De'part de nombreux missionnaires
10. Lettre d'un missionnaire de Kian-nan ( Chine ) décrivant les funestes effets de l'opium ; il démoralise complètement les fumeurs.
11. Lettre de Mgr Retord ^ datée du Tong-king , 25 juillet 1845.11 y annonce l'arrivée de M. Charrier, jadis enlevé au roi de Cochinchine par un officier de la marine française. La persécution y est un peu ralcn^ lie. Le roi, forcé de rendre Mgr Lefebvre à une frégate française, a dit qu'il ne voulait plus souiller son sabre d'un sang si impur* La foi fait tous les jours des prosélytes,
ITALIE. ROME. Lettre de sa sainteté Grégoire XVI à Mgr Vévéque de Digne sur ses Institutions diocésaines. En attendant que nous rendions compte de cet ouvrage , nous devons citer ici la lettre suivante que nos lecteurs liront avec plaisir.
• Grégoire XVI , Pape.
» Vénérable Frère , salut et bénédiction apostolique.
• La lettre pleine d'une gracieuse urbanité par laquelle vous nous avez fait hommage , Vénérable Frère , de l'ouvrage publié par vous l'an passé , à Digne , et intitulé : Institutions Diocésaines , nous a été un nouveau témoignage de votre dévouement tout particulier et de votre déférence à notre égard. Bien que nous n'ayons pu lire le volume tout entier , à cause des occupations très-graves et continuelles de notre suprême pontificat , dans le peu néanmoins que nous avons eu la satisfaction d'en parcourir , nous avons de nouveau reconnu les beaux et religieux sentimens de votre cœur , si digne d'un évêque catholique , ainsi que votre sollicitude pastorale pour la défense de la sainte doctrine. Continuez donc , Vénérable Frère, à défendre, comme vous le faites, la religion catholique avec un zèle toujours plus ardent, à remplir tous les devoirs d'un bon pasteur , et à conduire dans la voie du salut le troupeau confié à vos soins. II nous est, quant à nous , infiniment agréable de saisir cette occasion pour vous témoigner derechef, et pour vous confirmer la bienveillance toute spéciale que nous avons pour vous. Nous voulons vous en offrir un gage assuré dans .la bénédiction apostolique que nous puisons au fond de notre cœur , et à laquelle nous joignons le vœu de toute vraie félicité : bénédiction que nous vous donnons avec beaucoup de tendresse , à vous , Vénérable Frère , et à tous les Udèlcs , ecclésiastiques et laïques, de voire diocèse.
238 KOUVELLES ET MÉLANGES.
» Donné à Rome , à Saint-Pierre , le i février de l'an 1846 ; de notre pontificat le seizième.
» Grégoire XVI , pape. •
Résultats de lamission scientifique de M- le baron de Slane, chargé^ par
M, le ministre de Vinstruction publique^ de visiter les bibliothèques
de V Algérie , de Malte et de Constantinople.
«La bibliothèque d'Alger renferme près de 700 manuscrits arabes, recueillis, presque tous, par M. Berbrugger, bibliothécaire de cet établissement. La collection qu'il est parvenu à former offre un grand intérêt , tant par le nombre que par le caractère des ouvrages dont elle se compose. Formée, en grande partie, de débris des bibliothèques publiques attachées aux mosquées de Constantine et dispersées lors de la prise de cette ville par nos compatriotes, la bibliothèque d'Alger devait nécessairement renfermer un grand nombre de traités sur la religion et le droit musulmans; et, en effet, J'y ai trouvé les principaux commen^ taires du Coran ^ plusieurs ouvrages sur les traditions de Mahomet, l'une des quatre bases de la jurisprudence musulmane , et beaucoup de traités sur le droit hanefite et le droit malikite. On y remarque surtout plusieurs exemplaires du Mokhtasir de Sidi Khalîl, abrégé dejurispru^ dence qui fait autorité dans toute l'Afrique septentrionale, le grand et le petit commentaire d'el-Kharchi sur ce môme ouvrage, le commentaire d'Abd-el-Baki , etc. Les ouvrages historiques , scientifiques et littéraires y sont rares, mais ils offrent, en général, une haute importance; tels sont le fragment des Annales de Taberi , Vhistoire anonyme des Abbasides, la vie des Soufis, par el-Menawi , les trois volumes dépareillés du précieux recueil historique intitulé Kitab el-Aghani. Je citerai encore un recueil de traités sur les ouvrages des mathématiciens grecs; Vexplication des termes du droit musulman y par en-Nésé6, le dictionnaire renfermant l'explication des mots et des expressions obscurs qui se rencontrent dans les traditions , un autre dictionnaire , par le célèbre Zamakhcheri , renfermant l'explication des mots obscurs et peu usités de la langue arabe , et un excellent traité de Soyouti dans lequel ce polygraphe donne des notices biographiques sur les principaux grammairiens et philologues arabes,
