‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 84 sur 108 · PAGES RETROUVÉES DU JOURNAL DE JOCELYN · texte numérisé non relu

PAGES RETROUVÉES DU JOURNAL DE JOCELYN

n*est pas aii^i que Chateaubriand nous a présenté son Eudore^ Racine son Joad^ et le grand Corneille son Polyeucte, Ce sont des types ; c'est un prêtre, ce sont des martyrs, que jamais ne désavouera rÉglise, au lieu que tout franc et loyal catholique désavouerait pour son curé un autre Jocelyn, Jocelyn est , contre la volonté de $oa auteur, sans nul doute, une calomnie contre le prêtre réel, le prêtre catholique. Sans doute il fallait que le poète incarnât le prêtre dans une individualité ; mais il fallait incarner le prêtre tel qu'il est, dans son essence de prêtre *•

M. Désiré Carrière a voulu venger le prêtre réel , immolé dans Jocelyn. Le jeune poète ne s'est laissé arrêter ni par la grandeur du sujet, ni par la haute réputation du poêle qui l'avait essayé avant lui* Le génie donne du cœur; la foi donne dje l'audace^ non de cette audace qui est de la témérité, mais bien de celle qui est une hardiesse sainte et puissante. Une telle lutte était digne du jeune chrétien qui 8*écriait un jour, devant une des sociétés académiques de France :

Moi sf je sens mon sein tont vibrant d'harmonie J'en rends grâce à ma foi : ma foi, e*est mon génie !

Devant AL Carrière s'offrait une double voie. Reprendre, comme en sous-œuvre» Tceuvre de M. de Lamartine; entreprendre de r^a^bililer Jocelyn , en le montrant dans une pleine orthodoxie pour la fois et en le rendant à une vartu entière, au moins par ia pénitence/ ou bien ne prendre rien de commun avec son iliostre devancier que le sujet de son poème; opposer un prêtre vrai^ un prêtre type , au prêtre fictif, ao prêtre exceptionnel. Dans ce dernier cas. M» Désiré Carrière trouvait un sujet vaste, inépuisable ; il s'y lançait sans gêne^ sans contrainte, en toute liberté. Il n'établissait avec M. de Lamartine qu'une lutte indirecte, et il avait devant lui toutes les magnifia eenees d'un sujet tout neuf, dont les richesses ne lui laissaient que t'emburas du choix.

Noire jeune poète s'est décidé pour le premier parti. Il y avait plus d'audace , sans doute ; il allait se mesurer, pour ainsi dire , corps à

* Vw l'examtn critique de Jçe^fyn dans le tome xn, f)« 195, (1*^ série) de

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corps avec un adversaire terrible. Quoique son intention directe et première ne fût nullement d'établir un tel combat, on aime, a dit un critique, à voir le jeune David s'attaquer à un géant. Toutefois si M. Carrière était de taille à soutenir la lutte, il a dû y trouver la gloire du poète, beaucoup plus encore que celle du chrétien, et nous sommes assuré qu*il eût de beaucoup préféré la dernière. £n acceptant le plan , la forme et jusqu'au nom de Jocelyu , M. Carrière acceptait de compléter Tœuvre incomplète du maiire , et c'est cela même que nous appelons une lutte formidable. Rendons tout de suite justice à M. Carrière, il n'a pas succombé à la tâche, il a même triomphé, osons le proclamer, de son adversaire sous plus d'un point de vue. Il a réhabilité Jocelyn autant que cela fût possible. Mais malgré son talent, malgré son travail, malgré son orthodoxie, il n'a pu faire de Jocelyn, ce qu'il n'éiait pas, un prêtre type. Il a eu beau montrer son côté admirable, qu'avait laissé dans l'ombre M. de Lamartine; le côté mis en lumière par celui-ci n'est pas rentré dans les ténèbres. Cela est à tel point vrai que M, Désiré Carrière a été amené, par la force même de son sujet, à la confession générale de Jocelyn, dont on a dit à tort qu'elle est un hors-d*œuvre. Non certes, ce n'est point un bors-d'œuVre; c'est au contraire un morceau tellement essentiel que, sans cela, Jocelyn reste ce que l'a fait M. de Lamartine : l'exfHation seule, en d'autres termes la confession, peut le ramener au type catholique. Sans ce morceau le poème de M. Désiré Carrière nous semble inintelligible, et son but est manqué. On peut conseiller au poète, s'il persévère dans son premier plan, de retrancher bon nombre de vers de cette confession , de la rendre moins explicite , de la laisser en partie sous le sceau vénérable du secret ; mais lui dire de la retran- . cher entièrement , c'est lui demander un autre poème.

