RELIGION PERSANE
ception de ce qui devient ou est. 11 y a aussi un suffixe ura, et asura en sanscrit, veut dire Dieu vivant^ plus tard mauvais génies et àhura en zend Dieu. Car la langue des Brahmanes^ comme nous avons vu^ prend souvent les mots dans un autre sens que les Iraniens. Mais nous avons^ d'autre part^ un mot sanscrit osâ^ qui veut dire mauvaise parole, calomnie d^où Ton forme amka, mal embouché^ calomnieux^ asûyana, asûyâ, asûyu, calomnie. Notre mot zend ne peut signifier que quelque chose d^audible^ car il se construit souvent avec des verbes qui veulent dire : prononcer et entendre^ et le mot sanscrit confirme cette opinion. Ahuna ou ahû venu de as être^ signifle parole, comme le germanique loord et voort se rattache directement à la racine sanscrite vrdh et vrh qui pourtant veut dire croître et a donné naissance.au mot vrahma (plus tard brahma) la parole^ et au latin fDerhum. Les Parsis traduisent le mot ahû par le sanscrit $x)âmin, maître^ ou bien ils le confondent avec anhUy monde^ qui lui est étranger.
Le mot vairya, au nominatif xmiryôy est Tépithète de ahuna verbe. Ce mot dérive de la racine rr. Mais de laquelle^ car il y en a deux ? L'une veut dire couvrir, défendre, et est la source des mots germaniques mihrm (ail.), garer (fr.), wehr (anglais), g^erre (fr.), voari (ail.), garder (fr.), et n'a rien à faire ici ; l'autre est i?r, choisir, vouloir, le latin voloy 1 allemand MooUen; ensuite toaAt, choix, sans parler de varim, passible de choix. C'est à cette racine que déjà Burnouf a également rattaché le mot xiairya qu'il a expliqué par « celui auquel » il faut s'adresser pour en obtenir Tobjet de ses désirs, p en prenant la syllabe ya dans le sens du futur passif. Je voudrais attribuer à ce suffixe ya seulement son autre sens simple que rend le grec loc et le latin ius^ et le traduire par voulant, qui exprime la volonté, énergie dans le sens philosophique du mot ^ Du reste le mot se rencontre ailleurs
' P. ex. Veadidad II, panea ahuna mir^ fraçrâvayôis^ lu ferais entendre cinq fois le Yert)e créateur, Yaçoa, 9; toi, Zoroastre, tu prononceras le premier le verbe créateur, et ailleurs Yaçna, 61, 72.
Le root zend est pour la forme exactement le latin varius, ce.^qui admet un choix, mais avec un autre sens. Le latin verus, l'allemand wahr, vrai, est de la racine vas, ctre, est le sanscrit vasu, le zend vahu, bon, le grec 4o(.
L'HONOVER^ tE VERBE CRÉATEUR D£ ZOROASTRE. 57
avec cette acception^ par exemple le nom de rAmsbaspaod Shahriver, Khsalhravairya,\e roi énergique^ z'afranàm vairya» «tfw (vend. frag. 59), des paroles exprimant la volonté.
Ahà vairyô n'exprime donc que ce que depuis Anquetil on a compris sous le nom d'Honover : le Verbe créateur, et il est assez singulier, que jusqu'ici on n'avait pas encore attribué au prototype antique le véritable sens, que la traduction a conservé au mot moderne qui en dérive.
Le mot ratas est encore plus difficile, car toute étymologie est aussi impossible à priori ^, que la fixation du mot graniiis de grad (gradi) d'où il vient pourtant. Et cependant ratus se trouve à chaque page dans tous les cas possibles, et on lui a donné trois significations, celle de maître^ temps et loi. On a voulu séparer cette dernière acception des autres et en &ire un mot séparé^ ayant un génitif différent; cependant je ne trouve pas d'exemples concluants. Burnouf sl proposé différentes versions; il a admis les traductions, de svâmin, maître, ou sandhyày époque de la journée^ ou çâstra^ loi. Ces trois acceptions doivent pouvoir se réduire à une seule. Tl est de fait que les temps de la journée, les jours, les mois, les années, les périodes se nomment à toutes les pages : ralu de la Yérilé, donc on pourrait penser à la traduction par temps 2, si Ormuzd et Zoroastre ne portaient, surtout dans le Vispered^ le même titre, ainsi que les montagnes, le feu, les saintes paroles, et même dans le Yaçna. D'autres objets de la vénération des Parsis, tels que les Amshaspands, le soleil, ne le portent presque jamais. Le mot est féminin, car on le trouve avec des adjectifs au féminin ^; cette circonstance n'est pas sans importance pour fixer sa signification.
