‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 11 sur 149 · SO LES ROMAIISS ONT COISNU LES TRADITIONS BIBLIQUES · texte numérisé non relu

SO LES ROMAIISS ONT COISNU LES TRADITIONS BIBLIQUES

T» recueillis de toutes les villes de Tltalie^ de toute la Grèce et » principalement d'Erythrée *. »

Après Varron, vient Fenestella, écrivain du siècle d'Auguste dont Lactance nous a conservé les témoignages suivants :

« Fenestella^ écrivain très-exact, parlant des Quindecem- )> virs nous apprend que, après le rétablissement du Gapitole, » le consul C. Curion proposa au Sénat qu'on envoyât à » Erythtrie des députés qui, après avoir fait la recherche des » vers des Sibylles, les rapportassent à Rome. On envoya en » conséquence P. Gabinius, M. Otacilius et L. Valerius, qui » rapportèrent à Rome environ mille vers, transcrits par des » particuliers ^. »

Et ailleurs Lactance a conservé ce nouveau texte : c( Fenestella raconte que des députés avaient été envoyés à » Erythrée par le Sénat pour qu'ils rapportassent à Rome les » vers de cette Sibylle, et que les consuls Curion et Octavius » les firent déposer dans le Capitole qui venait d'être rebâti » par les soins de Q. Catulus ^. »

Denis (THalicamasse, ajoute les détails suivants : « Le Capitole ayant été brûlé (l'an 671 de Rome) soit à des- » sein, soit par cas fortuit, les livres Sibyllins furent brûlés avec » les autres offrandes faites à Jupiter. Car ceux qui existent en

qae le nom de tous les descendants d'Ësaû, les Edomites et Iduméens, signifiait aussi rouget. Ce sont là des faits qui n'ont pas été assez examinés dans la question de Torigine des Sibylles.

* Quoram postea numerus sit anctus, Gapitolio refecto, quod ex omnibus ciYitatlbus, etitalicis, etGraecis, etpraecipuè Ërythrseiscoacti, allatiquesuntRomam» cQJuscu roque Sibyllœ nomine fuerint (Varro, texte conservé dans Lactance : Divinœ instUutiones, 1. 1, c. 6; dans Patrol. lat,, t. vi, p. 143).

3 Siquidem Fenestella, diligentissimus scriptor, de Quindecimviris dlcens, ait : Restituto Gapitolio, retulisse ad senatum G. Gurionem Cos., ut legati Erythras mitterentur, qui carmina Sibyllse conquisita Romam deportarent. Itaque missos esse P. Gabinium, M. Otacilium, L. Valerium, qui descriptos à privatis Tersus circa mille Romam deportarent (Fenestella, dans Lactance, ibid.; dans Palrol. lat,%bid,, p. 146).

3 Fenestella verè etiam legatos Erythras à senatu esse missos refert, ut Lujus Sibyllœ carmina Romam deportarentur, et ea eonsules Gurio et Octavius In Gapitolio, quod tune erat curante Quinto Catulo restitutum, ponenda curarent. (Dans Lactance, De ira Deiy c. 22; ibid*, t. vu, p. 142.)

DANS L£UAS BAPPORTS AVEC LES JUIFS. 21

» ce moment ont été rapportés de divers lieux ^ partie des ji \illes dltalie^ partie de la \ille d'Ërythée ea Asie par des » députés qui y avaient été envoyés par ordre du Sénat pour » les transcrire; partie de différentes autres villes^ même en » acceptant ceux de quelques hommes privés. Parmi ces vers 9 on en trouve de supposés^ ce que Ton reconnaît par ce que » l'on appelle des acrostiches. Je suis en ceci l'autorité de )) Terentius Vano qui le rapporte dans ses commentaires » tbéologiques; ou ses Livres des choses divines K »

Dans une lettre adressée au Sénat par TihèH, nous trouvons encore sur ce fait les détails suivants :

» Après Tinccndie du Capitole, au temps de la guerre so- D ciale^ on recueillit à Samos^ à liium^ à Erythrée^ en Afrique » même^ en Sicile et dans les colonies d'Italie tous les livres » Sibyllins (soit qu'il ait existé une ou plusieurs Sibylles), et on » chargea les prêtres de reconnaître, autant que des hommes » pouvaient le faire, quels étaient les véritables *. »

Après avoir cité ces textes, M. Alexandre, dans son savant et consciencieux ouvrage des Oracula sibyllina, ajoute :

« Nous ne doutons nullement que les Juifs si attentifs à » toute sorte de gain, n'aient offert alors, comme vrais et » authentiques, les faux oracles des Sibylles alexùndrines écrits » en grande partie sous Ptolémée Philométor, et que nous )) publions dans notre livre ni, §§ 2 et 4 3. »

Or, on sait qu'il y a là plusieurs traditions bibliques. Bien pins rien n'empêche de croire que les Juifs h'aient vendu toutes les Écritures. Car, comme le fait encore remarquer M. Alexandre, ce n'est pas seulement i,000 vers que les dépu-

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^ Post exufltuut sociali bello Gapitolinm, quantis Samo, Uio, Erythrlfl, per Africain etiam, ac Siciliam, et Italicas colonias carminibus SibuUae, una seu plarcs fuerc ; datoque sacerdotibus negotio, quantum humana ope potuisset, vera discernere (Tacite, Àtmales^ 1. vi, c. 12).

^ Oracula sibyllina, etc., t. u, p, 177 ; chez Didot, I8&6.

¥• sBRis. TOME V. — N*» 23; 1862. (64« vol de la coU.) 2

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