L'AMÉRIQUE DÉSIGNÉE
les nouvelles découvertes des Russes , il traçait la route suivie par ces Asiatiques , les faisant arriver au nord-ouest de la Californie, à travers le Kamtchatka et la chaîne des îles Aléoutes.
De son côté , M. de Guignes , compulsant les annales de la Chine, et par elles éclaircissant toutes nos origines européennes, y trouvait un
fort curieux mémoire sur le pays de FOU *A SANG ^ , ou pays de Y Orient extrême. Il s'aidait des lumières jetées par les Russes et les géographes les plus modernes sur les contrées extrêmes du nordest de TAsie ; et , dans un savant travail inséré au t. xxvm des Mémoires de V Académie des Inscriptions et des Belles- Lettres^ il prouvait , autant qu'on le pouvait faire alors , que ce pays de Fou- 5angy connu dès Tan 458 de J.-G. , riche en or, en argent et en cuivre, mdï& on manquait le fer ^ ne pouvait être autre que V Amérique,
Toutes les Cartes grossières et altérées à dessein , quant à la grandeur des contrées étrangères, que nous avons pu recueillir .dans les li vresou les recueils rapportés de Chine, et antérieures aux cartes exac tes du Céleste Empire, dressées ensuite par les missionnaires de Pékin offrent , en effet , à Test et au nord -est de la Chine , outre le Japon
marqué sous un de ses noms Gi p| Pen .^ (Source du soleil) un amas confus de pays , dessinés comme de petites îles , sans dente parce qu'on pouvait y aborder par mer ; et, parmi ces pays, Snt rétendue est diminuée à dessein^ est marqué le célèbre pays de Fousang^ pays sur lequel on a débité, en Chine, bien des fables; mais qui, dans la Relation traduite par M. de Guignes, se présente sous un jour tout à fait naturel , et ne peut s'appliquer qu'à une des contrées de l'Amérique, si ce n'est même, comme nous le verrons, à l'Amérique entière.
Nous n'avons connu ces anciennes cartes Chinoises , dressées de manière à présenter l'Europe elle-même, et toute l'Asie autre que la . Chine , comme de très petits pays , que dans le wyage fait par nous à Oxford, dès 1830 : nous les avons calquées à la Bibliothèque Bodléienjie, et plus tard, notre savant ami, sir Georges Stauntouy nous a doni)é une de ces cartes imparfaites.
De retour à Londres , nous y avons cherché et trouvé le texte chinois de la Relation traduite par M. de Quignes ; car les ouvrages où elle se trouve étaient accaparés , à Paris , par certains sinologues.