Sans doute nous regrettons que M. Carrière n'ait pas fait comme David, qu'il se soit laissé ceindre par Saul avant d'aller au combat, qu'il n'ait pas jeté, pour conserver sa liberté plénière ^ tout cet appareil d'armes dont on lui conseillait de se charger; mais la question n'est plus là ; elle est toute à savoir ce que le poète a fait dans la vole qu'il a prise.

Entré dans le plan de Jocelyn^ l'auteur du Curé de yalmige n'a pu que suivre la voie ouverte par son devancier ; il s'est réduit à com-

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bler les lacunes d'un poème trop célèbre; il ne pouvait qne glaner dans un champ, immense, il est vrai, où une muse illustre avait moissonné à pleines mains. Cependant, nous ne craignons pas de le dire, il a fait une belle et riche récolte. Certes, c'est un beau triomphe pour le jeune poète, d'avoir lutté si admirablement contre un tel adversaire, dans une position dont celui-ci avait tout l'avantage.

Nul ne pourra s'empêcher d'applaudir à l'ingénieuse adresse avec laquelle M. Carrière est entré dans le plan de Jocelyn ; il s'y est jeté tout à l'aise, comme un chevalier bien armé et parfaitement dispos entre dans la lice, il al^ rendu plus noble et plus sacerdotale la vocation de Jocelyn. Il a peint le séminaire, qu'il a connu, avec des couleurs pleines de vérité et de vie : les lettres à Arthur sont assurément belles. Il a fait cet admirable épisode du condamné, dont on a dit avec raison qu'il vaut tout un poème. Il nous a donné le premier, que nous sachions, en vers magnifiques les cérémonies si poétiques des diverses ordinations de l'Eglise. On doit regretter qu'il ne se soit pas arrêté davantage sur le vicariat , mais il avait hâte de nous conduire à Valneige. L'entrée du pasteur dans son cher village, sa visite pastorale , la description de son église, de son presbytère avec ses meubles vivants, la visite à un confrère, qui lui révèle et lui donne un ami véritable, ses tribulations, ses joies, ses occupations, Noël, les Pâques, les enfans, les sceurs de charité, tout cela fournit au poète une suite de tableaux pleins de charme et de variété. Jocelyn, en ses heures de loisir, se livre à des récréations littéraires, et M. Carrière nous offre plusieurs fragmens de ses études poétiques. La femme chré^ tienne, Vhymne à Mariey le fragment sur les passions, Vode d la ville éternelle, sont des morceaux d'une haute et sublime poésie. L'épisode de la pauvre fille mérite aussi de fixer les regards; s'il trahit quelque négligence, il excite cependant un vif intérêt. Au bout de dix années de sacerdoce le pasteur fait une revue de ses travaux, et M. Carrière nous présente, avec beaucoup de vérité, les quelques joies et les nombreux sujets de peine du curé' de nos campagnes, envahies par de tristes maladies morales. Enfin vient la confession générale, la pierre d'achoppement du jeune poêle. Sans ce morceau, l'auteur du Curé de Falneige n'aurait presque recueilli de toutes parts que des éloges. Nous en avons dit plus haut notre pensée, nous nous cqnten-

n9/i LE GURÊ DE YALl^eiGE,

teroni d'ajouter nn mot ici sur sa nient littéraire. Qdleottqne étudiera soignememetit cette partie de rœûyre de H. Désiré Carrière, Terra qoe ce n'est pas l'endroit da livre qoi loi a le moins eoâté, et que ce n'en est, sauf nos réflexions morales, ni le ùioins soigné ni le moins bean.

Toutefois, Yépisoi» du condamné est la pièce capitale dn Curé âê Fdlneige. L'étendue et la splendeur de cet épisode nuisent même un peu au reste de l'ouvrage. Nous conseillerions volontiers à TauteiiT dé le détacher de son œuvre, non pour l'en ôter, mais pour le publier \ part, comme Chateaubriand a fait d'Atala. H est en soi un poème complet avec son exposition, ses développemens , son nœud et sod dénoûment. Ce serait une œuvre tout originale, qui obtiendrait assurément un beau succès.

Quant an Curé de P^aln$ige, M. Carrière, nôhs te savons de source certaine, retravaille son poème, et nous pouvons assurer que, s'il conserve la Confession générale, il y fera des changemens tels , que l'oreille la plus scrupuleuse ne puisse en être thème chatouillée.

