‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 5 sur 108 · A SON ARTICLE CONTRE LA PHILOSOPHIE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

A SON ARTICLE CONTRE LA PHILOSOPHIE CATHOLIQUE

En commençant cet examen , nous voudrions pouvoir citer la lettre polie dans laquelle M. Saisset^ en nous envoyant la nouvelle édition de son travail , voulait bien reconnaître la dignité et Vimpartialité de notre polémique y et formait des vœux pour que tous ceux qui ont à soutenir des discussions philosophiques le fissent avec la même loyauté et les mêmes égards réctjyroques. Malheureusement cette lettre a été égarée dans notre bureau ; et il nous a été impossible de la retrouver. Nous en remercions pourtant M. Saisset^ et formons les mêmes vœux que lui. Pour ùotre part^ nous nous efforcerons de nous tenir toujours dans la même vole.

Aussi ferons-nous, dès l'abord ^ observer la pensée qui guide M. Saisset ; il nous le dit lui-même^ dans la préface de son livre, cette pensée est une pensée de conciliation et de paix. C'est aussi dans ces sentimens que nous allons examiner cette nouvelle exposition de la philosophie éclectique.

Le livre de M. Saisset. renferme deux parties. La première contient une préface de hO pages , où M. Saisseft expose ses paroles de conciliation aux catholiques et aux voltairiens; la deuxième, contient la reproduction de U articles déjà insérés dans la Re^ vue des Deux-Mondes. V\ Philosophie du clergé^ que nous avons examinée dans notre cahier de juin dernier; examen qui n'a paru qu'après le livre; 2"*. "ùqV École d'Alexandrie, dont nous

donnons quelques aperçus et quelques extraits dans le cahier de décembre dernier. 3*"*. Renaissance du voUairianisme, dont nous avons donné des extraits dans notre cahier de février; et enfin , ' le Christianisme et la philosophie que nous avons examiné et discuté d'une manière spéciale dans notre cahier de mars. C'est à ce dernier travail que M. Saisset a fait , sans cependant parler de notre article, des changemens que nous devons regarder comme sa réponse à nos observations ; il nous convient donc de la faire connaître à nos lecteurs^ et de voir jusqu'à quel point nous pouvons l'admettre.

Notre travail actuel aura donc deux parties ; dans la première , nous examinerons la réponse de M. Saisset à nos observations; dans la deuxième, nous verrons comment nous pouvons répondre à ses paroles de conciliation et de paix.

4. La raison humaine peut-elle découvrir seule, et de sa seule force native, les

vérités qui consliiuent le dogme et la morale?

Cette question est la vraie question importante entre le chris-; tianisme et la philosophie. Aussi, avions- nous dit à M. Saisset (p. 209 *), que Mgr l'archevêque de Paris refusait seulement à laraison humaine le pouvoir de découvrir les vérités essentielles à. l'homme. M. Saisset convient ici, dans une note , qu'en quelques endroits, Mgr ne semble accorder à la raison que la puissance de démontrer et non celle de découvrir ces vérités (p. 273 ^) ; mais il prétend lui opposer un autre passage d'après lequel il aurait soutenu le contraire; et pour cela, il ne faitpas attention àce que nous avions dit, que Mgr, comme Platon que nous cillons, n'avait admis que par supposition les idées des Rationalistes; nous avions cité le passage oîi il avertissait de cette supposition. M. Saisset cite ce passage (p. 279) ; maié il laisse la dernière phrase que voici : c Quoi qu'il en soit, nos arguraens sur l'union indissoluble des » dogmes et de la morale, ne perdent rien de leur force, en sup- » posant même qu'aucune révélation n'a été faite au premier hom- » me» (p. 338'). Il semble qu'il fallait tenir compte de cette dé- • claration , placée dans une note du commencement du livre.

M. Saisset cite en outre, à l'appui de son système, un autre^

i Cahier de mars dernier, tome xii, p. 309.

2 Essais sur la philosophie et la religion au 19* siècle , p, 273.

^ IntrodMetion philosophique d Cétudedu Christianisme^ p. 338; l'^édît. îii-8?.

Page 1