A yim daregubyô dadhat xiàciàrem
Quem contra malos institait deletorem.
En français on pourrait expliquer ainsi le sens du verbe, dégagé de la rigide traduction interlinéaire :
» Voyez aussi Menant, Zoroaffrc, p. 1. Ce livre donne une très-bonne notion des croyances et des coutumes des Guèbres.
l'uonover^ le verbe créateur de zorôastre. ni
t Comme le verbe de la Volonté suprême, ainsi rémanation » n'existe que parce qu'elle procède d'une vérité quelconque. )>.La création de ce qui est bon dans la pensée ou dans Taclion,
* appartient dans le monde à Mazda, et le règne est à Ahura, » que le Verbe a constitué le destructeur des mécliants. »
On voit que notre traduction diffère notablement de celle d'Ânquetil; mais avant de chercher à établir la réalité de notre opinion, nous devons citer un piassage du 19** M du Yaçna qui est entièrement consacré au Verbe créateur. En voici quelques passages principaux.
« Zoroastre demanda à Âhnramazda :
Ahuramazda, esprit le plu$ saint, créateur des mondes D existants, véridique ! Quelle fut, ô Ahuramazda (dites-moi), » la Parole qui exista avant le ciel, avant l'eau, avant la terre, » avant la vache, avant l'arbre, avant le feu, fils d'Ahura- » mazda, avant l'homme véridique, avant les dêvs et les hom- » mes carnivores, avant tout l'univers existant, avant tout le » bien créé par Mazda, et ayant son germe dans la vérité ?
» Alors répondit Ahuramazda :
» Ce fut la totalité du Verbe créateur {ahunavairya)^ très* saint Zoroastre, je te le dirai; elle exista avant le ciel, avant
• l'eau, avant la terre, avant la vache, avant l'arbre, avant le »feu, fils d'Ahuramazda, avant l'homme véridique , ay^nt nies dêvs et les hommes carnivores, avant tout l'univers » existant^ avant tout le bien créé par Mazda, et ayant son » germe dans la vérité.
» Telle est la totalité du Verbe créateur, ô très-saint Zoroas- ' » ire, que quand même elle n'est pas prononcée, ni récitée, » mejs chantée, elle compense cent autres prières émanées » qui ne sont pas prononcées, ni récitées, mais chanté^, B D'autre part, quand elle est proponcée, récitée ou chantée, B elle égale à dix autres paroles émanées. Et celui qui dans ce » tnonde-ci qui existe, ô très-saint Zoroastre, se souvient. dç » la totaUté du Verbe créateur, ou la profère quaiid il s'en est r^ souvenu, ou la chante quand il la profère, ou me célèbre B quand il la chante : je conduirai son âme trois fois à tra*
* Littéralement bagha, la partie qui reyient.
V SÉRIE. TOME v. — N' 25 5 i 862. (64« vol. de la coll.) 4
114 RBUGIOM PBMANV.
» vers h pont du monde meilleur \ mers la meilleure exis- ^ tence^ yers la meilleure yériké> vers les meilleurs jours.
» Et celui qui dans ce monde-ci qui existe, 6 trèâ'sàint Zd« » roastre, défigure en la proférant, la totalité du Verbe Créa-
> leur^ ou la moitié^ ou le ticrs^ ou le quarts ou la (Cinquième » partie: je laisserai^ loin du monde meilleur, planer son 9 âme autour de son corps^ au long et au large^ jusqu'aux li- » mites de la terre, et autant qu'elle est longue et large.
