‹ Annales de philosophie chrétienneChapitre 109 sur 122 · jëitu s apparaît à deux de ses dlselpleii sur le ehemla · texte numérisé non relu

jëitu s apparaît à deux de ses dlselpleii sur le ehemla

d'EniinaUf.

Dimanche 5 avril. — Vers le soir.

Deux disciples allaient de Jérusalem à Emmaûs qui est un bourg éloigne de 60 stades de Jérusalem ; Jésus se joint à eux sous la forme d'un voyageur et .leur dit: -

« De quoi vous entretenez-vous dans le chemin, que -» vous êtes si tristes ? » L'un d'(îux, nommé Gléophas^ lui dit: « Etes-vous seul si étranger à Jérusalem^ que vous ne con- » naissiez pas ce qui s'y est passé ces jours-ci ? — Quoi ?leur » dit-il. — - Au sujet de Jésus de Nazareth, dirent-ils, ce pro- » phèto puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et de- » vaut tout le peuple. Et de quelle façon les souverains-pon- » tifes et noâ magistrats Tout livré pour être condamné à D mort et Tout crucifié.

x> Or, nous espérions qu'il délivrerait Israël, et depuis » toutes ces choses voici le 3* jour qu'elles se sont accomplies. & Il est vrai que quelques femmes parmi nous sont venues D nous effrayer ; elles sont allées avant le jour au tombeau, et » ne trouvant pas le corps^ elles sontrevenues, nous racontant » avoir vu des anges qui disent qu'il est vivant. Quelques-uns » des nôtre.s sent allés au tombeau et ont trouvé les choses » comme les femmes l'avaient dit ; pour lui, ils ne l'ont pas » découvert.

^ Luc, zxiv, 33.

33 ans après J.-G. JÉSUS APPARAIT ACX DISCIPLES. 429

» Alors, il leur dît: insensés, ô cœurs lents à croire » ce qu'ont annoncé les prophètes ! Est-ce qu'il n'a pas fallu » que le Christ souffrit ces choses et entrât de cette façon » dans sa gloire ? '

y> Et commençant depuis Moïse, continuant par tous les » prophètes, il leur interprétait ce qui avait été dit d^ns tou- » tes les Ecritures^? »

Les deux disciples ne comprirent pas ces paroles du Maître. Ce n'est que lorsqu'il rompit le pain avec eux et qu'il les communia, qu'ils le reconnurent, et s'aperçurent que leur cœur brûlait au milieu (feux pendant qu'il parlait; mais Jésus avait disparu.

Quatrième apparition de Jésus-Mort.

On voit encore là combien^ malgré toutes ses instrucfions, les disciples avaient conservé des idées fausses sur le royaume que Jésus était venu fonder ?

67. JcfiUfl eontloac à Apparaître à ■«« dluclples. — Jésus apparaît aux 10 apôtres réunis à lérusaleni.

Dimanche 5 avril. -^ Le soir.

Telle était la pensée des deux disciples, et on peut dire de tous les autres. En effet nous allons les voir de plus en plus persistant dans leur incroyance. Cependant ils rentrèrent vite à Jénisalem et vinrent raconter la visite dont Jésus les avait honorés.

« Mais tandis qu'ils racontaient Tapparition de Jésus, le soir » même de ce jour, le lendemain du sabbat, et que les portes » du lieu où les disciples étaient assemblés étaient fermées^ à » cause de la crainte des Juifs, Jésus se lient au milieu d'eux, r> et leur dit : La paix soit avec vous. C'est moi, ne craignez » pas.

» Eux, troublés, bouleversés, crurent voir un fantôme^ il » leur dit:

D Pourquoi vous troublez- vous ? Pourquoi ces pensées qui » s'élèvent dans vos cœurs ? Voyez mes mains, voyez mes

* Luc, XXIV, 16-27.

430 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS ROMAINES. 785 de Rome

» pieds^ et reconnaissez que c'est moi. Touchez et voyez^ un j> fantôme n'a ni chair, ni os, comme vous voyez que j'en I» ai. Après qu'il eut parlé ainsi, il leur montra ses mains^ ses » pieds et son côté^ »

Cinquième apparition de Jésus-Mort.

Et les disciples furent transportés de joie d'avoir vu le Maître, et cependant ils ne croyaient pas encore, ifuoiquc ravis de joie. Alors il leur dit:

(( Avez-vous là quelque chose à manger^ ils lui offrirent un » morceau de poisson cuit^ et un rayon de miel. 11 en mangea » devant eux, et leur donna ce qui restait^. »

68. JéHUB fait an nouvel 'ae*e de Ulen. — Il confie à neo diselples le pouvoir de remettre ou de retenir leo offenses contre Ulcu.

