L^ONTOLOGISME ET LE TRADITIONALISME
pour façonner une doctrine à sa guise; ensuite nous ajouterons que, si ce sont les Annales que VAmi a voulu désigner parées paroles, il se trompe grandement. Les Annales, depuis bien longtemps et toujours, se sont élevées contre la phraséologie aristotélicienne, aussi bien que contre la phraséologie platonicienne. Elles ont dit nettement : «Qui nous délivrera » enfin de Platon" et d'Aristote?» Non- pas , comme on nous en a accusé, que nous ayions le sot projet de supprimer Platon et Arislote, non plus que les auteurs païens; mais nous désirons que ces systèmes soient placés seulement dans la partie historique, comme ceux de Pythagore, d'Epicure, de Lucrèce, etc., et qu'ils ne forment pas une partie essentielle, la seule voie pour ainsi dire, pour arriver à la croyance chrétienne. La doctrine chrétienne est indépendante de Platon et d'Aristote, de Descartes et de Malebranche : voilà ce que nous avons toujours voulu faire comprendre.
Que si nous avons publié l'analyse du bel ouvrage du P. Ventura, nous avons eu soin de faire des réserves, et nous Tavons donné comme le plus savant éloge que Ton^ ait fait jusqu'ici de cette philosophie du moyen âge que si peu de personnes connaissent, même historiquement.
A Rome, la Civiltà cattolica continue à garder le silence.
A Turin, le Mediatore publié par Tabbé Passaglia donne les 7 propositions avec la traduction, et expose assez au long les opinions des diverses Revues. Ses conclusions sont que les 7 propositions ne sont pas assez claires; il semble les regarder comme inutiles K — Ces propositions sont parfaitement claires. On ne doit plus soutenir la doctrine qu'elles renferment. Quant à Tapplication qu'il faut en faire, c'est là que le champ est assez hbre, parce que le Saint-Office n'a pas jugé à propos de citer lauteur où elles se trouvent, laissant à chacun le soin de se les appliquer ou de les éviter , ce qui estdéjà beaucoup. Elle en fera davantage, quand elle j&gera convenable.
Nous devons ajouter que M. Gust. de Cavour qui, comme on le sait, est le grand apologiste de la philosophie de M. l'abbé Rosmini , déclare que les f propositions sont tout à fait con-
* Mediatore du 19 avril, p. 504.