‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 142 sur 149 · DE LA PHILOSOPHIE TRADITIONNELLE · texte numérisé non relu

DE LA PHILOSOPHIE TRADITIONNELLE

EN AMÉAIQUB ET EN ANGLETBfillE.

Les Atmakê ont déjà fait con naître avec exactitude et impartialité quel était Tétat de la Philosophie traditionnelle en Belgique. Elles ont dit le progrès réel que cette étude y avait fait, at ce qu'elles croyaient qu'il y avait encore à ajouter ou à retrancher dans la Philosophie de VUniversité catholique de Lamain pour avoir complètement raison contre ses ardents adversaires.

Précédemment, elles ont aussi fait connaître la grande amélioration introduite dans l'élude de la Philosophie et dans tout renseignement primaire et secondaire à Naples, en publiant le beau programme des études de Mgr d'Avanzo S alors évéque de Castellanetta, et maintenant de Calvi et de Teano, et administrateur apostolique de son précédent évêché. Ce programme est infiniment plus complet, plus rationnel et plus scientifique que ceux de TUniversité française et du P. Jouvency, de la compagnie de Jésus, que nous avons mis en présence, classe par classe. Notons bien les mots plv^ ratiannel et plus scientifiqu>e ; car dans ce programme, rélève suit la marche, et le développement successif de la langue latine, et ses tranformations siècle par siècle. 11 y apprend comment en sont sorlies et la poésie et les langues modernes; au lieu que les méthodes ordinaires font sauter leurs élèves de Cicéron à Bossuet, d'Horace à Boileau, lesquels élèves, comme étourdis du coup, se trouvent là sans savoir comment ils y sont arrivés.

Nous savons que ce Programme a fait sensation, et que dans plusieurs occasions, sans en rien dire, les professeurs le suivent plus ou moins. Mais cela ne forme pas encore une véritable réforme des éludes; aussi pouvons- nous ajouter que

t Voir Annales, X, xx^ p. 285 (4? âérie).

EN AllÉItIQOB ET EN ANGIjETBTIRE 4M

pèosieors avants professeurs exilés de Naples et arrivés récemment en France, tout en nous ôpprenaot que te Programme se généralise en Italie, et qu'un grand nombre de maisons d'écfueation Tont adopté, s'étonnent qu^en France on s'occupe si peu de celte réforme générale des études.

Après a\9ir fait connaître l'état de la question philosophique dans ces pays, nous avons pensé que nos lecteurs verraient avec plaisir de quelle manière ces mêmes questions, et en particulier les Atmaies de philosophie, sont envisagées en Amérique et en Angkterrey et c'^t pour cela que nous reproduisons l'article suivant du journal américain le Brownson's quarterly Review.

Cette Revue, imprimée à New-York, est, d'après les arrangement^ faits avec l'auteur, réimprimée ensuite en Angleterre par la Société des ptiblications catholiques, et se trouve chez Dolmar^, à Londres, et chez M^Umy, à Dublin. Cette double publication lui donne yne vériUbJle importance* C'est ce qui nous décide à publier en entier son article, quoique assez long, en l'accompagnant de quelques observations, où, selon notre usage, après avoir exposé loyalement les doctrines de la Revue, nous dirons ce qui nous paraît exact ou inexact.

M. BrQwnsonest déjà connu de nos lecteurs ; en 4853, nous avons publié un extrait de sa Revue, et lui avons prouvé qu'il n'avait en aucune manière exposé les opinions des Annales, mais copié seulement les assertions falsifiées de l'Ami de la religion * ! En ce moment nous allons voir que, si tant est qu'il ait lu quelques cahiers des Awnales^ il en expose fort inexactement Içs doctrines; et nous aurons encore l'occasion de montrer qu'en croyant combattre le Traditionalisme, il ne fait qu'en exposer souvent les principales données.

M. Brownson est un ancien protestant converti^ très-zélé pour l'Eglise catholique. Son esprit est vif, décidé, courageux; il voit souvent juste et droit, mais il n'a assez étudié ni les Pères, ni les déoisions des conciles et des papes sur les matières philosophiques. En étudiant le moyen âge, il s'est attaché en partie à la secte des Réalistes, et parmi les modernes, il a adopté cette vision intuitive, immédiate et directe de Ma-

* Voir Annales, t. vin, p. 467 (4* série),

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lebrancbe et de tous les philosophes rationalistes les plus hostiles à rOgUse. C'est ce que nous aurons souvent occasion de prouver; et cependant nous pensons qu'il y a à profiter dans la critique qu'il fait des méthodes philosophiques suivies en ce moment. Sur ce point, on Ta voir que souvent il va plus loin que les Traditionalistes les plus avancés. — Voici le titre de son article, auquel a donné lieu notre caMer de mare 1860^ où nous avons publié les pièces de la discussion entre MM. les professeurs de VUnivernté catholique de Loth vain, et M. le chan. Lupus et le P. Perrone ^

Annales de Philosophie chrétienne. Dirigé (sic) par A. Bon- NBTTV. Paris, Monthly, in-8% marcb^ 1860.

