‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 38 sur 103 · ABBÉ DU IIOIIT-GA88III · texte numérisé non relu

ABBÉ DU IIOIIT-GA88III

do Saint-Pierre. Ils y entrèrent ponr prier, et fermant les portesi ils binàrent dehors les gens de lear suite , qui vainement attendirent ^ leur sortie s descendant en effet par une fenêtre, à la faveur des té* nèbres , ils se dirigèrent à la hâte auprès d'un saint ermite nommé Santaro. L'ermite ayant connu le motif de leur arrivée » se jeta an cou du jeune Didier, l'embrassa avec beaucoup de larmes, et ne se lassait point d'admirer conunent, dans un âge si tendre , élevé dans la mollesse , ce jeune enfant ambitionnait l'auslère vie du cloître. L'ayant revêtu de l'habit religieux , il le garda avec lui dans sa de« meure solitaire.

» Cependant, la mère de Didier se consumait dans les pleurs; et tous les parens se mirent à sa recherche, jusqu'à ce qu'enfin quelques-uns étant venus k l'ermitage de Santaro» ils le retrouvèrent dans cette re^ traite. Pleins de fureur, ils accablèrent d'insultes et de coups le saint ermite et ramenèrent avec eux le jeune Didier , après avoir mis en pièces l'habit qu'il avait revêtu. Mais lui pourtant ne changea point de résolution, et durant toute une année , il resta comme en prison dans la maison paternelle : une occasion favorable de s'enfuir 1i Saleme s'offrit enfin ; aidé par le prince Guaimar, il se retira dans le monastère de Sainte-Trinité de la Cava. Sa mère alors, désespérant de l'avoir en sa maison, obtint par les prières de Guaimar qu'il vînt habiter le monastère de Sainte-Sophie de Bénévent. Didier s'éloigna pendant quelque tems do cet asile pour aller visiter deux abbaycf), l'une dans l'île de Trinité , et l'autre sur le mont de Majella dans l'Abrozze.

«Pendant le séjour de Didier à Sainte-Sophie, on vit arriver k Bénévent le pape Léon IX, alors en marche pour aller combattre les Normands. Instruit de la sainteté du jeune religieux, il l'honora d'une grande et familière amitié , et il voulait l'avoir pour diacre quand il célébrait le saint sacrifice de l'autel. Mais Didier, gravement affaibli par l'excès de ses austérités, s'en vint à Salcrne, où florissait déjà une école de médecine , au sein de laquelle un clerc, nommé Alfano, jouissait de la .plus haute réputation. Il se lia d'une étroite amitié avec lui , et fit tant par ses discours, qu'il lui inspira le déshr d'ern* brasser aussi l'état religieux. Tous deux se retirèrent ensuite auprès dn pape Victor II , et en obtinrent des lettres pour les moines du

MonMjassin, qui, sur la demande da pontife , les accueillirent dans leur fraternité. — > On a vu dans le livre précédent qu'une députitioa avait reçu du pape Etienne l'ordre d'aller à Constantinople ■ ; Didier» après avoir pris pour compagnons Etienne, cardinal, et Mainard, de* puis évêque de Selve-Gandide , s'apprêtait à remplir la volonté da pontife. Mais arrivé à Bari, où le retint long-tems le mauvais état de la mer, il vit surveiiir dans cette ville deux moines du Mont-Cassûiy qui lui apportèrent la nouvelle de la mort du pape Etienne, et le prièrent de retourner incontinent à l'abbaye pour en prendre le gon* vcrnement. Ce retour était difliciie, car les Normands avaient pressenti les motifs de cette ambassade , qui leur étaient contraires. Didier fut donc saisi d'une vive crainte , que , le bruit de la mort du pontife étant répandu parmi 4es Normands, ceux-ci ne cherchassent à exercer sur lui quelque vengeance. Il eut alors la pensée de se remettre entre les mains de Robert Guiscard, et de faire Texpérience de la générosité de son âme. Il agit de la sorte, et ne fut point trompé dans son espérance d'un accueil amical : le prince normand reçut avec noblesse de cœur les légats eifrayés ; il leur donna un sauf-oonduity et trois chevaux pour la plus grande commodité de leur voyage.

