‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 64 sur 103 · MOUTELLE ADHÉSION DONNÉE A NOS DOCTRINES · texte numérisé non relu

MOUTELLE ADHÉSION DONNÉE A NOS DOCTRINES

incrédules , consentent à descendre sur leur propre terrain pm mieux les réfuter ; ou n'y trouve que rêves, utopies , obscnritéSi in puissance, scepticisme. La tradition sous toutes ses formes, icrile orale , monumentale , pratique : vmlà , aujourd'hui plus que janNû le mot de h polémique catholique.

Je vous prie d*agréer les senthnens du respect affectueux aves lesquels j'ai l'honneur d'être^

Monsieur,

Votre très-humUe et dévoué serviteur,

Profeisenr detliéolope.

NOTA. Nous sommes autorisés à donner la preuve de l'autbeaticité de cette lettre à ceux qui pourraient en douter. Â.Bi

AVEC LA «El ONbK DE M. BONNET FY. 291

de celle du moyen âge? qae failes-vous de la ?6tre?C8r eniin vous en avez ime, je le conjecture , puisque vous adoptez ( /inn.y p. 219) les paroles du P. Gardereaude V Auxiliaire; savoir t « quetoule la discussion est aujoud'hai

• entre la méthode catholique^ méthode purement explicative danf Cordre > raHotmei^ dea Téritéa primitivement reçues de la parole de Dieuj et la méthode rationaliste, mélhode qui se propose la recherche de la vérité iuconnue, etc. • Que iaites-voui de Térudition^ car il me semble que cette

uroscripUon de toute philosophie en niasce, est chose assez paradoxale , assez inouïe depuis que le monde raisonner Que faites-vous entin, de la raison, car il me semble que la raison est faite pour raisonner, et que si elle doit croire, elle peut aussi tâcher de comprendre , sans pour cela contredire la foi ni faire ce que vous appelez un amalgame. (^Jnn., p. 209 )

Il ne me semble pas non plus que la philosophie ait été sévèrement traitée dans VEncijcUque de Sa Sainteté, où je lis ces paroles : « Quoique la foi soit » lu dessus de la raison, il ne peut jamais exister entre elles aucune opposik iion, aucune contradiction réelle, parce que toutes les deux viennent de

• Dieu même i source unique et immuable de rëternelle vérité ; et aussi elles

• tit prêtent un mutuel tecours , de manière que la droite raison démontre^

• protège et défend la vérité de la foi^ et la foi affranchissant la raison de ■ toutes les erreurs, Téclairant^ raffermissant par la connaissance des choses

• divines. >

Vous voyez que la raison a force pour démontrer et pour défendre la vérité éUiafoi, on ce qui revient au même, Y origine et la sanction des dogmes et \tÈ préceptes. Or, la raison procède apparemment par la voie rationnelle ot» Ce qui est tynboyme. Je crois, par la méthode philosophique , à quel titre détendez-vous à cette méthodje d'intervenir quand il s'agit d'établir Votigine ou Kt sanction des dogmes et des préceptes ? ( Jnn., p. 21 1 ) et surtout que ces dtogmes ne sont pas, n'ont pas pu être inventés ? Comment démontrer, par Bxemple> aux incrédules lefait d'une révélation divine, sans établir par le raisonnement , les preuves de la religion ? Mais enfin , dites-nous donc quel aort vous faites à la philosophie, et sur quel objet vous souffrez qu'elle exerce iesraiaonnemenii > Il ne faut pas sans doute, Félever au-dessus de tout, comme Ibit nos éclectiqnea; mais, parce qu*ils en exagèrent Timportancoet la valeur, «Ue une raison pour Tanéantir (B.)

(B). Nous avons plusieurs remarques à faire sur tout ce que vient dédire ici dom Gardcreau.

l^' n change complètement la question ; if nous demande si riiomme peut se servir de la raison pour rechercher l'origine de ses dogmes :

292 LLTTUE DL DOM GAUDERÊAU

Vous voyez par tout ce qui précède , que je ne suis pas seul eo droit dé ne plaindre de yos critiques, je ne parle pas de M.Maret, que ses propres qserelles regardent ; mais saint Bonayenture, mais saint Anselme, mais lesPèifi.

c'est nous demander si l'homme est un être raisonnable, si sa raisoB raisonne, et autre chose de cette importance.