J y vois simplement Yefftt du Verbe ; Vahuna est le principe créateur; ratu, ce qui en découle; je ne connais pas d'autre explication possible, Ormuzd est l'émanation de la vérité^ parce qu'il s'est créé lui-même.
Ainsi les composés de ce mot se comprennent facilement;
» Voyez Viçperedy 16, 20, clï.
' P. ex. rcftûm berexantîm, mais aussi masculin (Visp. 9). ' Ce mot pourrait venir de r, aller, ou du védique r(t, donner, de sorte ({a*il sera allié à res, la cliose matérielle ; ou à ratus .(efiisctif) et à r<Uta.
»8 RELIGION PSRSAlfE.
les gAthàê ou chants sacrés sont nommés ratukhscUkrà , rois de rémanation (Yaçna li, Vend. 17], épithètes qu'ils partagent avecOrmuzd lui-même (visp. c. 11). Le mot raiumot, doué de relTet^ se trouve souvent; nous citons un passage (yisp. c. 18) où il est dit :
« Nous célébrons Vhùmf^er y le véridique, qui donne son » effet à la vérité. Nous célébrons celui qui renferme le yerbe » et l'effet^ le véridique, et Teffet de la vérité; car celui qui 9 renferme le verbe et l'effet^ c'est Ahuraroazda. »
U faut dire un mot sur la signification de vrai que nous avons dû donner au terme zend om, qui comme on le sait est le sanscrit rta, le perse arta. On Ta jusqu'ici traduit par pur, et la version sanscrite le rend par punya pur. Mais le mot sanscrit rta voulant dire bon^ vrai, le a$a, étant opposé au drug, le mensonge^ et l'idée de vérité manquant^ sans cela> dans les livres des Perses véridiques, je ne crois pas que notre opinion puisse être combattue avec succès.
Le sens du premier paragraphe est donc : « Gomme le verbe » créateur^ ainsi l'émanation procède d'une vérité quelconque; » ce qui veut dire : puisque le Yerbe est la vérité^ ainsi les » effets de cette volonté ne peuvent être que vrais. »
Le second paragraphe, comprenant les lignes trois et çtMitresera plus facile pour les mots ; seulement la construction est embarrassante. Nous avons quatre génitite : vanheui de vahu bon> mananM de manas pensée^ syaothnanam de syaothna action au pluriel, anhèus de ahu monde ; ensuite deux datifs mazdài et ahurâi, dont le dernier est séparé par le mot khsor thremca, et le règne. Reste le mot dazdà qui se trouve entre vanhéus et mananhô et qui ne peut être qu'un nominatif en corrélation avec khsatkrem. L'absence du verbe nous oblige de substituer de nouveau le verbe substantif.
Le sevA mot difficile est dazdà, que je rattache à la racine dhâ, créer, aussi dadh, formé avec la syllabe dd ^; en effet; âous avons cette formation dans beaucoup de mots, p. ex. pazdâ, mazdâ, azdâ, nazdâ; après t et u, d'après une loi générale, le z devient z' (j français), p. ex. yaoz^da, raoz'dâ, tnizda, etc. Le sens de ce mot ne peut être que création.
. ' Comme en sanacrit, fraddkâ, lat. crtdo.
l'HONOVER, le mVE CRÉATKI» de Z0B0A8TRE. 59
Quant au géRîtif, les Paras ont joint vanhêui et tMfnmhé^ et Tont regardé comme le génitif de vahu manas, le nom de TÂinshaspand Bahman; nous ne le prenons pas ainsi, maia lions construisons :
Bazdâ (la création) vanhèuê da bien mananhâ de la peafée^ (1. 6. dans la pensée) syaotknanàm des actes (i. e. dans les actes) anhèus du monde^ (i. e. qui se produiaetit dans Tofii- \ers) Mazdâi est à Mazda^ khiothremea et le ràgn^ AhuréU eil àAhura.
On voit que le dualisme existe dans la nature d'Ormuid, l'un est ridée, la pensée, Mazda, et l'ïiutre la forée matérielle Âliura; celui-ci ne possède cette force que par le principe du hm Mazda, personnifié dans le Verbe.
C'est par lui quil anéantit les représentants du maurait principe : â yim daregubyô dadfua vâftàrêm. C'est à construire ffimâdadhat^ (il a constitué) vâçtârtm (le destructeur) dafv* g^ô (contre les méchants).