Rien n'est plus certain, comme Ta observé Gioberti, qu'il n'y a pas, et qu'il n'y a pas eu pendant les 20 dernières années, dans lés écoles catholiques comme dans les non-catholiques, de Philosophie proprement dite. Il est vrai que l'on enseigne dans nos collèges et nos universités quelque chose sous le nom de Philosophie, mais c'est le plus souvent, comme nous le faisait remarquer un jour un prélat américain, dans la conversation, «quelques fragments de Théologie catholique » mal prouvés. » Nos professeurs catholiques généralement font profession de suivre saint Thomas, que quelques-uns d'entre eux ont réellement lu, au moins en partie, mais à > peine s'en trouve-t-il deux parmi eux qui s'accordent en donnant la même interprétation à ses paroles. Le Père Ventura le fait un Traditionaliste prononcé; M. Bonnetty prétend que c'est Mfi parfait Rationaliste ; le Père Gratry trouve que c'est un Inductiviste ; l'abbé Maret soupçonne que c'est un Sensisle; un autre assure qu'il est Gonceptualiste ; un autre qu'il est Nominaliste, et un autre soutient qu'il est virtuellement Réaliste; ce commentateur le fait Ontologiste, et celui-là le fait Psychologiste. Par le fait, nous sommes par rapport à l'enseignement (thilosophique de saint Thomas, dans la même position que les Protestants par rapport à l'enseignement de l'Ecriture sainte; chacun trouve en lui la doctrine qu'il apprend ailleurs et qu'il lui prête.

1 Voir Ànnalet^ 1. 1, p. 205 (5* série).

Observations de M. Bonnetty.

Nous aimerions bien ^voir dans quelle page des Annale$ nous avons fail de saint Thomas un parfait rationaliste. Si quelqu'un de nos Abonnés la connaît^ il nous rendra grand service en nous Tindiquanl ; nous la rétracterons tout de suite. C'est ici encore une preuve que M. Brovsroson ne connaît le plus souvent la doctrine des AnnakSy que par les articles du P. Chastel ou de son acolyte M. l'abbé Cognât. Pour apprendre à M. Brownson comment nous avons fait de saint Thomas un vrai ratioruiliste, nous allons lui citer une seule page de notre polémique sur saint Thomas; elle date de 1850. Ce n'est pas une doctrine modifiée après coup.

M. l'abbé Freppel, défendant M. l'abbé Maret^ nous disait :

Pensez-vous que saint Thomas nous établissait dans un état surnaturel, quand il disait que la lumière naturelle de la raison est une partiàpation de la lumière divine {Pars prima, qu. xn, art. xi, ad tertium)? Pourquoi préférezvous rejeter cette expression parce qu'elle est employée par M. Saisset, que de l'admettre parce, qoe saint Thomas et les théologiens s'en servent ? Vous qui êtes si fidèle à la tradition, tenez-vous en donc aux ternies qu'elle consacre.

Nous lui répondions :

a Nous l'avouons^ en présence d'une société où règne cette grande hérésie que l'esprit humain est une part, une participation, une émanation (au sens propre) de la raison de Dieu, expressions qui expriment le Panthéisme^ contre lequel se sont élevés tous les conciles qui viennent de se tenir dans l'Église^ et les Bulles du chef de la chrétienté^ nous croyions qu'il suffisait d'indiquer ces corrections à faire dans les expressions de nos livres classiques pour que des chrétiens^ des théologiens en reconnussent la nécessité. Quant aux scholastiques qui ont pu s'en servir, nous avions dit avec Merchior-Canus que a ces théologiens^ s'ils vivaient de notre » tempS; ne s'en serviraient plus ^ » C'est donc avec un étonnement profond que nous voyons M. l'abbé Freppel> sans répondre à aucune de nos observations^ soutenir que l'on peut continuer à se servir, dans les écoles catholiques^ d'expressions qui sont les formes de l'erreur et de Vhérésie. Pour toute réponse^ il nous indique saint Thomas. Nous répondons d'abord qiie saint Thomas n'est pas l'Église^ que l'Église a

* Voir ce texte dans notre tome xii, p. 48 (3* série}.

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défini que l'esprit humain est créé, qu*uoe création n'est pas une participation, une émanation, et qu'ainsi il faut abandonner les expressions de sainl Thomas pour suivre l'Église qui^ seule, a la forme des saines paroles. — Voilà notre réponse.