2*» La question est toute dans le point de départ, dans le sujet oa l'objet où il faut chercher l'origine du dogme. Le dogme se trouve-t-îl dans l'homme , est-ce dans V homme qu'il faut le chercher , dan l'idée i'nnee, émanée de Dieu^ comme l'a dit dom GardereauToo bien, est-ce à F aide de la raison, au moyen de la raison qu'il faut le chercher dans la révélation? Voilà la véritable question , et non celle que pose dom Gardereau, qui ne précise pas même de quoi il s'agit entre nous.

3^ Quand il dit, avec l'immortel Pie IX, que la raison démontrs, soutient et défend la vérité de la foi^ il dit exactement ce que nous avons dit toujours nous-mêmes ; et de plus, il eût dû ajouter avec le même pontife, que « notre sainte Religion n'a pas été inventée par » la raison humaine^ mais que c'est Dieu même qui l'a fait con- » naître aux hommes. La raison humaine doit surtout examiner » le fait de la révélation divine y etc. ' ». C'est là toute la qnestioD , et c'est aussi ainsi que nous la posons nous-même.

U'' Jamais, jamais nous n'avons PROSCRIT la philosophie si^ masse. Nos lecteurs le savent bien ; nous n'avons proscrit que h philosophie qui prétend INVENTER Dieu , etc. Nous l'avons dit ï satiété, et nous pouvons trouver étrange qu'on nous interroge encore sur ce point.

5° Quant aux philosophes, au lieu de disputer avec eux pour nvoir si l'on doit subordonner la raison â la foi^ nous changeons h question , et nous désirons examiner avec eux : quelle es$ rori^MK première de la foi y quelle est l'origine première de la raiton, Cv il nous semble qu'on a tort, de prime abord , de traiter de raisonV de foi sans avoir scrupuleusement examiné leut, origine réciproque.

6° Quant à la question de savoir si les hommes ont irveniê la philosophie , nous sommes d'un avis complètement opposé à cdm

* ^oir cette encyclique dans notre tome xiv, p. 392.

AV£G LA RÉPONSE DE M. BONMJilTTY. 293

mais les scolutiques, miis la philosophie, mais la tradition sont en cause; c^est ao lecteor de voir si la vérité n'en a rien à souffrir (C).

Quant au P. Gardereau« il ne s'accommode pas mieux de vos éloges pour X Auxiliaire que de vos blâmes pour le Correspondant» Vous pouviez donc vous dispenser de mettre un correctif à vos louanges , en Taccusant d'avoir dit que : • ce qui caractérise la scolasliqae, c^est précisément défaire de » la sagesse profane la matière et ^instrument qoi meut à son gré la sagesse » sacrée. » Certes si j*eusse parlé de la sagesse sur un pareil ton, si, surtout c'était là un de mes principes» comme votre charité le suppose ( Jnn,^ p. 213,

du P. Garderean. Oui, les hommes ont été les inventeurs de là phi* losophie: car, par philosophie, on entend logique, dialectique, e cet ensemble d'études qu'on a appelé psychologie, métaphysique, etc. Or, les hommes ont inventé cela ; ce qu'ils n'ont pas inventé, ce sont les dogmes, les notions, les idées sur lesquelles s'exerce la philosophie. Ce sont là deux choses que nous nous efforçons de distinguer , et dom Garderean s'efforce de les confondre sans cesse.

7^ Quant à la phrase où il nous fait dire que nous repoussons la méthode philosophique quand il s'agit d'établir l'origine ou la sanction des dogmes et des préceptes, et surtout que les dogmes ne sont pas , n'ont pas pu être inventés , nous répondrons qu'il ne faut pas mutiler les textes que l'on combat. Notre phrase est ainsi conçue : « Les Pères s'accordent tous à repousser la méthode philosophique » lorsqu'il s'agit d'établir l'origine, on Vinvention , ou la sanction i des dogmes ou des préceptes. » Dom Garderean a supprimé le mot invention, qui servait à expliquer le mot établir. Oui, quand il s'agit d'établir, c'est-à-dire d'indiquer l'origine, l'invention, la sanc- Iton des dogmes et des préceptes, la méthode philosophique, qui en attribue V origine à la raison, à l'homme , doit être proscrite. Dom Gardereau nous fait dire qu'il ne faut pas se servir du raisonnement pour mettre en évidence cette vérité. Nous n'avons pas dit cela, et ce serait une chose que nous repoussons. C'est là du lamennisme , et , grâces à Dieu, nous en sommes loin.

