‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 115 sur 149 · LES SEPT PROPOSITIONS DV 8AIIfT-0FFl€B · texte numérisé non relu

LES SEPT PROPOSITIONS DV 8AIIfT-0FFl€B

chose didentiqu» avec Dieu, et toujmiu présente à notre etprti, quoique non identique avec lui '?

V La proposition suiyante, que nous trouvons dans la Rivm des mmces eccUsioêtiqueê de M. Tabbé Bouix^^ est-elle soutenable ?

Les Pères admettent tous que la connaissance de Dieu n'est pas une eomiaissance péniblement acquise par Venseignement et par le travail, mais un fmU spontané, naturel de notre dme, mise en face de la nature extérieure^ et s'élewuU, entertu de la loi qui lui est imprimée par sa participation de Z>t>u, à l'existence d'une cause sans causCi d'un Etre suprême qui trouve en lui-même et en loi leal la raison de. son existence.

Notre âme est-^Ue, oui ou non , une participation de iHeu, et notre cœur une émanation de Dieu, comme Garibaldi le prêche aux Italiens ' 1

Enfin est-il vrai^ comme nous Tavons demandé si scavent; qu'on peut enseigner que la Philosophie^ n'usant que de la Raison naturelle, et par conséquent éloignant tout enseignement du Verbe de Dieu, et de l'Ëglise, toute tradition en un mot, a le droit d'enseigner :

i"" Dieu et ses attributs ;

2* L'homme, son origine, sa fin ;

3"" Ses devoirs à l'égard de soi, à Tégard de ses semblables, à regard de Dieu;

4* De donner les règles de la société civile et de la société domestique.

La Philosophie, en ce moment, prétend tout cela. Or, fautil le lui accorder ? Voilà des questions que nous soumettons humblementàNN. SS. de Tours et de Nantes, prélats que nous connaissons d'une si haute intelligence et d'un si grand dévouement pour l'Eglise; et nous ajoutons, avec Mgr de Tours:

Au demeurant, nous ne sommes pa» de ces esprits qui Tçulent à foute force avoir raison ; nous ne demandons qu'à connaître la bonne doctrine pour nous y attacher : Amiciu Plato^ magis arnica veritas,

Continuons notre revue des divers journaux qui ont parlé des décisions romaines.

1 Voir M. Tabbé Ubaghs, Revue de Loûvain^ p. 12, et Annales^ ci-dessus, pp. 168 et 195.

» Cahier d'avril, p. 379.

. 3 Voir sa proclamation dans les Annales de mars, ci-dessus, p. 197.

l'ontologismb et le traditionalisme. 329

La Revue catholiqm de Louvain a gardé jusqu'ici un profond silence et n'a pas répondu un seul mot aux provocantes paroles que nous avons citées du Journal littéraire de Liège.—* Celui-ci n'a (vas été distribué à Paris pendant ce mois.

La Revue des sciences ecclésiastiques de M. Bouix s'occupe spécialement de la i'** des 7 propositions condamnées par le Saint-Office^ dans un article de M. l'abbé P.-P. Armand , qui nous a quelque peu étonné. Après une assez longue discussion, il arrive à ces conclusions qui sont bien évidentes : ^

Théologiens et philosophes devront désormais enseigner contradictoirement à cette première proposition que la connaissance de Dieu immédiate, fût-elle habituelle, au sens indiqué, n'est pas essentielle à V entendement /lumatn; qu'il n'est pas vrai de dire que sans elle nous ne pouvons rien connaître, qu'elle est la lumière intellectuelle elle-même. — Et un pou plus loin :

« ï^ous sommes donc autorisé à conclure que notre connaissance de Dieu n'est pas immédiate, que l'objet direct, Immédiat, de nos concepts» n'est pas Vessence 'divine j n'est pas Dieu lui-même. -^Hul vestige dans* la tradition la plus ancienne d'une telle connaissance ; partout h contraire est affirmé, enseigné, prouvé par des raisons qui portent la lumière et la conviction avec elles K »

Nous sommes tout à fait de cet avis. Mais, après ces paroles, nous ne pouvons expliquer les suivantes, que nous avons déjà citées : .