Le dimanche 5 avril. — Vers 9 heures du soir.

Jésus, comme on le voit;» poursuit son œuvre comme si rien ne lui était arrivé. Dès le jour de sa résurrection^ il a apparu à Marie-Madeleine et aux saintes femmes qui venaient embaumer son corps. Il a apparu à Pierre ; il a communié les deux disciples d'Emmaùs ; il est en ce moment au milieu de ses apôtres assemblés, il a fait toucher ses plaies, et vient de manger en leur présence.

Alors il conûrme plus fortement encore son caractère de Dieu d'abord, puis Télonnante apothéose qu'il a faite de l'homme, en lui donnant la même mission qu'il avait reçue de son Père, et le pouvoir, on peut dire avec assurance, divin, de remettre ou de retenir les offenses faites contre Dieu même.

Jamais les Philosophes n'avaient imagrné une semblable transformation, et celte transformation s'est exécutée et dure encore. ,

L'orgueilleux Satan est vaincu de nouveau ; il avait fallacieusement promis à l'homme de le faire semblable à Dieu, Jéfius constitue l'homme à la place de Dieu. Satan dut bien

* Cuc, zxiv, 36-40.

* Luc, YXIY, 41 -4 3.

33 ans après i.-G. jisUS DOIÎNE AUX D1SCU4.BS UN POUVOIR DIVIN. 431

sentir qu'on se moquait de lui. Mais les chrétiens, qui, abusant de la liberté que Jésus leur a donnée^ ne croient plus en luiy fournissent la revanche à Satan et lui donnent gain de cause.

Après avoir mangé du petit poisson et goûté le rayon de miel, Jésus leur dit :

tt Voilà ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec » vous : Qu'il fallait que tout ce qui a été écrit de moi dans » la loi de Moïse, elles prophètes, et les psaumes, fût accom- » pli.»

tt Puis il leur ouvrit rintelligence, afin qu'ils comprissent a les Écritures^ et pour cela, il leur dit une seconde fois : » La paix soit avec vous. Comme mon Père m'a envoyé a ainsi je vous envoie. »

a En disant cela il soufQa sur eux, et ajouta : a Recevez le » Saint-EspriL Les péchés seront remis à qui vous les remettrez, » et retenus à qui vous les retiendrez^, a

••• Jéflufl ffall Aeto de lileii et de frère de l'homme em rettmumeiUumt fi¥ee Inl nm eertoln aemhre d'henimes*

Le dimanche 5 avril.

Jésus^ en sa qualité d'Homme, n'a pas voulu ressusciter seul^ il a voulu que d'autres hommes ressuscitassent^ d'abord pour prouver la réalité de sa résurrection, ensuite comme preuve, et^ on peut dire, comme essai de la future résurrection générale.

« Quand Jésus eut rendu le dernier soupir^ dit S. Matthieu, a les tombeaux furent ouverts^ et plusieurs corps des saints qui a étaient morts se levèrent, et sortant de leurs tombeaux, après a la résurrection, vinrent dans la ville sainte, et apparurent à a plusieurs personnes ^. »

D'après ce texte on pourrait dire que, au moment où Jésus expira , tous les hommes qui l'avaient [jrécédé se tinrent debout, pour recevoir, leur Créateur et Sauveur, et quelques- UQS sortirent des tombeaux et vinrent ainsi montrer les prémisses de la résurrection générale; mais il parait que ces morts ressuscites ne firent qu'effrayer les disciples. Yoîlà pourquo Jésus va leur dire si souvent : « N^ayez pas poui , nolite timere. »

i Jean, XI, 21-23.

s Matth. XXVII, 50<53»

432 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS BOMAINES. 785 de Rome.

TO. Jésus ApparAlt do Boa¥éau à «es apdircs^Ao mllleii de»-

quels élalt Thomas l'Incrédule.

Dimaocbe 12 avril. — Pendant le jour.

