‹ Annales de philosophie chrétienneChapitre 17 sur 122 · Les Inscriptions bilingues de Gezer · texte numérisé non relu

Les Inscriptions bilingues de Gezer

Dans un précédent cahier des Annales de Philosophie chrétienne (août 1874), j'ai décrit les ruines de Gfezer ou GazerS ville royale Cananéenne, que Ton cherchait en vain jusqu'ici, que Ton plaçait généralenient à Yazour, et que M. Ganneau a découverte en l'identifiant avec Tell-el-Jezery VAbû Shûseh des cartes; à 5 milles anglais au S. Ë. de Rauileh. Cette identification ne s'appujait que sur des arguments classiques et crititiques, aussi pouvait-elle laisser encore des doutes à certains esprits : mais, par un bonheur inespéré, et dont on n'a pas eu d'exemple jusqu'ici, notre zélé palestinologue a trouvé une double inscription qui confirme son opinion d'une manière

* Voir le précédent arUcIe t. viii, p. 456 (6« série).

INSCRIPTIONS B1LIN6UBS DE 6EZBB. 47

absolue, puisque c'est Gezer elle-rnème qui nous présente deux fois son nom. Je laisse la parole à M. Ganneau :

« A une très*courte distance de Tell^el'Jezer^ du côté de rOrient, il existe un texte gravé sur une stèle de roc presque horizon tak^ et longue d'à peu près 2 mètres, il commence par le .mot grec AAKIO... en caractères de Tépoqueclassiqne> immédiatement suivi de lettres iiébraîques de l'ancienne forme carrée, dont on ne peut, je crois, composer autre chose que ta Dnn.

» Dans le second mot, nous avons le vrai nom de Gezer exoiotement comme il e$t écrit dans la Bible.

» Dans le premier, je ne puis rien voir- autre chose que la forme défective de. Dtnn. L'omission du ^vau est parfaitement admissible si Ton considère Tépoque éloignée à laquelle l'inscription a été écrite. Quant à la signiflcation de ce nom^ c'est évidemment celle de (imite. Ce n'est pas un mot biblique, mais il est fréquemment employé dans le Talmud pour déterminer la Astance qui ne doit pas être dépassée le jour du Sabbnt raxfn Dtnn.

)> L'inscription hébraïque doit donc être traduite par Limite de Gezer.

» Est-ce la limite hiératique, ou simplement la limite civile ? Deux faits paraissent arguer en faveur de la première conjecture.

» 1*» L'acception spéciale du mot OTm limite dans le langage Talmudique.

Ti 2" La qualité de la viHe de Gezer comme appartenant au groupe des cités Lévitiques^-de sorte que l'observation des limites sabbatiques y serait gardée plus rigoureusement qu'ailleurs...

» Une particularité sur laquelle je dois insister, parce qu'elle peut nous éclairer sur la destination réelle de c^tte étrange et unique inscription, c'est celle de sa position. Les lettres sont placées de façon à être lues, non par quelqu'un qui vient de Gezer avec l'intention de traverser la limite hiératique, mais par quelqu'un qui ^arrive sans chercher à passer en dedans.

'•'oiu^, XXI, 21.

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