‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 100 sur 108 · LETTRES · texte numérisé non relu

LETTRES

DE QUELQi»i wnowjRwnvns

DE TBÉOL06IË ET DE PHILOSOPHIE

SUR NOTE! POLEMIQUE ÀT^G H. L'ARB^ MàRBT ST ÀTRG H. L'À99t MOfilT.

■*^»»iPWII— I II

Nous avons souvent fait observer dans ce recueil que les principes philosophiques que nous y défendons contre quelques honorables écrivains ecclésiastiques n'étaient pas de nous, n'avaient pas été inventés par nous. Ces pdncipes sont ceux, admis depuis 20 ans daas les écoles et soutenus en grande partie par nos adversaires eux-mêmes, qui seulement en oublient on en éludent TappUcation. Ces grands principes sont !<> que Thomnie naturel n*est pas l'homme istriéf mais rhomme socia/; 2"* que l'homme n'a pas inventé h langage ^ mais qu'il lui a été donné pour la société. C'est de ces faite que dé« coulent nécessairement, !• la ruine du castésianisme qui s'appuie eeulement snr l'homme ieoîé ; 2« de toute antre philosophie qui part seulement du mot humain , qui ne prend pas pour base l'hounne iocial et l'homme traditionnel.

Nous pourrions accorder à nos adversaires toutes Ienr$ conséquences, mais en y ajoutant la clause nécessaire, que ce n'est pas de rhomme actuel, du monde actuel qu'ils parlent; mais 4*un homme pos5t6/é; c'est-à-dire d'un homme fantastique. De là découle encore la nécessité de ne jamais poser en principe, lorsqu'il s'agit des lois nécessaires de croyance ou de conduite^ que l'homme a découvert^ par ses seules forces, ce qu'il doit croire ou ce qu'il doit faire. L'homme ne l'a jamais découvert seul^ par la bonne raison qu'il n'a jamais existé seul. Quant à ceux qui veulent chercher si l'homme eût pu le découvrir i comme il s'agit ici d'une chose qui n'est pas, que ce n'est pas là notre état, notre condition; que, par conséquent, ce n'est pas de

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nous, tels que nous sommes, qa*il s'agit, nous refusons absolument et obstinément de nous en occuper. Gela n'est pas nécessaire, et de plus cela n'est pas assez amusant.

Ainsi donc, dans ce travail de réforme que nous avons essayé, nous nous sommes beaucoup plus appuyés sur l'état actuel des études philosophiques, sur le discrédit qui» géaéralement, a frappé Técole cartésienne, enfin sur le progrès même de renseignement philosophique actuel quesurnous-même; c'est, en quelque sorte» un appel fait à tous les professeurs de philosophie catholique de co-ordonner leur eoseigaement selon leurs propres principes » et de fdire disparrître ce qui peut rester de rationalisme, non pas dans les e&méquences^ ce qui , grâces à Dieu, n'est jamais arrivé ni à M. l'abbé Alaret ni à M. l'abbé Noget, mais dans les premiers pnnape«; ces principes que, par une inconséquence dont nous ressentons en ce moment les effets» m» devanciers ont posés dans un état non-aeulement extra^iocialt sous le nom de philosophie naturelle ^ mais encore extra^éel, sous le nom de philosophie isolée^ philosophie du moU philosophie cartéêienne.

Or, ce qui prouve que nou3 ne nous étions pas trompés dans nos jugemens ni dans nos prévisions, ce sont les nombreuses lettres et paroles d'adhésion qui nous sont arrivées et qui nous arrivent encore tous les jours. Ces adhésions font partie de notre polémique, nous sommes donc obligea de les publier. Elles seront instructives et pour nos lecteurs et pour nos adversaires ; car ils verront, sans fard et sans déguisement d'ami, comment leur enseignement est jugé et estimé dans les écoles catholiques.

La V^ Lettre que nous publions ici est remarquable en ce qu'elle va au fond de la question^ et indique sans détour et sans aucun de ces préjugés provenant d'un système déjà adopté, quel est le défaut de notre enseignement philosophique et le remède qu'il faut y apporter. Nous le répétons ici avec leurs auteurs : la philosophie catholique et la philosoi^ie rationaliste partent du même principe, le mûi iiolé et intérieur ; il faut faire partir notre (diilosophie du grand fait social et divin, et faire sortir nos adversaires de ces retranchemens intérieurs où chacun est juge y et les amener au grand jour de la tradition ou des faits.