Le mot vàçtànm est traduit par ûMàdam âkhadayan (Y^içm, eh. 19) qui donne de la nourriture, mais i>d(»lârem est clairement un accusatif de nom d'agent (iàram en sanscrit, tonm en latin). En outre, le mot, régulièrement totmé de vAdh, frapper, détruire, se trouve soui^ent avec ce sens % et corres- |K)nd au sanscrit vâdhUûrem. Le mot daregubhyd, datif plur* du daregvoHy est expliqné, dans ce passage, par durbala, faible^ et dans un^utre (Yâçna, ch. 1 0) par daridra^ pauvre ; mais ce même terme figure à d'autres endroits, exprimé par durmaH méchant, et il se trouve dans le texte même, opposé à a$(w^ Téridique (p. ex. Yaçna, ch. 44, 30). N6us le rattachons donc à la racine dr^A, drugh (druh en sanscrit, lug en aUemand)> mentir, et pour la forme, comme pour Tidée, il est identique au védique druhvan, opposé à rtàvan, qui est le zend OM^voti.
Nous traduisons donc avec confiance : qu'il a constitué le destructeur des méchants, ou des menteurs, parce que le mmr songe est l^énergie d'Ahriman.
Voici donc le verbe créateur d'Ormuzd qui ne crée que par
' L'admission de 1& tmèse si commune dans les Védas et TAvesta est justifiée par le passage du Yaçna, ch. IS.
> SarQQuf Yacna, p. 43S.
vàhistem
aeti ustâ
ùcti
U8tà
optimam
est existentla ;
est
exfstentiA
vàhùtâi
optimo
venun.
se RSUGiOIi PEMARB.
la mérité; et cette idée est encore exprimée dans la seconde des saintes prières^ nommée Ashem vôhû, et ainsi traduite par Anqnetil :
c( L'abondance et le bebescht sont pour le juste qui est pur ! )> Celui-là est pur qui est saiat^ qui bik des œuvres cétestes et i> pures. i> '
Bn voici le texte : .
Asm vôM
Vemm (est) bonum ;
oAmdt' .hyud asài m (eui) Y6re
Ce qui veut dire :
« Le vrai est le bien; le meilleur est l'existence; et Texistence 9 est une vérité pour le vrai et le meilleur. » , AJnsi> sous un rapport^ la doctrine de Zoroastre se rapprocberait de celle d'Euclide de Mégare^ qui disait : d^aMv t^ h.
On ne dédaignera pas cette explication grammaticale si humble en apparence^ puisqu'elle est la seule condition pour arriver aux plus hautes pensées que les sages des siècles passés ont conçues. Peui^tre trouvera-t-on trop abstraites^ eu égard à répoque si reculée du philosophe bactrien^ les interpréta* tioBS que nous avons données. Mars un homme extraordinaire^ et tel fut le fondateur du dualisme^ lâche d'approfondir la na-* ttire des choses^ quelle que soit la distance qui le sépare de la force de conception de ses contemporains. Les mystères qui enveloppent la création^ attirent son intérêt, les questions morales qui dominent le monde^ lui demandent une solution. Et ce furent justement ces dernières qui devinrent son éeueil. La création^ les forces de la nature^ le conduisaient vers urie cause première, qu'il entrevit, dont il devina Texistence, dont il admit Téternité et la durée immortelle. Mais il vit aussi le mal qui est à côté du bien^ et se demanda comment le vrai et le feux, les ténèbres et la lumière pouvaient venir de la même source. Et embarrassé de cette apparente contradiction il trancha la difficulté sans la résoudre^ en admettant à côté de la source de la vérité celle do Terreur. Ce pas fait^ Thomme qui^ dans toute Tantiquité païenne^ a parmi les fondateurs de religion^ été le plus près de la croyance
L'HONOYER. le VKBB GBBAtBim DE ZOROASTRB. 6i
en un IMeu, retomba dans le polythéisme, ou plutôt^ qu'on me passe le mo4, dans un panthéisme dualiste.
