‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 5)Chapitre 8 sur 135 · AVANT LA VENUE DE JÈSUS-CRIST · texte numérisé non relu

AVANT LA VENUE DE JÈSUS-CRIST

Ce discours antique, cette tradition de i)ère en fils dont parle Aristote, comment la révoquer en doute?

Noé a survécu 350 ans au déluge;

Sem 500 ans. .

La vie de Gham et celle de Japhet auront été sans doute à peu près aussi longues.

Autant de livres vivans, et les plus respectable de tous.

Sans aucune peine leurs arrière-neveux pouvaient lire dans de tels livres; ils y pouvaient apprendre sans la moindre étude tx)ut ce qu'il leur importait de savoir sur les dogmes, la morale, le culte et This • toire.

N'est-ce point, par exemple, ce que fut à portée de faire cet Abraham dont le savoir était si renommé en Orient. Sem vivait encore , que ce saint patriarche était déjà âgé de 150 ans. Pendant 130 ans. Salé petit-fils de Sem, et pendant 180 ans, Heber, fils de Salé, furent contemporains d*Abraham.

A ces témoins de la Providence et de la justice de Dieu, à cette tradition patriarchàle des prodiges que Dieu avait opérés , ajoutez des monumens plus instructifs, plus éloquens , plus dignes de foi que les médailles d*or, d'argent ou de bronze, et que les pierres entassées , sa^noir : pour la création, la division de la semaine ';

pour le déluge : l'arche, demeurée sur le mont Ararat;

les dépouilles des animaux engloutis; la tour de Babel, dans la plaine de Sennaar.

L'abbé BRUNATl.

Traduit et complété par P. P.

» nullamquc naturam satis instruclam ad salutom esse posse, quœ cilra Dei » praesidium sus ipsa demùm tutels permisse sit. » M. Bninati traduit en CCS termes la première moilié de la phrase : • £ dunque derWata una certa « tradizione aniica e paterna a tutti gli uomini, che da Dio, e per mezzo di » Dio siano slate a noi costituite tutle le cose.

Ici une longue note sur le nombre 7, et ses rapports avec la création, — Nous renvoyons de même a l'appendice les développemens qu'elle exige. (Note du traducteur.)

16 DEUX PUÉfAGE^

Cittératuré tUurgtque.

DEUX nmkm mnm% d'abailard.

C'est cet été seulement qu'ayant passé par Bruxelles, à notre retour de Saint-Gdll ^ il nous a été donné de connaître enfin par nousmême le manuscrit des Hymnes inédites d^Ahailarà ^ dont nous avions annoncé Texistence en publiant naguère, d'après une copie de M. Oehler, savant philologue allemand mort depuis peu, la curieuse et intéressante lettre à Héloïse qui accompagna primitivement l'envoi de ces hymnes \

Nous ne recommencerons pas après &I. Emile Cachet» qui^ dqm^s nous» a publié la même lettre d'Abailard dans le Compte-rendu des séances de in commission royale d'histoire de Belgique ^, la description du célèbre manuscrit ; nous nous bornercms à remarquer que le titre (dacésur le dos du volumei à la fin dsquel le recueil des hymnes

» Voy. le vol. m de la Bibliothèque de V école des chartes. Paris, 1841.

Nous devons une bien vive reconnaissance à M. le secrétaire général du ministère de rintérieur de Belgique, pour la grâce parfaite avec laquelle il a bien voulu, en Tabsence du ministre, et sur Tobligeante recommandation de MM. de IVumîghy et de fiassairo , rfiarg^r M. Marchai, conservateur des manuscrits de f Ëtal , donl tous teux qui ont eu de» réiatfons «i\t»c h Bibliothèque du Roi de fthiielîes tjotinai^séttl le tèïe empressé, de nous teméttre le manuscrit que M. 1Gt)tlffiSn Venait tout Vétemiweht de restituer. Nos rapports oïit été non moins flatteurs à Paris, avec MM. le Pritoce de Lîgtie et iPîtttiîh Rogier, tot-sqiie, notre IrâVâll étant terinîtté. Il fc>èTst agi tie faiiiô «passer leticore uïre ïofe fe frontière %ti pfécîctat vtjhrtttfe, \feti de \^ réîîitfgter éans «dil ^omîdîe tfctutîv

• Bruxelles, 18^2. La découverte de M. Oehler remonte à FautomYtèidic iSiîO, ainsi que le constate une lettre de lui que nous avons en notre possession.