Si nous avions quelque chance du faire accepter un àvlâ, noua conseillerions à M. Carrière, comme on Ta fait déjà, de revenir à ce qu'il avait rêvé d'abord, un poème complet sur le prêtre. Cela nous semble facile : il peut conserver le plan actuel, dans lequel ont leur place naturelle les parties publiées et qui sont d'un mérite incontestable. Ce serait un poème dont nous aurions lu de longs fragtnenâ et dont nous attendrions l'ensemble , ensemble qui offrirait un intérêt autrement soutenu que l'œuvre actuelle, ensemble qui nous ferait jouir enfui d'un poème sur le prêtre type, même selon là rigueur thêologique. Car la fiction poétique, pour le dire ainsi, n est pas le men-songe, mais la vérité, essentiellement la vérité. Qu'il laisse de côté tout dessein de réhabiliter Jocetyn, qu'il abandonne jusqu'à ce nonl insolite et étrange, et qu'il nous donne le prêtre que nous lui demandons. Il le peut, il nous le doit, puisqu'il est, avant tout, chrétien.

II nous reste à parler du style du Curé de p^alneige. Nous n'afiBrmons pas qu'il soit sans défaut { ce que nous affirmons , c'est qu'on peut en dire, chose rare, ce qu'on disait des harangues de Démosthène, qil^il sent V huile. Nous ne sachions pas que, depuis longtems, il ait paru en France un livre de vers aussi consciencieusement travaillé.

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M. Carrière a pris Fart an sérieux : sons ce rapport surtout, il est digne de marcher en tête de la nouvelle école catholique, dont la devise est : la liberté dans V ordre.

Pour preuve de ce que nous avançons , citons en entier Yode â la ville étemelle ; elle est digne d*être enchâssée comme un ornement dans les pages des Jnnales de philosophie chriHènne.

V^hé Chapia.

A LA VILLE ÉTERNELI^E '.

Rome avait à son joug enchatoé la victoire > Et, du haut des sept monts» ce colosse de gloire , Rêvant réternité, tenant ses bras ouverts Pour saisir le butin que ses aigles haataipes, Enlevaient d'heure en heure aux nations lointaines, D^ttfi regard.plein d'orgueil cojitemplaU Tunivers^

Mais afors Daniel que le Seigneur inspire,

Lui qui jadi^ connut le sort de chaque empire,

Et demeure chargé d'écrire leur destin ;

En face du géant Daniel se transporte.

Et, déroulant son livre, il prend cette voix forte

QÉ^mendil Bidtbazar i ion dernier festin ;

« Tu te dffflUes en vam, oûloMe aux pieds d'argile! Bt la montagne, tu loin, voici la pierre agile Qui. brisera ton front superbe et triovphant. Ce monde que ton poids avec orgueil écrase ; Ce monde qui s'en va chancelant sur sa base, A trouvé pour appui le berceau d*utt ehflint !

I» Regarde à l'orient ! — Une nouvelle étoile A brillé tout-à-coup sur le céleste voile

« Cette ode, qui ne portait tioînt de date, Avait été composée par le curé de Valneige, évijieinm«Bnt après la chute de Napoléop et lorsque Pie Vil rentra en possession du patrimoine de saint pierre,

396 LE CURfe DE VAtNEIGf ,

Que le Seigneur déploie au-des&us de son char. Écoute h Torient! —Les légions des.anges Ont rangé dans les airs leurs sublimes phalanges. Et proclament un roi plus grand que ton César !

' • En lui les nations vont saluer leur maître. Ne crains pas cependant ce roi qui vient de nidtre; C'est Tempire des coeurs qu'il cherche à conquérir, 11 lui faut seulement, du monde> ta conquête. Une pierre le soir, pour reposer sa tête, Un roseau pour régner, une croix pour mourir.

» Cette croix, quelque jour, tu la prendras toi-même ; Elle te restera pour noble diadème Quand tu seras réduite au champ de Romulns.

Alors, parmi les biens dont la paix s'environne. Couvrant ton front ridé d'une triple couronne. Reine du monde encor, tu ne vieilliras plus ! »

Depuis plus de mille ans, sur toi, ville étemelle! S'est accompli l'arrêt de la voix solennelle; Ton présent désormais sera ton avenir.

Veuve de tes grandeurs, tu restes vénérée ; De tant de saints vieillards la poussière sacrée A ta cendre se mêle, et semble la bénir.

Va ! quand le dofgt de Dieu poussait vers tes niiirailles Des peuples qui croyaient hurler tes funérailles. Tous, il les guidait là, remplis d'un fol espoir, Pour qu'ils pussent chacun préparer la poussière Qui porterait le trône où Théritier de Pierre, Gloire et tiare au front, allait bientôt s'asseoir.