Les Pères admettent tous que la connaissance de Dieu n'est pas une connaissance péniblement acquise par Venseignement et par le travail, mais un fruit spontané, naturel, de notre âme, mise en face de la nature extérieure ets'élevant, en vertu de la loi qui lai est imprimée par sa participation de Dt«i«,àrexisteDce d'une cause sans cause, d'un Etre suprême qui trouve en lui-même et en lui seul la raison de son existence.

Quoi ! la connaissance de Dieu est un fait spontané, naturel ? N'est-ce pas là ce que soutiennent MM. Cousin, Renan , et autres rationalistes ? Quoi ! notre âme est une participation ^de Dieu? Deum de Beo, lumen de lumine? Quoi ! Venseignement n'y intervient pas ! M- Fabbé Armand n'a donc pas connu d'abord le Dieu qu'il adore, par l'enseignement de sa mère ? On Ta exposé en face de la nature ; et là, spontanément^ naturellement, il a connu Dieu! Non, non, ni Mgr d'Arras, ni M. l'abbé Bouix, n'ont approuvé ces propositions. Elles ont échappé à leur attention.

Au reste, nous croyons connaître la source des assertions de

> Bévue d'avril, pp. 377, 381.

330 LES Sm PROPOSITIONS DU «AINT-OFPICB^

M. Tabbé Armand : il n'a étudié cette question que dans Vouyrage de M. le cban. Lupus. Il cite les mêmes autorités , sans oublier celle de Taposlat Julien ; textes et autorités si solidement réfutés par la Revue de Louvaint dans un article que les Annales de philosophie ont publié» en le corroborant de leurs remarques ^

Nous avions^ dans notre dernier câbler^ adressé une ré- . clamation à la Jt^tme de Tabbé Bouix^ au sujet de Timportance que nous aurions donnée à la lettre du cardinal d'Andréa à MM. de Louyain, et nous avions ajouté : «J'espère que M. Booix » voudra bien faire mention de cette réclamation dans sa it^ ]» vue '. » — Nous sommes étonné que la Revue n'en ait pas dit un mot. Notre invitation était toute polie ; faudra-t-il que nous adressions une lettre par huissier? M. Bouix sait biea que cette insertion est de droit. Pourquoi ne pas user de procédés tout polis , tout loyaux, et tout pacifiques entre Remes

également chrétiennes?

Le Monde a publié la lettre de Mgr Tarchevêque de Tours et en entier l'article de M, l'abbé Armand^ de la Revue des Sciences ecclésiastiques, sans y ajouter aucune remarque.

L'iimt de la Religion a inséré la lettre de Mgr de Tours, en la faisant suivre de quelques réflexions, où il croit pouvoir assurer que VOntologisme na iti nullement condamné. Il y ajoute, parmi d'autres considérations. que nous n'avons pas à examiner ici^ les suivantes :

Aujourd'hui, c'est au nom de TEglise qa'ON défend tel ou tel système'sur la nature de nos counaissances et sur Torigixie de nos idées. Il faudra, sous peine d'être rebeUe à son autorité, admettre Texistence d'un intellect agent et d'en intellect paUent, des espèces impresses et des espèces expresses, des formes intentionneiles et des accidents absolus *.

Nous dirons sur ce passage, d'abord qu'il serait bien à dési* rer que Ton n'attaquât une doctrine qu'en désignant le livre qui la formule^ et qn'oB renonçât à ce ON qui est si commode

' Voir les ifinalet , t, i, p. 206 ; et, en particulier, sur les textes de saint CljrrlUe et de Tapostat Julien, cités par M. l'abbé Armand, ibtd., p. ?23.--Voir, de plus, sur l'ouvrage de M. le chanoine Lupus, la réfutation de M. l'abbé Peltier. Annales, t. i!i, p. 280 (&• série).

* Voir ÀnnaU» de mars, p. 183.

' >lnit du 1*' mai, t. iii, p. 269.

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