CRITIQUE DE QUELQUES EXPRESSIONS ^E M. MÂRET
Dans on antre endroit de ses ouvrages, Gerson revient encore sur le même sujet.
« Ponrqnoi, dit-il» les théologiens de notre tems sont-ils appelés » sophistes, babillards et visionnairest si ce n'est parce que, ayant » laissé les doctrines utiles et à la portée de tous les auditeurs, ils se » sont attachés seulement à lalfOgique, oui la Métaphysique, ou » même aux Mathématiques, jetant à tort et à travers dansladis- B cussion, tantôt /^'n^en^îon des formes, la division du continu.*.; » tantôt certaines priorités dttns les choses divines, des mesures^ » des durationSi des instances^ des signes de nature et antres w choses semblables, qni, fussent-elles vraies et certaines autant » qu'elles ne le sont pas, serviraient encore bien plus souvent au » scandale ou à la risée des auditeurs qu*à la défense de la foi '. >»
L'ange de l'école, saint Thomas, tient absolument le même langage :
» Avant d'entrer en matière, remarquons que, dans les questions » délicates, les termes inconsidérés sont sources d'hérésie, comme M dit saint Jérôme. Il faut donc, pour parlelr de la Sainte Trinité, » procéder avec prudence et modestie; car, comme nous en prévient » saint Augustin, nulle part l'erreur n'est plus funeste, la recherche # {dus difficile et la vérité plus féconde *. »
* Deindè, cur ab aliis appellantur theologi nostri temporis sophisUt ver^ bosi et phantaslici^ nisi quia, relictis utilibus et intelligibilibus pro auditoram quaHtate, transférant se ad nudam logicam Yelmetapb;sicani,aut etiam mathematicam ubi et quando non oportet, nonc de intentione formarum, nunc de divisione continu!..., nunc priorilaUs qaasdam in divinisy mensaras, durationes, instantia, signa naturae, et similia in médium adducentea qu», etsi rera essent et solida, sicut non sunt , ad subversionem tamen magis audientium vel irrisionem, quàm ad rectam fidei «diflcationem sspè proficiunt {Histoire de C Université, ibid,).
• Exverlis inordinalè prolalis incurrilur hœresis,\ki Hîeronymus dicit; ideô cùm de Trinitate loquimur, cum cautelà et modestî est agendum, quia ut Auguslinus dicit (i De Trin. c. 3) nec pericuiosiùs alicubi etratur, née laboriosiiis aliquid quœritur, necfructuosiàs aliqmd invetutur, Stimma, 1*, qu. XXXI, art. 2, dans Tédition de Migne, tome i, p. 733.
Nous prévenons que nous nous servons de la traduction de la Somnic faite