‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 63 sur 103 · SM NOUVELLE ADHÉSION · texte numérisé non relu

SM NOUVELLE ADHÉSION

est admis de tout homme sensé. Car il est par trop éndent qne tonte connaissance acquise passivement ou laborieusement , implique im acte rationnel, c'esi-à-dife nne appréciation de notre raison. Le sens commun dit : il ne faut rien affirmer ni rien nier d'une manière positive, sans preuves, convaincantes d'évidence ou d'antorité *.

IL Le mot Rationalisme, jpn's comme système doctrinal , présente divers sens et a donné naissance à plusieurs écoles.

L'école purement rationaliste posé les formules suivantes: Impossibilité d'une religion surnaturelle..; inutilité de la parole, soit divine, soit humaine , comme moyen préalable et externe pour con* > naître les vérités religieuses., dogmatiques et morales... Les notions fondamentales de la religion, sont ou des idées innées, ou des illnminatioos divines soudaines et purement internes, ou des sensatiotts transformées... La raison individuelle, seule et sans F aide d'aucu enseignement oral , perçoit , découvre , développe et démontre les ié« rites religieuses *.

D'après cette formule du pur Rationalisme , on voit que ses partisans ne sont pas d'accord touchant l'origine des idées religienaes; les uns sont innéistes^ les autres illuministes ou mystiques^ les antres sensuaUstes.

IIL L'école mixte , ou semi-rationalisfe , professe l'existence d'une religion surnaturelle , et partant nécessairement révélée de Dieu. Car cette religion étant une destination purement gratoiteet contingente de Thomme à la vision intuitive et aux moyens d'y parvenir, est un fait libre de la part de Dieu. Or, un tel fait ne peut être connu que par révélation divine. Mais quant aux vérités fondamentales de la religion naturelle^ l'école mixte admet: 1® Les idées innées ; 2"" l'existence, imô la nécessité, d'une révélation primitive et externe pour avoir conscience de ces idées. Suivant cette opinion i la parole ou l'enseignement oral est au développement des idées in-

' M. do Bonald dit quelque part : » // ne faut rien admettre que sur Ca» » hrité de V évidence ou sur Vevidenca de V autorité'. •

^ Quelques théologiens admettent implicitement cette dernière proposition en délinissant la philosophie*. CoUeclio cognitionwn rectè dedaetarum es /mneipiis per sotam ration em rorniti s.

DONNÉE A NOS DOCXdlNËS. 267

Bées ce que la leioiàre c^ la chaleur sont ao développemeni de la selae&ce eôfoeie dans le sillon.

H. Bonoetty a fait k V école mixte des réponses péremptoires , à iMm avis : « Une idée dont oo n'a pas conscienoe réfléchie n*est pas > une idée proprement dite.. Une idée une fois acquise d'une manière » quelconque se développe pins ou moins par la seule activité de notre » raison , ^et sans l'aide d'un enseignement oral ; donc cet enseigne- » ment ne serait pas nécessaire au développement des idées fonda- » mentales de la religion , si , dans le sein de notre mère , nous les » recevions par infusion divine*. • Nul fait d'expérience ne vient à I l'appui du système des idées innées... Ce système plait beaucoup • aux ennemis du Christianisme, et ils en tirent logiquement un parti ■ merveilleux contre les théologiens qui nient et sont obligés de nier «la sufiSsance d'une religion purement rationnelle T Donc la théorie » des idées, innées est une opinion gratuite , non vérifiée, invérifiable i par Texpérience, contradictoire dans les termes et favorable au pur » Rationalisme. »

IV. L'école traditionnelle ou complètement antirationaliste^ admet : l'' l'existence d'une religion surnaturelle, et par conséquent oécessairemcnt révélée de Dieu ; 2*" la nécessité d'un enseignement oral pour avoir une idée, même élémentaire^ des vérités religieuses de l'ordre purement naturel.

Ces deux principes sont deux faits historiquement vérifiables et mille fois vérifiés ; mais, si on les considère spéculativement > il faut ajouter : 1<* Dieu était parfaitement libre de ne pas destiner l'homme à Hae fin surnaturelle ; la proposition contraire a été condamnée par l'Église ; 2** Dieu pouvait également constituer ou organiser d*une autre manière notre raison et lui donner par conséquent une force qui lui manque dans son état actuel , la force, non pas certes de créer , mais de découvrir par elle seule et sans l'aide d'un enseignement oral les vérités de la religion naturelle ; car ces vérités sont des rapports essentiels ou nécessairement existans, entre Dieu et nous, entre nous et nos semblables.

Continuez, Monsieur^ de vous tenir ferme, par la foi et par l'histoire, dans la forteresse inexpugnable des vérités catholiques , et d'y ramener les imprudens qui, par un zèle marentendu du salut des

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