La barque où s'est placé ce pilote du monde Ne pouvait pas sans cesse, errante et vagabonde. Au caprice des vents sous chaque ciel flotter; Il fallait quelque part la fixer sur l'abîme; et toi, Rome, tu fus la montagne sublime Où l'arche du salut vint un Jour s'errêter.

Quand jadis ton empire engouffrait des royaumes, Tu prenais, des vaincus, tout, jusqu'à ces fantômes

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Qii*fta Mio dû PantMon tu recevais en dieux • Ttt T4»ulti§ pauédu en ta vaste puiisinee Toutes les nations dans une eneeinte immense. Et dans un temple étroit tous les maîtres des ciem.

Mais il en manquait un, le doux rainquenr des autres...

Apporté dans tes murs par ses frambtes ap^tiies,

Celui-U, tu ne peux, Rome, le contenir;

Mais tii renfermeras sa grande et sainte images

Le pape... Alors» au ciel pour rendre un digne hommage,

A toit les vrais croyans se viendroni -Réunir.

Tu t'es fait k jamais une auguste mémoire, Car la croix a mêlé son triomphe k ta gloire ; Par ee signe divin tu pouvais Tainere encor.

A celte anne de paix le monde est moins rebelle : Ta dernière conquête, ô Rome, est la plus belle ^ Ton bâton pastoral vaut bien ton sceptre d'or.

Non, ils ne mourront pas les fruits de ton génie ! L*ombre de ton passé tous les jours est bénie; Sur tes vieux monumens la foi daigne veiller; Ton langage^ adouci par la voii de Virgile* A prêté son accent au céleste Évangile, Et vingt peuples encor le parlent pour prier.

Tes murs sont embaumés du parfiim des reliques; Dés qu'il a respiré Tair de tes basiliques L*homme se sent contraint de tomber à genoux. Tel qu'un gardien sacré, sous les plis de sa robe. Le vicaire du Christ est là qui te dérobe Aux avides regards des conquérans jaloux.

Etrange destinée, ô ville, que la tienne!

Va ! tu ne serais plus, si tu n'étais chrétienne. QuUl vienne un Attila, n'as-tu pas un Léon?

En tout tems la yertu protégea ton enceinte... Non, pourtant; de ims joum^cette barrière sainte Se dressa vainement devant Napoléon.

Ce moderne Brennus, dont ja gloire est l'idole, Il arrache le prêtre k ton viean Capitole,

398 LE CtJttt DE VAtMlOB.

n fmioèkt tÊ^9\.,. n n'i donc ]»af eotuprii Qa^ui TîeiDtrd couronné sied Mon à dn nOMi, Lni qui de eei piUis qui chargent tet eoHnei à fon fili poor Joaets Une lei fien dâirfii!

11 i^esl fail do U fkûio on berceau pour SI race ; Voulant que aon enfant marche mieus sur la trace» A takNnokuBortdlo ille donne à nourrir.

VaiufnjoUi Ehqni aait si k fiU do cet boBune, Pour avoir «I instant porté le nom de Rome, Soos quelque titre obscur ne devra pas mourir?...

Enfin fl t*est rendu, ton maim Mfitime!

Le César le comptait eommouno autre vistimt Parmi les rofi tombés sous son poignet d^airaiBs Hais ce géant, le ciel ri frappé do M féudfo, A brisé son empire> et de son trtae on poudt« A reformé celui du prêtre souverain.

Oh! que Te saint vieillard qui veille sur fEgltsé, • Du haut du Vatican, comme tin autre Moifé» ' Se montre ! que sa main présente aux natlonr De la nouvelle loi les tables magnifiques; Et qu*il laisse tomber de wè doigts pacifiques Sur le monde et sur toiles bénédictions!

Désiré Gaibiëbe.

MOÙTEUES ES MÉLANGES, ^99

iXomtiUi il MHan(ii&.

EUROPE

FAAlfCB, «^ PAtM* -^ Nouv$lht ie$ Miêiioni eëOêêUquêêf tttttài^àtih* 106 des Jfittates de ta Pràpâgàiioh de h Fui.