» Didier, suivi du cardinal Etienne et de Mainard, arriva le samedi de Pâques sur la nuit à San-Gcrmano. Le jour ayant paru, il monu au monastère et entra aussitôt dans le chapitre, où les religieux éuieot rassemblés, et où se trouvaient avec eux les deux évêques Humbert, de Sainte-Rufine , et Pierre de Frascati, qui s'étaient enfuis de Rome par suite de la scandaleuse élection de Jean, évéque de Yelle- ^ri, au pontificat. Humbert, après avoir prononcé un discours sur 11 fôte courante de Pâques , se tourna vers Didier , et lui ordonna de recevoir les moines sous son obéissance : ceux-ci se levèrent sa^lechamp , et conduisirent l'abbé élu dans l'église , où , avec la ploi grande allégresse, ils le placèrent sur le siège abbatial (1058).

*» Didier, promu à cette charge» n'était pas seulement appelé à veiller sur le soin de l'abbaye, mais il devait encore travailler an bien de

> Le papo Etienne IX avait chargé Tan 1057 le moine Didier, de se rendre, comme député de rEgU«o, à la Cour de Constantinople, pour y traiter avec rempereur grec des moyens de repousser les Normands. {Note da tradmi)

ABDÉ DU MONT-CASSm. i57

{Ibe nniTersclle ; car c*était un homme de mœors anslères, adroit 18 les af&dres, et le conûdent des projets qui se mûrissaient dans prit du moine Hildebrand. Les seigneurs de Rome ne voulaient s de papes allemands; et après la mort d'Etienne, en l'absence Uldet>rand ( il s'était rendu à la cour de l'Impératrice Agnès), ils lèrent pape les armes à la main Jean de Yelletri, qai prit le nom de Qoît X. Hildebrand accourut et apaisa la tempête , toutenu par ' ppui de Godefroi , duc de Lorraine et de Toscane ; ne regardant int comme canonique l'élection de Jean faite de ?ive force, il rasinbla à Sienne les évêques voisins de Toscane et de Lombardie, qui, . la présence d'un grand nombre de personnages romains et alleands, élurent pour souverain pontife Gérard, évoque de Florence , oit ils changèrent le nom en celui de Nicolas II. Celui-ci, dans un node tenu à Sntri , déposa de son siège Benoit X , et s'étant trans- ^rté à l'abbaye de Farfa, il manda à l'abbé Didier de le suivre dans marche de Gamerino, où il avait Thitention de se rendre. G'est là le le second samedi de carême le pape le créa cardinal, et lui donna dimanche suivant la consécration abbatiale.... » On vient de voir, d'après Touvrage du P. TosU , un tableau du isteéiatde l'Ëglise dans le 11* siècle, et d'assister aux premiers ac- 8 de Didier... Un second fragment nous montrera maintenant cet ostre solitaire dans ses relations avec le moine Hildebrand, devenu régoire VU , agissant de concert avec lui pour assurer TindépeniQce et le triomphe de TÉglise de Jésus-Christ. L'historien , après avoir retracé le tableau de la situation de l'Éise à la mort du pape Alexandre II , arrive enfin au pontificat d'Hilii)rand , ou Grégoire VIL

(1073 ) « — Alexandre II éuin^ sortit de la vie ', Hildebrand ormna un jeûne de trois jours pour appeler la protection céleste sur choix d'un nouveau pasteur, et par son autorité il contint dans le lime le peuple romain, hatfitué à toujours exciter des troubles à la ortd'un pontife. Les dépouilles mortelles d'Alexandre étant déposées ins l'Église de Saint-Pierre , tout le clergé et le peuple leur ren« lient les honneurs funèbres , quand soudain s'éleva un cri universel

' hiona delta Badia. Tome i. p. 866.

158 filOGRAPHIB DE DIDIER,

qai proclamait pape Tarchidiacre Hildebrand. On s'empare violOB ment de sa personne * on le couronne de la tiare , on le revêt d*a chappe ronge, et après Favoir contraint do s'asseoir sur le siège d saint Pierre , on rappelle Grégoire YIP du nom.

