LE CURÉ DE VÂLNÉIGE
saint amour, à ces autres noces où la vierge de la terre s'anit » ptr d'invisibles nœuds, à Tépoux divin qui règne au ciel; de la joie expansive de ces beaux joui*s où Tadolcscent , pour la première fois, entre en communion immédiate avec son Sauveur, à la douce tristesse de ces autres jours, beaux encore pour le chrétien , où ce Dieu bon vient se donner» en fortifiant viatique , à Tâme qui va partir pour l'éternité; de la cour du puissant monarque, s*agenouilIant an pied du prêtre » ambassadeur du Christ , roi des rois , pour recevoir un pardon ou une bénédiction , à la pauvre cabane de l'indigent que rhomme de Dieu réchauffe de sa brûlante charité ; de la prison , de Taffreux cachot du condanmé, à l'échelle du hideux échafaud; de la petite, mais propre église du village, où il enseigne aux fils des champs un catéchisme, humble expression de la plus sublime philosophie, au vastes bariliques> aux magnifiques cathédrales, où retentit sa voix
éloquente , quels tableaux! quelles richesses! quelle variété! Et
quelles mœurs merveilleuses n'a pas introduites la parole évangélique, partout où elle a trouvé de l'écho dans les cœurs ? N'y a-t- il pas de quoi s'étonner, en vérité, qu'on tel sujet ait pu, jusqu'à nos jours, échapper à la poésie?
Sous la rude législation du sévère Despréaux, traiter cette matière, était-ce chose possible? Le poète , assez hardi pour l'entreprendre , eùt-il évité la note de sacrilège ?
De la foi d'an chrétien les mystères terribles D'ornemens égayés ne sont point susceptibles.
t)epiils Tavénement de la nouvelle école, nul poète n*avait été assez franchement dirétien pour essayer ce sujet, ni même. Croyons-nous, pour le comprendre.
Un seul. M* de Lamartine, le chantre Illustre des Méditations et des Harmonies , a voulu monter sa lyre au ton de l'épopée , pour chanter un prêtre; mais malheureusement il n'a su peindre qu'un prêtre exceptionnel. Non, ce n'est pas le prêtre qui vit dans Jocelyn; c'est un homme, décoré, il est vrai, de ce grand nom, mais qui n'est dans la réalité, qu'on nous permette de le dire en toute franchise , qu'une dégradation du prêtre, au lieu d'en être un typi* Ce