‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 5)Chapitre 102 sur 135 · SUR LA BABYLONIE ANCIENNE ET MODERNE · texte numérisé non relu

SUR LA BABYLONIE ANCIENNE ET MODERNE

On pourrait aussi reconnaître dans la ville de Holwan celte de' Chauon où Sémiramis, au rapport de Diodore', ou plutôt de Gtésias, lit élever un palais magnifique , accompagné de vastes jardins. £t la chose me paraît d'autant plus probable que cette princesse ayant pris la route à'Écbatane^ traversa le mont Zarkœus, to Zapxaîov opo(;, dans lequel elle fit pratiquer à grands frais une route belle et facile. Or , si je ne me trompe , cette montagne est identique avec le mont Zagros \

L'an 16 de Thégire, lezdedjerd, dernier roi des Sassanides, après avoir été vaincu au combat de Djaloula, se retira précipitamment dans la ville de Holwan , puis il évacua cette place qui tomba au pouvoir des Musulmans ^

L'an 196 , Taher , général des troupes de Mamoun , s'empara de Holwan 4. Le territoire de cette ville fournissait à l'exportation des fromages et des noix ^. Lorsque Houlagou marcha contre Bagdad, ce prince , à la tête de son principal corps d'armée , prit la route de Holwan ^

Suivant l'auteur du Nozhat-alkolouh ?, c Holwan est située dans » le quatrième climat , et faisait partie des sept villes de VIrak, £lle » fut fondée par Kobad, fils de Firouz, l'un des monarques Sassani- » des. Aujourd'hui elle est en ruines. Il n'y reste plus qu'un petit » territoire cultivé. Parmi les monumens, on distingue le tombeau de » Hamzah , qui fut le sixième des sept lecteurs. Son canton ren- » ferme, au plus , trente villages. Le revenu qu'y lève le fisc est de » 6,400 dinars. » £bn-Haukal, Abou'lféda et £drisi donnent sur cette ville quelques détails et font observer que les dattes et les figues produites par son territoire sont fort renommées.

Suivant le témoignage de Masoudi% Holwan est à cinq journées de marche de Bagdad.

* Biblioth, histor,, lib. ii, t. Ii, p. 43.

" Ihid,, p. 44.

' Abulfedffî annales, 1. 1, p. 234. ^

* T. Il, p.. 101.

* lh„ p. 31, 635.

^ Âbalpbaragiiy Hûtoria dynailiarum, U i, p. 516. 7 JUan. pers. 139, pé 563.

' Moroudj, t. II, fol. 103 v.

On Ht dans le MoudjmeUattai^arikh * : « D*après le Kitabi- » madrif, la Sawad de Kovfnh comprend tout l'espace qui s'étend » depuis Kaschhnr et la rivière A& Nehrwan jusqu'à Holwan. » Car je n*ai pas hésité à lire i^ {j^j^ ^j^-&»^> j^ au lieu de

On lit dans Y Histoire des Curdes* : « Derteng^ primitivement » portait le nom de province de Holwan. » Et , en effet , la vie de Schah'Jbbas ' nous offre ces mots : « Dans les environs de Zohah V^; » qui fait partie de la province de Derteng. » Plus bas, on lit <: (( La forteresse de Zobab, qui porte le nom de Kaîah-Lek JJ^uJi, » la forteresse de Lah » Plus bas ' : « Le lieu de ffaroun-ahad >» fait partie du district de Mahidescht^ qui est voisin de "la pro- » vince ^J\ de Derteng. » Ailleurs ^ « La forteresse de Zohab, » autrement nommée forteresse de Lak , et la forteresse de Menn dali sont situées toutes les deux dans les environs de Haroun- » abad et de Derteng. » Et ? : « Le lieu de Schiwah K«a.m était » dans les environs de Derteng. Le district de Derteng et la forte- » resse de Zandjir^ qui sont situés entre la province S! JU-scheker et » Virak'Jrab i, La rivière de Mahidescht qui forme la frontière du » district d*Jli'Sckeker *. La ville du Nehavend et les dépendances » de Hamadan , qui sont comprises sous le nom du district à'^^U- » scheker, »

Suivant l'auteur du MoudjmeUattawarikh »| «le roi Balasch fonda » & côté de Holwan une petite ville appelée de son nom Balasch" » Fer^j-^ (jSi^. Actuellement, dit rhistorieU} elle est en ruines. »

Suivant le témoignage d'un historien de la Mecque, Taki-eddin-

* Af«i. perê., 63, fol. 48 r».

* Man. deM.Ducaurroy, fol. 104 ^^

* Man. de feu M. Silrestre de Sacy, fol. 242 r'*.

* Fol. 261 v.

» Fol. 260 r».

^ Fol. 261 V.

' Fol. 146 V.

* Fol. 93 r.

' Man. pers. 63, fol. 4d T.

SUR LA BABTIOniE AltGIENMB ET MODERNE. 371

Fdsi^ il existait un tillage nommé Matdmir jxJ^W situé sur le territoire de Holwan^alirak\

La major Rawlinson, dont j'ai déjà eu plusieurs fois occasion de citer le témoignage, croit pouvoir reconnaître l'identité de la ville de Holwan avec celle de Kalahy D^D, dont Moïse fait mention. Mais

j'oserais ne point partager, à cet égard , l'opinion du docte et judicieux écrivain. En effet, suivant le récit de la Genèse % « Àssur, ayant » quitté la terre de Sennaar , fonda Ninive , Kalah , Rehohot et 9 Resen^ située entre Ninive et Kalah, » D'après cette autorité incontestable, le viQe de Kalah ne faisait pas partie de la terre de Sennaar , ou de la Babylonie , mais elle était placée dons l'Assyrie. Or, comme nous l'avons vu , cette position ne peut convenir à Holwauj qui nous est r^résentée comme formant la frontière de la Babylonie, du côté qtIR'egarde la Médie. £n second lieu , la ville de Resen^ mentionnée dans le récit de Moïse, correspond à celle de Rasalaîny (^*Jl ^j*,lj, située au centre de la Mésopotamie. Par conséquent, l'écrivain sacré n'aurait pas pu dire , sans blesser les lois de l'exactitude géographique , que cette place se trouvait dans une position intermédiaire entre ISinive et Holwan. Si l'on en croit saint Ephrem % la ville de Kalah répond à celle de lîadar^ ou Hatra^ devant laquelle vinrent échouer les armes de Trajan et de Septime- Sévère, et dont les ruines remarquables ont été visitées, dans ces derniers tems, par deux voyageurs anglais, MM. Ross* et Ainsworth\ Mais cette identité me paraît peu admissible. Si je ne me trompe, là ville ÙQ Kalah était la capitale de celte province de Calachène, Ka- ^«X'^vîi, dont Strabon parle en plusieurs endroits ^ Ptolémée la nomme Kalakinè, KaXaxivyj. Suivant mon opinion, Kalah était identique avec la ville appelée par les Syriens Karkha^ et par les Arabes Karakh^ qui était située sur la rive orientale du Tigre. Et

' T. Il, manuscrit, fol. 169 r".

•Cap. X, V. 11 et 12.

' Opéra, 1. 1, p. 58.

* Journal o/the royal geographical Society f t. ix, p. 443 et fuiv.

' Tome XI, p. 1 etsuiv.

^ * Geographia, lib. zii p. 530, Ub. m, P* 736«

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