«M'étant ensuite rendu à Constantine, afin d'examiner les manuscrits qui pourraient se trouver dans cette ville, j'appris qu'à l'époque delà conquête , les bibliothèques des mosquées furent entièrement dispersées , et qu'elles ne se sont pas reformées depuis ; mais j'eus aussi le plaisir d'apprendre qu'il s'y trouvait encore deux belles collections de manuscrits échappées heureusement à la deslruclion générale. L'une ijpparlient au Cid llammouda, personnage d\iue grande considération,
N0CVELU5S ET MÉLANGES. 239
fondée sur son mérite personnel et sur le caractère do sainteté que lui ont transmis ses aïeux. L'autre collection appartient au cheikh Mohammad-el-Bacheterzi , vieillard fort respecté pour sa piété et pour sa position comme chef des confréries religieuses de la province.»
M. de Slane donne ici des détails sur les ouvrages que renferment ces bibliothèques; malheureusement il y a très-peu de traités historiques, la plupart comme à Alger ont rapport à la jurisprudence et à la religion mahométanes. Voici quelques détails sur des inscriptions qui peuvent aroir plus d'intérêt pour nous, puisqu'elles ont rapport aux premiers tems du Christianisme dans ces contrées.
«Ayant appris que sur l'ancien monument pyramidal , appelé par les -Européens le tombeau de Syphax ou le tombeau des rois numides, et par les indigènes Medrhaçen , monument qui est situé a vingt lieues au midi de Gonstantine, on avait dernièrement découvert des inscriptions en caractères inconnus, je résolus d'aller le visiter et de copier ces inscriptions. Je comptais y Irouver quelques restes de la langue punique ou de la langue numide ; mais en y arrivant, je reconnus que ce qu'on avait pris pour des caractères d'écriture n'était que des traits taillés sur la partie inférieure de certaines pierres tombées du monument , et que CCS traits devaient servir uniquement à maintenir le ciment qui liait les pierres ensemble. Ce monument est , du reste , fort dégradé , tant par des tremblements de terre que par les mains des hommes ; on assure même qu'un des derniers beys de Constantinc avait vainement essayé d'y ouvrir une brèche à coups de canon. Comme le tombeau de Medrhaçen a été visité dans ces derniers tems par M. Brossclard et par le capitaine Delamarre, ils en donneront bientôt, sans doute, une description détaillée.
M'étant ensuite porté au camp de Batena, j'ai visité les ruines de Lambaesa^ une des villes romaines qui opposèrent le plus de résistance aux conquérans arabes. La quantité dHnscriptions latines que j'y ai remarquées est immense. La terre en est jonchée pendant un espace de deux lieues, et, pour les copier, il faudrait passer au moins trois mois sur les lieux.
A cinq lieues de Constantine, en descendant le Rummel, on arrive %une haute colline appelée Krénèga, sur laquelle on voit des monceaux de ruines auxquelles les indigènes donnent le nom d'Ocsantina'l-Gadîma (la vieille Constantine). J'y ai reconnu l'emplacement d'une ville romaine ; on y remarque des murailles en pierre de taille , des portes , des puits et des citernes. Deux autels ou piédestaux renversés attirèrent mes regards, l'un portait une inscription latipe que j'essayai de^copicr malgré rcxtrcmc chaleur qui nous accablait.
Sur le haut de celle colline ou voit plusieurs monuments druidiques^
formés chacun d'une grosso pierre plate et informe , soutenue par trois ou quatre autres; et sur la route qui conduit aux ruines de la ville romaine, on aperçoit une pierre carrée sur laquelle est sculpté un pliallus en relief. Cet emblème se retrouve, m'a-t-on dit, à Guelma et en plusieurs autres endroits de la province de Constantine.
