‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 35 sur 108 · CONSIDÉRÉE SOUS LE RAPPJ)UT RELIGIEUX · texte numérisé non relu

CONSIDÉRÉE SOUS LE RAPPJ)UT RELIGIEUX

parti y par lesquelles Ton voit tant d'écrivains gâter souvent les meilleures choses, môme sans le vouloir.

Une seule Idée domine et coordonne toutes les autres idées dansTonvrage de Mgr Balufli, et cette idée est éminemment relî* gieuse et philosophique* L'auteur démontre logiquement et par les faits historiques":

D'abord, que la conquête réelle du Nouveau-Monde , son éducation, son bien-être moral et matériel, n'ont été véritablement opérés que par rinfluencc toute-puissante et pacifique de Vaction religieuse. Il prouve ensuite que la puissance matérielle des rois d'Espagne, la force de leurs armées sanguinaires et cupides, n'avaient pu que fomenter la haine des peuples indiens, irriter leur esprit, les exterminer ou les jeter dans les chaînes d'un hideux exclavage, les rendant ainsi bien plus malheureux encore que dans leur état sauvage, I/on vit souvent , en effet , dans ces contrées du Nouveau-Monde, pendant tout le tems de la domination espagnole, un pauvre vioine, seul et sans appui, armé du seul signe de la croix^ et portant sur ses lèvres des paroles de paix et d^amour, bravant tous les périls, parcourant toutes les terres, conquérir à la foi et à la civilisation européenne de grandes et bel--

ligueuses provinces que des armées entières n'avaient jamais pu réduire.

Le savant prélat nous montre ensuite, dans les pages de son his^ toîre, avec autant de charme que d'éloquence, que les ouvriers évangéliques renouvelèrent sur le sol de l'Amérique l'exemple de ces actions héroïques, de ces prodiges de zèle, de dévouement et de charité divine, avec lesquels les apôtres de l'église naissante répandirent la lumière , la paix et la civilisation sur la face du vieux monde. Il nous fait également remarquer, qu'ainsi que l'église primitive, l'église de l'Amérique eut aussi ses apôtres et ses conciles, ses martyrs et ses confesseurs, et que, comme du tems de la férocité païenne, le sang des martyrs fut, selon l'expression de Tertullien, la semence des Chrétiens^ il le fut égale* ment parmi les sauvages du Nouveau-Monde.

L'illustre auteur nous fait voir avec quel noble élan , avec quel zèle généreux le clergé catholique éleva sans cesse sa voix en Amérique contre l'esclavage des Indiens et contre toutes les tor* tures que des hommes cupides et féroces leur faisaient iroplioya-

Page 1