Jésus 4)ersiste à vouloir persuader à ses disciples qu'il est réellement ressuscité. En effet, a l'un des douze, appelé Di- » dyme (le jumeau), n'était pas avec eux lorsque Jésus vint. » Les autres disciples lui dirent : a Nous avons vu le Sei- » gneur. » Il leur dit : o Si je ne vois dans ses mains le trou % des clous, si je ne mets mon doigt à la place des clous et x> ma main dans son côté Je ne croirai point. »

Certes, il est impossible de se montrer plus indocile après les nombreuves preuves qu'avait données Jésus de sa divinité. Thomas oublie tout cela et veut des preuves nouvelles et pour ainsi dire palpables. Aussi est-il resté le type de l'incrédulité. Jésus va condescendre à son orgueilleuse opiniâtreté.

a Ethuit jours après, comme les disciplesétaient encore dans » le même lieu, et Thomas a\ec eux, Jésus viut les portes étant 9 fermées, et debout, au milieu d'eux, il dit: La paix suit D avec vous. — Il dit ensuite à Thomas : Mets ton doigt » ici, et regarde mes mains ; approche ta main et mets-la dans » mon côté, et ne sois plus incrédule, mais croyant.

« Thomas lui répondit par ces paroles: Mon Maître, et mon Dieu. M »

On voit comment Thimas est vaincu. Il reconnaît non-seu* lement que Jésus, le Maître mort, est vraiment ressuscité ; mais encore qu'il est réellement Dieu. Jésus profite de cette circonstance pour donner la règle ordinaire de toute croyance pour les choses passées, qui ne peuvent être connues que par témoignage.

« Jésus lui dit: Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as cru, » heureux ceux qui n'ont point vu, et qui ont cru^. »

Ceci s'adresse à tous les chrétiens et à nous en particulier. A tous ces miracles, très-certains de Jésus, s'ajoute encore le miracle subséquent de la transformation du monde païen, et le miracle perpétuel de la conservation de l'Eglise qu'il a formée. Refuser de croire, c'est renouveler l'incrédulité de Thomas, des Prêtres et des Pharisiens juifs. A. Bonnbtty.

* Jean, sx, 26-28.

< Jean, zxi, 29.

ARGHÊOLOGIS BIBLIQUE. 433

2(rtt)éol0oie diblique.

Le temple de Jérnsalem était le plus angaste et le plas magnifique sanctuaire du monde antique. C'était la citadelle sacrée dans laquelle, tandis que les autres nations étaient livrées aux honteuses idolâtries du "polythéisme, le culte monothéiste s'était retranché, au milieu du peuple juif, jusqu'à ce que le Messie vînt présenter au genre humain tout entier le divin flambeau de la vraie religion. « En effet, D comme dit Bossuet, l'unité de Dieu fut démontrée par ]b l'unité de son temple. »

H est donc très-intéressant pour nous de bien connaître ce monument illustre, qui fut le théâtre d'événements si mémorables, et qui est si fréquemment cité dans les récits de l'Ancien et du Nouveau Testament. Aussi a-t-il été le siyet de nombreuses études. Cependant, nous devons com- . mencer par déclarer qu'il est assez difficile de donner une description véridique du temple de Salomon, même en ne le considérant que dans ses dispositions générales; quant à faire une description exacte de tous ses détails, c'est une chose impossible. Dans les siècles précédents, Maimonide, Vîllalpand, Prideaux, le P. Lamy, Dom Calmet, Winer, Lightfoot, et d'autres encore, ont tenté cette entreprise; mais tout en louant leurs efforts, tout en reconnaissant qu'ils y ont dépensé une grande somme d'érudition, il faut avouer que dans leurs travaux, la vérité est tellement mêlée aux produits de leur imagination qu'on perdrait son temps à l'y rechercher. Le but que ces savants exégètes n'ont pu atteindre, nous en approchons davantage, grâce aux progrès que l'archéologie biblique a faits depuis vingt ans,avec le concours de l'égyptologie.

434 ÀRGHÉOLOGIB BIBUQUB.

La description authentique du temple * de Salomon se trouve, (d'une manière incomplète^ il est vrai, et pas toujours très-claîrej, dans le IIP livre des Rois (v-vii), dans le II* des Paralipomènes (iii-v,) dnjis Ezéchiel, (xLi), ainsi que dans les écrits de Flavius Josèphe. Nous puiserons donc les élëmentB de notre étude dans ces précieux documents, commentés par nos émînents palestinologues, MM. de Vogué et de Saulcy, tous deux membres dfe T Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Ils n'wit écrit qu'après avoir scrupuleusement examiné le terrain et les ruines encore existantes. Or personne ne niera que, la connaissance des lieux est la seule base sérieuse de tout essai de restauration des monuments antiques.

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