Voici cette lettre :

4Ab LETIiUSS D£ QUELQUES PROFESSEURS

Grand sémintire de..... juin 1846.

Monsieur ,

« Cette lettre tous étonnera peut-être, mais nous esp^ns que les » motifii qui Font fait écrire excuseront à tos yeux ce qu*il peut y » avoir d'indiscret dans notre démarche.

» Au milieu de nos études de théologie, on nous a souvent parlé » des attaques du ratumalisme, de ses progrès désolans. Quelques » écrits de cette écde nous ont pleinement convaincus que sous Tin- >' fluence de ces doctrines du p^erbe intérieur et du Afoi , mire N révélation extéfieure courait les plus grands dangers. Ayant donc M voulu nous éclaircir sur la force de notre adversaire , nons » avons essayé de sonder les points de départ de sa philosophie, »i de nous rendre compte de son origine et de ses déductions. Ce I» travail a été ruineux ponr nos propres principes philosophiques ; » car nous n*avons pu nous cacher que notre système, sortait » de la même source et partait du même point : la voix intérieure. » Nons avons senti qu'il était tems de prendre une nouvelle position, »' si nous voulions soutenir la lutte avec avantage. Mais quelle est » cette position? Sur quel terrain faut-il ramener ses adversaires?

> Question importante, que notre inexpérience ne nous a pas permis I» de résoudre.

» Nous avions bien entendu parler très -avantageusement de vos » Annales^ des coups vigoureux que vous y portiez contre le ratio- » nalisme. Après bien des tentatives pour nous les procurer, nous » avons enfin rencontré vos derniers numéros, dans lesquels précisé* » ment vous exposiez le résultat de vqs discussions avec M. SaisseL » A la lecture de ces articles, nous avons été frappés de la supériorité » de votre méthode sur la Philosophie du moi. Nous avons reconnu M la vraie tactique, propre à pousser l'ennemi hors de ses reiran- N chemens internes et à le ramener sur le terrain traditionnel^ ter- » rain essentiellement catholique.

» Mous ne saurions vous exprimer combien ces articles nous firent

> réfléchir; mais nous étions trop faibles pour eu tirer uue direction A définitive à nos idées. Alors nous nous sommes informés s'il n'eiis-

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» terai( pas quetqne Traité de phihsophie da directear des jén* » nales. À noire grand regret , nous n'avons eu qae des réponses n négatives.

» Âpres avoir déploré ane pareille lacune , la p^sée, pent-être n téméraire» noas est venne de voos écrire poar vons prier en grâce de n vouloir bien nous tracer succinctement : Un Exposé méthodique f* de vos principes, leur point de départ, leurs coneluHons et enfin » leur application à Tétude de U théologie el de l'Aûlotré.

» Vous avez bien donné tout cela dans les ricbœ pages de vo^ » Annales ; mais, outre que l'ordre de la maison prohibe les Revues, » comment nous serait-il possible d'extraire de ces grandes idées un » cadre précis et logique. Nous sommes donc réduits à désirer quel- >» ques lignes de votre main.

» Ce désir peut-être vous surprend et vous importune. Vos mo- » mens sont précieux, vos occupations Importantes^ nous le savons, » mas nous savons aussi quel est votre dévouement pour tout ce qui » tient à la cause catholique, à la propagation de la saine philosophie. » Nous aurons bientôt. à remplir, dans un cercle plus étroit, la même » mission, à soutenir les mômes luttes ; dé grâce ne refusez pas de » faire passer en nos mains cette arme si terrible aux ennemis de n nc^e Foi. Cette bonne oeuvre sera bénie de Dieu et des hommes.

» Nous reconnaissons n'avoir rien en nous qui puisse nous mériter » la faveur d'une réponse. L'amour de la vérité, de nos dogmes, le » désir de nous rendre utiles un jour pour la conversion de nos frères, M nous ont dicté cette démarche. La pureté de c^ motifs nous a donné b bon appui.

» Soumis d'avance à l'issue quelconque de notre demande, nous » serons toujours heureux d'avoir eu cette oçwifJti » Uqnsieor» pour p vous offrir nos très-humUes honmiages.

n Nous avons l'honneur, etc.

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