‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 5)Chapitre 91 sur 135 · CONFÉRENCES DE NOTHE-DAME, PAR LE P. DE RAVIGNAN · texte numérisé non relu

CONFÉRENCES DE NOTHE-DAME, PAR LE P. DE RAVIGNAN

abandonnés comme de misérable! joaets à tontes les incertîtndes et aux variations conliouenes des opinions humaines. Dieu manquerait de Providence ; il eût fatalement livré sa créature intelligente et raisonnable à toutes les contradictions et à toutes les erreurs^ s'il ne lui avait donné im maître cerUin, infaillible, toujours présent, toujours vivant comme rhumanité.

S» II faut la société spirituelle et religieuse bien plus encore qu'il ne faut la société matérielle et politique; car il faut régir, cultiver, sanctifier les âmes elles-mêmes, descendre dans la conscience, y prescrire l'accomplissement des devoirs, et conduire l'homme à sa fin dernière et divine. Or, la société politique, par sa nature même et sa destination, n'atteint pas ce but.

3o Dieu donna la vérité à la terre: pourquoi sans cela aurait-il créé l'intelligence? En donnant la vérité, ou il en livra la détermination au jugement de chacun pour la voir bientôt détruite , suivant les vicissitudes des opinions humaines : blasphème horrible ! ou il voulut conserver la vérité, et alors il établit l'autorité, qui peut seule être souveraine des esprits et leur imposer la la vérité, l'autorité infaillible. Telle est l'Eglise, réalisation des desseins du Dieu createur et réparateur, après la longue et nécessaire expérience des aberrations libres de l'homme. Enfin, Dieu bon, Dieu sage. Dieu ami de l'homme. Providence des forts qui en ont plus besoin encore, a dû à tous le moyen sûr et facUe de connaître et de garder la vérité. Or, quel est ce moyen ? L'autorité infaillible et certaine.

Dans sa péroraison l'orateur demande surtout à ses auditeurs de montrer de Ténergie et du courage dans la recherche de la vérité.

Ici, Messieurs, avec lA droiture des intentions, il manque donc encore une condition pfour croire ; il manque le courage. Et il faudrait savoir que l'orgueil qui nous enchaîne n'est qu'une lâcheté. Le courage, l'humilité respectueuse et libre à la fois, qui s'affranchit de toutes les préoccupations et de tous les engagemens, s'incline seulement devant les faits et les témoignages irrécusables, langue de Dieu parlant à l'homme, mais s'incline courageusement devant eux , puis , se relevant pour faire tête à l'orage, combat le vice re pousse l'erreur avec toutes les armes de la foi et de l'amour, et se repo^ en attendant la Jérusalem céleste dans le sein de cette glorieuse Eglise que ses prophètes, ses martyrs, ses héros et ses docteurs, que la succession inviolable de ses pontifes depuis les saints apôtres , et les cris même des hérésies expirantes nous montrent élevées sur le sommet de la montagne, recevant les hommages du genre humain et possédant la plus haute, la plus grande ^ plus infaillible autorité. *

{ÏM suite au prochain cahier,) . ,»

'il • 15.

ANNALES

%<»'»»^ -fc^.^^^ v%'V«<% %.«.%^^%«^^*««i%^«^%> «^%^%i% «^« %««-v^^/«/«

pi)tiosopl)U €atl)0liqu(.

THÉODIGÉE CHRÉTIENNE,

Ou comparaison de la notion chrétienne ayec la notion rationalislc de Dieu,

' Par m. l^bbû MARëT.

TOt^icmc dHîcle ,

Page 1