‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 5)Chapitre 7 sur 135 · AVANT LA VENUE DE JÉSUS-CIIRIST · texte numérisé non relu

AVANT LA VENUE DE JÉSUS-CIIRIST

Enoch , qui avait vécu avec Noé 113 ans , fut, grâce à sa foi, transporté dans le Paradis, et (selon le texte grec) donné en exemple de pénitence, ou (selon la Yulgate) destiné ù prêcher la pénitence aux nations. C'est ainsi que , par ses leçons et par ses exemples , purent revivre la justice, qu'ils avaient négligée depuis quelque tems , et la foi , qui commençait à s'altérer parmi eux.

La lumière de la révélation n*a donc été refusée à aucune nation antédiluvienne; mais loin d'être fidèles, comme le fut Noé, à en suivre les saintes inspirations, les hommes se plongèrent dans les plus infâmes voluptés ; et leurs foi*fai(s , dont l'odeur exécrable monta jusqu'au trône de Dieu , obb'gèrent le Tout-Puissant à faire pleuvoir un déluge d'eau , pour laver les hideuses taches qui souillaieint la terre'.

\oici pourtant que surnagent en paix , portés par les eaux , Noé, et, à cause de lui, sa famille. Avec eux est sauvée la morale, sauvée la foi révélée à Adam, sauvée la science des choses divines acquise par Noé lui-même dans ses entretiens avec Dieu. Ainsi, à ces uniques restes, qui survécurent à tout le genre humain , fut donnée la gloire, non-seulement de repeupler le monde, au moyen de nouvelles générations, mais encore de transmettre, avec la doctrine sainte, les récits utiles conservés par eux.

« Noé , dit un ministre protestant irlandais * , Noé, qui , lors du déluge, avait 600 ans S et qui connaissait bien la Religion, la morale,

omnes iropios de omnibus operiBus impietatis eorum, quibus irapiè egerunt et de omnibus duris, quse locuti sont contra Deum peccatores impii. Judic, XIV, 14.

' Gen, VI Mattb. xiv, 37, 38. — Luc. xyii, 21.

* Ed. Ryan, vie. de Donagbmore. Bienfaiis de la rcUg^chréL, p. 7,^, traduct. de Bouiard, 3" édit. in-8^ Paris. 1823. L*ouyrage a paru en anglais en 1788.

^ Anno sexcentesimo vitœ Noe... rupti sunt omnes tontes Abyssi magnae. Gen,^ VII, 11 . On lit dans la traduct. de Boulard : Noé qui avait 100 ans lors du déluge. C*cst évidemment une erreur typographique; nous la relevons ici, et sommes disposés à en faire autant toutes les fois que Toceasion. s'en pT*é8entcra, parce qu'il est incroyable quel nombre d'erreurs se vulgarisent de nos jours, grâce à la manie de citer des citations qu*on ne prend pas la peine de vérifier. (Note du traducteur.)

10 LA RÉYÊLATIÛN CONBIUB DES OEMfliS.

l'agricullure, ainsi q^e les arts du inonde antédiluvien, avait leaqna^ lités convenables pour iiistruire^à cet égard, sa âmille et ses desëen* dans. Il esi naturel de présumer que le second père du genre humain imprima fgrlement dans Tesprit de ses enfans Tidée des attributs de Dieu, e| de la nécessité de se conduire conformôipeat aux lois de la morale. L'avantage qu'il eut d'avoir échappé à la destruction générale, doit lui avoir feit contempler la bonté et Tindulgence de Dieu avec plaisir, ainsi qu^avec reconnaissance ; et sa puissance, sa sagesse, ot sa justice, avec r^pect, admiration, et crainte de Toffenser. Il doit avoir dit k sa famille que le monde antédiluvien était incorrigiblement corrompu , et qu41 fut détruit , non-seulement pour ses crimes, mais encore, afin que son sort servit d'eiemple à la postérité. Ainsi, ses disciples ont reçu de lui des préceptes religieux et morau?^, et chacun d'aux a transmis la même instruction à ses enfans et à ses descendant ia tradition fut, sans doute,' la source dV)ù les nations et les s^es de (^antiquité tirèrent les idées raisonnables de Texlsteno^ et d^ attributs de Dieu. )] [)arah , par £usèbe i, que plusieurs peu-t pies anciens avaient à peu près les mêmes idées de rÊtre-Suprême; et cela est vraisemblable , puisque tous avaient la même origine, et que les traditions do Noô doivent s^être conservées sans aucune corruption, chez toutes les nations, pendant quelque tems après le déluge. »