» J'ai prononcé cette parole qui contient le verbe et Téma- » nation pour accomplir la création de ce ciel^ci, avant la » création de l'eau^ de la terre, de l'arbre, de la vache quadruù pède, avant la naissance de l'tiomme véridiquo à deux pieds^ » avant ces corps créés dans de belles formes, selon la sagesse » des Amshaspands«
i> J^ai dit pour moi en entier toutes les sainte^ révélations » du véridique, celle du bien, de la réalité, du présent et de
> l'avenir *. »
Dans beaucoup d'autres passages de VAvesta, le Verbe créateur est cité comme le plus puissant moyen de chasser les dévs; mais aucun d'eux n'égale en importance cette partie du Taçfia. Malheuténsement, ces endroits ne contribuent que dans une mesure âsâez restreinte, à dissiper les ténèbre^ qui etivelôppeut le sens des saintes paroles, et ce n'eât que par la tôntrontation de beaucoup de ces passages qu'on parvient à en saisie la notion. Même la traduction sanscrite qui accompagne, dans quelques manuscrits, le texte du Yaçna et quelques parties du Tesht-Sade, ne peut nous êCi*e très-utile. On cbùuatt le parti que Bumouf a pu Itrer de cette version pour nntefprétatlon du i"^et du ^ diapitre du Ynçna, et nous ne devons que déplorer qu'il n'iiil pas été donné à ce grand érudit de soumettre une plus grande partie à son ingénieuse et méthodique investigation ; mais Iui-i]p(ème il avouait que pour f explication de la dernière partie du YaçM la version satiscrîte
restait insuffisante «. En effet, pour toutes ïès véritables dîïB-
^ Vahistem^ le persan Èihischt^ le paradis.
* 0{tatca hàilh^tâ bat^HAit/vea bûs^àintimea. - * t(QU8 dèvMw «Bre à 1 Rwg à oetU oocftsi^n )qiM Ountuuf appfMtU iort bien la différence de style qui dislingue la dernière moitié du Yaçwk^ à partir da 38* chapitre.
L'HONOVER, le verbe CREATEUR DE ZORO ASTRE. 55
cultes» la traduction de Nériosangh, quand nfiême on a enlevé les fautes de sanscrit^ nous laisse complètement san^ secours.
Nous devons donc nous Ûer à nos propres forces, et tout de suite le prunier mol nous met sur la voie de la véritable in«* lerprétation. Le mot yaihày comme le latin ut, est un adverbe qui a pour corrélatif en sanscrit, en perse et en zend, athày ainsi, qui est le quatri^e mot de THonover. Nous avons deux phrases corrélatives ycUhâ ahû wiiryô et 4Uhâ ratt» asâddd bacâ S* ^H^s se trouvent dans la prière qui inaugure le Yaçnay où elles forment une sorte de question et de ré<poDse proférées par les. deui officiants nommé Dj&ii et Rofpi par les Parsis actuels. Ce fait a déjà été remarqué par Bumouf qui, du reste, ne s'est pas préoccupé du sens de TAonover comme étant étranger à l'œuvre qu'il interprétait
Les derniers mots de celle phrase n'offrent pas une grande . difficulté, car dans asâdcid hacà : haeà (sanscrit soea, perse hacâ, persan ez, grec Ix) est la proposition qui indique la séparation, l'origine, et qui se place, dans de nombreux passages, après 1 ablatif (osAd) qui la gouverne. La particule cid, comme le font tocgours le sanscrit cU, le perse dy et quelquefois le latin qmdy impli<;p2e la notion de généralité» exprimée parle mot quelconque. La véritable difficulté réside dans Tin-* terprétalion des nominalife antithétiques ahâ vairyé et ratm, dont il faut déga^rla signification*
L'absence de toute forme veritale dénote paiement que le verbe substantif doit être sous^entendu.
Le mot ahû lui-oi^me est une forme archaïque pour ahwa qui se trouve auvent avec vairya et exprime la mém^ idée. Le parai Bonover ei la forme de la version, sanscrite Akunavara proviennent même de la forme moderne dont les cas se voient souvent dans le Zendavesta; par exemple, l'ac^ cusatU ahunem vairim , génitif ahunahé vatryéhé^ l'instru* mental ahuna vairya, et même le nominatif ahunô vairyô.
Mais que veulent dire ces mots importants ?
L'âjmologie seule serait impuissante à déduire le sens A'ahuna ou d'aM ; car en ne nous occupant que de la racine as être, et de la syllabe tma, nous obtiendrions purement Tac-