» Lorsqu'il se vit élevé à une si haute dignité, Hildebrand qui jusqu'alors avait joué un si grand zèle dans la direction de ÏBfjBi romaine, se sentit saisi tout à coup d'un trouble extrême, en envia géant les hommes et les tems au milieu desquels il avait I vivre, < rjEglise, dont la garde lui était confiée. Ce zèle ardent qu'il enttôt jours pour la gloire de Dieu ; cette haine qu'il portait à tout viee ( à tout ce qui en avait l'apparence ; cette trempe indomptable d'espr dans l'adversité , cette constance enfin , dans une sainte entreprise qui dans d'autres auraient pu provoquer l'orgueil , étaient tempéri en lui et maîtrisés par une singulière humilité. C'était justement cet! vertu qui grossissait à ses yeux les difficultés de sa charge, et loi di DMUuait la connaissance de ses propres forces ; en sorte qu'il lui sem blait succomber sous le poids de son ministère, si les secours d'io trui ne lui venaient en aide. Dans ce trouble de son flme , il tooro sa pensée vers l'abbaye du Mont-Cassin , comme vers celle qni, pi la science et la piété de ses moines , par la vertu de l'abbé Didier présentait à l'Église un grand instrument de secours. Le corps abatti aussi par cette subite et inattendue élévation au pontificat , il écrivi donc à Didier cette lettre où , comme dans son âme , bien mieoi que dans l'histoire, on apprendra à connaître le cœur du saint pontife

« Il est mort^ notre maître , le pape Alexandre ; sa mort est m M coup qui est retombé sur moi et qui , secouant violemment too » mes membres, a troublé tout mon êire (1073) ; car, dans cet! » circonstance le peuple romain, contre son habitude, est demeor » calme, el a remis en nos mains les rênes du Gouvernement » montrant par là évidemment que c'est ici l'œuvre de la mis' » ricorde divine. Ayant donc pris conseil , nous avons réglé qu'apri » un jeûne de trois jours, après les litanies et les prières d'un gran » nombre de fidèles , rendues agréables par leurs aumônes , nous rc » posant sur le secours divin , nous staturions sur le meilleur parti » prendre au sujet de l'élection d'un pontife romain. Mais voilà qti » tout à coup , pendant que le <x)rps de notre pape Alexandre éti

ABBÉ DIT IfOHT-CASSm. 159

H ecmfié I la sépnltare dans l'Église dn SauTenr, il s^éKve un grand » tmntilte, tin frémissement sourd. On se précipite sur moi comme en » foriey en sorte que je puis dire ayec le prophète : Je suit deicendu » dam la profondeur de la mer^ et la tempête nCa submergé. Je » tne suis épuisé à force de crier ; fen ai la gorge tout enrouée » (Ps. 68 ). La crainte et le tremblement m* ont saisi, et je me suis

• vu couvert d'épaisses ténèbres (Ps. 54). Mais, abattu sur ma » couche, accablé de fatigue, Je ne puis en dire davantage, et je garde n le silence' sur les angoises que j'éprouve. Vous donc par le Seigneur » tout puissant, je vous conjure d'inviter vos Trères et vos fils en Jé- « sus-Christ à supplier tous ensemble pour moi notre Dieii ; en sorte

• que la prière, qui aurait dû me délivrer du péril, me soutienne et » me défende du moins maintenant que j'y suis tombé. Quant à vous, 9 ne différez pas un seul instant de vous rendre auprès de nous ; vous

• n'ignorez pas combien rj^glise romaine a besoin de vous, et quelle

• confiance elle a dans votre sagesse. Saluez de notre part Timpéra- » trice Agnès , et le vénérable Rainaud, évêque de Guman, et con- » jnrez-les en notre nom de nous donner à cette heure des preuves » de tout l'amour qu'ils nous ont porté. — Donné à Rome le xv des » calendes de mai , la xi* indiction ■. »

