‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 32 sur 108 · S26 REFUS DO CORRESPONDANT · texte numérisé non relu

S26 REFUS DO CORRESPONDANT

»fait encore à plaisir aatotir de la question de Torigine de fios » connaissances. Quand donc serons -nous las de déraisonner 9 sur les mystères de la raison? Pourquoi ces messieurs les Ra- »tionalistes, catholiques ou anti-rcathotiques^ ne nous racontent- »ils pas comment s'est opérée en eux la révélation naturelle ou » positive en vertu de laquelle ils peuvent parler^ raisonna ou » déraisonner? Ils l'ignorent tous^ comme vous et moi^ proba- »blement; donc ils n'espliquent pas comment les premiers faom- » mes ^ les premières sociétés ont acquis les élémens d'intelli- Agence et de conservation qui leur étaient nécessaires; donc il *y aeu révélation de tout ce qui était nécessaire à l'homme^ par 9 Dieu même, comme il y a chaque jour révélation à Tenfant » par le père, de tout ce qui doit constituer sa vie morale ; ni le opère 5 ni le fils ne savent quand et comment s'accomplit cette » révélation ^ et elle s'opère cependant en peu de tems^ comme » condition nécessaire^ pour Tenfant^de sa vie morale. Nous savons » seulement que le moyen de cette révélation est la parole; sans la » parole^ pas de vie sociale transmise.

)»I1 y a làj au milieu de tous les disputeurs, les sourds-et-muets »qui sont les témoins de la première révélation de Dieu k )) l'homme 5 comme les Juifs sont les témoins de la révélation »de Jésus-Christ; qu'on nous montre donc, dans le rationalisme »des sourds-et-muets, V écoulement divin, dont on nous parle, qui, «en l'absence de la parole dont ils sont privés, leur a dû comomuniquer les notions et perceptions divines? Hélas! pas un de »ces malheureux que nous initions à la vie morale par les mer- • veilleux moyens de suppléer à la parole, que la charité a trouvés, »ne se souvient de ses croyances avant la révélation qui lui a été » faite.

» Mais nous ne voulons pas de ces moyens si simples pour tran- »cher les questions. Il faut que la raison explique elle-même la «raison. Or, comme les élémens de celte raison sont tous acquis »en vertu de la révélation naturelle par la parole, nous ne pouvons » réellement sortir du cercle dans lequel nous tournons sans^ cesse. »Que je veuille nier l'existence de Dieu, de mon âme, de mes «destinées futures, les élémens de négation me manquent; je ne »puis me servir, en effet, que de ma raison, produit nécessaire » d'idées plus ou moins en rapport avec celles de la divinité, de

«râme^ de Téteroité. Ma négation éqaivaut donc à une affirma- T»iï(m; de même que je n'ai rien pu créer en moi^ sous le rap- »port intellectuel^ par ma raison^ je ne puis rien détruire avec elle.

» Ceux qui ^ pour se délivrer de La tradition ou révélation qui «importune tous les philosophes 5 prennent le parti de ne pas 9 s'occuper de leur intelligence, et révisent la vie aux sensai>tions physiques, sont bien plus ratiojdnels. Il n'est pas rare au- »joard'hui de voir de ces hommes^ui, absorbés par les intérêts » matériels de la vie des sens, ont à peu près perdu les notions » qui constituent la vie intellectuelle et morale. Ne les sortez pas »du cercle étroit de leurs affaires ou de leurs plaisirs, ils ne vous «entendront ni ne vous comprendront. C'est que la vie morale »qui ne se développe que par la parole de Dieu, languit et meurt »sans cette parole : « Non in solo pane vivit homo. » Le prétendu jétat de nature des anciens n* était réellement que cet état contre T> nature, où l'homme tombe faute de connaître Dieu, de Taimer ]>et de le servir; c'est, l'état des peuplades sauvages et idolâtres »qui serait pire encore pour l'homme isolé de ses semblables, »car je suis persuadé que l'homme isolé oublierait de parler, de » penser; à moins d'une grâce toute divine^ il retomberait dans » l'état de l'enfance ou du sourd-et-muet , nonobstant Vécoule- » ment divin de M. Maret ; car notre nature tend sans cesse à se dé- »grader et à se laisser absorber par les besoins matériels. Hélas ! »quel est donc Thomme, le chrétien ^ le saint qui ne s'en est pas » convaincu par sa triste expérience?

» Ainsi , mon bon ami, en face de Y Évangile, cette philosophie «divine dont chaque oracle émeut l'âme jusque dans ses pro- 9 fondeurs, dontl'éclat illumine les plus épaisses ténèbres^ on » bâtit â grand peine un misérable édifice tout hamain^ qui 9 tombe sans cesse et qu'on relève toujours, c'est réellemfent la » folte la plus persistante de l'orgueil de l'homme , et il y a un npeu de cette folie dans toutes les têtes. Détruisez ^ détruisez » cette Babel, cher ami; dites à M. Maret que son système a été j> réfuté dans le Correspondant lui-même^ avant les articles qu'il i> y a publiés. Qu'il lise un excellent travait sur le catholicisme lict l'industrie de M. Feuguerey^, qui dit avec une si grande rai- »son: «Les mystiques Chrétiens n'ont jamais cru qu'il n'y ait dans »le monde qu'une seule et unique substance dont émanent tous

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»les êtres finis, et que Tâme homaine en particalier soit un éecu^ Tilement de Dieu K y> Les écrivains, nécessairement « devraient se » mettre d'accord sur les principes avant de dogmatiser. En révsumé, nous sommes catlioliques par le cœur et païens par Tes- »prit. De là, vient que nos œuvres sont mortes. Les questions «insolubles à la raison nous occupent plus que la propagation » des vérités évangéliques qui n'ont jamais été plus ignorées qu'au- )>jourd'hui. Feu, feu, comme Cormenin^ sur tous ces vaniteux j> sages qui veulent savoir autre chose que Jésus-Christ crucifié, t Saint Jean et saint Paul, à coup sûr^ ne cherchaient pas 9 comme eux à rationaliser la vérité, »

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