« Noé, dit Ti^omassin \ fut comme le père du monde nouveau et de ym\ \^ St^HV^ imKm V^h^pé <Ju dvlng^ \ cette çpiaUt^ deixm^U «W Dmt U\i tu m^ 4^ Ç^ W^'^^à^ av^^tay^ ^ d^ ces tr^a^n d^ s^^esai^ dont il avait comblé Adam dans la première création. Noé eut cetto excellence par-dessus Adam même , quHl fut inviolabiem^t attaché h la loi et aux commanden^ens de Dieu. Sa vie fut même un peu plus longue que celle d'Adam ; car ayant vécu 600 ans avant le déluge , il

K Pijop^ ev/j^i^-t UX\ ^ — CoB^cmei: p^v 4^ i»ombi^u&9itçitaMo9s un» indiei^-; U^n si vagvi^ serait u^ ho^^d'ceuvi^ q^i m\i& ^^^rait 4a9S iTiBteriniaablea lofkjgpjujijir^ D'a^Uçu^V YÎQiidra ua peu ^s ^\*di Voçcatton d'^mpiruntev à €^ le^Uv. c^£:^s^l)JC 4^ teJLt^ (^^éci^. ^^(^W du uaduç^r.)

lie, 1. 1, ch. 3, p. *>9, 30, 31. Paris, 1685. In-8».

AVANT lA YEOTS M ItftlfMSftllST. il

«D téeut eneore SW, a^ de pouiKur Bon-aeHfeoieal traimfit^ k ime nombreuae postérité 14i4ikage des belka wienee» et i^ aria qu^ aTah sauTéi avec hâ du naufrage de l'aida meadet ma» fl^ipû ^ pouvoir le hii aiferaiir , et le rendre par toute h torre pendant l^espace de prèade quatre ûèeies : les paîena en iront leur Saturne.

» Noé , sortant de Tarehe, et l'af^ochaat de l^Assyries de YJ^rèr Me, de TÉ^ypte, de h Palestine , en personne, ou par ses enfins , y jeta les fondemens de ce# fameuses éeoles, qui y lurent depuis si florissantes, et d'où tontes les sciences s^étendirent dans Tuniversw

» Les descendans de Cham dominèrent en Babylonie et en Egypte. Ce fut de là que les lettres se communiquèrent à une grande Auhitude de provinces. Les descendans de Sem peuplôrenl la Palestine , «'étant mêlés avec les Ghananéens : pour les enfans de Japhei, ils se jetèrent dans la Grèce, et dans les antres province», sur la oser Méditerranée. »

Aifieurss Thomasstai avait dit: « Les Phénieiens et les Égyptiens étant placés sur la tner, firent en leur tems, quelques riicles après le déluge, ce que les Portugais et les Castillans ont fait dans ces derniers siècles , ils portèrent leurs lettres et leur religion dans tous les pays situés sur la Méditerranée, comme ceux-d ont porté les leurs par tout le vaste Océan. Les Hébreux, n'étant pas sur la mer, ont été peu connus des Grecs ; mais il était impossible que leur voisinage ne fît de grandes Impressions sur la doctrine des Phéniciens et des égyptiens, et que, par ce double voisinage, elle ne se répandit jusque ^ns la Grèce. Les Égyptiens et les Phéniciens étaient liés aux Hébreux par le voisinage ; et les Hébreux étaient liés aux €haldéens, en étant descendus. Ainsi , il est très visible que la littérature passa des Ghâldéens aux Hébreux , des Hébreux aux Phéniciens et aux Égyptiens, et, de ces deux nations , elle passa d^u% Grecs. »

11 ajoute : « Quand je parle ici des ChaldéeiQs, j'ei^tends Içs des-

* £t de la Ctiise piême pei^-être, qi^a M, de Pisriivi^ eroU «VfUr éi4 iipe 4es prttvincçs du grand ^ippire d* Assyrie. (Note û^ ^^adll«^|^urj,

' Méthode d'cLmiifV et d'fHsdgner chrelifunemçni les poèlff. LijriP ii, § 21,p. â42, et J 2?.