INÉDITES D'Afi AU.ARD. 19

a été inséré, voiame relié au chiffre de Napoléon, einii qne tous les autres volumes de la Bibliothèque de Bourgogne, quifit, comme l'on sait, partie sous l'Empire de nottTB Bibliothèque du Roi dé Paris^ est loin d'en «mottoer tout le contenu. Il ne présente en effet que ces simples indications: Fïta Pilaii. — Cicero de amieitidi — 12* siècle. C^)endant d'autres opuscules» ayant ol^àcun un numéro particulier dans le catalogue, figurent encore iboos la même couverture, sans compter le plus important de tous , celui doUt nous nous occupons et qui est inscrit dans ie tatalogue sous le n** 10158» A cette première remar^que» nous en joindrons une autre qui n'est pas dénuée d'un certain intérêt J^e manuscrit portait primitivement, à la première ligne « ad tttonàn înstantiam n au lieu de « ad tuarum precum instantiarnii qu^on y lit; le mot precum ^ que MM. Oehier et £; Cachet ont inséré dans leurs copies , et que nous croyons devoir maintenir, a été mis après coup et en surcharge au-dessus de ia ligne ; il est d'une encre différente et n'a été évidanment ajouté que postérieurement. AbailâWl n'avait-il écrit lui-même que « ad tuarum instantiam t pour déôgner par là les instances que lui avaient faites è différentes reprises les compagnes d*Héloïse, doiil il parle deux lignes plus bas, et qu'il a pu avoir l'intention de désigner sous la simple dénomination de taarum ? C'est utt point sur lequel nous ne nous permettons pas de prononcer et que nous litrons à l'appréciation de !a critique.

Quoi qu'il en soit, ni M. Oehier, nî M. E. Gachet, ni M. GoUsin, ainsi qu'il eîst permis de le conjecturer d'après î5on silence, ne s*étâient aperçus d'une chose qu'il n'était possible de reconnaître qu'en lisant le manuscrit d'un bout à l'autre ; c'est que la lettré ne finit pas là où commencent les pfemières hymnes; elle n'y est qu'interrompue et Abailard la continue en deux autres téndroits. Ces reprises , qui se confondent d'autant plus facilement, à la première vue, avec les h'ynànes au milieu desquelles elles se trouvent jetéeé sans aucune espèce de distuiction particulière , que ces hymnes sont, k la manière des anciens tnanuscrits, écrites de suite, en forme de véritable prose, conàtituteût deux préfacée nouvelles ; et si nous eriapîoyons cette expression, c'est qu'il appert de leur lecture qu'Abailard ayant divisé ses hymn^ en trois tlèsses ou catégories, savoir : fi^^nèi pour les fé"

20 DEUX PitÊFAGES

ries de la semaine , hymnes pour les solennités divines * , et /i)'m« nés pour les saints, composant chacune, selon son expression, un /<bellus , a distribué sa lettre en autant de parties dont chacune est destinée à servir de préface à la catégorie d'hymnes qu'il place à la suite; de torte que la partie de la lettre que nous avons déjà éditée forme, ainsi qu'il le dit dans les lignes qu'on va lire, la première préface. On a pu remarquer que, dès cette préface, Abûlard s'adressait à toute la communauté du Paraclet, comme il le fait dans celle de ses lettres à Héloïse qu| accompagne les règles de la vie Enonastique ; il persévère sur le même pied dans les deux autres, dû ii ne parle plus directement à Héloïse, mais qui font exactement suite à la première et dans lesquelles la dissertation entamée d'abord se prolonge et se complète de manière à offrir définitivement un véritable traité de rhyniue religieuse. Les trois préfaces ne font évidemment qu'ime seule et même lettre, divisée en autant de psjrties qu'il a plu à Abailard d'établir de catégories d'hymnes; la deuxième commence dans le manuscrit au bas du i^erso du folio 86, remplit tout le recto du folio 87, et finit au haut du i^erso suivant ; la troisième commence au bas du i^erso du folio 91 pour continuer et finir sur le recio du folio 92. Il est probable que dans les pages du manuscrit que nous avons annoncé avoir été emportées par la vétusté, se trouvait, après les h) mues qui nous manquent, la salutation finale qu'Aballard n'omet jamais au bas de ses lettres.

