COURS DE PHILOLOGIE ET D' ARCHÉOLOGIE
mont en abbaye, n*ayant eu jusque à lui que des Prieurs qui le gouvernaient. Cet ordre était recommandable par son ancienneté et par les privilèges, qui lui avait été accordés par les souverains pontifes et par les rois de France et d'Angleterre qui mirent Tordre sous leur protection et exemptèrent les religieux de toutes sortes de droits, de dîme, taille , péage , passage, etc., tant pour eux que pour les maisons qui en dépendaient et leurs gens, ainsi que trois ou quatre hommes francs et libres, qu*ik leur permettaient de nonmier et de choisir dans les villes voisines, afin qu'ils pussent vaquer plus commodément à leurs affaires. Les Grandmontains avaient un collège à Paris f rue du Jardinet avec une chapelle appartenant à l'Université. Il y avait k prieurés simples de Grandmont en France, dont un était à la nomination du pape.
GR£FF£. Le concile général de Latran , tenu sous Innocent III Tan 1215, statua que les juges conserveraient et feraient conserver par leurs greffiers les actes originaux des procès, et en délivreraient dans le besoin, des copies aux parties. Voilà l'époque la plus ancienne de la forme de nos greffes.
GREFFIER. On trouve chez les Romains un officier public chargé de rédiger devant les juges les procédures des plaideurs. 11 était distingué de celui qui dressait les contrats et les autres actes, nommé Actuarius. On appelait celui-là Excepter; c'était un vrai greffier dans les formes *. Chez les Romains , les écrivains à qui l'on confiait h garde des tables publiques, ce qui revient à la chaire de nos greffiers, étaient d'une condition honnête % et ils étaient en cela bien différens des scribes , des édiles et des prêteurs, que Ton confondait avec les appariteurs. Dans les villes grecques et à Ravenne, cette charge , qui rendait les greffiers dépositaires et gardiens des intérêts de tout le monde, était fort en honneur et une des premières charges de la magistrature ^
On trouve en France des greffiers en titre dès le 14' siècle; on connaît même un chanoine de Soissons, curé du diocèse de Sens , qui fut fait greffier du parlement de Paris sur la fin de ce siècle ^
' DereDip.p. 209.
• Cicer. in f^errem 3.
^ CaMÎod. 1. XV, episl, 21 .
* Lebeuf, Hisl, de Paris ^ pari. !'', p. 30.
r.UILLELMiTES. 7S
GROS-TOLRKOIS. Monnaie du règne de saint Lonis, ainsi nommée, tant parce qu'elle était fabriqnée à Tours, que parce qae c'était la plus grosse noonnaie d'argent qni fût alors en France. On croit pard'andens titres» qu'elle était à il deniers 12 grains de loi, c'està-dire qu'il ne s'en manquait qu'une 24« partie qu'elle ne fût d'argent fin. Elle vaudrait aujourd'hui près de 90 centimes. Les figures gravées sur ces gros tournois ont beaucoup exercé les savans '• Les uns veulent, dit le Blanc, qu'elles retiennent rimage de ces bemides, pièces de bois à torture, dont il est parlé dans JoinviUe. Les autres n'y reconnaissent que le plan des tours d'un château, et veulent que ce soit par considération pour la reine Blanche qu'elles aient été fabriquées. L'opinion la plus vraisemblable est qu'elles représentent une ^lise soutenue par divers piliers, et surmontée d'une croix, en quoi saint Louis voulut imiter quelques rois de la seconde race, qui firent emprdndre un temple sur leurs monnaies, avec cette légende : chistiana