‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 81 sur 108 · B8/| NOUVELLES HOTES DE M. DE PABAVEY · texte numérisé non relu

B8/| NOUVELLES HOTES DE M. DE PABAVEY

tribus données et rendues ensuite, et non pas des douze ; on peut voir ce qu'il en dit *.

Il n'explique pas leur origine , et aucun européen ne pourrait , par le peu de mots qu'il en rapporte^ soupçonner là un fait important de la Bible.

Les missionnaires ont eu le tort, en général, de ne pas traduire les noms des rois et des pays dont ils parlaient ; ainsi, f^ou-ting ou le Roi guerrier, le guerrier jeune et virile est un nom qui aurait donné l'idée de Sésosiris, parce qu'on le place à la même époque et qu'il fait les mêmes guerres lointaines et règne le même nombre d^années. — Maison veut qu'alors la Chine ait été déjà civilisée, et l'Inde encore bien davantage, et l'on ne voit pas que V Indo-Chine^ entre ces deux antiques empires, est encore à demi-barbare de nos jours, tandis qu'autour de la Gaule, à peine connue sons César, on ne trouve plus, même dans les Pyrénées et dans les Alpes, ni sauvages ni peuples anthropophages, comme en offre le Pégu et le Gamboge.

M. de Paravey pourrait démontrer que l'Inde est bien moins ancienne qu'on ne le pense.; mais il revient à l'Assyrie et aux belles découvertes de M. Botta, qu'il ne connaît cependant, il le répète encore, que par les articles des revues.

M. Botta décrit ' une attaque de forteresse.

Le prince ou généralissime, dans le bas-relief de Khorsabad, est figuré sur un char avec une épée portée par un large baudrier rouge; il lire de l'arc contre ce fort, et cet arc est peint en rouge et terminé en tête d'oiseau; enfin, on voit que les chevaux de son char sont enharnachés aussi en bleu et en rouge.

Or, sous les Tcheou, dans le Chou-king , on trouve paiement que. là , comme en Assyrie et comme en Judée, la cavalerie consistait spécialement en chars, avec ou sans faulx ^. Et si l'on ouvre le Chouking (p. 311), on voit lerolPing-vang, ce roi de Tépoque de Salmana-

sar^ donner au prince de ^ Tsin, pays que M. de Paravey, d'àprès la clepsydre et la boussole qu'on y employait, regarde conune

' ffût. de la Chine, t. ii, p. 73.

• Joum, asial,, t. iv , p. 304, année 1844.

8 Voir p. 338 et 339 dans les Afnnotafionf.

RELATIVES AUX RUINES D£ KUORSABAD OU NLMVE. 385

rcpmdmik la Babjlonie,un arc rouge ^^ Tong f4 ^ong et

100 flèches rouges^ outre un arc uoir et 100 flèches noires, et de plas encore U chevaux ou un attelage de char, et cela comme signes d'investiture ep symbole d*autorité exercée au nom de l'empereur par ce prince son parent, envoyé en ce pays.

Le pourpre^ ou le rouge, avait dit M. de Paravey, était la couleur des Tcheou ou des rois d'Assyrie; mais les arcs rouges ou impériaux étaient aussi ceux des princes vassauX; et ce nouveau rapport est frappant, ce semble.

Les chevaux des chars impériaux , sculptés à Khorsabad, portent sous le col un gros gland en cuir, qui y pend comme ornement. Or, Kangvang, empereur des TcheoUy en 1078 avant notre ère, est figuré sur son char antique, fermé en avant comme celui de Khorsabad, et traîné par quatre chevaux, qui ont aussi sous le col des glands analogues <.

Parmi ces forteresses assiégées par le n)i guerrier de Khorsabad ou de I^inire, il en est, dit M. Botta ailleurs, dont les murs crénelés et les tours sont surmontées de bois de cerfs énormes, singulier emblème.