12 LA nÊVÉllTIÔr* CONNUE DES GENTILS.

cendans de Noé jusqu'à Abi*a:iàm , qui peuplèreat rArniéHio , ia Mésopotamie, et la Chaldée. » €e qui nous ramène à la conclusiou du passade où nous a renvoyés 31. Brunati : « Toute la littérature et » tonte la sagesse du monde , après le déluge, étaient sorties de la » personne et de la maison de Noé et de ses trois enfans, dont le {^us <» jeune avait environ 100 ans lorsque les eaux du ciel inondèrent la » terre. Les trois enfans de Noé, ayant vécu au moins 100 ans avant » rinondation, avaient pu étudier toutes tes disciplines de Tancien » monde pour les communiquer à leur postérité. »

(Remarque du traducteur). La fidélité scrupuleuse aut engagemens que nous avons pris, nous imposerait Tobligation de citer ici un assez long texte de V Essai sur V indifférence • ; mais, outre que Touvrage est assez connu , M. Tabbé de la Mennais y soutient une thèse qui confirme , à la vérité, celle que nous avons à repi^uire, mais qui va beaucoup au-delà. Il veut que cet ordre de transmissien soit UNIVERSEL, quc TOUT se couservc par un enseignement extérieur, que tout y MÊME LA PENSÉE, commcncc par une véritable révélation. M. Brunati se borne à soutenir la diffusion de la révélation parmi les peuples de la gentilité, avant la venue de Jésus-Christ {Délia diffusione délia rivelazione fra le nazioni gentileschcy prima dt'lla venuta di JesuChristo), Qu'il nous suffise donc d'extraire , d'un long texte cité par l'auteur de V Essai (p. 1&, 15), ce qu'en le vérifiant dans l'original , pour le compléter, nous y trouvons de plus conforme à l'opinion défendue par l'auteur que nous traduisons.

« Ainsi, dit le savant Gabriel Fabricy% ainsi que l'ont démontré :

Yossius {De origine et progressa Idololatriœ) ;

Pfanner {Sjystema Theologiœ gentilis) ;

• Des litres primitifs de la révélation^ édil. de Migne {Script, sacr, curs.

compl,^ t. XXVII, p. 413. — Fabricy n*a indiqué le nom de presque aucun

de ces ouvrages. Mais nous nous sommes assurés par nous-mêmes que la

plupart de ceu£ que nous citons ont été composés dans le but dont il parie ;

cl quant aux autres, leur titre en fait voir assez clairement Tobjct pour qu*il

soit impossible de s^ méprendre. Si donc nous avons omis le nom do quelques

<iuteurSf et si nous nous sommes contentés de nommer Purchass, c*est parce

que nous ne connaissions pas les ouvrages dé ces auteurs. (N. d. tr.).

AVAKT tX VFNUE DE JÉSUS-CHBIST. 13

Bœhart {Opéra j passîin; \x>ir sartout : Phnleg. Chana.tn);

Huet {Dcmonstratio e^'ungelica^ récemment traduite et paMiée par M. Migne,dans \^\^ vol. de ses Démonsirations ét^angéliques, et Quesliones nlnetana);

Thomassin (Méthode d'étudier et d'enseigner ehrétiennement la philosophie^ les poètes^ les historiens) \

Clarke (Discours concernant Vétre et les attributs de Di^i/, publié par M. Migne, dans le même vol.) ;

Cudworth (Sj'Stema intellectualis adi^ersus atheeos) ;

Stanley (Hisloriaphilosophlœ) ;

Brucker (Historia critica philosophiœ) ;

Ramsay (Discours sur la Mythologie ; h la suite des Forages de Cyrus) ;

Stillingfleet (Origines sacrœ) ;

Leland (Nouvelle démonstration éuangéliquéj;

Barnet (Défense de la Religion^ tant naturelle que révélée) ;

Dickinson (Delphi Phœnicizantes) ;

Shuckford. (flistolre du monde sacrée et profane.

Stuchius (De perenni philosophid),

Goguet (Origine des lois) ;

Innoc. Ansaldi (Délia nécessita e verita délia Religione naturale e repelata) ;

Je. Âlb. Fabricius (Delectus argumentorum de veritate Religio' nis chrisiianœ) ;

Pnrcbass., etc., etc., etc.