» Grégoire , à son entrée dans le Gouvernement de l'Église , s'applique par des procédés pleins de douceur, à ramener dans la bonne Toie le roi Henri lY, et h raffermir dans son propre parti les Normands, sor l'appui desquels il pouvait compter, s'ils venaient à rompre ouvertement avec ce prince. Pour réussir dans ce projet, il se transporta cette même année au Mont-Cassin, et sachant quelle grande vénération les Normands, surtout ceux de Capoue, avaient pour l'abbé Didier, il voulut s'en fuire accompagner pour s'aider de ses conseils et de ses démarches. A Béiiéveut et à Capoue, il reçut le serment de fidélité à saint Pierre du prince Laudulphe VI et de Richard V. Grégoire désirait amener au môme acie de soumission Robert Guiscard, ou plutôt obtenir de lui le renouvellement des promesses faites au pape Nicolas II ; mais Robert , fier de ses grandes conquêtes en

' Ubbe, ColUct. ConcUior. Tom. xn p. 235. — Epist. Gregor. VIL lib. i.

160 RfOGRAPIUE DR DIDIER,

Sicile, refusa de prêter ce nouveau serment, comme aussi de recetoir du pontife l'investiture de la Galabre et de la Fouille. Apcès doDC^qoe Grégoire eut vainement attendu à Capoue la soumission du prince normand, il revint dans le cœur de Thiver au MontCassin, ainsi qu'on l'apprend d'une i'ettre qu'il écrivit de San-Germano à Lanfranc, archevêque de Gantorbéry ' ; et de là par la route de Terracinei il retourna à Rome.

» Pendant que Henri guerroyait contre les Saxons qui le tenaient dans une position difiScile, Grégoire traitait doucement avec lui, dans Tespoir que la mansuétude papale et les périls de la guerre ramèneraient euûn l'esprit du monarque à de bons sentimens. £n attendant il tenait un concile à Rome, où il fulmina de terribles anathêmes omure le concubinage et la simonie , et frappa d'excommunication Robert Guiscard qui refusait toujours de lui prêter obéissance ' (1075). L'année suivante, il tint un autre synode , dans lequel fut confirmée l'excommunication lancée contre Robert, et où , pour la première fois on condamna solennellement les investitures des évêchés let des abbayes données par un prince laïque. Enfin^ on était entré dans l'année 1076» annéeàjamaismémorableoù éclata cet horribleconflitentrele sacerdoce et Tempire, c'est-à-dire entre le droit et la force, alors que delà victoire de l'un des deux combattans dépendaient les destinées des peuples; le droit vainqueur, ils étaient affranchis du joug d'une grande puissance ; le droit vaincu , au contraire, ils restaient opprimés par ellei Les peuples et les monarques étaient unis par un contrat solenuiel que confirmaient le respect de la religion et la sainteté du serment. Dans les différons partis Dieu seul était juge « comme le témoin de ce contrat, et le souverain pontife, en son nom. Les princes en appelaient au pouvoir des armes ; les peuples, à Dieu, et Dieu par la boucbe de son vicaire prononçait la sentence. Heureux tems, où le droit public, fondé sur l'éternelle base de la religion, n'était pas le jouet des révolutions effrénées des peuples, ou de certaine politique corrompue, qui ne vient point de Dieu et n'y retourne point !

» Henri ^ cependant était parvenu à plier les Saxons sous ses lois; fier de ses succès il ne voulut plus rien ouïr de la part du de! et des

> Labbe, tom. «i.

* Gard. Arag. nia GregqrWSW.