1. Misions de la Chine, Lettre da P. Clavelin, Jétaite» daUe de Chanff* kat, 13 octobre ]fti4* II j raconte son toyege k partir do Hçng^kong^ à bord du Thomoi CriipM avec leqael il a cotojé plus de 300 lieuei du littoral chi* Boii. Vifite à Chtu^n^ k Ting-kac sa capitalo, peuplée de 40^000 babitani; lOi Chinois lee- reçoivent fort -bien et loi appellent Fomlomeis {Français).-» Une pagode changée en eaaenie parlée Anglais i sa description.^ Il y adeoi nMonnairee laiatistes, r«n Européen, Fantri Chinois.— Départ pour Woê* sang, «ntrepM des marchêndiseï anglaises» -«- Immoralité de l'usage et dtt trafic de ropiute* •- Arrivée à Chung^hmi. 11 y a un séminaire de la mission» ^ui compte 36 élévei. Les missicmnairessont i peu près libres. Le gouverneur feriiie lès yeux» La mission compte 10»000 chrétiens très fervens. Qneman* qne-t-il donc P Le voici dans ces paroles de Mgr de Bezi : « si j'afais des coU » lahdtateurst les Chinois se convertiraient par milliers; et par miUiions, si t ron obtenait la liberté des cultes..» > C'est deux mois après .que«ette liberté a été obtenue par M. Lagrenée.

2. Lottro du méMés datée de Hienrka'hàn, 8 janT« 1845* Éloge des bonnes manières et des prévenanceif du consul aftglail M. Balfor^ pour les missionnaires. Détails éur la mistion qui comprend les provinces de JSiang^^ian et de Chang'lon, Heurètii fhlits de la guerre ayeoles Anglais» AtapaHivant les fidèles étaient rançonnes à volonté, maintenant ils sont plus fermes et ne craignent pas d'en rappeler aux consuls européens. Une révolution sociale et religieuse est imminente en Chine; le peuple rni a le pressentiment.

3. Lettre du même. Autres détails sur les Chinois et en particulier sur les fidèUt» — Cérémonies pour la réception des missionntires dans une chrétienté. Le missionnaire se dispose, à aller à Tsom-mim où il y a 10,000 chrétiens sans prêtre, c'est par là qu'il espère communiquer avec le Japon,

Missions de la Corée, Lettre Cii André Ktmai-kim, datée de la MoHgolièt 15 décembre 1844. C'est un diacre coréen, parlant le latin et le franCai»:, élevé à Maeao^ lequel rend (?orapte de la mission (fonfiée par son évêqtie poUr sa-

400 NOUTELLES ET MÉLANGES.

voir si l*on ne poorrtit pai pénétrer en Corée par le Nord. Description da voyage, en traineau sur la neige. ArriTée à Hoang-tehoun, une des deux Tilles où le(îcommerce se bit avec la Ghine^ dans une foire d'échange qui se tient tons les deux ans, et ne dure qu'une deini-Joamée. — Détails sur les Mantehotut, sur les Ou-kin et les Tu-pirlalu^ ^t sur le Ta-pei-chan, berceau de la famille Han-wang , actuellement régante en Chine. — Quelques détails sur cette famille et la manière dont elle s'est emparé de la Chine. — Entreme avec les courriers coréens. La persécution s*estun peu ralentie; les fidèles se sont retirés dans les provinces méridionales; désir de faire entrer un missionnaire« mais par le midî et non parle nord, où ils sont. Le saint diacre tenmne ainsi son récit: /Ensuite saluant Tange qui préside à Téglise coréenne et

• nous recommandant aux prières de ses martyrs, nous franchîmes le Mi-kiang

* et nous rentrâmes en Tartarie. »

5. Lettre de M. Daveluy^ des missions étrangères^ datée de MoutsU (en Chine) !}8 août 1^5. 11 y rend compte comment le jeune ^né/yr'dont on vient de lire la lettre, revenu dans le iliidi de la Corée à Leao-iong, s'est glissé dans son pays par la porte du midi , a acheté en Corée- une bai^é montée de 24 chrétiens, et sans connaître cette mer, est venu jeter l'ancre dans le port de Ckusan^ au milieu des bâtimens angUiis dont les officierB ont été étonnée de voir un Coréen leur dire en français: < Moi, Coréen, je tous demande votre protection. • EHe lui a été bien volontiers accordée. — André est consacré prêtre. 11 donne de bonnes nouvelles des dispositions des Coréens. Le nom des chrétiens est dans toutes les bouches, et là comme en Chine le bruit est partout que la religion chrétienne va doni^ner.

6. Lettre de M. du Bourdieu, commissaire de marine, datée de Toahn^ 12 janvier 1846, racontant la mort héroïque de M. l'abbé Tisicrani» préfet apostolique des deui Guinées, qui a péri, le 7 décembre dernier, dans le naafrage de la corvette à vapeur le Papin, en face de la cAte de Mogador.

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