MÉCANIQUE APPLIQUÉE
Mémoire descriptif de plusieurs machines , à T usage de la marine , construites à Bochefort , • d'après les projets de M. Hubert , officier du génie maritime \
Par M. Ch. Dupin , correspondant de l'institut , capitaine
du génie maritime , etc.
Rapport sur ce mémoire, fait à la classe des sciences physiques et mathématiques de l'institut ;
Par M. de Prohy.
classe a charge M. Sané , M. Molard et moi , de l'examen d'un mémoire de M. Dupin , son correspondant , contenant la description de plusieurs machines exécutées à Rochefort , d'après le* projets de M. Hubert , officier du génie maritime. Celles de ces machines sur lesquelles l'auteur du mémoire désire principalement fixer l'attention de la classe sont au nombre de sept , dont nous> •lions donner les descriptions sommaires.
Jo». VU , ».° /// , x." septembre 1816. •*
7o MACHINES
Dynamomètre pour éprouver la force des cordages et des toiles à
voilés.
Les cordages et les toiles employés dans le gréement et la Toi lare des raissea jx , doivent avoir une force considérable , pour résUter «ux actions Combinées de la mer et des vents ; et cependant il est omportant -de mettre dans leur construction toute l'économie qui peut être compatible arec la solidité , et par conséquent de connaître les efforts que les différentes matières dont ils sont formés et leurs diffërens modes de construction les rendent capables de supporter. C'est dans cette rue que le Ministre de la marine , après l'examen des duTérem dynamomètres employés dans les arsenaux , et sur le rapport de notre confrère M. Sané , taspecieur-géoéral de la marine, • adopté , de préférence a tous autres , le mécanisme présenté par M. Hubert.
Le cordage en expérience , mis dans une position verticale , est acerocKé par son point w péri en r a la petite branche d'une romaine horizontale. A mesure que ce cordage est tendu , par les moyens dont nous allons parler , le poids curseur de la romaine est éloigné du point de suspension par un mouTement de va et rient , fort simple , qu'un homme met en jeu en tournant l'arbre d'un petit treuil , de manière que la grande -branche de la romaine demeure toujours horizontale. On a ainsi les efforts supportés par le cordage en expérience , non seulement lorsqu'il se casse, mais dans tous les instans qui précèdent celui de la rupture.
Ce cordage est attaché , à son extrémité inférieure , à un autre cordage d'une plus grande force que la sienne, lequel , après avoir passé sur One poulie fixe , Ta s'enrouler sur une hélice coniqae dofit Taxe est ' horizontal , et dont la base est dentée sur toute sa circànffrcnco. Cette denture est menée par une vis sans fin , placée a l'extrémité d'un axe horizontal dont Kaurtre extrémité porte une
DIVERSES. 71 roue verticale ayant sa circonférence garnie de barres perpendiculaires a son plan , et auxquelles s'adaptent les mains des hommes employés a éprouver le cordage.
Les principaux motifs qui ont déterminé le Ministre à adopter cette machine , de préférence à celle qu'on employait anciennement , sont sa précisioa , sa simplicité , et le peu d'effort qu'elle exige sur les barres de la manivelle, relativement au degré de tensiou du cordage en expérience.
§• Il
Machines pour compter te nombre de tours que fait un axe sê mouvant dans des colliers Jixes.
Les produits des machines hydrauliques mises en mouvement par des axes tournons sont , en général , proportionnels au nombre de tours de ces axes , nombre qu'il est par conséquent essentiel de connaître , pour évaluer tant les effets des machines que le» salaires des travailleurs employés à les faire mouvoir. Qn a depuis long-temps imaginé , pour rempli» ces conditions , des systèmes de roues dentées et de pignons portant des aiguilles qui indiquent lea unités , dizaines , centaines , etc. L'un de nous a employé cette espèce de système , dans les travaux de fondation du pont Louis XVI,
M. Hubert a simplifié fort heureusement l'ancien mécanisme. Deux roues minces de même diamètre et jux ta- posées portent l'une too et l'autre 99 dents. La roue de 99 tourne sur un axe fixe, par le moyen d'un canon qui , traversant la roue de 100 , la dépasse suffisamment pour porter une aiguille destinée à parcourir les divisions marquées sur la place apparente de cette roue de 10e , derrière laquelle est couchée celle de 99. La roue de too porte un index , qui court sur les graduations d'un limbe fixe , divisé en 10 parties seulement; la denture suppléant aux divisions de 100""*; et une vis de l'axe vertical de la machine en expérience , engraine à la fois les deux dentures. Au moyen de ces dispositions , lorsque
7* MÀCHIHES
ta roue de ico a fait un tour en lier, qui correspond J 100 (ours de la machine , la roue de 99 a fait un tour , plus j; de toor. L'aiguille qu'elle porte a donc marché de £ de circonférence sur h face antérieure de la roue de 100 , et chaque marche pareille est le résultat de 100 tours de la machine; ainsi lorsque, par les inouvemens relatifs des deux roues, celle de 99 , qui indique les centaines, aura fait une révolution entière sur celle de 100, cette dernière , qui en indique les dizaines et les unités , aura fait 99 tours , correspondant à 9900 tours de la machine. Cette machine étant supposée à manège , et les chevaux parcourant environ 24 mètres par tour , les 9900 Jours donnent un espace parcouru total de 237600 mètres.