‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 37 sur 108 · CONSIDÉRÉE SOUS LE RAPPORT RELIGIEUX · texte numérisé non relu

CONSIDÉRÉE SOUS LE RAPPORT RELIGIEUX

ii des provinces entières envoyer spontanément des députations au- 9 devant des religieux missionnaires pour les supplier d'accepter » leurs hommages et leur complète soumission *, »

Ge que nous venons de lire constitue des faits historiques incontestables. Quelle gloire pour la religion ! quel enseignement pour les monarques et les peuples ! Cet exemple de la conquête pacifique de tant de peuples barbares du Nouveau-Monde par Vaction religieuse^ par les lumières et la charité du Christianisme 3 est bien digne d'attirer les méditations de la France^ surtout dans la situation toujours si critique et si redoutable de sa conquête de F Algérie. Pourquoi, en eflfet, cette même action religieuse , fortement organisée, dirigée avec une sage prudence, avec un dévouement tout d'amour et de paix, ne ferait-elle point dans l'Afrique française ce qu'elle fit jadis dans l'Amérique espagnole ?CommentI nous avons la vraie lumière qui éclaire, la charité qui pénètre et enflamme..,* , qui doit faire de tous les peuples divers une famille,,,, i c'est un élément divin placé, pour ainsi dire , dans nos mains , et dont la force est bien plus grande que le levier d'Archimôde pour remuer et civiliser le monde sans trouble et sans secousse , et nous n'y pensons point I et nous avons l'air de le dédaigner ! Non , il ne suffît point à la gloire de la France de vaincre par la force et la valeur de ses armes ; elle doit savoir vaincre, surtout par l'ascendant de ses lumières, par

son génie chrétien et civilisateur.

Nous croyons que l'organisation A'une éducation sociale et reli" gieuse dans l'Algérie est d'une urgente nécessité, et que ce n'est que par ce moyen, sagement et activement employé , que nous pourrons assurer et faire prospérer d'une manière pacifique notre domination civilisatrice en Afrique.

Nous nous proposons de développer incessamment , dans un écrit, cette pensée que nous croyons d'une importance vitale dans notre situation en Algérie, qui est une crise toujours sombre et permanente.

Revenons à noire analyse historique de Touvrage de MgrBaluifi.

Voici dans quels termes le pieux prélat s'exprime, en parlant de la France et de ses religieuses ^ dont il se plait à faire un

i Vol. II, p. 192.

234 l'amérique

grand et biOQ Juste éloge > dans son deuxlômc volume^ à la page

« Bénie soit la France I c'est elle que nous voyons sans cesse »à Tœuvre dans le vaste champ des missions ^ oit elle s'avance ^ «fjère et digne ^ déployant plus de force et d'activité que Rome » elle-même. C'est elle aussi qui répand de toutes parts un conitinuel et magnifique éclat par sa science ^ par ses grandes cn- » trcprises de guerre et de paix , par les étonnans prodiges de »scs religieuses qui se dévouent au service des hôpitaux. Ses » sœurs de charité semblent avoir réellement atteint , dans cette » vertu divine j les bornes que Dieu a fixées à la nature humaine, »et elles sont un des plus puissans moyens dont la divine » providence veut se servir pour opérer la conquête pacifique et » la civilisation de tous les peuples du monde. »

Cet écrit de Mgr Baluffl , est un ouvrage des plus remarquables qui soient sortis de la plume de nos meilleurs écrivains modernes. L'élégance et la sublimité du style , l'élévation des idées , la justesse du jugement et une noble impartialité dans la vérité hlstorique, sont autant de caractères distinctifs de cet écrit. L'on voit dans l'ensemble de l'ouvrage que l'auteur s'est inspiré aux sources les plus hautes et les plus pures.

L'absence d'une histoire générale et complète de l'Amérique, au point de vue religieux, était un grand vide dans notre histoire ecclésiastique. Ce vide^ Mgr Balluffi vient le combler en ce moment par son histoire de l'Amérique depuis sa découverte jusqu'à nos Jours. L'auteur a habité un point central des deux Amériques , depuis 1837 jusqu'en 1841. Il y a fait beaucoup de bien^ dans sa haute' mission diplomatique d'internonce et envoyé extraordinaire du Saint-Siège *. Par sa mission , qu'il a si bien remplie en Amérique, et par la publication de son bel ouvrage, de l'Aincrica, dont nous venons de parler, Mgr Baluffl a donc rendu un service immense à la religion, il a bien mérité de r£giisc et de l'humanité.

Le souverain pontife qui gouverne, de nos jours, l'Eglise de Jésus-Christ avec tant de vigilance et de sagesse, a su, certes,

* Les Annales oui publié déjà quelques-uns dc3 lésullals de celte mission dans leur tome vu , p. 25a ^3^ béric}*

Page 1