SA VIE^ SON IKFLUBNGB
satanique, quMl faut restituer au Verbe, Parole de Dieu. C'est à rechercher ces traces que notre fiècle travaille et doit travailler; de tou$ c6tcs ressortenlles preuves. Aussi les fragments épars dans tous les livres et dans toutes les croyances, doivent former une histoire de Jésus-Christ, laquelle prouvera que jamais aucun peuple, ni aucun homme n'ont été complètement privés de son enseignement. Confié à la sojciété, il s*est conservé, par le père et la mère^ dans toutes les famHles, non complet, fractionné et brisé, mais reconnaissable, par des traces qui ne peuvent tromper. ^
Notis allons citer ici quelques extraits qui nous feront connaître comment M. Veuillot juge la civilisation païenne. Nos lecteurs veiTont que c'est ainsi que nous l'avons jugée nousmême depuis longtemps.
Mais d'abord, nous voulons reprodtiire ce que dit M. Veuillot sur la nécessité de renseignement delà Société pour la formation de l'homme ; c'est la réfutation de l'ouvrage du P. Chastet: De la valeur de la raison humaine ou ce que peut la raison par elle seule^ paralogisme adopté par tous W PP. de la Compagnie de Jésus et par tous les Cours de philosophie, qui ont exclu le Christ de leurs leçons, et ne s'appuyent que sur la raison seule^ qu'ils appellent à tort naturelle.
a Animal par la matière, et misérable, si l'on juge grossièu rement sur l'apparence, longtemps débile dans ses langes, » dit-on, longtemps incapable d'aller où le besoin l'appelle, de » comprendre le danger qui le menace, de fuir le danger qu'il ^ comprend, l'homme cependant nait le mieux constitué des * animaux, plus cuirassé que le rhinocéros, plus fort que le lion, j> [ilus agile que le cerf courant et que l'aigle volant, et que le -» requin nageant. Donnez à cet animal son vrai nom: il s'ap^ > ])elle la Société. Jl est tel dès son berceau, et là plus qu'ail» t> leurs. Il ne devient un individu que lorsqu'il peut voir le « danger, le prévenir, s'en défendre, le vaincre. Au, berceau il B a son père et toute la vigilance, toute la force, toute lascience D de la Société. I^ question n'est pas de savoir ce qu'il pourrait « faire s'il était seul: il n'est pas seul, par les lois même de sa nature, il ne peut pas être seul. Il vient au monde avec celte B puissance de la société, bien plus fort que le lion avec ses mus*
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n des et Taigle avec ses serres. Même à Tétat sauvage, il parait » eDcore le roi de la création ; et l'état sauvage n'est pas Pétat ^ normal derhomme. L'homme s'appelle la Sociélé ; son état » normal est cette ébauche de Tordre parfait que nous appe- » Ions la civilisation. Il est lent à se former. Qu'importe ? Toutes y> les ressources de la société sont emfployées à le former. Elle » lui a enseigné à maîtriser l'air et le feu, à dompter l'eau et » lïiême la foudre, à se faire des vêtements plus chauds que la B toison des brebis, plus imperméables que le duvet des oiseaux, i> à se bâtir des maisons qui braveront la tempête, à tirer son j» pain d'une herbe des champs^ à s'entourer de merv eilles.
)» Tel est ce faible animal, et il ira encore sur la terre lors- B qu'il ne sera plus (p. 8 ^). »
Nos lecteurs savent que c^est ainsi que nous l'avons considéré et jugé nous-mêmes.
En quelques lignes M. Yeuillot juge ainsi Platon et Socrate :
a Quoi que l'on pense du génie de Platon, il faudra toujours 1» reconnaître que la vertu lui fond dans la main, qu'il s'en » amuse et qu'il s'amuse aussi du vice. Quoique l'on pense des » hauts pressentiments de Socrate, de ses qualités, de sa belle » mort, il sera toujours vrai que Socrate ne connut pas ses fau- » tes et ne voulut pas les condamner (p. 26). »
Faisant ensuite à grands traits le iableau de la civilisation rorpaine il dit:
t Tel est le plus grand de ces peuples antiques qu'un entêtement de littérature veut nous peindre si libres et si fiers.
»/Voilà le résultat suprême, les noms qui résument ces vas- » tes labeurs du genre humain et du temps. Un homme-dieu » qui est Tibère^ qui vaêlre Néron. Gela est régulter et comme ji déûnilit. Le dieu-Tibère est enfermé dans Caprée, inventant D des voluptés et des supplices, inquiet, déjà en proie à la D décomposition, et embarrassé de limiter le nombre de ses » temples et la foule de ses prêtres (p. 28^, 29). »
Voici le tableau véridique et saisissant de ce peuple, miraculeux dans l'ancien monde et miraculeux aussi dans le
^ 1 Voir la suite, t. x, p. 91, 5« série.-