(C). Oui , nous nous confions complètement au bon sens de nos lecteurs pour voir si lorsque nous disons qu'il faut accordera la philosophie d'expliquer et non d'inventer^ nous avons blessé la tradition» les Pères , etc. , etc. , etc.

lU* SÉBIE. TOME XVI. — N° 94; 1847. 19

29/^ LEITRE DE DOM GARDEIIEAU

à la Dole)) noiHWiilemenl je n'eusse pu mérité d'être ud imUnl votre gméê^ comme vous le dites quelque part, mais encore il ftodrait aaplos Yite me mfermer h Gbarenton. Au reste, voui traitez avec trop d*indulgeDce celte phian blasphématoire. Vous croyez qn^on ne peut dire cela que de la plus mameim dialectique ^ et du plus dangereux rationatiime } mauvaise dialectique^ je le crois bien )une matière gai meut d son gre'f cela touche à Tabsurde; mais une matière profane qui meut à ton gre ta sagesse sacrée , c*est plas que du rationalisme^ cela touche à Tlmpiété. El vous dites que cette phrase M lit dans un de mes articles de l'auxiliaire, 1. 1, p. 96 ; l'ai cette pige soai les yeux et j'y lis, comme le lecteur peut le vérifier : non la matière QUI méat, mais la matière QUE meut d son gre la sagesse sacrée , ce qui est un pca dilTérent, et un peu plus d'accord avec tous les principes développés dsas mon travail. 11 faut avouer. Monsieur, que vous avez de singulières distractions. Vous mettez une lettre à la place d'une antre et me voilà atteint et convaincu de professer une doctrine monstrueuse (D).

Vous auriez dû vous contenter^ ce me semble, d'csitofTER les fautes dlnpression qui se sont glissées dans mon article du Correspondant^ dont je n^si pu corriger les épreuves, me trouvant alors fort loin de Paris* i^ai déjàsigmlé ona de ces ftutes t vigoureux au lieu de rigoureux, à la page 306 \ en voici une plus grave et qui change tout à fait le sens ; aussi a4-«lle servi de base à Tune de vos accusations « p. 193, 1. 19. La révélation chrétienne... donnmt d tous. Mon manuscrit portait : donnant d tout ; ce qui doit 8*appliquer à tout ce qui est indiqué précédemment '. Si je me fusse trouvé A Paris, si Je me fusse apperçu plus tôt do ces méprises, j'aurais fait insérer des erNdê.

(0). Noos convenons franchement de notre méprise^ iloQs aroitt mis qui i>our gue, et nous eu sommes fâché. Nous ne savons en vérité comment cette faute nous*a échappé, car nous retoyons tonjoars les citations dans les dernières épreuves ; ce qui nous a égaré, c'est que le nouveau sens n'est pas plus logique que le premier. Il ne reste plus qu'une phrase complètement inexacte; car il est faux de din que « la sagesse profane est la matière et l'instrument QUE m^ k » Sun gré ta sagesse sacrée. » La sagesse sacrée n*a pas pu monroir i son gré la sagesse profane; celle-ci a été constamment rebelle, et elle aurait triomphé de la sagesse sacrée, si celle-ci n'était pisillh mortelle.

■ On amis, (p. 194) Uinerariwn mentis ad Deum^ pour in Z)tfliiit;-*p. 206 i Intentions pour intuitions. D'autres fautes ne changent pas le sens.

AV£G LA RÉPONSE DE M. BUi^METTY. 295

fUtâê UAtk dé préfOlr vos qoerellM, et par conféquenl de Teiller à ne pas vms foftinlf de teltea armei (E).

tMA Umi d'OhjeGlioiM diflteiies à préroif , voici je rayoue la dernière à laquelle Je me lUsse attendu. J'ai reconnu la nécessité d'une ré? élation extérieure pour lloill éonnêf ta tfùnnàissanee des vériUt émnts\ cela étant, comment ai-je fM kNier la doctew Séraphique des lumières qu'il a puisées dans la contemplatkm et Xintmlion mystique? {^Ann. p. 214, à la note). Quelle opposition y Ikt41 denC) monsieur, entre ces detix idées? c Mais, demandez-yous, si l'o- * rigilie des rérîtéâ dirlnes ne rient que d'une rérélation extérieure ^ rienti elle allari de Vinlattion tnystlqueP » Dût le lecteur s'étonner de me yoir prendre au àérietlt tine difficulté de cette force, Je m'y arrêterai (F).