La nouvelle découverte dont nous faisons part en ce moment nous dispense de revenir, comme nous nous l'étions d'abord proposé, sur noire première publication , afin d'en rendre l'intelligence plus parfaite, Abailard allant de lui-même au devant des doutes que nous avions à élever ou des explications que nous pensions nécessaire de donner. Désormais l'histoire de la réforme dans Thyumaire sollicitée par les nones du Paraclet et exaucée par Abailard, sera bien complète, bien lucide, et l'on connaîtra tous les motifs qui déterminèrent ce dernier à favoriser cette réforme malgré les changemens qu'il était amené à proposer dans la liturgie. Le texte inédit que nous livrons

* On entend ici sous ce titre les fêtes qui se rapportent spécialement à Dieu.

au public ne pouvant, d'après les éclaircissemens que nous avons offerts précédemment s présenter d'obscurité ni d'aïubiguité , nous nous bornons à le reproduire avec une traduction française suivant Tusage le plus ordinaire des éditeurs d'Abailard, déjà adopte parnous, et en l'accompagnant seulement de quelques notes qu'il nous a semblé indispensable d'y ajouter.

Nous remarquerons, toutefois, dès maintenant, et comme en rappel de notre précédent article , que la définition de l'hymne , k laquelle Abailard fait allusion dans sa seconde préface ( Laus Dei ciim cantico), nous semble tirée de saint Augustin, dans son énarration sur le psaume liiS, où nous lisons : nflj^mmis sciiis quidest? Cantus est ciim laude Dei, Si laudas Dcuin et non canlas^ non dic/'s hjmnum. Si cantas et non laudas DeiiWy non dicis lij^mnuni. Si laudas aliquid qiiod non perlinet ad laiidem Dei et si cantando laudes^ non dicis hjrmnum, Ifj^mnus ergo tria ista habet et canin m et laiidem et Dei *. »

Nous prévenons qu'après nous être attaché , autrefois , à reproduire la copie de M. Oebler avec la plus scrupuleuse observation de l'orthographe indiquée par lui , nous avons dû renoncer, cette fois, à prendre une peine tout-à-fait superflue, puisque le copiste négligent et ignorant , auquel est dû le manuscrit d'Abailard , n'a pas d'orthographe constante, et qu'il écrit capricieusement les mots tantôt d'une manière , tantôt de l'autre , et souvent avec une barbarie complète. Le mot hymne, par exemple, est écrit tantôt V'm/?w5, tantôt /ûninus, et tantôt ^m/2W5; on voit cottidianus pour quotidianus, honus pour onuSy dijffinitio pour definitio^ etc. , etc.

Nous ne pouvions ne pas réimprimer aujourd'hui la paitie de la lettre d'Abailard que nous avions déjà éditée ; c'était une obligation à laquelle il était impossible de nous soustraire sans tomber dans le grave inconvénient de n'offrir aux lecteurs de ce recueil qu'un monument tronqué : il nous importait , d'ailleurs, de saisir cette occasion de rectifier diverses variantes que 31. Oehier avait introduites dans sa copie, et de présenter, cette fois , une reproduction parfaitement exacte du texte d'Abailard.

» Voy. le vol. m de la Bibliothèque de V École des chartes. * P. 1C82, t. IV, édition des Bénédictins ; p. 1947, éd. de Miene m* SÉRIE. TOME IX. — W 49. 1844. * 9

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