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passage où Mgr cUe le texte de saint Paul, qui dit : « Les Gentils »qai n'ont pas la loi, font natureflement les choses qui sont de la «loi; ceux qui n'ont point la loi, sont à eux-mêmes leur loi ^i Mais c'est qu'il donne une acception fausse aux mots loi et naturellement: par loi, il est évident que saint Paul entend la loiinosaSque; et par faire naturellement une chose 5 il entend la révélation naturelle que nous admettons bien aussi; mais en notant qu'il n'y a pas d'autre révélation naturelle que celle de la parole de la mère à l'enfant ^ de la société à Tindividu. Une révélation directe de Dieu 9 peut avoir lieu; elle a lieu même souvent; mais alors c'est ane voie surnaturelle , extraordinaire, insolite ayant dans l'Église catholique des règles extérieures et positives pour la connaître et la discerner, sans lesquelles règles on tombe, sans pouvoir s'en tirer logiquement, dans toutes les foliss du Mysticûfne et lesextravagancesde l'Extase. Répétons-le, l'Église catholique seule a des règlespour discerner cette révélation intérieure, règles très-sévères qu'elle applique avec une grande sévérité ; et la première de ces règles^ c'est que la révélation surnaturelle, solitaire, individuelle, ne contredise pasla révélation extérieure, positive, traditionnelle. Sanscela, quand même ce serait un ange qui lui viendrait apporter cette révélation, elle lui jette anathême au visage. Car, on lui a dit : « Et si c'était un ange du ciel qui vint vous an- «noncer un évangile différent de celui que je vous annonce, qu'il «soit anathême '». Telle est la pensée et la conduite de l'Église; que les philosophes veuillent donc l'examiner et la discuter avant d'accuser les catholiques.
s. Modification de roplDioo de If. Saisset sur Torigine des connaissances hu-
maîDcs.
M* Saisset avait dit : c La nature et la raison, ces nobles ins- » tincts , resteraient étouffés en notis sans une culture assidue et ré* » gulière. Cette culture, 'c'est la civilisation qui la donne. Les » deux forces que la civilisation emploie à ce grand ouvrage, ce » sont la religion et la philosophie. — Otez la religion et la pfUlO' » Sophie^ vous ôtez les arts et la poésie^ vous ôtez même les instUu^
1 Gum enia génies» quae legem non faabent» natoraliter ea qo» legis sont cJont; ejosmodi Ug^m non halientes, ipsi sibi sunt iex» Ad Rom, u, 14.
' Saint Paul, aux GaL i, 8.
» tioris civiles et politiques; en un mot, vous ôtîez la cmlisatiùn. Il » reste, sans doute, les germes de tout cela, mais ces germes pe- » rissent avant d'éclore * (p. 1 Oî2). » Nous avions pris acte de ces paroles, et nous avions prouvé qu'elles renfermaient celte théorie de Torigine divine du langage (p. 215) que M. Saisset veut attribuer exclusivement à M. de Bonàld, et à M. l'abbé de Lamennais, et qui n'est que la simple reconnaissance du fait naturel, que la connaissauce se transmet à l'enfance par la parole. On dirait que M. Saisset a été effrayé de la concession qu'il avait faite et de la légitimité des conséquences que nous en tirions. Car ira purement et simplement supprimé la moitié de la phrase, celle que nous avons transcrite en italique (p. 29U), Â quoi bon? car il laisse subsister en tête cette phrase : ces nobles instincts resteraient étouffés en nous sans une culture assidue et régulière. Gela vaut bien autant que la phrase qu'il a supprimée : ces germes périraient avant d'éclore. Mais nous en convenons, il touchait ici à l'origine de nos connaissances, à cette question de la parole qu'aucun philosophe éclectique que nous sachions n'a jamais osé aborder de front, ni traiter à fond. 11 a donc passé le plus vite possible ; sachons lui gré de n'avoir pas supprimé complètement la concession qu'il a faite. Nous pouvons encore dire que sur l'origine première, sur la force et la nécessité de la civilisation, c'est-à-dire, de l'état social et par conséquent de la parole, pour former l'homme, il est d'accord avec l'école catholique, avec cette terrible école de M. de Maistre, de M. de Bonald et de M. de Lamennais, contre laquelle il a lancé tant d'anathèmes. Nous citerons encore son opinion, quoiqu'il l'ait mutilée, et nous espérons que s'il la supprime un jour complètement, il ^n donnera les raisons.
3. Modification de l'opinion de M. Saisset, qui supposait que les doctrines chrétiennes dataient seulement de la naissance du Christ .
M. Saisset avait dit d'une manière absolue : «< Nous ne trou- » vous partout que des dieux nationaux et limités. Le Jebovah du » mosalsme lui-même, est un Dieu local (p. 1031). » Id, il modifie cette dernière phrase : « Le Jehovah du mosalsme lui- » même est à beaucoup d'égards un Dieu national et local. » Et à l'appui il cite cette phrase : «il n'y a point d'autre nation si » puissante qu'elle soit qui ait des Dieux aussi proches d'elle,
' Revue des Veut-Mondes, 45 mars 1845.