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Nous espérons que nos abonnés auront lu avec plaisir cette lettre d'un père de famille^ qui ne s'est jamais mêlé à nos discussions, mais qui les suit avec cet intérêt qui part d'un esprit tout dévoué à la cause de notre Dieu. Cette lecture pourra être utile au directeur du Correspondant ^ qui a pensé que la publication de notre réponse pourrait avoir un immense inconvénient. Nous ne
* Dans le Correspondant du 10 août 1844) tome ?li, p. 329. — M. de Feugueray y parle encore en termes fort exacts de Vunion de Cdme humaine avec Dieu, Nous ne pouvons résister au désir de citer ce passage, qui est la réfutation de ta doctrine de M* Maret : « L'union avec Dieu, à laquelle ils (les mystiques •chrétiens ) tendent, n*est pas une identiGcation impossible; toute union est un •rapport et suppose deux termes distincts j entre lesquels le rapport s^établiL » Vivre de la vie divine , pour nos mystiques, ce n^est donc pas se perdre dans •rabtme du grand Tout ; c'est seulement écouter attentivement la voix de Dieu tqui parle en nous y et se laisser pénétrer et guider par la grâce. En ce sens, •nous sommes tous appelés à être plus ou moins mystiques. Or, cette union inntime de Tûme avec Dieu , qui est le but constant des efforts des saints, ne dét coule pas de notre nature même , comme le soutiennent les Panthéistes; loin • de là, c'est malgré la nature qu'elle s'opère; elle est un don, elle est une » grâce t et elle est en même tems une conquête, prix du sacriGce et de la lutte.» (7Mrf., p. 829 et 330). — Il y a loin de là à soutenir, comme l'a fait M. l'abbé Maret, que la raison humaine ne subsiste qu*à la condition d'une union réelle avec la raison infinie \ qu'il existe une union directe et immédiate de Vintelligence [avec la raison divine **• M. Feugueray est un laïque. Nous nous permettons de le signaler au correspondant comme très-digne de faire partie de son comité de rédaction.
* Correspondant, article du 10 juillet dernier, t. xi, p. 61. " Jbid., p. 68.
I)E PUBLIER I,A RÉrONSK A M. MARET. 229
Pavons publiée, ainsi que les précédentes, que parce qu'il nous refuse une publicité qu'il n'a pas fait difflculté de donner à la lettre qui nous attaquait. Nos abonnés nous rendront celte justice, que nous n'avons publié ces pièces que quand on nous y a forcés. Elles ne sont pas, au reste , les seules , et nous pourrions en publier bien d'autres. Qu'il nous suffise de dîre> que si nous avons rencontré plusieurs personnes qui ont regretté de voir soulever cette polémique, pas une seule n'a soutenu que M. Tabbé Maret avait raison. Deux lettres, plus ou moins désapprobatives , nous sont parvenues, et nous en avons loyalement averti nos lecteurs, 4ans nos deux Comptes-rcndus, des vol. xi et xii *, où nous répondions à l'une, et pressions l'auteur de l'autre de nous permettre de la publier, avec sa signature. Et nous avons fait cela avant de parler d'aucun des suffrages qui, comme on le voit, n'ont été ni douteux , ni peu nombreux.
Nous devons dire aussi que, puisque le Correspondant refuse de faire connaître notre réponse, nous avons pris le parti de la publier à part , avec la lettre de M. Maret \
Au reste, on comprend bien que nous ne laisserons pas tomber ici ces discussions. Les principes que nous attaquons sont soutenus par des personnes honorables et influentes. Nous ne cesserons de chercher à en prouver le danger. A l'égard du Correspondant, nous comprenons que lui, qui nous refuse de rectifier les erreurs qu'il commet en nous attaquant, cesse de parler de cette question et de nous. Mais nous , qui avons loyalement fait part à nos lecteurs de ses réclamations, nous avons conservé le droit de le réfuter. Il en est de même à l'égard de BL l'abbé Maret. Aussi « dans le prochain cahier, comptons-nous publier le travail d'un théologien qui examine s'il est vrai, comme le soutient M. Maret, qu'on puisse dire qu'il existe trois principes dans la Trinité chrétienne. Aucune question plus grave ne peut être Tobjet de la Juste critique d'un journal philosophique et chrétien. Nous remplirons donc cette tâche avec les égards que nous croyons avoir toujours mis dans toutes les paroles publiées dans les Annales. A. B.
i Voir, dans notre tome xi, p, 476, et dans notre tome xir, p, 470« t On peut la demander au bureau des Annales, et chez Sagoier et Bray, U« Inrairesy au prix de 50 c«
m* SÉiOE. TOME xm. — r 75; 1846, 15
230 l' AMÉRIQUE
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