CONFÉRENCES DE NOTRE-DÂUE DE PARIS
ri^omme «Ion ptrticipe à la puissance^ à la bonté, à k science de Diea dans eel ordre Mpériear et dans ces proportions magnifiques qui Talent mieux que les éclairs brûlant de la pensée bomaine^ mieux que Forgaeil dévastateur dn génie.
Aossi le sourerain réparateur d'ordre et de justice sait dn haut du ciel, et quand il le veut, retrourer Tbommage de la terre et reconquérir les té- ■Mîns qoî publiait sa grandeur, sa puissance et sa gloire dans fallititde et la langue de la prière. O Dieu que j adore et que Je prie, montrez à mes regards, donnez à mon ame le plus consolant des spectacles : un peuple prosterné dans la prière, conjurant Totre justice, sollicitant votre miféricorde et votre amour. Ce spectacle qui réjouit le cœur de Dieu et Foeil de Tange , vous l'avez donné plus d'une fois, messieurs ; vous le donnerez encore à la. lin de là grande semaine dans laquelle nous entrerons bientôt , et lorsque se sera accompli dans vos âmes le mystère de la résurrection de l'Homme-Dieu.
Dans la 2* partie Torateur prouve qu'il existe eu rhomme une dignité qui se transforme en devoir, la dignité de substance active, laquelle nécessite en lui la coopération à Faction de Dieu :
Admirable et louchante disposition delà Providence! Dieu créa l'homme inteltigent et libre; il veut sa coopération et sa prière: sa coopération, comme l'hommage et l'emploi légitime de ses forces , comme la consécration même et le mérite de sa liberté; sa demande et sa prière, comme une condition justement imposée aux faveurs divines. Dieu seul fait croître et mûrir les moissons : le travail du laboureur est cependant exigé et nécessaire. Il en est de même pour féconder le champ de nos âmes.
Agir et prier, prier et agir. Attendre tout de Dieu , ne négliger ni soins , ni désirs, ni efforts; cet ordre est sage, il est grand et beau, il renferme l'économie de la Providence > la condition même de son gouvernement , le pacte de Dieu avec Thomme.
Loin de nous surtout la pensée d'un désespérant fatalisme I II est écrit dans nos livres saints que Dieu obéit à la voix de l'homme^ Le paganisme lui-même ne nonmiait-il pas la prière une clef d'or ouvrant les cieux? Non; Dieu ne nous accable pas sous un joug inflexible, il n'a pas tracé la ligne de fer que suivraient inévitablement nos actes et ses décrets. Prévoyant tout, U a prévu les vœux , les désirs du cœur de l'homme et ses efforts ; et il arrêta dans sa bonté d'accorder librement aux libres prières de l'homme et à sa libre coopération le succès, la récompense.
Puis il développe l'admirable sagesse de Dieu dans cet arrangement pris , pour ainsi dire, avec sa créature. Cette magnifique exposition a produit sur sou immense auditoire une sensation difficile à décrire :
DU B. P. DE RAVIGNÂN. 293
U lUltit qoe Diea agit ainsi pour arracher l'homme k la torpeur» à sa dédaigneuse indolence. Aussi, qnand le Sauveur a dit dans sa divine concision: Demandez el voas recevrez ; il a fondé par ces simples paroles un ordre moral et spirituel , et de grands biens ou de grands maux s y rattachent suivant que Ton observe ou que Ton néglige la leçon divine à cet égard. Nous ne le savons que trop; Faction de rhomme ici-bas est une lutte continuelle au milieu des périls. Pauvre rameur courbé avec effort dans sa nacelle, il doit résister au torrent qui rentvalne; car la vertu n'est pas un courant* faeie, tant s*en faut ; elle est au contraire, le flat à remonter et à combattre.
Et c'est bien aussi pour, satisfaire à cette loi inévitable du combat que la prière est donnée à Thomme: elle est son arme toute puissaote et invincible.
La faiblesse est en nous; la force en Dieu. Vaincus trop souvent sans combattre , complices intéressés de nos penchans mauvais , nous répondons volontiers à la conscience comme à Tamitié qui nous presse : Je ne puis.
Et cela est vrai, trop vrai sans la prière. On se décerne alors un brevet d'incapacité et d'impuissance sans rougir. Mais ici le malheur et la honte de la défaite ne sont pas précisément dans les fautes commises , dans la dégradation subie, dans les peines encourues. La honte, le malheur, la lâcheté de la désertion se trouvent dans l'abandon de la prière.
Enfin Torateur a terminé par ces belles et consolantes paroles :
Eh bien! oui> dans les desseins de Dieu, que nos Ecritures ont si bien nommé le Dieu fort, il a fallu comme condition d'héroïsme et de triomphe, comme condition et principe de vertu, il a fallu le cri du faible qui implore> l'humble supplication du combattant qui, pour résister, s'abaisse devant Dieu seul, et s'armant parla prière, y trouve l'indomptable énergie dei^ confiance et du secours divin. Car enfin, messieurs, l'homme doit avouer qu'il n'est pas Dieu, qu'il n'est pas puissant et fort; il doit néanmoins vouloir et obtenir la puissance et la force; il ne fait tout cela qu'en priant. Dans la prière seule il est> faible et puissant tout ensemble, vaincu et vainqueur , fidèle conquérant et soumis aux lois du roi immorteldes siècles.
