‹ Annales de mathématiques pures et appliquéesChapitre 77 sur 106 · CIRCULATION · texte numérisé non relu

CIRCULATION

du mon système. Je dois en excepter toutefois la Gazette littéraire de Tubingue , qui donna , quatre années après , un exposé trèsdctaillé de mon ouvrage , et sur-tout des thèses , qu'elle honora d'une critique particulière et très - avantageuse. L'auteur de cette récension était entièrement au fait de tous les principes de mécai^que qui conduisent à mes résultats; il se garda bien de. tomber dans les bévues dus autres ; et il accorda à mes propositions; toute, l'importance qu'elles méritaient effectivement. Mais cette critique, fut bientôt publiée , et ne Ht aucune impression sur le siècle.

1 t. Dix années après , en 1794 » je publiai , à- Heidflberg % ma Fieberlehre nach mecanischen grundsàzzen ( Pyrétologie , d'après les principes de mécanique ) , dans laquelle je développai tout rooa système. Cet essai fut encore plus malheureux que le précédent: très-peu de journalistes daignèrent en faire mention ; tous furent généralement révoltés de la proposition : Si la force vitale des artères est égale à la somme des résistances, le mouvement du sang sera uni/orme : ils ne comprenaient pas ce que cela voulait dire ; et , comme c'est là la proposition fondamentale de mon système , il est inutile de laire observer qu'ils ne comprenaient rien à tout le reste non plus. Ne voulant pas effaroucher mes lecteurs, j'avais évité de donner , h ce que j'écrivais, cette forme mathémar tique qui lui était propre. Je sentais alors l 'impossibilité de leur faire entrer dans la tète celte égalité entre les forces accélératrices et retardatrices , à moins que d'ôter en même temps toute idée de mouvement quelconque. En conséquence , je résolus de donner , à la première occasion. , mon système , revêtu de tout l'appareil mathématique propre à le rendre intelligible aux géomètres ; en laissant ensuite à ces derniers le soin de le faire comprendre aux autres. , .

12. Cette occasion se présenta bientôt. L'an 1794 , je donnai au public ma Kritik des pratischen Arzeneikunde ( Critique de ; la médecine pratique ). Le septième chapitre de cet ouvrage est entièrement destiné à l'exposition de mon système; et à la suite,

DU SANG. 277 je donnai , en moindres caractères , et en forme de notes , les démonstrations mathématiques qui lui servaient d'appui. La fausse base sur laquelle cela était établi gâtait tout. Dès que l'uniformité du mouvement du sang ne peut êlre maintenue que sous la condition exclusive que la force vitale des vaisseaux et la somme des résistances, c'est à dire , que les forces accélératrices et retardatrices de la masse sanguine soient rigoureusement égales entre elles ; voilà ce qui fait vraiment dresser les cheveux , et ce qui révolte le sens commun. Et que restera-t-il donc , dans le cas d'une égalité parfaite entre ces deux forces opposées? Et faut-il donc le dire cent fois ? 11 restera toute la force du cœur , ainsi que toute la vitesse qu'il aura communiquée à Tonde sanguine , et qui est très-indépendante de la force vitale des vaisseaux. Supposons" que cette force vitale soit un peu plus grande que la somme des résistances ; dans ce cas , il restera donc quelque chose de la première , après en avoir retranché la seconde ; et ce quelque chose , ajouté à la vitesse que le sang aura reçue immédiatement du cœur , produira un mouvement accéléré. Supposons , au contraire , que la somme des résistances soit un peu plus grande que la force vitale des vaisseaux ; dans ce second cas, il restera quelque chose de la première après en avoir retranché l'autre toute entière ; et ce quelque chose , 6 té de la vitesse que le sang aura immédiatement reçue du cœur , produira un mouvement retardé. L'un et l'autre des deux états est un état de maladie , incompatible avec l'uniformité du mouvement do sang , qui est une conséquence d'une égalité parfaite entre la force vitale des vaisseaux et la somme des résistances. Mais enfin l'un et l'autre doivent produire les deux états parfaitement opposés , et qu'on ne pourra mieux désigner qne par les dénominations do fibre positive et dejîèvre négative.

i3. Peu de temps après avoir écrit cet ouvrage, j'eus la place de professeur de mathématiques , de physique et de chimie à l'école centrale de Cologne ; et , après y être resté douze ans , j'acceptai .celle de doyen de la faculté des sciences et de professeur de ma*

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