‹ Annales de philosophie chrétienneChapitre 12 sur 122 · SA VIE^ SON INFLUBHCE · texte numérisé non relu

SA VIE^ SON INFLUBHCE

monde nouyeaa, sous nos yeux; « peuple étrange et vraiment » immortel, fondé de Dieu, instruit de Dieu, gardé de Dieu,

> qui reçut, comme directement de Dieu, toutes ses lois et

> tous ses grands hommes, et qui, s'étani éloigné Dieu, a péri »sans.mouriret sans disparaître. Coupable d'un crime inouï D comme ses privilèges, et objet d'un châtiment inouï, s traînant une mort vivante, sous les bras de la croix, où il a » cloué le Dieu vivant, le Juif erre dans la lumière comme D d'autres dans les ténèbres (p. 32). »

c C'est dans le sein de ce peuple que va s'accomplir au mo- • ment annoncé cinq siècles auparavant par un de ses derniers » prophètes, Daniel, Tévénement le plus considérable, non- 9 seulement qu'ait vu la terre, mais qu'ail vu même le ciel. Sur

> la terre, il s'agit d'une réparation de la création première, et cette réparation deviendra une création nouvelle et plus D parfaite^ puisque la créature déchue, rétablie dans son pre- » mier état, sera honorée d'une participation à la /h'vt- » nité.

• Au Ciel, il s'agit de ce que Ton oserait appeler une modi- » ficatioa de l'Immuable, une excroissance de Tlnfini. Le » mystère caché de toute éternité en Dieu qui a créé toutes » choses va être manifesté aux anges et aux hommes ^ pour » devenirlafoi et le salut du genre humain, l'admiration des » angeSj la perfection de la gloire de Dieu. Par ce myslère, D la terre, où Dieu va descendre sera un agrandissement du T> ciel, un ciel nouveau dans lequel Dieu habite d'une ma- » nière plus divine qu'il n'habitait auparavant dans le plus » haut des deux ; et le ciel, où la nature de l'homme va mon- » ter indissolublement unie à la nature divine, sera enrichi

> d'une adoration jusqu'alors inconnue. Le Ciel avait un

> Dieu adoré, il aura un Dieu adorateur, revêtu del'huma- D nité comme du plus insigne des attributs divins ; on verra » autour de ce Dieu le cortège des âmes saintes, moisson ter- » restre que le Fils de l'homme a emportée pour être éternel- D lement le butin de sa victoire et la pompe triomphale de » son amour (p. 33). »

^ Mysterium, quod abscônditum fuU a seculis et geaeratiODibus.nunc autem manifestatum est sanctis ejus (S. Paul, Coloss, i, 26).

36 lÊSUS-GHRlST,

M. Veuillol montre ensuite la Iradilîon du Rachat, vivante dans riiumanité.

« Le 'monde extérieur lui-même, la Gentililé tout entière, » en avait le long et vif pressentiment. On retrouve au fond de » toutes les traditions le type plus ou moins altéré du Messie, » ce dogme. du rachat nécessaire, et qui ne peut être Qpéré que » par un homme innocent (p. 33). »

Voici maintenant quelle est la véritahle histoire de Jésus.

« A bien dire, Thistoire de Jésus ne commence pas et ne ». finira pas. Au commencement était le Verbe. — Son règne » n'aura point de fin. Mais, même dans Tordre de sa nianifes- » talion temporelle, Jésus ni ne commence à la crèche ni ne » finit à lacrpix. U va de la création de Thomme à la cou- » sommation des destinées humaines, au jugement dernier, ù Le Christ était, il est, il sera *. Lorsque le Umon de la terre, » façonné dos mains de Dieu, reçoit le souffle et devient une t chair vivante unie à une âme immortelle, là commence la » vie temporelle de Jés'is, avec la vie de son Eglise, suivant » celte parole de S. Epiphane : « Le commencement de toutes » choses est la sainte Eglise catholique^^ et c'est là que rhistorien D doit remonter, s'il ne veut pas trahir tout à la fois Dieu, qui » est la vérité, et les hommes, qui ont besoin de la vérité. Tou- » tes les démonstrations évangéliques renferment avec raison » cette histoire du Christianisme avant le Christ (p. 37). »

Li ^"^ partie, comme nous l'avons dit, renferme l'histoire

de Jésus-Chrisl d'après les Evangiles, expliqués et commentés

par les divers SS. Pères. C'est cette partie qu'il faut prendre

et lire comme nous Pavons dit dans notre précédent article,

auquel nous renvoyons.

I^ 3* par lie ou étud^, sur Varl chrétien est due à M. Cartier ;

1 Jésus Ghristus heri, et hodle; ipse et la seeula (S. Paul auM Hébreux^ X «,8).

> Vuir la tcitedeS. Epiphune, Hœr. 1. i, liitr, 1, n. 5, dans Pat. grecq, t. 4), p. 181, et dans l'es Annales, t. xx, p. 131 (4» âérie).

SA yiB> BON INFLUENGB. J7

on ne pouvait la confier àuac meilleure plume. C'est T histoire du commencement, du progrès et de la perfection do l'art chrétien; ses diverses branches y sont parcourues, et supchacane d elles on fait voir ce ({u*ellcs doivent nu Christianisme et quelle différence il y a entre Tari chrétien et l'art païen. C'est Jésus purifianirart souillé par le Paganisme, c*cst l'histoire de tous nos artistes chrétiens. 11 n'y a pas un artiste qui ne trouve profit et avantage à lire ces pages. Le Paganisme s'est intraduitde nouveaudans le royaume de l'art. Le Christ en a été chassé, comme de la philosophie, comme de la politique. M. Cartier fait voir comment il doit y rentrer ; car il faut qu'il y rentre, si la société veut être sauvée.

Il nous reste maintenant à parler de la 4* partie, celle pour

laquelle nous avons dit :

Voyez.

11 faut voir en effet les^ 16 chromo-lithographies et les 180 gravures qui sont intercalées dans ces pages. Avec un soin et un talent spéciaux et exceptionnels, on a reproduit les principaux tableaux, portraits, médailles, monnaies, des grands maîtres, depuis les peintures des catacombes, jusqu'aux belles fresques de M. Flandrin, mort sous nos yeux. Tout cela a été reproduit, pir les procédés les plus parfaits, et par les gra* veurs les plus habiles. Citons l'explication de la dernière pièce :

a Triomphe de Jésus-Christ dans l*human i té. Jésus-Chris t^ le » sceptre royal en main, est assis sur le globe du monde. Son ^ char est conduit par les animaux myStérieux qui figurent B les quatre évangélistes, et par les quatre docteurs de TE- » glise. Son cortège est formé "par les saints de T Ancien Tes- » tament, qui le précédent, et par les saints du Nouveau Testa- » ment qui le suivent*. »

» Cette dernière gravure résume la pensée de tout l'ouvrage n et en est la conclusion. •

^ Grarure italienne reproduisant une oompoaUioa perdie, aUribuëe au Titien. Biblioth. de M. A. Flrmln Dldot.

Vh SÉRIE. TOMK IX. — N^ 49; i875. (SS* voL de la coll.) s

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