom de Calixtine, par laquelle, entre autres dispositions, il soumet Té- ^se de Romans à. Tarchevêque de Vienne.

1183. — Â la suite d^une donation faîte par Rostaing Girod, sa femme et ses enfants en faveur de Téglise de Saint-Etienne de Crépol, appartenant au Chapitre de Romans, le corps de saint Barnard est porté à Crépol, en signe de prise solennelle de possession de plusieurs terres dont les limites sont désignées. L'acte fut confirmé par la présence de nombreux témoins.

1130. — Silvion de ( Mérieu, par la médiation du comte de Genève, en présence de Guillaume de Clérieu, sacristain de Saint-Barnard, de Falque de Montchenu, de Jourdan de Crépol, de Guillaume de Mercuroi, etc., renonce à ses prétentions sur le manse de la Bouverie (2) et ratifie les donations faites par ses prédécesseurs.

(I) Afin de conserver un hnnnrable souvenir de leur abbé, devenu souverain iioiilife, les clianoines de Romans prirent pour armoiries le blason de Gui de Bourgogne (bandé d ur et d uzur;, surmonté (l*une tour carrée et crénelée, pour rappeler probablement VArx loci dont il a été question précédemment.

{'}) Ce terrain de la Bouverie, qui avait si souvent donn*^ lieu à des débals entre le Chapitre et les seigneurs de Clérieu, et dont ceux-ci s'étulenl montrés si difliciles à se dessaisir, était situé sur le plateau au nord de Romans et pouvait dtre considéré comme un faubourg de la ville (siiburhium). C'est sur son terrain (|ue furent bâties par TvAprer In maison et Téîîlise de r.\um«)ne : Domua eteemosynariOf qui devint plus tard l'hôpital de Sainte-Foy.

Le Clos de VAumùne était un vaste quadrilatère irrégalitr, d'une superficie d'environ dix hectares, qui s'étendait, do nord au midi.

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