Je dois aussi signaler l'existence d'une grotte dont les parois offrent plus de quarante inscriptions latines , commémoratives de la mort d'autant de martyrs. Cette grotte est située sur le versant oriental d'une montagne qui s'élève dans la localité appelée Belèd-Ferliat Adjim, Au pied de cette montagne , on voit les restes d'une petite ville romaine » les fondations d'un temple et quelques inscriptions tumulaires. Belèd Ferhat Adjinc est situé à cinq lieues au sud-ouest de Constantine. Le capitaine Boissonct , chef du bureau arabe , qui m'accompagna dans mon voyage à cette grotte , et qui , le premier , avait été instruit de son existence , a relevé une partie de ces inscriptions curieuses et doit les envoyer à l'Académie des inscriptions et belles-lettres de Paris.
Malgré toutes mes investigations, je n'ai pu découvrir aucune inscription punique; la civilisation romaine qui a régné sur ce pays pendant plus de sept siècles, ayant fait disparaître presque tous les monumcus de la puissance carthaginoise.
BrBLIOGRAPniE. 241
(Bibli0j5rapl)te.
HISTOIRE DE L'ART PAR LES MONUMENS, depuis la décadence, au IV» siècle, jusqu'à son renouTellcmentj au XYI% par Seroux d'Agincourt. 6 volumes in-folio.
On est généralement d'accord que riiislolre de Tart comprend trois grandes périodes. Dans la première, l*art s'étend depuis son invention jusqu'à sa décadence { la 2% depuis sa décadence jusqu'à son renouvellement { la 3* prend depuis son renouvellement jusqu'à nos jours*
Sur la 1'* période t nous possédons les travaux des Winkelmann^ des Ileync, des Visconti et de quelques autres qui ont vaincu presque toutes les dlflicullés que présentaient Thistoire et la théorie de Tart antique.
La S« période^ celle qui comprend son renouvellement et tout ce que Tari a produit, soit en architecture» soit en peinture, soit en sculpture , est facile à étudier; de nombreuses collections en offrent ics spécimens, d'cxcellens ouvragées en renferment la description et Tbistoirep
Quant à la 2« période, celle qui comprend l'état de l'art depuis sa décadence, au h* siècle environ j usqu'à son renouvellement au 16" siècle, ce qu*on nomme communément le bas-empire ou la décadence ^ le moyen-âge^ la renaissance^ était restée sans historien, et les ténèbres les plus épaisses couvraient celte époque, soit que les écrivains eussent dédaigné de tirer de l'oubli les informes monuraens d^un art dégénéré, soit que les difficultés qui hérissaient ce travail eussent découragé ceux qui voulurent essayer d'en soulever le voile, soit enûn qu'il ne se trouvât pas d'écrivain qui se fût rendu compte de ce que les monumens nom^ breux dus aux artistes du 6'' siècle au 16®» olTrcnt de caractères remarquables et de combinaisons hardies et neuves.
C'est cette lacune immense dans les annales des arts» que SéroHx d*Agincourt s'est proposé de remplir. Fixé à Rome, il a employé les trente dernières années de sa vie à recueillir et coordonner les matériaux du grand ouvrage dont il avait conçu et nourri le plan depuis plusieurs années. L'entreprise était de longue haleine » et hérissée de difficultés de toute espèce; mais la persévérance de d'Agincourt parvint à les surmonter. Il se mit en relation avec une foule de savans et d'artistes. qui lui adressèrent de toutes parts le résultat de leurs recherches et des matériaux considérables pris à toutes les époques et dans les diverses branches des arts du dessin.
De cette longue succession de travaux constamment dirigés vers le même but, de cette lente accumulation de documens puisés aux meilleurs sources, du concours de tant de lumières de science , de talens, de tant d'efforts réunis» est résulté un des plus vastes, un des plus Importans ouvrages qui soit sorti de la tête et de la plume d'un savant , et qui restera comme un monument de la puissance des arts et du génie de l'homme. Nous ne pouvons mieux fairQ qu(î d« laisser l'auteur exposer le plan de son ouvrage.
242 bidlioghapiiir.
