DEUXIÈME ARTICLE
Nous avons reçu plusieurs lettres à Toccasion de notre premier article sur les Rapports des Romains avec les JuifSy et sur l'influence que le peuple choisi de Dieu a pu avoir sur le peuple conquérant du monde. On nous félicite d'avoir relevé et groupé plusieurs faits très-importants qui étaient inconnus, ou au moins qui avaient été négligés par les historiens et étaient restés dans Fombre. Mais on nous fait aussi plusieurs observations. La principale, c'est que, pour V époque de la prise de Jérusalem par Pompée, nous entrions en matière sans aucun préambule, en sorte qu'on ne connaît ni la cause de la guerre^ ni comment il se fit que Pompée eut de nombreux alliés chez les Juifs. On nous demande aussi de suivre année par année les rapports de ces deux peuples.
Nous avons trouvé ces observations justes, et en conséquence nous avons étendu le cercle de nos recherches pour y faire entrer un grand nombre de détails, qui sont presque tous passés sous silence dans les histoires romaines que • nous possédons. — Nos recherches comprendront, année par année, toute l'histoire romaine et juive depuis la prise du temple par Pompée jusqu'à la mort de Jésus-Christ sous Tibère.
1* Après un sommaire des événements politiques, nécessité pour la compréhension de l'histoire, nous placerons un ta- •
* Voir le l" article au n*» de janvier, ci-dessus, p. 7.
334 TRADITIONS ET SUPEROTITIOIVS ROMAINES. 690 de Itome.
bleau de la vie religieuse^ croyances^ cérémonies^ prédictions, prodiges, et':., qui occupaient alors Tesprilde toute la population, sénateurs^ chevaliers, plèbe de Rome. Nous y parlerons peu nous-mème , nous laisserons parler les auteurs latins, afin que nos lecteurs se trouvent pour ainsi dire au milieu de Rome même. Nous espérons ainsi débroire une ^ve erreur. En effet, par suite de renseignement commun, on se figure en général les Romains Tîvant sous les lois de la pure Raison, qui seule aurait formé leur religion, religion qu'on appelle en ce moment naiwreUe. Or, la vérité est qu'ils vivaient sous l'empire d'une religion très-positive y qu'ils croyaient devoir à des oracles, à des révélations de nous ne savons quels démons, comme on les appelait. En sorte qu'il est vrai de dire que tous les esprits étaient emprisonnés dans un dédale de croyances qui ne leur laissaient pas la moindre liberté.
Nous n'aurions pas rappelé ces faits il y a quelques années; mais aujourd'hui que sous nos yeux on a de nouveau recours aux oracles, qu'on évoque les ombres, que les tables parlent, que les morts apparaissent, que les prophètes abondent, au dire d'un grand nombre de personnes, il n'est pas inutile de rappeler l'empire que les mêmes pratiques ont eu chez les peuples païens. Quant à déterminer à quelle cause naturelle ou surnaturelle, bienhisante ou malfaisante, il faut rapporter ces faits, nous en laisserons juge le bon sens de nos lecteurs. Nous en tirerons seulement cette conclusion : c'est que c'est le Christ qui a fait disparaître ces terreurs et cet esclavage^ en sorte qu'il est complètement vrai, comme le dit saint Paul, « que le <ihrist nous a délivrés < ; d ce que beaucoup de philosophes et de politiques ignorent eu ce moment.
2* Nous ferons entrer dans nos recherches les témoignages divers qui nous montreront les fréquents rapports des Romains avec les Juifs, et l'influence de plus en plus grande que ceux-ci ont exercée sur les moeurs et les croyances de leurs vainqueurs.
3* Sous le titre d'écrivains latins et grecs nous essayerons de faire connaître quels étaient les auteurs qui existaient à cette épocpie, et quels ouvrages ils publiaient. Nous ferons même
■ GhrUtus nos liberayit {<mx lïalatet, t, 1).
62 ans avant J.-C BAPPOBTS DES ROMAINS AVEC LES JUIFS. 335
quelques citations ayant rapport aux questions les plus importantes, telles que Texistence de Dieu^ l'origine de Tbomme, rimmortalité de lame, etc Ce sera comme le complément des croyances à cette époque.
Nous espérons ainsi éclaicir un peu mieux qu'on ne le fait communément Yhistoire romaine, la partie la plus intéressante de rhistoire ancienne^ et nous pouvons même dire de l'humanité; celle qui correspond à l'arrivée du Christ dans le monde. Nous croyons que tout lecteur impartial qui aura lu ce tableau véridique, comprendra comment les enseignements du Fils de Dieu ont été un bienfait unique» un bienfait nécessaire pour le genre humain. Quelques-uns peut-être verront avec plus d'etTroi ce nouveau débordement de Paganisme qui envahit la société chrétienne, et cesseront de l'aider ou
de Taimer.