(Ainsi que Font démontré ces auteurs) : « Le Seigneur n*a jamais été sans témoins parmi les hommes; car, malgré les ténèbres de Tido^ latrie, le souvenir des premiers principes religieux ne s*effaça pas entièrement de leur esprit. Ils conservèrent toujours quelque tradition des vérités primitives.... Le culte des anciens patriarches a vu tous les autres cultes commencer et disparaître. La véritable religion est une : elle date de la même époque que la naissance de Tunivers ; elle subsistera jusqu*à la consommation des siècles. Dieu s'est révélé aux hommes, et cette révélation est aussi ancienne que le monde même. Yoilà Tunique point fixe auquel on doit nécessairement s'arrêter pour ne point s'égarer. C'est à cette source qu'il faut ramener

^ft U IKÈVfÈLAXlOH GONNim DES GBirULS.

l'origine des Térités répandoet dans Tens^neinent de» peuple». Les bomùes n'auraient jamais eu qu'une Religion , s'ils n'eussent point altéré Tanci^ine croyance émanée de Dieu... Le genre bumidn n'a point passé d'abord de l'erreur à la vérité ; il ne s'est corrwnpu que peu à peu ; il est ainsi tombé dans Terreur ». »

Du grand nombre d'auteurs ci-dessus nommés , nous ne choisirons qu'un seul témoignage pour confirmer celui de Fabricy. » On croit » ordinairement, dit Ramsay % que toutes les traces qu'on toit de » la Religion naturelle et révélée dans les poètes et les philosophes » païens, se doivent originairement à la lecture des livres de Moïse; » mais il est impossible de répondre aux objections que les incrédules » font contre cette opinion. . . .

Opinion tout à fait absurde, il faut l'avouer, quand on l'exagère (ainsi que plus d'un auteur a semblé ou le faire ou le supposer) au point de vouloir que la Bible bien entendue soit la seule source des vérités conservées dans le genre humain, et la Bible mal entendue la seule cause dos erreurs el des fables odieuses ou ridicules de la théologie et mythologie des anciens. Les objections que/^/n'incrédulité contre un tel système sont celles que ferait le simple bon sens. Mais l'opinion qui soutient que ûms plusieurs de ces traditions, soit ihéologiques , soit mythologiques, se retrouvent des traces, non pas seulement des paroles transmises par les patriarches , mais encore des textes du Penlateuquc, du livre des Juges, etc. ; textes communiqués par fragmens ou de vive voix , tant par les Juifs eux-mêmes vendus comme esclaves ' que par les Égyptiens, après la sortie d'Egypte; les Phéniciens (Chananéens, Philistins, Pelages <) durant les guerres de la

» Ib., p. 416, 422.

* A la suite des Foyages de Cyrus ; Discours sur la théologie et la mythologie des anciens, 2'' partie, ad finem.

'Tyrus et Sidon, et omnis terminus paîœslinonim.... et filios Juda, et fliîos Jérusalem venditistis iiiiis Gra^corùm, ut longé faeeretis eos de finîbiis suis. (Joeî, Tii. 4. 6.)

* Ce mot Pélasges, si célèbre dans rantiquité,yient évidemment de Thébr^eu ;c;Ss» lui-même racine, dit Calasius {Concordant, sacror, Bildi. fvehraic, aulore (^lasio, t. iv, col- 10.6. —Rom». 1021. in-lblio), de ^r\W^ pelisthi.

AYÀNf U VENUE DE JËSUShCHRIST. iS

Pri^^Une, Arpw Jkwué jusqu'au roi David; et enfin par Ninite, depuis Jopait et Babyk>pe depuis les 70 ans de captivité. Cette opinion, appuyée sur )e# cpiyectur^ plus ou moins heureuses de Bocbart , Ifuet, Voa»us, Layaur, Tbomassin, Girardet, Gueriu du Rocher, n^est traitée avec tant de mépris par les incrédules qu'en haine de nos lîi* vres saints, M. 3runati, dans une l(uigue nota que nous aurons plu Uird i^ reprodnire, ne croit pas cette opinion indigne d'un mûr exa^ m^ ; et notre dessein est de Tentreprendi^e dans notre Appendice , non pas certes d'une manière complète , il faudrait un livre, mais suf* lisante, au moins pour ce qui concerne les personnages dont notre an» teur fait mention. Quoi qu'il en soit par conséquent de la portée de cette phrase de Ramaay i « On croit ordinairement que toutes lestFaces, etc, , » il n'en a pas moins raison d'syouter : « Les Juifs et leurs 9 livres furent trop longtems cachés dans un coin de la terre pour » devenir la lumière primitiv^^ des nations. >» Pourvu qu'on ne donne au mot primitif que la valeur qui lui convient. Ce que Ramsay ajoute ensuite est incontestable, et c'est là surtout ce que nous avions en vue dans ce^te citation importante :