« Je l'ui commencé, dil-il, par un tubicnu liistoriqiic de l'état civil et politique •do la Grèce et de rilalic, depuis la première époque de la décadence de Tart» Bjusqu^à celle de son renouvellement complet Cette esquisse rapide des événe- •mens les plus importans, offrant les douze siècles qui séparent Constantin de •Léon X| a spécialement pour objet de faire ressortir Tinfluence des causes gé- BDérales qui, dans tous les tcms comme dans tous les lieux, doivent décider da BBort des beaux-arts qui les font tour à tour naître et fleurir , décroitre et dispatraltre, puis renaître et fleurir encore suivant le génie ou la faiblesse de ceux qui •sont appelés À les cultiver. •
Après ce tableau général et ce ooup-d'œil donné sur Tensemble, Tauteur entre en matière et offre suoeessirement Tbistoire de {^architecture , puis celle de la êculpiure et enfin celle de la peinture, Cliacune de ces grandes sections est précédée d'un discours d^introduclion généralement estimé et qui développe avec clarté la marche de diaque branche de Tart.
c Le titre même de mon ouvrage, dit encore Tautenr, indique assex clairement •le but que je me suis proposé. Ce que les historiens des beaux-arts se sont cou- •tentés de dire, j'ai essayé de le montrer et de le prouver par les monumens. •
Id donc ce sont les monumens qui s'expliquent par eux-mêmes. Trente années d'études assidues, de recherches les plus actives', mirent l'auteur ft môme de réunir celte grande quantité de matériaux qui forment le but des planches de son ouvrage. Ces planches sont au nombre de 825 dont 73 appartiennent à l'architecture, 48 & la sculpture et 204 à la peinture. Le nombre des monumens représentés s'élève à plus de 1,400 dont 700 environ sont complètement inédits, exécutés avec soin et le plus souvent avec une grande fidélité. Ces planches sont l'objet d'une tabla analytique qui renferme, outre Tindica- Uon prédse sur l'époque , l'auteur et la place du monument, sa destination actuelle, car plusieurs ont subi des transformations curieuses. L'auteur y donne ' une fouie de documens curieux sur des détails historiques du plus grand intérêt, qui n'ont pu entrer dans les discours d'introduction. Ces inyenlaires détaillés des plus intéressantes productions de l'art pendant douze siècles, formenC à eux seuls plus d'un tiers du texte de l'ouyrage , et présentent une collection de faits prédeux sur les ouvrages, la dvilbation, l'industrie, b science, les Inventions, les costumes, les usages, etc.
Quant à la pdxtie Esthétique de l'ouvrage, celle dans laquelle l'histoire des monumens doit , pour ainsi dire, se transformer en histoire de l'art. • • , d'Agincourt en dévdoppe la marche progressive dans trois discours embrassant chacun l'une des branches de l'art, ravoir : un pour Varchitecture et deux autres pour la $culpture et la peinture . L'auteur y prend l'art à sa naissance, en suit rapidement l'histoire chez les peuples anciens jusqu'à Tépoque de sa perfection. L'excès des richesses amène après lui la corruption dans les mœurs et bientôt dans la culture des arts. La décadence (ait de rapides progrès, et le monde civilisé se débat en vain pendant quelque tems contre la barliaric, qui finit par s'emparer des peuples et des villes. Les arts fiiicnt devant la destruction ... La barbarie règne presque partout ft la lueur des villes embrasées, des monumens des arts et des sciences réduits en cendre. . . . Apr^s de longues ténèbres , la lumière OQmmeoce enfin ft
lîiniJOGiiAPiïiE. ^ 243
luire au milieu de ce chaos; on e!(hnmc les monumcns du milieu de leurs décom* brcs, CD se prend à les (étudier et à les copier, l'unliqnitii grecque et romaine frappe surtout les regards. • . Le ICsiccle préparc ses chefs-d'œuvre. •• Apr&s de longs tatoanemens, la marche de Tart s'afTermit et nous avons enfin Tépoque de sa renaissance. En exposant Thistoire générale des beaux-arts pendant la longue période du moyen-âge, Tautenr a été conduit à traiter une foule de sujets particuliers qui tiennent soit aux matières et aux procédés employés par ces arts, soit aux divers usages auxquels ils ont été eux-mêm^ consacrés.
Parmi les parties accessoires de l'ouvrage, nous citerons, dans le discours sur rarchitectnre!, la description des catacombes païennes et chrétiennes les plus célèbres ; un tableau des principaux baptistaires élevés près les basiliques chrétiennes; des recherches sur l'origine et le caractère de l'architecture gothique, sur laquelle, malgré toutes les éludes faites depuis tant d*années, on est loin d*£tre d'accord.
Dans le discours sur la sculpture, on trouve des documcns asseï étendus sur les diptyques grecs et latins, sur la fonte eu bronze, la ciselure, la damasquineçie. Fart de graver le cristal, etc.
