‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 5)Chapitre 76 sur 135 · M. ADAM MICKIEWICZ · texte numérisé non relu

M. ADAM MICKIEWICZ

M. Mickiewicz est un de ces polonais qui , à la suite des persécutions de l'empereur de Russie , sont venus en France , doublement cbers aux catholiques coname persécutés et comme leurs frères en croyance. Déjà très connu dans son pays par ses poésies , c'est M. le comte de Montalembert qui le fit connaître à la France en traduisant, en 1833 , son Livre des pèlerins polonais, dans lequel nous pûmes lire des pages admirables de foi et de poésie. Depuis lors les catholiques ne cessèrent de le regarder comme un frère , et c'est en grande partie aux instances de quelques-uns d'entre eux qu'il dut de voir créer en sa faveur une chaire de langue et de Uttéralure statue au Collège de France. Son cours est assez suivi , non-seulement par ses compatriotes, mais encore par un certain nombre de français, qui sympathisent avec l'âme aimante et rêveuse du poète. Les journaux catholiques surtout lui ont souvent donné de justes éloges '. Or,, voici ce que ce même M. Mickiewicz est venu annoncer dans la séance du 19 mars dernier.

La doctrine nouvelle et le Verbe nouveau.

« Le professeur, après avoir fait un grand nombre de prologues,

* VVmvernWcaifiolèque 9 publié une analyse de son cours de 184^1. «,

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d'ayant-propos, d'introductions» de discours préliminaîres sur presque tous les points de la doctrine nouvelle, a enfin abordé la base de son nouTeau système de métempsxchose.

' D*abord est venue la question « qui embarrasse tout penseur^ » question de nos rapports avec tout ce qui n*est pas Vhomme^ avec tt les animaux et les végétaux. >

On va trouver que nous manquons quelquefois de clarté, et Ton n'aura pas tort Mais que l'on veuille bien considérer que nouj ne comptons pas parmi les initiés à la nouvelle doctrine , et que nous exposons les idées de M. Mickiewicz, idées non moins brumeuses que profondes. Reprenons notre exposé.

« L'homme est le roi de la création, — oui , — mais un roi sauvage et qui ne sent pas que ses sujets peuvent avoir des droits et sont destinés à un état pins élevé qu'il doit les aider à atteindre. Les philosophes n'ont pas médité sur la cause du mutisme des races inférieures. Il y a là un mystère qu'il faut découvrir, et, pour le découvrir, il faut s'intéresser au sort de ceux que nous voulons secourir. La voix du professeur sur ce sujet n'est pas solitaû-e , dit-il , il se tait lui-même pour nous faire entendre l'écho qui loi répond de l'autre hémisphère. Il prend pour exemple la race qui touche de si près la race humaine, la race murine , dont les substructions ne sont éloignées de nos pieds que de l'épaisseur d'un plancher ; et deux voix plaintives déplorent à l'unisson que pas un mot du langage d'une de ces races n'ait pénétré dans le langage de l'autre. Le Christianisme, précurseur de la nouvelle doctrine , doit réaliser la réhabilitation des races inférieures , et la preuve , c'est la sympathie que les chrétiens professent pour les animaux, en reconnaissance de ce que ceux-ci ont les premiers reconnu le Sauveur.

» Ensuite M. Mickiewicz définit le verhe. Le verbe est partiel et universel. Le verbe donne la force à l'homme qui le porte au dedans et appauvrit celui qui le jette au dehors, cependant il est obligé d'annoncer ce verbe. Le verbe partiel est pour chacun le moment où il trouve la solution d'un problème difficile, où il trace un tableau pro« jeté. Pour exemple : verbe tT Archimède , verbe de Newton, Mais voilà que l'homme lui-même est ce verbe^ pourvu cependant que cet homme soit complet. (Exemples : Alexandre-le-Grand, Jules-César,

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Napoléon. ) Lorsque Nopoléon , après nue yiewtë , iVst éetié i « Je suis Vhowmè de la Ftance , » Napoléon a «Cfntt qnTI éfttîl \bvt!irbt de la France, Les hommes qui réalisant même ce verbe partiel Mot très-rares, mais ils seront récompensés. Le géséralen chef est le verbe de I*armée.

