‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 36 sur 108 · L'AMERIQUE · texte numérisé non relu

L'AMERIQUE

blement souffrir. Le noble écrivain nous dit aussi en détail tout ce que les souverains pontifes déployèrent constamment de zèle^ d'amour et de puissance en faveur des peuples indiens contre leurs cruels oppresseurs ^ en défendant à ceux-ci , sous les peines les plus sévères de l'église^ de porter atteinte à la vie^ aux biens^ h la liberté des indigènes de FÂmérique et de toute autre nation , en leur rappelant qnea^tottsles hommes sont frères , rachetés par le 9 sang de Jésus-Christ, et partant libres et égaux devant Dieu.^V^LJX-' teur rapporte, entr'autres, les bulles et les lettres vraiment admirables que publièrent, sur cet objet, les papes : Paul III, en 1537; Urbain VIII, en 1659; Clément XI, en 1706; BenoitXIV, en 1741.

Mais laissons parler l'auteur lui-même qui nous raconte les admirables succès de Vaction religieuse dans la conquête de l'Amérique , de la manière suivante :

a Les apôtres du Christianisme pénétrèrent dans ces nouvelles » contrées partout où il y avait des hommes qu'ils savaient vaincre » et civiliser dans leurs combats pacifiques; [et Ton voyait sou- •vent ces mêmes ordres religieux payer de leurs propres deniers » tous les frais que coûtaient leurs grandes et difficiles conquêtes » dans le Nouveau-Monde.

» Les monarques et les hommes d'état de l'Europe applaudirent » avec joie à tous ces prodiges de l'action religieuse. L'on vit •même ce fameux ministre de Charles IV (que l'Europe avait • couvert de son bKIme , qu'il chercha ensuite à effacer par ses » écrits ) , s'étonner et se réjouir de ces merveilles de nos ouvriers » évangéliques. Au moment où l'on pressentait la séparation de » l'Amérique, ce môme ministre forma le projet d'y envoyer des «légions de moines , afin d'achever la conquête de ces populations w sauvages qu'il fallait, disait-il, gagner au ciel et au roi d'Espagne. 9 Voyant maintenant le continent américain perdu pour l'Espagne, » cet homme d'Etat aurait voulu pouvoir aussi envoyer grand nom- »bre d'apôtres évangéliques aux îles Philippines, afin d'y répan- »dre les lumières du Christianisme, et d'assurer, par ce moyen, »la prospérité de la domination espagnole dans ces contrées «lointaines, que l'on craindrait de perdre.

» Cette manière de conquérir les peuples (par la paix et l'a- »mour) qui est la seule propre de la religion catholique, faisait D grand plaisir aux Indiens eux-mêmes, au point que Ton voyait

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