‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 79 sur 108 · RETROUVÉES EN ASSYRIE ; PAR H. BOTTA · texte numérisé non relu

RETROUVÉES EN ASSYRIE ; PAR H. BOTTA

JNouvelIes notei sur les ruines de Babylone.— iSur le Mudjelibé.— Sur les iles blanches de TQuest de M. Wilford.— RecUGcation d'un ancien caractère.— Les dii tribus retrouyées dans les livres chinois. — Défaut des traductions chinoises des missionnaires. — Quelques remarques sur les idées de M. Botta. — Sur la couleur rouge et les bois de cerf que Ton trouve dans les monumens de Ninive.

Dans le n"" de septembre 1845 , nous avons donné quelques notes, que M. deParavey, alors loin de ses livres^ nous avait communiquées sur la belle découverte de M. Botta <. Revenu à St-Germain , et n*ayant pas encore vu les précieux dessins rapportés par M. Flandin^ et pour l'impression desquels M. le ministre de l'instruction publique demande un crédit aux Chambres , M. de Paravey nous adresse ces nouvelles réflexions^ qui confirment ce qu*ii avait dit, dans le premier article publié par les Annales^ et qui le rectiiie en quelques points.

II observe d'abord (p. 189), que c'était le résident Rich , qui , dans son savant ouvrage sur la Babylonie , pays où il est mort , étant alors consul d'Angleterre à Bagdad et à Mossoul, plaçait une tpip^e royale, telle que celle de Bélus au Mudjelihé^ ou tour renversée sens dessus dessous; il y a trouvé des momies, et si, ensuite , on en a fait une forteresse , comme le pense M. Quatremère, rien ia'empêche q»e cette tour n'ait été , auparavant , un Stoupa, ou un aç-

< Voir cet article dans notre tome xn^p: 184,

3S0 NOUVELLEft NOTES WL U. M, PARAVIT/

tiqoe moDumem faoéraire, dont les murs, d'nne admirable solkUté » snbsisteot encore, an .moins depuis trois mille ans.

On peut consulter, à cet égard* le livre de Bich, commenté et traduit par Raimondf agent français à Bassora, et publié chez Didot '•

Dans le Mémoire du capitaine Wilford, que pnUient les Annale» en ce moment, on cite sans cesse l'ile Blanche^ qui se trouve dans la mer Blanche, et sur laquelle les Indiens ont beaucoup de traditions ; mais les livres apportés en Chine donnent le blùnc pour type de

Y Ouest, et comme étant la couleur impériale des ^m Changs , dynastie où M. de Paravey voit V Egypte des Pharaons. On a tiré le nom de V Europe elle-même du nom de cette couleur blanche^ dans les langues orientales. Et la Méditerranée, qui borne l'Egypte et qui est à Touest de l'Assyrie , se nomme encore mer Blanche, en turc et chez tous les Orientaux. L'Inde avait donc reçu , par l'Assyrie sans doute, beaucoup de traditions de l'Egypte, et ces traditions des Pou^ ranas confirment le nouveau sy&tème qu^avait indiqué M de Paravey, quant aux anciens tems historiques.

Il y a eu ( p. 189 ) une légère erreur sur le son du caractère des

Bons génies jn* Ky, où M. de Paravey voit ces autels de trois

pierres dressées et de deux pierres horizontales posées au-dessus, monumens primitifs analogues ai» autels des druides, et à ceux qu'offrent les médailles des rois de Perse , antiques adorateurs du Feu : on l'avait marqué comme prononcé Chin, qui est aussi un nom plus usité, mais plus compliqué, des Bons génies.

Mais une erreur plus essentielle est celle (p. 199) où l'on mettait , sous le roi Ping-vang (roi des Tchéou, de 770 à 720 avant notre ère) , le transport de dix à douze tribus d'un peuple habile en agriculture, peuple appelé, dans les anciennes Annales de la Chine, du

nom très-remarquable Fen-seng, ou plutôt ^^ Sou ^^ fen al seng;

nom qui signifie, hommes de nature colérique ou haïssable, hommes

• Voici lu titre de Touvrage : Foyage aux ruines^de BahyUme par M, J. C. Ricb, orné de 4 gravures, traduit en rrançais et enrichi d'observations avec des notes explicatives; suivie d'une dissf^rtation sur la situation dePallacopus^ par J. Raimond, ancien consul à Bassora. Paris 1818.

RELATIVES AUX RUINES DB RH0R8A&il> OU NINIYE. ^H

qui santlu^y oa qui font engendrer la haine^ sens de fenseng. Sou^ étant ici le nom de lenr pays , et signifiaot resiUieiUry

revivre t aussi bien que son abrégé |f, Sou , qui s'emploie dans le nom Will^i^ ^^ sou, donné à Jésus-Gbrist par les chrétiens de

la Chine, et qui offre les symbèles du Poisson et du Blé.

Si l'on se rappelle que, suivant les Égyptiens, les Hébreux étaient de la race de 7)fphon^ père de Judéus et de Hiérosolymus s ce nom de peuple ffe^, de peuple Typhonien^ sera donc, éyidemment^ celui des Juifs dans ces livres d'Assyrie^ conservés en Chine : et leur culte d*nn seul Dieu les rendait en effet, haïssables alors aussi bien à Ninive et à Babylone, qu'en l^^pte, où Diodore les dépeint ainsi sous Ântiochus VU *.

Ils avaient peut-être déjà subi un déplacement de leur pays sous le roi Ping 2B. ^^fl^igT^ /j^{ ^g paix, sens du nom de Salmana"

sar, ; ce roi Ping-vang^ après la mort tragique de Veou-vangy son père, et le sac de la capitale^ ayant transféré la cour des ^ Tcheou,

ou d'Assyrie, plus à l'est, et ayant pu , alors , emmener avec lui ces dix tribus , Sou-fen-seng, déjà soumises auparavant à son empire : mais on ne mentionne, cependant, ces dix à douze tribus et leur déplacement que sous le roi jjj^J^ Huen ^ vang, son successeur.

Le Ly-tai-ky-ssCf admira*Ere atlas de chronologie générale , prétendue chinoise, que possède la Bibliothèque du roi, à Paris, et dont M. de Paravey a extrait tout ce qui tient aux trois dynasties primitives de l'Asie, nomme les douze tribus de cette petite nation des J*otifen-seng, ou du moins, donne le nom de leurs douze capitales, et il y aurait de vastes recherches à faire àl'^ard de chacune d'elles.

 la huitième année de Huenvang, c'est-à-dire en 713 avant notre ère, il dit que cet empereur des Tcheou les hvra au prince de m(! Tching, un des rois ses vassaux, en échange de quatre villeé d^ ce pays de Tching K

' Platarqne. Traita iÇsis et d'Osiris, n. 31 .—Voir le teite entier dans nos Annales, t. xtiii, p. 4 1 8.

> ExtraiU Pholius^p. 534, 529. — Dans sa Bihliot. p. 1154. ' Dans V Histoire He ta Chine, da P. MaHla,( t. ii, p. 40), on met et

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