» Mais est-il bien vrai que saint Thomas se soit serri des expressions absolues que lui attribue M. Tabbé Freppel? Eh bien ! non. Nous le disons avec peine, nous sommes attristé de nous voir dans notre polémique avec M. Tabbé Maret, avec le P. Chastel, avec M. Freppel, obligé de signaler de fausses citations dans les autorités qu'ils allèguent. Nous avons déjà eu la douleur de les indiquer pour M. l'abbé Maret et pour le P. Ghastel ; nous le faisions remarquer dans la page citée ici par M. l'abbé Freppel (p. i3^3), et le voilà, lui-même tronquant saint Thomas à son avantage. Saint Thomas, en effet, ne dit point que a la lumière naturelle de la raison est une participa- » tion de la lumière divine; mais une espèce de participation, D une certaine (quœdam) participation ^ » Dans une discussion semblable où il s'agit de la rigueur des termes, supprimer celui qui ôle à un mot son sens absolu, c'est le tronquer et tromper son lecteur. Saint Thomas a très-bien établi ailleurs quelle était cette sorte de participation : c'est une partidpor tion de ressemblance^ ce qu'il répète je ne sais combien de fois. Et voyez comme c'est un parti pris que de faire de saint Thomas un rationaliste panthéiste, c'est que M. Fabbé Maret, citant ces dernières expressions de saint Thomas, a grand soin de les tronquer; ainsi saint Thomas dit : « Rien n'est bon ou déd sirable, si ce n'est en tant ({u'ii participe à la ressemblance de D Dieu. » Ce que M. Maret traduit par ces paroles : « Tout être t> en jouissant du bonheur, auquel il est appelé par sa nature, » participe à Dieu^; d et pourtant le mot re^emblance est ici le mot propre, l'expression exacte : car toute ressemblance exclut la réalité ; c'est le mot de la Bible : faits à l'image et à la ressmtUance de Dieu. Pourquoi M. l'abbé Freppel sup-

1 Nam et ipsum lumen naturale raUofiig parUcipatto quœdam est divini luminis. 1\ qu. xu, art. 11 ; dans Tédition de Migne, 1. 1 p. 553.

^ Quia nihil habet rationem boni et appetibilis, niai secundùm quod participât Dei similltudineoi. Summa'iheol, M. Maret citant ces i^aioles ù^ns Théodicée chrétienne, p. 363, p. 371 {%• édit.), ne donn» pas d'autre indication. » Elles sont : 1% q. xuv, art. 4 «d 3 j t i, p. 842.

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pvimehlAlle mot quaidam, pourquoi M. Maret supprime-t-îl similUudo? notre raison s'y perd^ Si quelqu'un le sait> qu'il nous le dise.

» Et puis, voyez, quand le tnênse M* Maret voudra etposer l'erreur des panthéistes, il leur reprochera de se servir de quel terme? du mot môme de participation; ceci est éminemment curieux pour prouver la confusion qui règne dans nos écoles catholiques; écoutez : « Passons sur toutes ces contradictions » des panthéistes, qui infligent au sens humain et à la logique » le plus grand outrage; il faut aller plus loin encore; il faut » dire que le monde est de soi, qu'il est par soi, qu'il est sa cause » à lui-même. Participant à la substance divine, il possède né- » cessairement ce dernier attribut. » Et ailleurs : « Le dogme

» chrétien repousse toute participation à la substance di-

» vine ^ » Ainsi^ le mot pa/rticipalion est blâmable dans les panthéistes, et cependant c*est celui qu^enseignent à la jeunesse chrétienne, des professeurs tels que M. l'abbé Maret et M. l'abbé Freppel. Si ce n'est pas là la confusion et le chaos, que Ton nous dise où ils sont 2. »

Que M. Browson nous dise maintenant qui de M. Bohnetty ou de ses adversaires fait de saint Thomas un rationalisle?

La cause principale de l'état déplorable de la Philosophie est dans le manque de penseurs libres, indépendants, — dans ce fait, que nous faisons de la Philosophie non pour l'amour de la vérité, mais pour l'amour de quelque théorie philosophique, ancienne ou moderne, et toujours plus ou moins sous l'influence prépondérante de Tautorité. Tout homme qui se . livre à la Philosophie dans Tunique but d'arriver à la vérité, ne peut négliger l'étude assidue et profonde de sdint Thomas, mais en même temps, tout homme qui saura justement apprécier les droits et les prérogalivei^de la Raison commune à tous les hommes, ne consentira jamais à l'accepter comme une autorité, dont on doit suivre toujours le sentiment, sans qu'il soit permis de s'en écarter. En matière de foi ou de doctrine chrétienne, nous sommes gouvernés par l'autorité de