Et quand on ne comprend pas ces choses, on ne comprend rien à Thumanité, à sts luttes morales ; on ne connaît pas l'homme, sa force, sa grandeur, sa misère, ni les armes du combat , ni hi palme décernée au courage. On ne sait rien.
On n'entend rien à l'ordre du tems et de réteroité, aux perpétuelles alternatives de la terre , aux infaillibles promesses du ciel, quand on n'entend pas la prière.
{La suite au prochain cahier»)
III» SERIE. TOME XlII. — W 76; 1846. 49
29/i CRITIQUE DE QUELQUES feXl^RESSlONS DE M. MARET,
DE OtîïlQUES EXPRESSIONS iroACîES
SMPLOinÊBA PAR MU Mm' ABBÉ MARBT^
bANÔ SA THÉÔDICÉE CHRÉTIENNE.
1. Importance des termes que Ton emploie en parlant de Dlea.^ïémbignage
de Gerson et de saint Thomas.
ÀVâDt de cotnmencer l*etâmeti de t*otïvrâge de M. l^abbê Maret et des tonséquences qu*on peut tirer de quelques-unes de ses as* sertioDs, qu'il me soit permis, à moi théologien de la vieilie école, de citer un passage du célébré Geirsôn, qu*il Xûé senible d'autant pins utile en ce moment d'inscrire dans les j^nnahê^ que > eomtn^ dl(es et comme moi, il s- élève contre des expressions toutes {^ilosophiques^ anciennes ou non?elles, qui se sontglisséësetse glissent eâcore souvient dans un grand nombre de livres. I^oîci donc comment s'exprimait le docte chancelier, en s'adressant îi un évêque qui n'est pas nommé :
« Mon réy^eno pèbê ,
j» tl me paraît qu'une réforme faite sous votre direction et celle » de nos maîtres est nécessaire dans la Facidté de théologie ^ eUe doit » porter entre autres articles sur ceux qui suivent î
• 1* Il fondrait qu'on ne s't^ceupât jplus, comine cela se fait com- » munément, de tant de questions inutiles, sans fruit et sans Solidité, » et qui font abandonner lès doctrines utiles et nécessaires au salut.
» î<^ Ûts doctrines scandalisent ceux qui ne sont pas initiés à ces » études, en leur faisant croire qu'il n'y a de théologiens véritables » que tetkx qui s'occupent de ces études, au mépris de la Bible et des autres docteurs.
» 3*" Ce sont ce^ doctrines qui font changer peu à peu leBier- » mes consacrés par les SS. Pères... Or, il n'est pas un mo^en » plus sûr de corrompre une science que d'en changer tes fermes,
» 4^ Ce sont ces doctrines qui rendent les thé^^^îeos la risée des )» autres acuités : c'est te qui leur a fsilf donner le' liom de vision^ n nairesf c'est ce qui tait dire Sfissi qu'ils ne savent rien de solide » -MTJa ¥érité« sur la Morale ou siiH' là 'BlMè.
» 5^^ Ce sont ces doctrines qui ouvrent la Toie à toutes sortes d'^ér-' » reors. Car ceux qui lés inventent à leur usage, emploient^ self>n » leur bon plaisir, ieè termes ^ les autres docteurs et maîtres » ne eomprmnent pas et ne se mettent pas en peine de contpren- » dr€. De là vient que les norateurs disent une infinité de choses » incroyoMes et absurdes y qu'ils aissureht être la conséquence de » leurs Mes fictions.
» 6" Ces doctrines n'édifient rÉgiise et la Foi, ni parmi les fidèles, f uiparsEii fes étrangers; elles scandalisent un grdfnd nombre de » théologiens, soit par ce qu'ite disent ou par ce qu'ils entendent dire ; » car elles font qu'ils s'appellent les tins les autres ignares/ curieux, » fjâonnaire» '• » . •
■ RevereDde pater» sub vesirâ et «Mgi^ninvn Hofitr^nim corfedione in
facultate Theologi» videtur esse necessaria reformatio super sequentibus inter
estera : 1* Ne tractentur ità communiter doctrine inutiles sipe friictu et sp«
lîditate, quoniam per eas doctrins ad salatem necessaris et utilçs deserun-
tnr : 3* per eas nou studentes seducuntur, quia scilicet putaot illos priocipa'-
fiter esse theologos , qui talibus se dant , spretâ Bibliâ et aliis doctoribas ;
a* per eas terminl à SS. Patribus usitati traosmutantur... et non se^uitur
telodor scientilD alicujus corraptio quam per bsc ; A"* per eas tbeologi ab aliis
ftttultatibus irridenttir : nam ideô appellantur Phanlastiei, et dicuptur nihil
scire de solidà veritate, et moratibus, et fiibliâ; 5** per eas viœ errorum multi^
pGces apetiuntur ; quia eaim loquuntur et fingunt sibi ad placiluin terminos,
quos alii doctores et magistri non inteUigunt, nec inteUigere curant; dicunt
Hieredibilia et absurdissima, qu® ex bis absurdis fictionibus dicunt sequi;
($« per eàï Ëcciesia et fldes, neque inlùs^ neque foris sedifîcantur.... Per eas
multi ei tbeologis tam activé quàm passive scandalizantur ; nam alii rodas
vocantur ab aliis et alii è contra curiosi et pkantastici. Voir V Histoire de
r Université de Dubôulay, tom.' iv, p. 888. — Cette lettre avait él^^à in|é*
rétilans \es Annales, i, vi,p. 145(1'* série).