(£)• Nous sommes bien aises que le père Gardereaa troure ici roccasion de faire les errata de son article. Mais nous nions que fions ayiotis exploité ces fautes, notre critique n'est pas si superficielle , elle porte sur le fond même , sur la lumière innée, émanée^ révélant tout, et sur les ailes divines de l'âme, sur les connais^ tances qui ne sont pas livrées^ mais développées^ etc. Voilà la question dans toute sa gravité ; il ne faut pas chercher à l'amoindrir.

(!>')« Chacun sait que l'origine des vérités religieuses par vole d't'/ituition directe, constitue un système tout entier de philosophie, c'est celui de M; Cousin) de Malebranche, etc. J'ai donc été fondé à de^ mander à dôin Garderean, si après avoir admis que les dogmes nous tiennent d'une révélation extérieure, il soutenait en outre qu'ils nous Venaient aussi d'une intuition directe ou mysliqucy sa phrase semblait le dire , la voici : « Les théologiens scoiastiques , eurent » comme te docteur Séraphique , le privilège d'unir à la rigueur du » raisonnement, k la puissance de l'argumentation, le souille vivi^ » fiant de tintuition mystique '. n Ce qu'il y avait de douteux dans Ces etpressions était encore confirmé par ce que dit ailleurs le P. Gardereao qtie o le Christianisme a épuré le regard de l'âme jusqu'à > la rendre propre à voir presque face à face Dieu dans son « essence (Cotr., p. 205)..; » que •< saint Bonaventure a reçu comme » une intuition directe de l'existence du Très-Haut {ibid. , p. 194). » toilà bien àsA raisons de lui demander ce que signifiait cette tn^uttiony dont il parlait ici. Mais dans sa réponse^ dom Garderean assure

' Auxil,, t. I, p. 86.

I^ réponse préviendra les objections plus insidieuses qui vont se déralofpcr sur un plan bien plus étendu, à l'oceasion de la mention que J*ai iûle {Con-Ksp, p. 193) de cet admirable opuscule que le même docteur Séraphii|ie a intitulé : lUnerarium mentis in Deum,

Je ne pense pas avoir jamais écrit que V origine des vérités divines vintdt rintuition mystique. Mais j'ai pu dire sans remords que les grAcea de lomièn données aux saints docteurs dans l'exercice de Toraison ont dû féconder et accroître les lumières déjà rerues de la grâce extérieure de Tenfeigneiiicit divin. J ai pu dire que \ inspiration de la grAce, donnée dam la ferveur de Tunion mystique, devenait chez eux un souffle vivifiant qui animait la lettie morte de la révélation et la rendait esprit et vie; comme on le sent, ai-je ajouté, à la lecture de plusieurs des écrits de saint Bonaventure, et notaouneit de Xltinerarium mentis in Deum ((i).

J'ai pu dire qu'en parlant à l'oreille du premier homme et des divins prapliètes, Dieu ne s'était pas ôté la puissance de parler au cœur et à Tesprit de ce premier homme et de sa postérité; et que bien qu'il ait fait une loiabsoloe pour toute l'humanité de l'initiation per nuditum aux vérités traditionnelleii tuutefois il a donné à l'homme deux moyens de faire valoir à Fintérieur ce fond naturel et surnaturel ; savoir la réllcxion rationnelle et la contemplilioD mystique; lesquelles n'excluent pas la nécessité de la Révélation ûb exteriorif puisque c'est justement sur ce fond révélé du dehors que cette Jlévclalio» intcrieute, si je puis ainsi parler, s'exerce (H).

J'ai pu dire aussi que les saints Docteurs pour qui Fétude et la réfleiioi étaient une prière continuelle, unissaient admirablement toOf cesmoyem d'apprendre^ et que si l'auteur de Xltinerarium apprenait beauco^i dans les livres, il apprenait bien plus encore (ainsi qu'il Ta lui-même déclarée

qu'il entend par intuition , le secours de la grâce , la prédisposition duc «1 cette grâce pour mieux comprendre et expliquer le dogme reçu extérieurement, Nous ne le contredirons pas sur ce point.

(G). Nous n'avons jamais nié celte action de la grâce ; mais il s'agit de savoir toujours, si Tâme a un regard capable de contempler frtt' que face à face l'essence divine; si l'homme a reçu une intuitùm directe de L]exiMence de Dieu, (le sont vos expressions que tous cliangez ici.

(II). C'est toul-à-(dit notre opinion ; c'est là en quoi consiste b philosophie caiholiqnc, iC exercer el b'exercer avec utilité, sur ie.své* rili'ii rcrucs, qui servent d'ctaffc à bcs pensées.

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