S98 CRITIQUE DE QUELQUES EXPRESSIONS DE M. MÂRET
losophes, et en particulier à celles de M. Tabbé de La Meacaîs; mais nous déclarons en outre que loin de nous la pensée de comparer b foi ou le but de M. Maret à ceux de ces philosophes. Nous youIoqs seulement montrer à M. l'abbé Maret, et aussi à nos leaeurs^ combien il faut être circonspect sur les ex;pressions que Ton emploie, en piurlant de Dieu, puisqu'il y a des esprits qui abusent si tristao&ent de nos paroles. La quenioUa comme le dit M, l'abbé Maret, est éMieate et difficile; d*autre part, il n'en existe pas d'une importance plus actuelle et plus réelle; que nos lecteurs veuillent bien nous suivre avec indulgence et impartialité.
M. L*ABBÂ DE La Mennais. m. l*abbé Maret.
Toute idée, quelle qa*elle loU, ren- Lonque, dans le silence de la médifermant celle de XEtre^ ou plutôt n'en talion, nous nous élevons à la concept étant qu*une modification^ il s'ensuit tion de Tunité, de la MB4)licité, de que Vidée de CE Ire, antérieure à rinfinité divines, nous nous trouvons toutes les autres, est aussi la plus gé- «» présence d*une existence indéternéraîe à laquelle il soit possible à Tes- ntinée, où nous voyons que toute pcrprit de %' élever. Indépendante du tcnw fecUon est comprise, et où, cependant^ et de l'espace, immuable, infinie, elle no»» »« pouvons en discerner aaeme; n'a de rapport nécessaire qu'à soi, et car toute manière d' être parlieuliêrf, se résout dans la notion primitive et impliquant une borne, est relative à simple de Vanité conçue en elle-même, notre mode de concevoir, et ne pent Au-delà, ir n'est rien. Parvenu à ce se retrouver en Dieu telle que nous la terme , l'entendement t'arrête : il a saisissons.
trouvé ion propre principe, et le prin- Toutefois, l'infini n'étant pas un être cipe de tout ce qui est. U ne se connaît, abstrait, mais vivant et réel , possède, ilnese conçoit, que par cette unité pre- au degré qui convient à sa nature,dcs mière.sourceinépuisabledes réalités'... propriétés qui le déterminent et le
L'idée de Vétre, quoique d'une sim- distinguent. Tant que nous n'avons piloité absolue, ne donne par elle- pu conçu ces propriétés divines. Vinmême la notion d'aucun étr« parti* fini est p^ar nous une abstraction, w r«//^r, bien qu'elle les ret/ermc tous^ nooH unç lettre m9rt4^. non-seulement en puissance^ mais en réalité\ car tout être particulier ^orw/e primitivement^ suivant un mode d'existence au-dessus de notre compréfaen-
< Esquisse d^wu philosophie^ tome i, p. 4t et 42.
» Tàéodieée chrétienne, on Comparaison de la notion ehrétiénne avec la
notion rationaliste de Dieu, p. 289 et 29p
SDB DIEU ET SA TKINIT£. 399
fiîoQj dansTmiié d^ CÊtra wUveneL Loi-même, cpioique essentiellement tntell^îble en soi, ne saurait être €onfu fMur ime raison bornée) car, à cauM de son mité» il firaéf ait»;Huir ie camevmr^ Tembrasser loat ent^r ; il faudrait une intelligence infinie comme lui (page 42}.,..
Cei Etre est indiscernable, incompréhensible : et c>st le caractère pro* pre de la snèstttnee. Une, de Tunlté la plus absolu^ elle n^offre, en tant qun pure substance «. rien de d^t^rmine\ rien de distinct...; telle est la notion derÈtre infini... ; rien ne peut être qui ne soit renfermé dans son idée, qui ne soit lui en quelque manière^ et d qàeU^ degré, {Ibid., p.' 43). Notre esprit nepeutecfiuevoirVtéUtVL^^ absolu, infini, etc. {iiid»y Pt 44).
FesoDS d*abord ressortir les p^ralogismçs et les contradictions dpnjt abonde la doctrine de r^uteqr de VEsq\ii$$e^ qui, comme le dit l*£critiire, $*e$t évanoui^ s'e^t perdu dans ses pensées K II pose d*abord, en principe, que Xidé^ df i*Etre §e résout dans la notion primitive et simple de Y unité conçue pn ^Ue mén^q^ Ce n'e^t même que par cette conception que Tent^Ddcoent ^ conçoit lui-même. Or Toilà que quelques lignes après il assure que cet Etre infini ne saurait être conçu par une raison bornée; que notre esprit ne peut concevoir l'être un, etc. A^t-on jamais vu contradiction pluspalpablci plus flagrante 7 Disons en quelques motsque ^es contradiction néces* saires dans son système proviennent de la fausse idée qu*il s*e$t faite du rapport de Pieu et des honunes. NoU; Tesprit humain ne conçoit pas Dieu, ne V^ pas conçu, ne saurait le concevoir. (Iç sont là des termes philosophiques, causes des erreurs de toute la philosophie allemande. Mais si nous ne pouvons pas concevoir Dieu# nous pouvons le connaître^ ce qui est bien différent. Nous ne connaissons
* EvanueranttQtogftationibussuis. /?om. I, 91.