ABBÉ DÛ IIONT-GASSIN. 161

pontifes ; avec moins de retenue encore il se mil à vendre les bénéfices ecclésiastiques. Grégoire Taverlit doucement par des lettres , le menaça d'excommunication , lui envoya des légats ; mais lettres et ambassadeurs tout fut inutile. Devenu plus brutal que jamais, le monarque germain, dans un conciliabule d'évêques simoniaques, tcnà à^orms, déclara follement le pape Grégoire déchu de son siège et chassé de TÉglisc. Alors , cessant tout ménagement envers un prince qui se ruait avec tant de force contre les fonderacns du droit public, c'est-à-dire contre la religion ; Grégoire, alors comme chef de l'Église et comme juge établi d'un commun accord par les peuples et les ^uverains, déclara à son tour Henri IV excommunié, déchu du Irônc de Germanie, et ses sujets déliés de leur serment d'obéissance. Les princes d'Allemagne accueillirent favorablement la sentence du pape ; cl déjà ils se disposaient à élire un nouveau roi, lorsque Henri , sous le poids de son excommunication, s'en vint eu Italie pour amollir l'esprit de Grégoire, et rentrer en grâce avec lui. Je ne parlerai point de ce sévère accueil , fait par le saint pontife au monarque allemand dans le château de Canossa, et qui est devenu le scandale de certains philosophes ou jansénistes, placés trop loin pour pouvoir découvrir les pensées de ce pape et de ce souverain. Je ne dirai pas non plus corn* ment Henri, délié de l'excommunication, recommença plus misérablement sa révolte contre le pontife ; ces détails nous entraîneraient trop loin de notre abbaye. Disons seulement que les esprits du pape et du roi s^étant aigris de nouveau, la guerre se ralluma plus fortement entre l'empire et le sacerdoce ; or, tandis que Grégoire excom- . muniait Henri dans divei*s conciles , et que ce monarque consumait 80D tems sans profit contre Rodolphe de Sonabe , élu roi à sa place par les princes de Germanie ; les peuples attendaient en suspens qu'il leur fût donné de voir à qui resterait la victoire.

«Pendant que l'Église était ainsi tourmentée par l'empereur Henri, Tabbaye du Mont-Cassin reposait en paix, gouvernée avec sagesse par Didier, et protégée par Richard, prince de Capoue. Toutefois ce doux repos dont jouissait le pieux abbé au milieu des siens , n'endormait point tellement son esprit sur les besoins généraux de l'Église, qu'il ne gémit à son tour sur ses malheurs imprévus, et ne fît quelques efforts pour la relever de ce poids d'infortunes qu'amassait sur elle la révolte da roi de Germanie.

162 BIOGRAPHIE DE dIdIER,

^ L^œil du pape Grégoire n'était point tourné fienlem^l; tchts qai remplissaient dignement leurs offices pour les fortifier dans leon bonnes résolutions; il se dirigeait encore vers ceux qui, par leur sagesse ou l'élévation de leur rang , pouvaient secourir le vicaire dn Christ. Les anathèmes des conciles commençaient à (aire peu d'impression dans le cœur de Henri : outre les censures , il fallait donc employer les armes. La comtesse Mathilde soutenait, il est vrai , avec une mâle constance le rempart de la liberté papale ; mais la Toacane seule était impuissante à tenir tête au monarque furieux ; un aatn bras voisin et plus fort était nécessaire : c'était justement celui de Robert Guiscard. En ces tems, le corps des pasteurs de l'Église était étroitement uni dans la conviction, que l'Eglise de Jésus-Christ devait s'affranchir du joug de l'empire et dominer sur lui; et tons, de concert, marchaient vers ce but, auquel les poussait le très-puissaot Grégoire. Unique était la fin, multiple était la route pour l'atteindre; et chacun, dans la sienne, allait d'un pas rapide. Au milieu de ce magnifique déploiement des forces du pontificat, l'abbé et cardinal Didier eut encore un ministère à remplir : ce fut celui de manier les €§• prits des Normands , de les unir à Rome, de modérer l'ambition de leurs princes, afin qu'ils n'épuisassent point dans des guerres domestiques la vigueur dont ils avaient besoin pour résister an monarque allemand. Il fallait donc contenir le conquérant Robert, lui faire respecter le patrimoine de saint Pierre, et enfin, dans les périls de h papauté, amener les armées normandes avenir en aide au siège romaioi mission difficile , soit à cause des victoires de Guiscard qui rendaleot son esprit peu traitable, soit par suite d'un certain amour des Lombards^ que l'abbé Didier, comme issu de leur sang, ne pouvait se défendre de ressentir de tems à autre dans son cœur, et qui ne lui permettait point de désirer l'agrandissement de la race normande M dépens de la nation lombarde. Didier pourtant sut comprimer ses affections naturelles par les plus hautes pensées du triomphe de il puissance romaine.

Dom LuiGi TosTi.

(Traduit par M. de MoNraoKo.)