» On trompe singulièrement le monde faand on dit que /«pw- Christ a tout fait. — Non, — Il faut que chacun de nous devienne après 2,000, après 3»000 ans, un autre Jésus-Christ y Fégal de Jésus^Christ,

» Alexandre-Ie-Grand, homme complet, réalisa en hii la Mytholo^^ qiR sans lui eût été une fable , en croyant de bonne foi qu'il était Dieu. Ici le professeur, en habile orthopédiste et en quelques mots , allonge la moyenne stature A* Ale%BSidve , abrège son col trop haxa^ redresse sa tête un peu penchée du côté gauche , le déclare beau comme Adonis , je ne sais quoi comme Baccl.us, et incarne en lai la mythologie, trouve son ouvrage bien et passe à Jules-César, qui avàt grandement raison de s'écrier : lËsi-ce que les Romains me croient vraiment un homme comme eux f Et voilà Jules-César tout préparée loger ed lui le Paganisme, Le tour du catholicisme arrive. La chose est prévue : Napoléon a. le mieux réalisé en lui le Catholicisme, Napoléon retrouvait le secret des apôtres. Dans la leçon précédente , Napoléon avaii baptisé ses soldats, il les conGrmait, et les Évéques chrciins , dans une inconvenante apostrophe , étaient invités à apprendre à confirmer de ce pontife modèle. Mais il faut encore quelque chose pour rendre Napoléon complet, il faut une de ces exclamations à la Jules-César. Or voici une vérité historique dont l'authenticité est garantie par l'autorité privée de M. Mickie\lÉ^2 , et qui établit qo* Napoléon se sentit un jour prêtre, et que n'en ayant pas dans sa saite, il proposa à ceux qui la composaient de les confesser.

» Le professeur continue ainsi r Une masse de chaleur et de lumière est répartie pour chaque époque. Cette chaleur et cette lumière constituent l'époque... J'ai prié Dieu qu'il me donnât quelque chaleur et quelque force. J'ai accompli ma mission en vous annonçant le P^erbe incarné, nouvellement envoyé parmi nous , et V honneur d'avoir été trouvé digne de V annoncer fera la joie de toute ma vit et de TOUTES MES VIES.

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n Ptii^ d^tm <;ri Téhément il a continué : « J'ose sommer, cent 9 d^entre Icfs polonais et cenic d'entre les français (fA ont ap^rodiê 9 de ce Ferhè de déclarer s'ils Font tu , oui ou non ?» — Un brutt tumultueux de prés d'une soixantaine de voit a répondu par un otd protongé et répété. Toutes ces personnes se sont rai^ement tesfées crt ont étendu le bras. Un seconde sommaticm a été suivie d'uit nouveau bruit, et de la réponse : « Nous le jurons. »

Use dame étrangère à la secte , eflfirayée dé cette scène r tMklÊ dans une crispation nc^euse. Des cris mêlés de sangiol» se ftraot^i* tendre parmi les femmes adeptes, dont une est restée ^el«fM tems tes mains jointes, les bras élevés au-dessus de sa têle et tendu» vei^ le professeur. Le bruit général couvrait la voix de M. Rfickkr^irttô. Vne autre iëmme a attendu que le professeur fflt descaidu de sa daàte , H abrs elle s'est jetée à ses pieds et a voulu les embrassef ,

Voilà comment M. Midûewicz a ttmoncé , où pbitôt iéitgsré m Messie nouveau; ce messie est un Polonais qui porte le nom de Towianskî; on sera sans doute curieux de connaître les paroIêH par lesquelles il s'est annoncé au monde. Nous avons pu nous procnrer un exemplaire du fameux discours qu'il prononça dans un re» pas ou bavquet , que M. Mickiewicz appelle la Cène , sans doute pour la comparer à la cène du sauveur Jésus. Cette pièce est d'autaitplua catriense que c'est enc(Hre la seule quaknouveaur prophète ait Uvrée à l'impresâoB *«

M. TOtttANSKr,

€e nouveau' mesne est veau, il y a troiâ ans, du fend 4eta U*' thuanîe, apporter à ses frères potonaif et à la France ir bienfait daa révélatkms dont il a été farorisé dans une période de 17 jeun* du 34 déc^ntffe an 10 janvier, nous ne aan»» de qiidle aanée. hmnaL longtem» il a produit sa doctrine dme de» réoniona partîcaBères ei devant nai petk mlnbre d'adeptes; il a fivmé ainsi «ne assoctatîott à hquelie il aggrége lee hommes et les^ iemme» qui craent en lot

* Banquet du 17 janvier 1841 , à Paris, clicz Bécbet> 4, rue de Sorbonne,

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