‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 62 sur 108 · DE LA PROPAGATION DE LA FOI. 3S · texte numérisé non relu

DE LA PROPAGATION DE LA FOI. 3S

» Tels sont donc les motifs pour lesquels la sacrée Congrégation a jugé très-opportun d^exhorter par les plus vives Instances chacun des chefs des missions è réunir tous leurs efforts et leurs travaux pour l'accomplissement d*une œuvre d'un si grand prix. C'est pourquoi , dans la séance générale qui s'est tenue le 19 du mois de mai de celte année, l'assemblée, qui avait à traiter dans ses délibérations des missions de Pondichéry, afin de confirmer de plus en plus dans cette sainte résolution l'excellent évêque de Drusipare', ainsi que les autres vénérables chefs de missions, afin aussi de faire revivre, selon qu'elle en est chargée, partout où besoin serait, tous les décrets qui ont si souvent été portés sur le même sujet, la sacrée Congrégation, disonsnous, a résolu , pi^r la présente Instruction , qu'elle adresse à tous les archevêques , évêqoes et vicaires apostoliques, et autres préfets des missions, d'ordonner dans le Seigneur, et de décréter d'une manière expresse et absolue les points suivans :

» I. £t d'abord, tous et chacun des préfets des missions, à quelque titre qu'ils en aient reçu le gouvernement, doivent^ pour l'établissement et pour la consolidation de la Foi Catholique, faire tous leurs efforts pour que des évéques soient mis à la tête des nouvelles Eglises qui en sont encore privées ; et là où le nombre des évêques, à raison de l'étendue du pays, devra être augmenté, le territoire soumis à leur juridiction devra être divisé, et il sera formé de nouvelles Eglises qui seront constituées selon la forme parfaite de la hiérarchie.

» II. Par-dessus tout , que chacun de ces préfets apostoliques regarde même comme le devoir le plus impérieux de sa charge de former parmi les Chrétiens indigènes ou les habitans de ces contrées, des clercs bien éprouvés, et de les élever au sacerdoce, afin qu'à mesure que la Foi s'étendra, et que le nombre des fidèles s'augmentera, l'usage de la discipline ecclésiastique s'établisse peu à peu, et la religion Catholique s'affermisse de plus en plus. Pour cela, il sera trèsutile, il sera même nécessaire de fonder des séminaires, dans lesquels les Jeunes aspii^ans au sacerdoce, seront longuement et soigneusement formés et initiés aux sciences sacrées.

» IIL Les lévites indigènes doivent être formés à la science, à la

. < Mgr Bonnand des Missions étrangères de Pari.«.

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pifté, et etereés dvee soin dàii9 les saintes fonctions in ministère ; de tellesortet|ne, sdonletœn depnis iongtems exprimé parle Si^e apostolique, ils deviennent par la snite propres k être chargés etrt-mêmes dé tontes les fonctions, gonrerner les missions, et enfin être revêtos da caractère épiscopaL Pour qa*nne chose d'une importance aussi grave puisse arrirer h un résultat parfait et assuré (dans le tems touIu, et sans aucun dommage pour ta religion, il faut que ceux qui seront appelés à cette charge éminente s'accoutument à en connaître le poids par leur propre expérience. C'est pourquoi, lorsque les préfets des missions auront distingué et choisi, parmi les clercs indigènes, ceux qui leur auront paru les plus capables et les plus dignes, qu'ils les fassent passer graduellement par l'exercice des fonctions saintes, et selon l'opportunité, qu'ils ne craignent pas de les déléguer en qualité de leurs propres vicaires.

» IV. Il faut donc rejeter et abroger entièrement l'usage de n'employer, dans les missions, les prêtres indigènes qu'en qualité de simpleê atmliaires , condition qui ne les humilie que trop justement. 11 vaut bien mieux, lorsque la prudence le permettra, introduire peu à peu cette règle , que parmi les ouvriers évangélîqucs sdt indigènes, soit européens, à mérite égal, le premier rang soit tonjours conservé au plus ancien dans le ministère de la mission i de telle sorte que les honneurs, les charges et les dignités soient conférés à celui qui sera resté depuis le plus grand nombre d^années dans l'exercice des saintes fonctions.

a V. Il est arrivé en plusieurs missions qu'en négligeant et qu'en traitant avec indifférence l'instiiution d'un èlergé indigène , les missionnaires ont introduit l'usage d'associer à l'œuvre évangélique, & titre de coadjutcurs, des catéchistes simplement laïques ; peut-être même qu'ils ont trouvé une utile coopération pour la propagation de la Foi en de tels auxiliaires. Mais, comme cette manière d'agir ne s'accorde ni avec les intentions du Siège apostolique, ni avec la fin du ministère ecclésiastique, et qu'il est manifeste qu'une foule de graves abus a été occasionnée soit par l'incapacité, soit par Tinconduite des susdits catéchistes , notre sacrée Congrégation ne peut omettre de prescrire à tous les préfets des missions, que, tant qu'il sera nécessaire, a raison du défaut ou de la rareté des prêtres indigènes; d'avoir

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