Et il est remarquable que Tun des plus profonds pbiloso* phes ayant Socrate^ la grande figure d'Heraclite d^Ephèse, se trouvant dans^ le même doute^ ait tranché les choses d'une manière toute contraire^ et soit arrivé au même principe nm** tériel qui a été le tombeau des hautes aspirations de Zoroastre^ le feu. Seulement au lieu de prendre le feu comme une sorte de fétiche^ Heraclite y voyait Têtre incorporel et toujours ino*^ bile^ le principe qui concilie les contraires. Ces notions oppe* sées^ Heraclite ne les faisait pas dériver de deux sources dt<* verses; au contraire^ il annulait en les identifiant le mal et le bien^ la vie «t la mori, le doux et Tamer. Si Zoroastre ne s'était pas préoccupé de la question morale^ qui le conduisit au dualisioe^ sa tendance l'aurait conduit tout droit à Tidéalisme sceptique des Ëléates.
Car Justement l'unité est le grand point où a échoué Zoroas* tre. Le monothéisme primitif des Perses dont on a parlé de temps à autre, appartient au règne des rêveries; ce n'est pas parla qu'a- commencé leur civilisation^ qui si elle avait pu une fois s'emparer de ce principe, ne l'aurait plus abandonné. Cette idée . nous parait si simple^ et c'est justement pour cela qu'elle n'a pu se rendre justice que très-tard. Xénophanesde Colophon^ disait bien £v to OsTov^ a la divinité est une^ » et pourtant il devint panthéiste; mais d'autre part selon Sextus Empiricusj il ne définit encore rien (oOSiv Sieaa^vjvidsv) et fut obligé de choisir^ pour exprimer son idée de la divinité^ une image matérielle, celle de la sphère qui, de tout côté égale à ellemême, indique la divinité. L'idée du Dieu unique, soit celle du créateur d^un monde commencé, soit même de l'être imma* nent à un monde éternel, lui resta étrangère, comme presque à l'antiquité païenne entière.
Ainsi Zoroastre n'admit point la divinité sous cette forme, n connut deux principes éternels, dont l'un crée l'univers, l'autre le détruit; l'éternité du monde, telle qu'au dire de Diodôrè et de Maîmonide, admirent les Cfaaldéens, ne convenait pas à sa pensée. Pour rapprocl^r du monothéisme la doctrine bactriane, on imagina plus tard que ces deux princi|ves avec
•t BIU610N PSBSAIIB.
leurs ntultiples émanations, étaient subordcmnées à une dîvi«> nité supérieure, le Tempi $ani bom$$, en zend Zarvanaakarana* Au oommencement du moyen âge, cette idée fat admise et une secte, les Zarvaniens, la propagèrent; elle forme aujourd'hui un des articles de la croyance des Parsis, et néanmoins elle n'est pas dans la doctrine de Zoroastre. Les Guèbres dl* sent : « Le Temps a été toujours, on ne peut imaginer un conn » mencement ni une fin du temps, donc il est au-dessus d'Or^ 1» muzd lvi-«mérae, qui ne peut ^exister sans lui. n Mais Ormuxd est lui-même étemel et n'a ni commencement, ni fin, ainsi qu'Ahriman son adversaire. H n'est venu de personne, qualité que les Guèbres attribuent au Temps infini.
D'ailleurs, dans les livres zends le Temps sans bornes ne parait nullement comme divinité suprême. Dans les différentes prières le Sirauzé, ^par exemple le Temps est invoqué tout comme les dieux inférieurs, après lesquels il retrouve sa place. Dans le Vendidad se trouve le passage principal (Fargard 19). »
« L'esprit saint créa, il créa doM le Temps sans bornes. « C'est là le principe sur lequel se fonde l'idée du monothéisme parsi, mais reprenons la citation un peu plus loin :
« Invoque, ô Zoroastre, la bonne loi des adorateurs de Mazda.
» Invoque, ô Zoroastre, les Amshaspands qui régnent sur » la terre à sept régions.
» Invoque, ô Zoroastre, un moment de ce Temps sans bornes, » le divin, créé par lui-même, de Toiseau à taille élevé.
» Invoque, ô Zoroastre, le veut qui est fort, créé par Mazda, » lui qui est la fille sainte et fortunée d*Aburamazda ^.
» Invoque, ô Zoroastre, la ferver {fravasi) à moi qui suis » Ahuramazda ; elle qui la plus grande, la n^eilleure, la plus O fortunée, la plus robuste, la plus intelligente, qui s*est la » mieux formée de la vérité, la plus élevée et dont l'âme est la » sainte parole. Déterminée par sa propre volonté, ô Zo- » roaslre, invoque cette création d'Ahuramazda. »
On voit quelle place prend ici le Temps sans bornes ; à coup sûr, ce n'est pas celle de l'Etre suprême, et c'est la seule fois
* Xamanê akaranê an locaUf. Voir Hi-dexsus Venant, ZortHUtre, p. I0&. ' La phraae «st dilAdle à oonstiuin.
l'honoter^ le tbrbe cbéateue de zoroastbe. 69
que dans le Vendidad Sade paraisseat les deui mots sarvana akarma.