Dans celui sur la peinture, on trouve des recherches curieuses sur les mosaïques anciennes et modernes, sur la peinture en émail, sur Tinvention de la gravure et de rimprimerie, sur la peinture en miniature à laquelle d'Agincourt a consacré plus de 60 planches qui offrent les spécimens les pins remarquables de ce genre de peinture, depuis le 4* siècle environ, jusqu'au 16* siècle. Ces spécimens sont la reproduction de 80 manuscrits de la bibliothèque du Vatican.
Nous avons essayé de faire connaître quel a été le but que d'Agincourt s'est proposé d'atteindre dans sa vaste entreprise ; nous avons tâché d'exposer le plan qu'il a suivi dans l'exécution de son beau travail } arrêtons-nous pour laisser parler une plume plus exercée que la nôtre.
c D'Agincourt, dit M. Quatrcmère de Quincy, a d'autant plus de droit à la •reconnaissance publique, malgré les défauts inséparables d'un si grand labeur, » qu'il est du nombre de ceux qu'on ne devait guère espérer de voir entreprendre ■et que très-probablement on ne refera jamais. Il est de la nature d'un aussi vaste •ensemble^ d'excéder en tout genre les forces ordinaires d'un seul homme, et de •ne pouvoir être exécuté par plusieurs. L'unité de plan, de conduite et de vue no •saurait résulter d'aucune association pour de pareils travaux ; il faut donc unité • d'exécution. On est étonné quand on pense aux soins, aux dépenses, aux recher- •ches qu'il a fallu pour réunir les matériaux du texte et des planches qui montent, •comme on l'a dit plus haut , à plus de 800, généralement assez bien exécutées» » quoique souvent un peu trop réduites, t
L'ouvrage de d'Agincourt sert à combler une immense lacune dans l'histoire de l'art et de l'esprit humain, un espace de douze siècles. Son utilité « comme 0on intérêt, sont incontestables, et malgré toutes les investigations modernes, on ne pourra jamais se passer de le consulter. Il n'est pas une bibliothèque qui ne doive le posséder. Nous ajouterons qu'un pareil ouvrngo'a encore cela de particulier, qu'Intéressant tous les savans de rKuropc, H a l'avantage d'être écrit
24i BIBLIOCRAFniE.
dans nne langue dercnne prvsqn^oiiiTcrsdle et d^ane grande précision dans
Ions les genres.
Cet ouTragc^ qui oofitait 720 fr. sor papier fin jésos, a été réduit, par le noavel éditeur, à la somme de 300 fr.; il forme trois magnifiques Tolumes grands in-f*, dont le texte est imprimé avec soin. Il se trouTe, à Paris, chei Lenoîr^ édi' teur, quai Malaquais, n» 5, & qui Ton doit d^aToir mis enfin TouTragede d'Agiocourt plus h la portée des boorses ordinaires.
ANNALES
numéro 76. — 2l»ril 1846.
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polémique €att)olii)iu«
ijmtumr 2lrticU '.
Importance de la question de la} révélation , primitive, mosaïque et évangc- , lique. — Pour prouver que le Christ n'a pas existé, il faut nier l'histoire entière de T Ancien Testament et du monde ancien. — M. Quinet et les ra* tionalistes allemands. — Ont- ils découvert quelque [objection nouvelle? — La Bible a été défendue par des auteurs allemands aussi célèbres que ceux qui Tout attaquée.
L*ouYrage du docteur Sack va noas forcer nécessairement d'aborder une des questions les plus considérables de la controverse moderne : je veux parler des rapports qui lient entre elles la révélation primitive, la révélation mosaïque et la révélation chrétienne.
Dès 1829 le savaut écrivain dont il s'agit publia une apologétique chrétienne. Dans ce livre remarquable à plus d'un titre, il s'attachait avec ardeur à défendre l'Ancien Testament contre les dédains affectés de l'exégèse rationaliste. Il faisait sentir encore combien il était important de défendre des livres qui renfermaient toutes les promesses et toutes les prophéties du Christ futur. Cette manière d'envisager les choses, si profonde et si vraie, reparaît encore dans l'ouvrage qui a pour titre : La vie de Jésus traitée au point de vue de la critique du docteur Strauss ^ par le docteur Sack, professeur de théologie à Bonn (1836).
* Voir le 7« art. aun» 74, ci-desiuà p. 111.