DE LA VALBUR DES ÉCRITS
critique sur le texte de YHisiirire deê francs ^ C'est ce deruier travail^ dédié à M. l'abbé Vervorst, auteur d'écrits remarquables^ que nous voudrions analyser aujourd'hui ^.
a Chercher l'histoire dans Us sources, tel est le grand principe » proclamé par les savants bénédictins du i V siècle^ principe » qui forme la base actuelle de la science. Mais ce principe » même devient dangereux lorsqu'il n'est pas complété par un » second : critiqmr les sources historiques et assigner à chacune » sa juste valeur. Dans l'élan qui les a entraînés vers lesdocu- » ments originaux^ les historiens modernes ont parfois négligé » d'en contrôler Tautorité^ et ils ont usé de leurs témoignages » avec un empressement plus avide qu'éclairé. » Telles sont les premières paroles de M* Lecoy de La Marche dans la Préface de son étude critique^ paroles assurément très-sensées. Désirant apporter quelques pierres à ce monument de la critique qui^ dit-il en un autre endroit, est la reconstruction de l'histoire tout entière^ le jeune élève de l'Ecole des Chartes a choisi l'œuvre principale de Grégoire de Tours, attiré vers cette étude parce qu*au milieu des grandes époques de l'histoire — nous citons toujours,— a il en est peu d'aussi inconnues et en » même temps d'aussi intéressantes que celle où, des décom- » bres du vieux monde romain, surgit une société nouvelle, B dont les éléments disparates se combinent et se fusionnent » insensiblement sous l'action puissante du Christianisme. » C'est une œuvre solennelle entre toutes, qui, avec les tristesfi ses de la décomposition, nous offre les joies et les labeurs » de l'enfantement ^. »
Cette étude est, dans la pensée de M. Lecoy de La Marche, un premier pas dans une noble carrière : « Je n'aspire point, » dit-il, à la trisle gloire des démolisseurs. C'est au contraire » une pensée de restauration qui m'a inspiré : restauration x> d'une époque importante dont le tableau, tracé d'après les » documents de toute nature qui nous sont parvenus, fera^ s'il
* Chez Durand, rue des Grès-Sorbonoe, 7, in-S** de 131 pages.
^ On doit à M. Tabbé Vervorst un cours gradué d'auteurs chrétiens, une histoire du peuple de Dieu, et deux brochures Du catholicisme dansVenseignementf une école catholique, etc..
' Fréfaee, p. iv.
Dl eRÉCSOlKB DE TOURS. 81
» m'est iiossible de rexéciiter^ le complément naturel de ce I» modeste essai ^
Après aYoirdonnéun aperçu général de VHiBtmré des Francs et amrir parlé dês critiques soulevées par Duebe8ne« Adrien de Valois et le P. Lecointe*' contre la véracité de plusieurs passa* ges^ critiques combattues par dom Ruinarl '^ dom Bouquet ^^ et les auteursde l'Histoire lUiéraire \ mais ï^prises et déyelop» pées par l'abbé de Camps ^ et M. de La Ratallière ^ ; après atoir reproduit les opinions des écrivains modernes^ M. Lecoy de La Mardieprédse Tétat delà question en établissant a que VEis- » ioire des Francs est généralement réputée uneœilvre impar- 1» faite sans doute^ mais^ malgré quelques défauts de détail et 9 même quelques inexactitudes^ un monument du plus bfiut » prix (ce qui est incontestable) et par suite un guide sûr. »
C'est contre cette dernière assertion que s'élève M. Lecoy de
La Marche. Il examine préalablement pe que Grégoire de Tpurs
pouvait £aire> ce qu'il a txmlu faire^ avant d'examiner ce qu'il
afaU'
Pour savoir ce que Grégoire de Tours pout;aiY faire, M. Lecpy de La Marche est amené à parler en détail de l'instruction de ré«>rivain qui, relativement assez étendue, n'était pas exceptionnelle, et aussi des conditions sociales et intellectuelles où se trouvait celui qui enti^eprit YHistoire des Francs.
Pour savoir ce que Grégoire de Tours voidaU faire on peut produire son témoignage : « J'ai voulu, dit-il dans sa Préface, » conserver la mémoire des choses passées. » Et en terminant son histoire : a Si quelque chose vous plaît dans mon ouvrage, » je vous permets de le mettre en vers, to^jt en laissant mon » travail tel qu'il est .» — a II ne faut donc pas croire, observe » M. Lecoy, que l'exactitude historique ait été l'unique préoc- » cupation de Grégoire de Tours. On reconnaît effectivement
' Préface^ p. vi.
'Valois, Gest. Franc. ^ t. ii, préf. — Lecointe, Annales eccki. t. u.
' Opéra Grôgor. Turon. ; 1699. — préf.
* Bec. des histor., t. ii, préf.
* Jîwt. ^ttèr. t. m, p. 377.
* Manuscrits de la Bibl, impér. de Camps, n*" 96. ^ MHnoirts de Vacad. des inscr,, t. xxvi, p. 598 et suiv.