M. de Paravey avait trouvé le symbole du cerf^^ LOy dans le

nom du lieu ou de la ville célèbre, E^ Ly \\\ Chatty où le roi dissolu et stupide Veou^vang est tué, ou même brûlé avec sa concubine Pao-sse^ comme on le dit d'un des Sardanapaks de l'Assyrie.

Or, ce même nom écrit u^ Ly^ avec la c\é femme y^ Niu, au lieu

de celle du cheval^ S^^ Ma, signifie belle et agréable^ sens du nom de

NINIYË , en vhaldéen , et prononcé iV^ , il a pu donner ce nom Aïnoua du lieu où éuit le palais brûlé de Khorsabad ; mais Ninive , dans ces bas-reliefs qu'on y trouve, ne peut être la ville assiégée dont parle 3L Botta ; et ces énormes cornes de cerf, mises sur les tours de cette forteresse, devaient indiquer une résistance à toute épreuve ou une idée analogue.

La clef du cerf, combinée avec celle que l'on écrit ^g Kirii ou

' Histoire de la Chine, de 3I«illa^ t. i, p. 336.

S86 NOUVELLES NOTES D£ M. DE PARàVEY

celle du mêlai et des armes ^^ Ngao^ veat dire, en effet, combattre

jusqu^à la morl, rCavoîr aucune crainte ; on ne poavait mieux in« diquer dans un fort assiégé qu'on voulait y faire une résistance dés* espérée. Le chinois est donc encore ici l'interprétation naturelle de cet étrange symbole usité en Assyrie, et qu'aucune sapcité ne pourrait deviner sans la tradition vivante.

Reste une troisième analogie non moins frappante. Un bœuf, on taureau ailéy à tête humaine, portant une tiare, et ailleurs (comme à Persépolis) représenté avec une seule corne, est figuré des deux cô« tés, de chacune desjporfes extérieures du palais de Khorsahad, et bientôt on verra arriver au Louvre à Paris, plusieurs de ces énormes masses de sculpture symbolique.

Ces taureaux ailés et couronnés , à tête humaine , avaient sans aucun doute, placés ainsi en avant et aux angles des portes, une sîgni<* fication emblématique; or les dictionnaires qu'on suppose à tort chinois, nous la donnent, cette signification.

Si l'on examine en effet les caractères rangés sous la clef ^ Kuen^

celle des quadrupèdes , tels que les chiensj porcs, loups, singes^ lions et autres animaux à quatre pieds dits en général Cheou^ sous cette même clef on voit, que sur la porte des Princes ou des Grands, on peignait par superstition un anim^al fabuleux, avec

une seule corne, quadrupède symbolique , ici nommé iM Hiay

Bfe Tchay, nom très-complexe où figurent le caractère ^ Kioy

cornes, ici combiné avec celui du bœuf ^i^ Nieou, et la clef des

couteaux T7 Tao, L'analyse du premier caractère donnerait donc

quadrupède comme6û?u/'ou kiureau et dontla corne fendon coupe ;

et en effets le groupe m^ Kiay a te sens d'owvrir, à' expliquer ^

savoir, distinguer) c'est ce qui se dit également des sphinx, placés d'une manière analogue en avant des portes du temple et des palais en Egypte, mais autrement figurés, et de là imités encore en ce jonr «n Chine.

Le second caractère Tchay ^ offre, lui, la combinaison de la

tête de cerf Gides ailes et pattes de Voiseau, Niao ,^.

RELATIVES AyX UUINE6 DE EUOESABAD OU MlNlVE. 387

Toat ici, dans ce nom de quadrupède, était donc symbolique ; ridée primitive fut celle du puissant rhinocéros ; mais on n'en voyait plus en Assyrie, et sa corne comme dans la Bible, resta le type de la force et de U mayesté '.