1 Théodicée chrétiennCy p. 332 et 335, 1'* édition > Anwdet de pkiloiophie^ 1. 1, p. 302 (4* série).

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l'Eglise, ou plutôt, nous croyAiis parce que Dieu le dit, et nous croyons qu'il le dit, sur le témoignage de TEglise, le témoin divinement établi dans ce cas. Mais en Philosophie, nous ne sommes liés par les opinions de qui que ce soit, nous n'acceptons comme autorité dont on ne peut interjeter appel, ni Platon, ni Aristote, ni saint Augustin, ni saint Thomas, pas plus Descartes que Malebr anche, pas plus Locke que Leibnitz, pas plus Rosmini que Gioberti, Rotenflue que Liberatore. Tant que je ne heurte pas de front un article, un dogme, une proposition de foi, je suis libre de suivre mon propre jugement et mes convictions, et nul homme, quoiqu'il ne s'accorde pas avec moi, n'a le droit de citer, ^conime autorité contre moi, l'opinion de quelque philosophe, ancien ou moderne, catholique ou non catholique, car, en philosophie, la Raison qui est la même pour tous les hommes, et pour chacun, est la seule autorité qu'on doive reconnaître. Les opinions et les théories philosophiques des hommes illustres dans différents siècles, que le monde civilisé s'est accordé à honorer à cause de leur génie et de leurs connaissances philosophiques, ne doivent pas certainement être traitées ayec légèreté, — elles sont toujours dignes de la considération la plus sérieuse et la plus respectable — et ne doivent être rejetées que pour des raisons graves et puissantes^ mais toutes les théories et toutes les opinions en Philosophie, comme sur d'autres matières, doivent être jugées d'après lelirs mérites.

Obseryations de H. Bonnetty.

Voilà de fières paroles en fait d'autorité et d'indépendance, mais elles dénotent plus un républicain qu'un philosophe. Nous serons de l'avis de M. Browson quand il aura établi un traité purement philosophique; mais tant que la Philosophie traitera de Dieu, de la fin de l'homme, de ses devoirs, en un mot de ce qu'il faut croire ou pratiquer, nous lui dirons que celte Philosophie ne peut être indépendante, c'est-à-dire avoir le droit de dire oui ou non sur ces questions.

Ce qui est funeste au progrès de la Philosophie, c'est d'essayer d'introduire dans son étude le principe d'autorité que nous reconnaissons dans la foi et la théologie. Le principe

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d'autorité extérieure, est aussi déplacé en Philosophie que le principe de Rationalisme est déplacé dans la foi. Aucun catholique ne nie cela quand la distinction est clairement établie; mais l'habitude de décider toutes les questions théologiques par autorité, si nous ne nous tenons en garde^ nous porte, sans que nous nous en apercevions, à faire aussi appel à l'autorité pour la solution des questions purement philosophiques. L'esprit humain cherche naturellement Vunité^ct cherche, quand il accepte le principe d'autorité, à porter Tautorité en toutes choses; et quand il accepte le principe de la Raison, à le transporter dans la foi, et à nfe reconnaître partout d'autre autorité que la raison en tant que développée individuellement dans chaque homme. De là, en général, une tendance perpétuelle à substituer la foi à la raison, ou la raison à la foi. Il est difficile d'avoir toujours présent à l'esprit, que nous vivons sous deux ordres, Fun naturel, Pautre surnaturel, et que l'autorité dans le premier est la Raison, et dans le second, VEglise, comme la gardienne et le témoin de la révélation.

Le protestant, par sa doctrine de l'interprétation privée, est invariablement poussé hirdinsporlerlei Raison naturelle comme autorité dans Ford re surnaturel, et par là tout le protestantisme tend au pur Rationalisme, quelquefois avoué, et quel- C(nefoij) désavoué.

Le catholique, s'il est superficiellement instruit, ou s'il ne se tient continuellement en garde, a une tendance, au contraire, à transporter le principe d'autorité dans l'ordre naturel, et à favoriser un système de supernaturalisme exclusif, qui refuse à la Raison ses fonctions légitimes, même dans sos ordre propre.

L'esprit humain, abandonné à lui-même, cherche toujours à suivre une même règle en toutes choses. Il recule devant la tâche laborieuse de distinguer entre les différents ordres, et éprouve une répugnance naturelle à suivre une règle dans un ordre, et une règle différente dans un autre. Voilà pourquoi votre Démocrate moderne qui proclame hautement l'autorité suprême du peuple en matières politiques, a une forte tendance à proclamer son autorité souveraine en matières reli-

y SERIE. TOMB V. — N* 30 ; 1862. (64« vol. de la coll.) 28

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