• Il faut remonter phis haut , jusqu'au déluge même. — IL EST ÉTOX^A^T QUE CEUX QUI SONT PERSUADÉS DE L'AU- THEÎSTrcrrÉ des livres sacrés N'AIEJNT pas PROFITÉ Wa CETTE ÏPte POUR FAIRE SEiNTIB LA VÉRITÉ D* L' WSTQÏR*; MOSAÏQUE SUR L'ORIGINE 1>U MONDÇ , L» I>ÉU;G£ UNIYER^EXi £T LE RÉTABLISSEMENT DE LA RACe HUMAINE PAR NO^. IL EST DIFFICILE D'EXPLIQUER AU- TREMENT I/UNIFORMITÉ DE SENTL^IENS QUI SE TROUVE DANS LA RELIGION DE TOUTES LES NATIONS. »

C'est du souvenir de Noé , à moins que ce ne soit plutôt du. conx-^ merce avec les Héb):eux % c^ue sera venu ce C(ui dans l'histoire de la

Pkilistiiis, dont les principales villes étaient Azot,Gaza, Accaroo^ GcU et,A&calon, avec lesquelles les Hdbreux eurent de si l'réquens rapports. Ce rapprochement si simple en lui-môaie me paraît de nature à jeter un grand j,our sur Thistoire dcsi anciens Grecs Qt de leurs colonies si nombreuses.

*y. Tappendice ou nous analyserons Huet , Thomassin,, Lavau.r , Vossius^ Girardet, eC surtout Gujedn'du-Rocher , en ce qui concerne la cjr^tion , le déluge et tes palriarches. (Note du traducteur.)

ifi LA RÉVÉLATION CONNUE DES GENTILS.

Chine est attribué à Fo-hi, Yao ou Tiko ', et dans Thistoire des Chaldéens à Xisutiirus ' ; et ce qu'on trouve de conforme au récit de ftloïse, sur l'origine du monde, sur la chute de Thorame , et sur le déluge dans les livres de Tlndc les plus anciens'. C'est aussi h quoi il faut rapporter l'origine de ce qui se trouve épars dans l'histoire, les traditions et la mythologie des différens peuples, sur la création de l'univers et sur celle d'Adam et d'Eve, et sur le déluge. C'est ainsi que, grâce aux instructions des anciens patriarches, la voix de la divine révélation s'est fait entendre aux nations diverses; et c'est pourquoi enfin nous lisons dans Aristote : t Oui (o3v), c'est une parole «'antique, une tradition répandue de père en fils parmi tous Icshom- » mes, que tout vient de Dieu (ex 0eou) ; que Dieu a disposé pour » nous (#,fxïv) toutes choses; qu'il n'est point de nature créée (©u<nç) » capable de se suffire à elle-même (aoTbfpxTjç) et de se conserver un » seul instant, privée de ce secours divin *• »

* M. firunati renvoie Ici à Duclos : Bi6iia dt/esa, t. i, p. 207-212. Hrescla 1821.— *SVor/fl! universale degliaulori ingtesi, 1. 1, p. 197, 198. Not. R. Venezia 1765, in-4o ; — de Paravey : Ici entité du déluge d*Yao et de celui de la Bible dans les annales de philos, déc. n«89. t.xv,p. 38— Duclos n*a fait qu'extraire THistoire unÎTeselle, non seulement!. i> mais encore t. xxx, p. 81-93, et t. liv, p. 89 etsttiv. de ledit, franc. in-8«. — On y défend, p. 91-155, le système de Shackford, diamétralement opposé à celui de M. de Paravey, et soutenu jusqu'à la mort par M. Kiambourg. Cette discussion eiige dMmmenses détails, qu*il nous faudra, en les abrégeant beaucoup, renvoyer à Y appendice. (Note du traducteur.)

' Voir Duclos, Op, ciL, 1. 1, p. 156-158.— Duclos y citeBérose et Abydène. Nous renvoyons à Tappendice leurs textes et les discussions qu'ils exigent. (Note du traducteur.)

* V. dans Tappendicc la dissertation de M* Brunati sur la conformité des anciens livres de VInde avec les xi premiers cluipitres de la Genèse, (Noie du traducteur.)

* Aû/^ato; jxsv o5v ti; Xo"fc; xal irotTpio; êcrn , wàaiv àvÔpwitoi; , «; sx 08ou rà TTOtvTa, xai ^là ©soû tqu.îv auvéffTYjxsv • où^eiMa ^è (jpuaiç^ aùrin xaÔ' iauTTiv aOrapjc»;, gpYju.6)68Îffa ttî; £» t&utcj awTy.pîa;. (Artist. De mundo. c. 6.) Budée traduit : «Vêtus igltur sermo est,àmajoribusquc proditus inter omnes hominos^ » uni versa tum ex Deo, tum per Deum constituta fuisse atque coagmentata ;

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