Ce qui démontre ces rapports, c'est le composé que donne ce nom

symbolique, quand, on y joint la cht homme "^ Jin^ au lieu de celle

dn quadrupède ^ Ku^ : s'il e&t écrit soMiA ferme *^M Kitty 4j^

Tchay, il signifie alors Aomme hardi, généreux, magnanime, tels que devaient être les princes ou les grands, dont ce symbole ornait les portes.

U pouvait donc , aussi bien que le sphinx ii tête humaine et à corps de lion, être placé convenablement en avant des portes du palais du roi des rois; le lion comme 1er A tnoc^ros des Abyssins cntrainaot les idées de force et de majesté.

La tête humaine des taureauï ailés de Persépolis et de Khorsahatd

est rendue en chiaois par la clef de Thomme 4 Jin.

Leur corps de bœuf ou de rhinocéros par le groupe fi^ Kiay, ôû

entr« le hfoeuf et ses cornes, fendant, ouvrant 7/ ^^<> ^ arin^ et la terre) et pénétrant tout, nous l'avons dit $ enfin les ailes et la vélocité sont exprimée^ par le second symbole fe Tchay, où la tète du cerf

rapide ÉA. Lo, sormonte les aileê et les pieds d*oiseau écrits |

Niao^ signe qui est composé en effet de t==^ ailes et pieds, et de ^ la

Toutes les moindres nuances de la sculpture assyrienne sont donc rendues par ce nom, du quadrupède chinois monstrueux peint ou sculpté autrefois^ dit-on, sur la porte des grands et des palais.

' On ne doit pas confondre cet unicorne , symbole de courage ou de force, ayec le KyMn des Chinois type de douceur et de charité^ cité dans la Fie de Confucius* Voir Mém, chinois^ t. m, p. 392.

* Voir Morisson pour Tchay, omis à tort dans le Diction, chinois de De* guignes.

' Voyez les formes antiques dans le Lou-chou^ong, cl dans Morisson.

588 NOUVELLES NOTES 0E M. D£ PABAVEY.

Et si en avant des Jm Miao ondes temples, les Chinois, outre des

obélisques f placentaux deux côtés des escaliers, des lions à perruques

humaines; s'ils appellent le 'to^^Rffi '^^^f c'est-à-dire le roi ou le

chef m Ssè * des quadrupèdes i Kuen^ ils n'ont pa puiser ces

idées en Chine, mais bien en Egypte, en Nubie on en Assyrie, où les lions existaient de tout tems comme en ce jour encore.

La Chine et l'Inde orientale ont des tigres très-grands et fort re< doutés et qu'on aurait nommés le roi des quadrupèdes, si le chinois avait été composé pour ces pays ; mais les lions amenés à très grands frais par les Arabes pour la ménagerie impériale à Peking, n'y sont pas plus communs qu'ci Paris; et pour tout esprit judicieux, cette analyse rapide de trois ou quatre caractères prétendus chinois, montrera que celte admirable écriture hiéroglyphique n'a pu être composée qu'en Assyrie, en Égypie et même en Perse ou dans le pays des Hia antérieurement.

M. de Paravey en pourrait fournir mille autres preuves. Il voudrait que les doctes membres de l'Académie des Inscriptions,' fussent un peu moins incrédules à cet égard : mais les savans ont des préjugés, comme le vulgaire, comme presque tous les hommes. Toute l'antiquité affirmait que des pierres tombaient parfois du ciel, et il a fallu de nos jours que des académiciens allassent en ramasser encore brûlantes, pour admettre ce fait , étonnant , mais incontestable. M. de Paravey voudrait leur voir an moins recueillir aussi ces débris de la plus antî* que des écritures et non pas les mépriser.

Saint-Germain, 20 mai 18ft6.

Ch" de PABAVEY.

> Caractère aussi prononcé C%y, qui est le nom Sehif du Uon, enoore en ce jour en Perse.

L£ CUBÉ D£ VALX£1G£. 389

Cilternturr €ati)oUqur.

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