‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 5)Chapitre 122 sur 135 · ÉCRITURE · texte numérisé non relu

ÉCRITURE

avant le déloge : voyons encore quelles sont les traditions sur la manière dont cette écriture et ces livres furent sauvés du déluge.

Nous avons déjà entendu Josèphe nous parler des colonnes élevées par Setli, et quil prétendait exister encore de son tems. Voici com^ ment Gassién , qui avait vécu longlems en Egypte et en Palestine, nous explique ainsi la transmission des livres après le déloge. Après nous avoir parlé des livres de Seih , il ajoute : « Selon que les an- » ciennes traditions fc portent, Cham, Gis de Noé, qui avait été » infecté des livres de la race de Càïn qui traitaient des superstitions » et dés arts sacrilèges , sachant qu'il ne pourrait conserver aucun » de ces livres dans Tarche, grava ces sciences scélérates et ces » inventions profanes sur' les lames de divers métaux et sur des » pierres très dures qui ne pouvaient être détruites par les eaux. » Après le déluge , les ayant découvertes aox endroits où il les avait » cachées, il transmit ainsi aux hommes ces sciences dé sacrilèges et » de forfaits perpétuels. C'est ainsi que s'explique l'opinion du vul- » gaire qui croit que ce sont les anges qui ont appris les maléfices » aux hommes*. »

Saint Clément de Rome parle aussi de ces livres attribués aux anciens patriarches* , et Clément d'Alexandrie assurait que c'était aux livres des prophéties de Cham que Phérécyde avait emprunté sa théologie '. Saint Augustin parle aussi des colonnes sur lesquelles il avait écrit*. Pierre jComestor fait mention de ik colonnes, 7 en bronze et 7 en briques, érigées par le même Cham , et contenant les éléments et les r^les de tous les arts et de toutes les sciences '.

Nous avons produit toutes les citations d'auteurs qui nous paraissent tous avoir puisé à la source des écritures ou des traditions thalmudiques ou rabbiniques, nous allons maintenant, en révenant sur nos pas, citer d'autres paroles presque toutes d'auteurs profanes, et nous donnant le souvenir des mêmes faits chez des peuples qui ,

■ Con/eréncâj Mii^c»^\.

• Voir letCanst. aposL, 1. vi, c. 16, p. 347, de Féd. des Pères apost. de Cotelier. Am8t.> 1734.

s SiromaUs, I. vi, à la fin du chap. 6, p. 642> éd. de 1688. ^ De CiviL Det,h xYin.

* Dans Œdip. MgyPf t. ii, 2* part., p. 143.

ft46 COUBS DE PHILOtOGIS Tt ifAMCBÈOiÂKSE.

séparés tea tms âé$ antres, ne paraissent pontoîr expGqner tenn tradltioiM semblables qae par nne origine conmume, noos todIoiis parler des Égyptiens , des flîndoas et des Chmois.

Origine de récritare selon les Egyptiens.

Toici ce qne noos disent les historiens : « Manéthoa cnq^nmla 9 son histoire aox stèles on colonnes placées dans la terre sénadîqmy » snr lesquelles anciennement Thoth, le premier Mercure » les avait » écrites en dialecte sacré et en caractères hiéro^YP^ûqiies;*. Ce «Mit » ces caractères (jn'aprés le déloge A^othodemon^^ fils da deaxièsie » Mercnre et père de Tath^ traduisit du dialecte sacré exfMrâié ei » lettres sacerdotales , en langue grecque , et Payant rédigé en. f o- » lames, il les déposa dans les parties secrètes des temples \ »

Cest ce Thoth ou Theuih que Platon assure avoir inventé leslettres, tes nombres, la géométrie , Tastronomie « etc.'; tous les auteurs disent la même chose '.

Or quel était ce Thoth. Plutarque Pappetle le l*"' des dieux ^. Champolfion, qui noua en donne la figure et le nom en hiéroglyphes» àiumère ses titres qui sont : « trois fois tiès-grand ou Tnsmegfsle^ père » et directeur de toutes choses» historiographe des dieux» te seul qqi » comprit Tesseuce du Dieu suprême et celle des choses célestes ; > d*où il conclut que ce ThotH n'est autre que Vinte1li(>ence divine^ et que le l"* et le 2* Hermès ne sont qu'un seul et même personnage considéré sous des points de vue différens ; que le 1'^'' Hermès» à tête dépervier^ fut llnteirigence divine personnifiée; et le 2® Hermès »i tête d* ibis y Ait Tintelligence humaine personnifiée ^ — Nous ne croyons pas à cette explication qui paraît être une invention philosophique postérieure , étrangère aux premiers historiens ; mais ce n'est pas ici le lieu d'expliquer qui étaient les deux Hermès , nous aviHis voulu seulement constater que les Egyptiens ont fût remouter récâtufe et Tusage des lettres aux dieux ou à des hommes inspirés des dieux.

Ammien Marcellin , racontant comment cette science s*est trans-

' tfonsft Chronographte dtf Synceïfe, p. 40.

* Dans Phèdre, p. 274. C.

* Les voir cités dans Jabfonskî^ Panthem eegypt,, m, f(5l, !d3.

* Banquet, ix, quest. 3.

* Voir son Panlh ton egypiieny erpl^tfon de fil plHlMlie tfs eefftf ûê Tlroth.

£€RiTtiie. ihl

mise à Mvers te dâiig|» 9e reneontre atée b i^topm désRsèMins et éeti anteara orieotatix qne doqs avons eifés t « On Af^Oe , ^t*tl , » Sfringes, certains réduits sonterrains et tortnettt que les hommes » chargés de conserrer les rites sacrés, sachant qcre le ^liige detak » arriver, et redoutant !a perte des anciennes cérémonies, firent cretl- » ser en dîTcrs fieux avec grands travawt. Sor les parois des rocliers • » qu*ils araient taillés ^ ils grarèrenc ^IRrentes espèces d*biseatn: et » de bêtes féroces, et une semblable quantité d^autres antmanx que » Ton appelle lettres Méroglypbiques , lettres totalement . incompréhensibles aux latins '. »

Quelques-nos des ouvrages de Thoth Trismégiste sont^ils arrivés jusqu'à nous? On eu cite {dusleurs» le Pœmander^ TjiscUpias \ dos Dialogues; Kirchev dit en outre qu'il a acquis Fassurasee qii'oa trouve encore en Egypte, surtout dm» la lâhUotbèqve du Cakrer ^^ Madrase^ et en langue cqyte, lesoovniges dont voidli» litre» ;

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