NOUVELLES fil MÊLÂMES. 10S

nouuiUi0 ^t AXHatij^tn^,

EUROPE

CE. PARIS. '^Nouvelles des missions 'cathotiqaes , extraites des Annales de la Propagation de la Foi.

on de la Gainée. Notice sur ce pay^ et la religion des habitans. La Dgélique y est portée en 1500 et en 1634; mais ces missions pros- 1. Fondation de la société du Sacré-Ctewr de Marie ^ pour la misoirs. Départ des missionnaires en 1843; six meurent des fièvres; un c'est M. l*abbé Beçsieux, qui va donner les nouvelles suivantes. e de M. Bessieax, datée de Çabon^ 39 juin 1845, où il parle de Tétat Q de ces pauvres noirs. La mort de ses compagnons n'a point déjeune prêtre. II a déjà baptisé 32 enfants, edu me'mef datée de Gabon, 15 octobre 1845. Quelques progrès ont la mission. Etablissement d*Une école, dont les élèves font desproerstitions des noirs ; ils paraissent portés à écouter la parole évangé-

e du même, datée de Gabon, 18 octobre 1845. Détails sur leur genre x>urses dans les tribus ennemies des blancs ; mais les noirs savent le missionnaire ne fait ni commerce ni guerre; aussi il est bien reçu

rede M. l'abbé Arragon, datée de Gorée, 27 septembre 1845. Détails de cette Sle, qui offre à peine une lieue de tour. Il y a 180 hommes on ; 100 négocians français, et plus de 5,600 noirs entassés les uns sur ; il y a à peu près 1300 catholiques. Triste état des noirs ; Tisite au l^ar ; on lui demande la permission d'ouvrir une école gratuite; il fait difficultés, montre un exemplaire du Coran , et finit par dire que iens sont dans la bonne voie aussi bien que les Musulmans. Quant à désire consulter son peuple.

:e du méme^ datée à^^Gorée, 5 septembre 1844. Réflexions sur le bien ms la mission et les moyens à prendre pour y réussir. Détails sur les Is et \&\ïx gris-gris ; l'aveuglement de ce peuple tient à son ignorance ; es de l'Evangile y sont proportionnés aux progrès de l'instruction, iblieà Dakar, où tous. Roi, prêtres et peuples» la voient avec plaisir* le est très-fréquentée.

16b MODVELLBS ET MÉLANGES.

7. Lettre de M. Briot , datée de Coréen octobre 18i6. Détails sur le cmetère et les dispositions des noirs, qui semblent mars pour PEfingile.

8. Missicn du Levant, Lettre de M. Lelea, datée de ConslanUnopU,\Kw^ tembre 1846. Détails sur la mission de Perso, Malgré toutes les conlridietions, la Foi y fait des progrès; 40 nestoriens converlis. — Entrepriteda Méthodistes pour cooYertir ces peuples; elle échoue complètement —H y a plus de 700 catholiques à Ourmiah. Le gouvernement persan est indifférent et laisse faire ; 5 églises sont bAties, et un séminaire à Gbosrova, pour y former un sacerdoce indigène. — C'est ici la dernière lettre de M. Leleu, mortdepoii à peine Agé de 46 ans.

9. lettre de M. Rouge^ datée d'Ourmiah (Perse), 7 août 1846. Délailisor Texpulsion des Méthodistes; ils yeuient prêcher la pure doctrine protestante, et alors les Nestoriens les renient et courent détruire leurs écoles. Poîi quelques prêtres se sont convertis au catholicisme et le gouvernement ae montre moins défavorable aux missionnaires.

10. Lettre de M. Tabbé HilUrcau, datée de Constanlinople ^ SOnoT.lSiS* Description de Constantinople. — Scène de derviches tourneurs * — et de derviches hurleurs. Le missionnaire a peu d*espoir pour la conversion prochaine des iMuiulmans.

11. lettre du P. Bertrand y datée de Syra^ 4 avril 1815. Description de II route de Suez jusqu'A la Méditerannée.

12. Mission du Texas, Lettre de M. Chanrion, Voyage du HAvre à la Nouvelle-Orléans et dans Tintérieur des Etats-Unis.

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