Dans le Sirouzé le Temps sans bornes est inyoqué après Or^ muzd, les Amshaspands^ Mitbra^ le feu^ l'eau^ le soleil/ la lune^ les étoiles^ la vache^ Serosch^ Rasan^ Araslat^ les fervers^ et il est dit ensuite :
f Nous adorons le Temps sans bornes^ le Temps^ dont » retendue s'est créée elle-même *. »
Après le Temps vient immédiatement le vent^ de sorte que Too Yoit aussi de ce passage que te Temps ne joue nullement dans le Zendavesta le rôle d*one divinité suprême et nous voyons successivement suivre tous les éléments créés par la volonté divine d'Ormuzd. Le Temps n'est pas donc, ainsi que le prétendent les Parsis d'aujourd'hui^ suivant la secte des Zervaniens^ la Divinité suprême du Mazdéisme.
De plus, les documents originaux les plus anciens rejettent ridée du monothéisme que se sont formé les adorateurs modernes de Zoroastre. Les rois perses qui pourtant vivaient sous rimpression de la grande réforme introduite par Cyrus^ n'ont jamais adoré Ortnuzd comme leur seul Dieu; Darius dit :
a C'est un grand Dieu qu'Ormuzd, il est le plus gtond des » dieux^ il a créé le ciel, il a créé la terre^ il a créé l'homme, » il a donné à l'homme sa supériorité^ il a fait roi Darius... •
Le même roi appelle à son secours Ormuzd et tous les dieux efvoue ses ennemis à l'exécration de « tous les dieux qui exis- » tent. I» Plus tard^ les rois Artaxerxès Mnémon et Artaxerxès Ochus consacrent dans leurs textes la puissance de Milhra et Anaîtis.
Et de plus nous trouvons dans les textes sacrés un indice très-direct que dans l'antiquité on n'admettait pas le monothéisme des Mazdéens. Le prophète (feaïe chap. 45.) parlant à Gyrus, qui rétablit la doctrine de Zoroastre^ et faisant pour ainsi dire justice du dualisme dans des allusions bien reconnaissables^ s'exprime ainsi :
f. i . C'est ainsi que parle le Seigneur à son Oint, à Gyrus. dont j'ai fortifié la droite...
^ Zanûnem aka/rantm yaxamaidê zarvânem daregôqadhdtem yasamaidê.
04 RKUOION PERSAIiE.
f. 5; Je suis le Seigneur^ et il n'existe aucun autre, il n'y a pas de Dieu en dehors de moi Je t'ai armé et tu ne m'as pas reconnu.
f. 6. Qu'ils sachent depuis le levant du soleil jusqu'à son coucher^ qu'il n'existe rien sans moi. Je suis l'Eternel et aucun autre^
f. 7. Qui produis la lumière et crée les ténèbres^ faisant la paix, et créant le mal; je suis Dieu qui fais tout cela.
f. 8. Ruisselez, ô cieux, d'en haut, et que les nuages pieuvent la justice, que la terre s'ouvre, que germe le salut et que, en même temps, prospère l'équité, je suis Dieu, qui l'a créée !
f. 9. Malheur à celui qui querelle avec son créateur, lui un tesson de terre ! Est-ce que l'argile dira au potier : « Que faistu, et ton œuvre n'a pas réussi? »
f. 10. Malheur à celui qui dit au père : « Qu'engendres-tu? » et à la femme : a De quoi es-tu enceinte? »
f il. Voici ce que dit le Seigneur, le saint d'Israël qui l'a créé : C'est à moi qu'il faut demander les signes, consultez moi sur mes fils et confiez-moi la créature de mes mains :
f. it. Car c'est moi qui ai fait la terre et qui ai créé l'homme sur elle : c'est moi, dont les mains s'étendent sur les cieux et qui ordonne aux bataillons célestes. »
Et c'est également dans ces paroles de l'écrivain sacré contemporain que nous trouvons l'appréciation de la doctrine non monothéiste du grand réformateur de laBactriane.
Jules Oppbrt,
Professeur à la Bibliothèque impériale.
LETTABS AU P. DECUAHPS* 65
|lt|Ua0O|)l|te Mti^olôpu.
LEHRES AU P. DECHAiPS,
ET AOTRIS PIÈGES RELATIVES AU TRABITIONALISME^ £T€.^