‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 5)Chapitre 115 sur 135 · Départ de missionnaires · texte numérisé non relu

Départ de missionnaires

» ITALIE. — ROME. Nouvelle décision sur le Magnétisme,

Nous avons déjà publié deux décisions émanées de Rome, sur cette question (voir notre t. iv, 3« série, p. 72, 160). Une nouvelle réponse vient encore d'être adressée à Mgr l'archevêque de Reims; nous croyons devoir également la consigner ici ; elle est extraite de Ja théologie morale de Mgr Gousset. Après avoir cité la dernière réponse de la sacrée pénitencerie (celle insérée dans notre t. tT, p. 160) Mgr Tarchevêque ajoute : « Cette réponse ne paraissant point absolue, nous avons cru devoir en 1842 consulter le Saint-Siège sur la même (}uestion, demandant si, en eloignanl tous les abus de la chose, cl rejetant tout pacte avec le démon, il était permis d'exercer le magnétisme animal, ou d'y recourir, en Tenvisageant comme un remède que Ton croit utile à la sanlé. Cette consultation n'a pas eu jusqu'ici d'autre résultat que la lettre suivante, que son Eminence le cardinal de C^rz^/r^r^zn^, grand pénitencier, a bien voulu nous écrire, en français, le 2 septembre 1843 :

• Monseigneur, — J'ai appris par Mgr de Brimont que votre Grandeur at- » tend de moi une lettre qui lui fasse savoir si la Sainte-Inquisition a décidé la » question du Magnétisme. — Je vous prie, Monseigneur, d'observer que la » question n'est pas de nature à être décidée de sitôt, si jamais elle l'est, parce » qu*on ne court aucun risque à en différer la décision, et qu'une décision » prématurée pourrait compromettre l'honneur du Saint-Siège; que tant > qu'il a été question du magnétisme et de son application à quelques cas

/lO^ NOUVELLES £T MÉLANGES.

» particaliei»> le Saint-Siège d'o pas hésité à se prononcer, comme on Ta yu I» par celles des réponses qui ont été rendues publiques par la voie des jour- » naux, — Mais à pr^nC il ne s'agit pas de savoir si dans tel ou tel cas l« ma- » gnétisme peut être permis; mais c'est en général qu'on exapine si Tusage du » magnétisme peut s'accorder avec ia foi et les bonnes miœurs.— L'importance • de cette question ne peut échapper ni à votre sagacité, ni à l'étendue de vos » connaissances. — Je vous remercie, Monseigneur, de ce que vous me donnez » cette occasion de vous renouveler l*assurance, etc.

• Le cardinal CASTRACANE. •

. Mais Mgr Gousset ne se contente pas de publier cette décision dans les notes de son livre (p. 567}; dans le texte même (p. 179)11 pose cette i|ue8tion : Comtneni doit se comporter un confesseur à Vé^ard de ceux qui magne'd' senl ou qui se font magnétiser? et il répond par ces paroles : « Il s'agit du nm- " pietisme animal, dont les effets plus ou moins surprenans exercent en ce moment les savans et les moralistes. Il nous est difficile de répondre catégoriquement : car, quoiqu'il existe deux décisions, dont l'une de la sacrée pénitencerie et Tautre du saint-office^ en réponse à des cas particuliers, la question générale de la licite ou de riUirité du magnétisme, considéré en lui-même, demeure encore indécise. En 184*2, nous avons consulté le souverain Pontife sur la question de savoir si, scpositis abusihus rei et rejecto oinni cum dœmone fédère, il était permis d'exercer le magnétisme animal, et d*y recourir . comme à un remède que plusieurs regardent comme naturel et utile à la santé. Son Eminence le cardinal, grand pcnitcncier, a bien voulu nous écrire que la solution que nous avions sollicitée se ferait attendre, parce que la question n'avait pas encore été sérieusement examinée par lé Saint-Siège ; n'ayant pas reçu d'autre réponse, nous pensons quWdoit /o/^>rr l'usage du magnétisme jusqu'à ce que Rome ait prononcé. Quand nous examinons de près les effets du magnétisme, il n'est pas évident pour nous qu'on doive les attribuer à l'intervention du démon. Mais la réponse du vicaire de Jésus-Christ, quelle qu'elle soit, lèvera toutes nos diiTicullés.

> En disant qu'un confesseur doit tolérer l'usage du magnétisme, nous supposons premièrement, que le magnétiseur et le magnétisé sont de bonne foi : qu'ils regardent le magnétisme animal comme un remède naturel et utile: secondement qu'ils ne se permettent rien, ni l'un ni l'autre, qui puisse blesser la modestie chrétienne, la vertu ; troisièmement, qu'ils renoncent à toute intervention de la part du démon. S'il en était autrement, on ne pourrait absoudre ceux qui ont recours au magnétisme. Nous ajouterons qu'un confesseur ne doit ni conseiller ni approuver le magnétisme, surtout entre personnes de différent sexe, à raison de la sympathie trop grande et vraiment dangereuse qui se forme le plus souvent entre le magnétiseur et la personne magnétisée '. •>

\ Théologie morale y par Mgr Gousset, archevêque de Reims, 1. 1 , p. 1 79 et 067 .

ANNALES

cvGii/iue't'O 5^. — ôiiu) iSJt^Ji..

T^xcïiioloQxe biblique.

SUR LJi BABYLONIE ANCIENNE ET MODEBNE.

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